vendredi 1 mai 2026

Dossier 137 (2025)

Je connaissais Dominik Moll de nom, mais je n'avais jamais vu aucun de ses films jusqu'ici, pas trop intéressé je dois avouer. Et puis un voyage en avion où je ne pouvais voir que des œuvres françaises (car les autres n'avaient pas de sous-titres dans une langue compréhensible) m'a "forcé" à choisir son dernier long-métrage. Une opportunité que je ne regrette pas. 

L'histoire est celle de Stéphanie Bertrand (Léa Drucker, très bien), inspectrice à l'IGPN, qui se retrouve en charge du dossier d'un jeune gilet jaune gravement blessé par un tir de flash-ball lors d'une manifestation à Paris. Son enquête doit faire la lumière sur la légitimité de l'acte commis par des policiers de la BRI.

J'aime :

* Le scénario. Coécrit par Dominik Moll et Gilles Marchand, c'est un véritable documentaire qui nous plonge dans le fonctionnement minutieux d'une enquête de l'IGPN, avec ses procédures, sa bureaucratie, sans oublier les pressions de la part des collègues policiers qui voient forcément ces agents comme des traîtres à la corporation.

* La mise en scène. Elle est aussi sobre qu'innovante avec l'utilisation d'images de téléphones portables, ainsi que d'archives, offrant une véritable immersion avec les gilets jaunes lors des manifestations.

* La reconstitution. Jamais évident de montrer des scènes de foule réalistes, sans utiliser des effets spéciaux par exemple, mais Dominik Moll s'en sort très bien, notamment à l'aide d'images d'archives donc.

* Le casting. Si je ne suis pas très fan de toutes les performances - l'éternel problème des films français où je trouve que le jeu n'est pas toujours assez "naturel" -, Léa Drucker crève indéniablement l'écran. Elle est impeccable dans ce rôle d'inspectrice droite dans ses bottes voulant mener son enquête jusqu'au bout malgré les contraintes et les critiques.

J'aime pas :

* J'ai donc parfois eu du mal avec le jeu de certains acteurs, ainsi que les scènes plus légères, de "comédies", pas bien convaincantes.

Avec "Dossier 137", Dominik Moll prouve que la "police des polices" est une section tout aussi passionnante des forces de l'ordre et surtout ô combien nécessaire. Avec un sujet très sensible et réaliste (la gestion des gilets jaunes), le cinéaste se montre habile et relativement neutre, montrant toutes les nuances des deux camps. Un film indispensable.

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