C'est dans le flou le plus total que j'ai assisté à l'avant-première du dernier film de Régis Roinsard (en sa présence). Je ne connaissais déjà pas ce dernier, ni le livre qu'il adapté et donc nullement aussi l'histoire. J'avais fait exprès d'ailleurs de ne pas me renseigner au préalable, pour garder un peu de surprise. Je n'avais vu que l'affiche, m'attendant à un "Dirty Dancing" français. Rien à voir...
L'histoire se déroule dans les années 1950-1960. Lors d'une fête chic sur la Côte d'Azur, l'excentrique Georges (Romain Duris, bien mais en fait un peu trop), qui s'invente des vies et nationalités pour plaire aux convives, rencontre la toute aussi enjouée et sans gêne Camille (Virginie Efira, très bien). C'est le coup de foudre et les voilà partis dans une folle vie à deux qui virera bientôt à la tragédie...
J'aime :
* Le casting. Si Romain Duris nous agace quelque peu au début, dans cette imitation (volontaire) de Jean-Paul Belmondo, ça va mieux par la suite, mais on retiendra surtout la performance vraiment forte de Virginie Efira dans un rôle complexe et celle de l'épatant Solan Machado-Graner, qui joue le fils du couple. A noter aussi la présence chaleureuse et facétieuse de Grégory Gadebois.
* La bande originale. Le titre du film (et du livre) fait référence à la très belle chanson "Mr Bojangles" de Nina Simone, morceau préféré du couple. On l'entendra (de manière un peu redondante parfois) tout au long du film, mais jamais en entier (cela aurait été bien de la proposer en générique de fin, mais non).
* La reconstitution. C'est Régis Roinsard qui a choisi de situer son film dans cette époque 1950-1960 bien que "Mr Bojangles" ne date que de 1970. Peu importe, cela donne lieu à de jolis décors (intérieurs comme extérieurs) et costumes, c'est très coloré, il y a beaucoup de bonnes idées.
* La mise en scène. Le cinéaste sait offrir beaucoup de rythme et de pétillement dans les scènes joyeuses, et d'émotion dans celles plus malheureuses, qui sont parfois particulièrement dures.
* Le scénario. Quand on ne s'y attend pas, et tel fut mon cas, le changement d'atmosphère entre un début en folie douce et la fin en folie dure prend aux tripes. Le contraste est saisissant et Régis Roinsard a bien su mettre en scène cette transition sans que ce ne soit trop brutal.
J'aime pas :
* Les dialogues. Le cinéaste a choisi de conserver tels quels ceux du livre, ce qui donne des échanges tout de même très voire trop littéraires, surtout ceux impliquant le petit Gary.
* Les longueurs. Le film aurait sans doute gagné à être moins long, notamment pour la partie finale.
Parfois on peut donc avoir de bonnes surprises en ne sachant pas du tout ce qu'on va regarder. Même si ce n'est pas vraiment mon genre de film préféré, je ne peux cacher qu'"En attendant Bojangles" a réussi à pas mal me chambouler. Un bien joli film signé Régis Roinsard.
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