mercredi 8 mai 2013

Free Angela and all political prisoners (2013)

Angela Davis, figure de l'extrême gauche et du mouvement des droits civiques des Etats-Unis, méritait assurément un documentaire. Elle en a déjà eu je crois, mais c'est toujours bon de rafraîchir les mémoires en notre époque qui a souvent tendance à oublier beaucoup de combats justes et sincères. Malheureusement, ce documentaire de Shola Lynch manque de beaucoup de choses.

Le film se confine à la période la plus agitée de la vie d'Angela Davis, soit ses années d'étudiante et le début de sa carrière universitaire en Californie. On découvre une femme de caractère, profondément militante, tentant d'associer plusieurs causes en une: socialisme, féminisme et mouvement noir. Une approche originale qu'elle devra défendre tant bien que mal durant ces années troubles de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Mais la jeune militante et son combat seront mis en lumière par son retentissant procès de 1971 durant lequel elle est accusée d'être complice d'une tentative d'évasion meurtrière de trois prisonniers noirs qu'elle soutenait. Après cela, plus rien ne sera pareil pour Angela Davis...

J'aime : 

* Le sujet. Je connaissais finalement peu le parcours d'Angela Davis et, même si avenir post-procès n'est pas raconté dans le documentaire, on en apprend beaucoup sur son enfance et les prémices de son militantisme. Elle incarne une époque particulière et intense de l'histoire contemporaine américaine et c'est fascinant.

* Les intervenants. Ils sont nombreux et solides. Il y a Angela Davis elle-même, mais aussi ses proches, ses avocats et d'autres témoins de choix.

* Les archives. Elles sont riches, beaucoup d'images de cette époque sous tension, du contexte comme des moments de vie d'Angela Davis. Des critiques ont été portées contre l'utilisation de quelques images de fiction (avec la nièce d'Angela Davis dans son rôle) pour montrer des séquences plus intimes à des fins d'illustration, mais je les ai trouvées plutôt jolies (sombres, elles ne laissent pas voir les visages) et peu intrusives d'autant plus qu'elles sont muettes.

J'aime pas :

* Le rythme. Certes, ce n'est pas une fiction, mais c'est tout de même bien lent. Il y a aussi beaucoup de longueurs, notamment le procès qui occupe tout le dernier tiers du documentaire et qui regorge de détails, sans doute trop.

* Les manquements dans le contenu. On en apprend beaucoup certes, mais on en voudrait plus, notamment sur l'après-procès. La réalisatrice nous offre un rapide aperçu de la tournée mondiale qui a suivi, mais c'est beaucoup trop elliptique. Pareil pour l'énorme mobilisation internationale qui a eu lieu pendant son procès et qui est trop rapidement abordée. Ainsi, on ne sait pas bien ce qu'Angela Davis a fait depuis son procès jusqu'à aujourd'hui.

* La bande originale. Très classique, elle n'utilise aucune des grandes chansons composées en l'honneur d'Angela Davis, notamment celles de John Lennon et des Rolling Stones. Il y a peut-être une histoire de droits derrière, mais c'est tout de même bien dommage.

"Free Angela and all political prisoners" est un documentaire nécessaire, de ceux qui doivent exister pour faire connaître le parcours et le combat de personnes aussi importantes et dignes qu'Angela Davis. Malheureusement, lorsqu'il a la chance de passer en salles, on attend un peu plus qu'un film relativement sobre et non exhaustif. Bien, mais peut vraiment mieux faire.

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