jeudi 11 avril 2013

Moonrise Kingdom (2012)

Et nous arrivons à la revue du dernier chef d'oeuvre en date de Wes Anderson, le fabuleux "Moonrise Kingdom". Ce n'est pas pour autant mon préféré, mais on ne peut que s'incliner devant autant de méticulosité  (encore !) poétique.

On sait combien le cinéaste est attaché au monde de l'enfance et il y plonge pleinement ici faisant d'un jeune couple de pré-adolescents les héros de son film situé au coeur des années 1960, sur une île fictive de l'est des Etats-Unis. Sam (Jared Gilman, splendide) est un orphelin, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, qui a bien du mal à se trouver des amis, même dans sa compagnie de scouts, menée par Ward (Edward Norton, fort mignon). Tombé amoureux de la jeune Suzy (Kara Hayward, excellente), solitaire et tourmentée, il décide de s'enfuir avec elle pour vivre une véritable épopée romantique dans la nature.

Leur fuite, qui se déroule alors qu'une tempête menace, provoque un branle-bas de combat sur l'île et tout le monde se met à les rechercher : Ward et sa meute de scouts, les parents de Suzy, Walt (Bill Murray, génial) et Laura (Frances McDormand, très bien), ainsi que Sharp (Bruce Willis, épatant à contre-emploi), le seul policier de l'île.

J'aime : 

* L'univers. Une fois de plus, Wes Anderson (et Roman Coppola) tisse une histoire puisée dans un domaine pittoresque et original. Dans ces précédents films, le cadre était souvent intemporel, à mi-chemin entre l'époque actuelle et une autre plus ancienne. Ici, on est bien dans le passé, même si cela n'influence pas tant l'histoire que cela. Le cinéaste nous plonge, comme souvent, directement dans sa bulle grâce à l'apparition habile d'un narrateur/conteur.

* L'histoire. Elle est belle comme tout. Depuis "Rushmore", Wes Anderson n'avait plus fait appel à des enfants pour héros. Ici, ils sont de retour en force avec une merveille d'évasion amoureuse qu'on soutient complètement. On rêve que les adultes ne les retrouvent jamais, mais le dénouement est tout aussi mignon. Bref, on fond devant une telle rêverie.

* Les dialogues. Cela fait partie aussi du savoir-faire de Wes Anderson. Mais ils sont encore plus fameux quand ils sont mis dans la bouche d'enfants qui se prennent pour des grands, ou presque. Comme d'habitude, pas de discours fleuves, que de petites pointes de romantisme, d'ironie ou de fatalisme.

* Le casting. Comme toujours, c'est du cinq étoiles, même si on retrouve plus de nouvelles têtes que d'anciennes. On est ravi de revoir Bill Murray et Jason Schwartzman, mais on accueille avec plaisir Edward Norton, Bruce Willis, Frances McDormand, Tilda Swinton ou encore Harvey Keitel. Mais on retiendra avant tout la fabuleuse performance des deux jeunes comédiens Kara Hayward et Jared Gilman.

* La B.O.. Sur le modèle de "Fantastic Mr Fox", Wes Anderson délaisse quelque peu la jolie compile de chansons (mis à  part du François Hardy et des morceaux de Benjamin Britten notamment) pour donner de l'espace à une véritable partition musicale composée par Alexandre Desplat une fois de plus.

J'aime pas : 

* Si le film ne manque donc pas de poésie mêlée de mélancolie, on n'aurait rien contre une once d'humour en plus. Il y en a déjà pas mal quand même, mais depuis "The Life Aquatic", ça décline un peu.

Avec sa dernière oeuvre en date, Wes Anderson ne déçoit toujours pas et s'affirme même encore peu plus dans un univers et un style (on n'a pas reparlé de sa photographie, cadrages et autres travellings désormais légendaires) qu'il maîtrise parfaitement. C'est beau et propre comme tout, que demander de plus ? Eh bien un prochain film, vite !

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