Cela m'arrive rarement de m'endormir au cinéma, même si j'ai parfois des sautes de fatigue, pour telle ou telle raison. Mais là, c'est bien ce film, dont j'attendais beaucoup, au vu notamment des bonnes critiques, qui a provoqué cela. Je vais m'en expliquer.
"No" reprend un événement historique du Chili. Ce "non" au référendum proposant la reconduction du général Pinochet au pouvoir a permis au pays de sortir de la dictature en place depuis 15 ans. Ce résultat a notamment été obtenu grâce à une formidable campagne politique et publicitaire menée par les partisans du "non", empruntant des techniques commerciales révolutionnaires à l'époque. Le réalisateur, Pablo Larrain, nous montre tout le déroulement de cette campagne par l'intermédiaire de son inspirateur fictif, René Saavedra (Gael Garcia Bernal, bien), qui est allé jusqu'au bout malgré les problèmes familiaux et les pressions du régime.
J'aime :
* Le scénario. L'histoire, vraie, est fascinante et peu connue de nous autres Français notamment. Le réalisateur tenait évidemment un scénario en or qui, en plus, se finit bien. Ou comment des publicitaires, remplis d'humour, ont fait tomber une dictature.
* Le casting. Il est bon, Gael Garcia Bernal en tête dans le rôle de ce brillant publicitaire qui agit d'abord cyniquement, faisant tout simplement son boulot, avant de se prendre au jeu, même si, jusqu'au bout, il restera relativement éloigné de toute l'agitation militante à laquelle participe son ex-compagne.
J'aime pas :
* Le rythme. C'est pour moi ce qui plombe tout le film. C'est extrêmement lent et, malgré leur valeur, les nombreuses images "réelles" du film (les véritables publicités notamment) ajoutent sans doute un peu à cette lourdeur. Et l'histoire parallèle, sur la vie personnelle de René Saavedra, n'est pas assez exploitée, ratant l'occasion de donner un peu plus de piment à tout ça.
* Un manque de pédagogie. L'intégration des vraies images d'époque est subtile et passe très bien, mais il y a un manque d'information quant au choix du message transmis par ces spots. On ne nous explique pas assez pourquoi de telles mises en scène ou les coulisses de ces choix.
* Le grain de l'image. Le réalisateur a fait le choix d'aller à fond dans son sujet en utilisant des caméras d'époque pour tourner. Pas sûr que ce soit la meilleure idée, parce qu'on met du temps à s'y habituer et cela ajoute à rendre le film un peu difficile à regarder.
C'est triste à dire, mais on se demande si le même film, fait par des Américains, n'aurait pas donné un résultat largement meilleur, surtout en ce qui concerne le rythme. Toute la partie divertissement est ici gâchée par une lenteur et des bavardages qui empêchent de donner du plaisir à voir une histoire pourtant passionnante. Bien dommage, mais c'est un film à revoir, assurément.
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