Et rebelote avec un autre film français, par un réalisateur plutôt discret, Pascal Bonitzer. Sa dernière oeuvre, "Cherchez Hortense", a tout du film bobo/parisien/intello de chez nous, mais on a au moins ce savoir-faire que j'aime bien. Parce que c'est fin, drôle et joli à la fois.
Damian Hauer (Jean-Pierre Bacri, fidèle à lui-même, excellent) est prof de civilisation asiatique pour des entreprises. Son père, Sébastien (Claude Rich, savoureux), a une haute-fonction au Conseil d'Etat et c'est ainsi que sa femme, Iva (Kristin Scott Thomas, très bien), fait pression sur lui pour qu'il lui demande d'intervenir en faveur d'une sans-papiers serbe, Zorica. Damian va alors tergiverser, entre les difficultés à voir son père, les problèmes personnels de ses amis proches, les tromperies de sa femme et son intérêt croissant pour la jolie Aurore (Isabelle Carré, bien)...
J'aime :
* Le casting. Ce qui fait la force de ce genre de films, avec une histoire relativement simple, c'est sa galerie de personnages, composés avec bonheur et malice par les comédiens qui les incarnent. Je suis très fan de Jean-Pierre Bacri évidemment. Certes, il joue toujours un peu le même rôle de type bougon et pas très adroit, mais c'est comme ça qu'on l'aime au fond. Cela fait un peu bizarre de voir Claude Rich camper son père, et pourtant la différence d'âge (23 ans) est plausible. Il est ici délicieux en élite de la nation constamment occupée, imbue de sa fonction et surtout bien peu préoccupée par l'existence des autres et notamment de ses proches. On apprécie toujours Kristin Scott Thomas, très bien en metteuse en scène elle aussi débordée, volage et finalement malheureuse. Mention également au jeune comédien qui joue le fils Hauer. Il ne ressemble pas du tout à ses parents, mais joue très bien le gamin insolent et déjà très autonome.
* L'histoire. La quête de Damian Hauer, le fil rouge du film, ne va pas chercher bien loin, certes, quoique "Hortense" se laisse désirer, mais elle vaut par ses détours, ses obstacles, ses révélations et autres quiproquos. Ce que j'aime donc dans ce genre de films, c'est la valse des personnages autour d'elle, qui aboutit à une conclusion malgré tout bien lointaine de son point de départ.
* L'atmosphère et les dialogues. J'aime aussi, dans ce type de films, cette ambiance cosy, avec des gens intelligents, qui ont de la répartie, permettant logiquement des dialogues subtils et piquants à la fois. C'est très bien écrit et c'est hautement appréciable tant beaucoup de comédies françaises sont insipides et plates, notamment parce qu'elles sont mal écrites.
J'aime pas :
* Peu de choses à reprocher, si ce ne sont quelques détails. Par exemple, je ne trouve pas Bacri très crédible en prof de civilisation asiatique et la relation avec son petit groupe d'amis est obscure et aurait pu être plus fouillée que cela. Des détails, donc.
Pascal Bonitzer nous offre ainsi une bonne petite comédie à la française, qui reste dans le même sérail que beaucoup d'autres du même genre, certes, mais qui détend et permet d'admirer une très jolie brochette d'acteurs deviser dans tous les sens. Le message gauchisant sur la défense des sans-papiers est lui aussi peut-être un peu trop léger, l'essentiel c'est quand même d'en avoir un peu parlé, hein ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire