mardi 5 mars 2013

The Life aquatic with Steve Zissou (2005)

On en arrive enfin à ce qui est pour moi le meilleur film de Wes Anderson à ce jour. On me dit que je suis obsédé par Bill Murray, certes, mais "The Life Aquatic with Steve Zissou" est d'une perfection qui va encore plus loin que "The Royal Tenenbaums" selon moi.

C'est encore une histoire de filiation qui est au coeur de ce film, les retrouvailles artificielles d'un père et de son fils potentiel, même si le fil rouge est une captivante chasse au requin-jaguar menée par ce paternel, Steve Zissou (Bill Murray, génial), un océanographe, successeur loufoque du Commandant Cousteau, mais qui a perdu de sa superbe au fil des années.

Lors de la présentation de son dernier documentaire dans un festival italien, qui relate notamment la mort de alter ego, Esteban, dévoré par la bête féroce non identifiée, Steve Zissou fait la connaissance de celui qui dit être son fils, Ned Plimpton (Owen Wilson, très bon). Le premier l'invite à prendre part à sa prochaine expédition pour traquer le requin-jaguar, qui constituera la deuxième partie du documentaire. Celle-ci sera truffée d'embûches, entre les atermoiements de sa propre équipe composée notamment de sa femme Eleanor (Anjelica Huston, excellente), Klaus Daimler (Willem Dafoe, épatant) ou encore Pelé dos Santos (Seu Jorge, qui ne fait que chanter admirablement bien) et l'improvisation totale qui guide nos joyeux lurons.

Sans oublier la journaliste entêtée et enceinte qui s'est décidée à couvrir l'épopée, Jane Winslett-Richardson (Cate Blanchett, très bien), et la rivalité exacerbée de Steve Zissou avec un autre océanographe bien plus riche et équipé que lui, Alistair Hennessey (Jeff Goldblum, splendide).

J'aime : 

* Ce nouvel univers andersonien. Après le collège de "Rushmore" (où Cousteau et le milieu marin étaient déjà évoqués) et la grande maison familiale de "The Royal Tenenbaums", c'est un gros bateau, le Belafonte, qui sert de lieu principal à l'intrigue. Mais on voyage cette fois, on voit du pays, comme dans le prochain, "Darjeeling Limited". Bref, c'est une fort belle odyssée dans laquelle nous entraîne Wes Anderson avec de magnifiques environnements (décors, naturels ou pas, fonds sous-marins avec faune et flore psychédéliques modelées par Henry Selick) et toujours ce sens du détail (équipement de la Team Zissou, présentation du navire façon maquette) et ces couleurs toutes significatives (bonnet rouge, combinaisons bleu ciel).

* Le casting parfait. Aucune fausse note et des acteurs qui ont l'air de passer un moment superbe, s'amusant tout autant que nous. Wes Anderson offre un piédestal pour le magnifique Bill Murray qui est de toutes les scènes ou presque, grandiloquent et obstiné à souhait. L'un de ses plus grands rôles assurément. A ses côtés, c'est très éclectique comme toujours avec les fidèles (Owen Wilson, Anjelica Huston), les décalés (Willem Defoe, à contre-emploi et tellement drôle en petit père allemand susceptible, Jeff Goldblum en homosexuel refoulé arrogant) et ces petits rôles tendres et attachants qui peuplent chaque film du cinéaste (Seu Jorge, Bud Cort ou encore ce grand Indien, Vikram, qu'on reverra par la suite) sans oublier les stagiaires maltraités.

* Le scénario. Il est long et trépidant ! Une fois l'ancre levée, le Belafonte va en voir de toutes les couleurs, entre le cambriolage des équipements d'Alistair Hennessey, l'attaque des pirates (et la contre-attaque de la Team Zissou !) et la découverte, enfin, du requin-jaguar. Il se passe pleins de choses, avec beaucoup de moments mélancoliques voire même bien tristes, mais relevés par la poésie drôlatique insufflée par Wes Anderson et son nouveau compère Noah Baumbach.

* La B.O.. Un film de Wes Anderson sans une excellente musique ? C'est impossible et ici, plutôt que de varier les plaisirs pop-rock, le cinéaste a choisi un seul artiste : David Bowie, mais revisité à la brésilienne par Seu Jorge dont les seules paroles dans le film sont celles des chansons qu'il interprète. Et c'est splendide !

J'aime pas :

* Bon soit, une certaine longueur-langueur qui fait qu'on se demande parfois quand le film va se terminer.

Pour moi, "The Life aquatic with Steve Zissou" est donc LE chef d'oeuvre de Wes Anderson, celui qui supplante tous les autres jusqu'à maintenant. Parce que j'y retrouve tout ce que j'aime au cinéma : du rêve, de l'humour, de la passion, de l'émotion et des actrices et acteurs qui te font partager leur bonheur. C'est encore une fois minutieux et mécanique, et cette fois plus que dans ses autres jolies oeuvres, l'horloge du cinéaste donne l'heure juste.

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