lundi 18 février 2013

Django Unchained (2012)

Ce n'est pas avec un enthousiasme débordant que j'ai été voir le dernier Quentin Tarantino. J'aime beaucoup le bonhomme et son cinéma, mais je dois avouer que son "Inglorious Basterds" m'avait quelque peu déçu. "Django Unchained", c'est un peu la même chose, mais en western et en mieux.

Après les G.I.'s chasseurs de nazis, place aux chasseurs de primes tueurs d'esclavagistes. Peu de temps avant la guerre de Sécession, un médecin allemand reconverti en chasseur de primes, le Dr King Schulz (Christoph Waltz, splendide), se balade au gré du sud des Etats-Unis afin d'honorer ses contrats de têtes mises à prix. Il va rapidement tomber sur un esclave noir, Django (Jamie Foxx, très bien), dont il a besoin pour reconnaître des malfrats qu'il doit tuer. Après l'avoir délivré, Schulz emmène son nouveau partenaire sur les traces des bandits, mais en échange, il promet à Django de l'aider à retrouver sa femme, Broomhilda (Kerry Washington, pas mal), aux griffes d'un affreux propriétaire terrien, Calvin Candie (Leonardo di Caprio, excellent)...

J'aime : 

* Le scénario. Comme dans "Inglorious Basterds", Tarantino offre une véritable aventure à ses héros qui les mène à travers les Etats-Unis, surtout le Sud malgré une courte séquence neigeuse. Les quelques séances tarantiniennes de joutes orales n'empêchent pas le film de tenir un bon rythme, entraînant et quasiment sans temps mort. Et le scénario, donc, est de facture assez classique, mais colle parfaitement à l'univers du western et son originalité vient dans le traitement de l'histoire de l'esclavage.

* Le casting. Le cinéaste ne s'est pas trompé en faisant appel de nouveau à l'Allemand Christoph Waltz pour camper ce drôle de dentiste-chasseur de primes érudit et verbeux. Son rôle est vraiment savoureux. Les autres acteurs sont tout aussi bons. Jamie Foxx fait bien le boulot en ex-esclave vengeur et on apprécie la prestation cynique de Leonardo di Caprio qu'on n'avait pas vu aussi "spécial" depuis longtemps. Petit bémol peut-être sur celle de Samuel L. Jackson. Si son rôle est intéressant, son grimage n'est pas très réussi...

* Les décors. L'avantage des westerns "contemporains", c'est qu'ils sont rarement fauchés et offrent une reconstitution léchée, très proche de la réalité. Tout est donc soigné, de l'environnement aux costumes, et c'est beau.

* L'humour. Outre la qualité des dialogues, c'est une caractéristique tarantinienne non négligeable. Il y a pas mal d'action, mais quasiment toujours ponctuée d'un humour cartoonesque, notamment lorsque les corps sont littéralement projetés dans tous les sens par les balles qu'ils reçoivent. La scène la plus drôle est sans doute celle du commando vengeur qui a des petits soucis de cagoule...

J'aime pas : 

* La surenchère de quelques séquences. Parfois, ce sont des dialogues longuets, à d'autres moments de la surenchère macabre, notamment dans la fusillade finale où les corps sont littéralement vidés de leur sang tellement ils sont mitraillés. Cela fait rire au début, après c'est un peu lourd.

Si Quentin Tarantino nous offre un nouveau film aussi picaresque que jouissif avec tout son style et ses codes, il reste un western plus hommage que véritablement novateur, un peu comme "True Grit" des Frères Coen qui était sans doute un peu meilleur. Le cinéaste ajoute une nouvelle corde à son arc et s'en amuse, mais il est difficile de classer son film parmi les meilleurs du genre. Très sympa, très bien joué, et puis c'est tout ? Probablement. Je crois que je préfère encore quand Tarantino joue avec notre époque actuelle.

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