mardi 12 février 2013

The Royal Tenenbaums (2001)

Et nous voici donc avec le premier des chefs d'oeuvre de Wes Anderson qui vont se succéder jusqu'à maintenant. Après les sérieux prémices de son style vus dans "Rushmore", le cinéaste laisse exploser son talent dans un film maîtrisé de bout en bout, avec en plus un casting prestigieux.

Si le film précédent était moins "familial", celui-ci l'est totalement, c'est même une seule et unique histoire de famille. Divorcé depuis un certain temps, Royal Tenenbaum (Gene Hackman, splendide) est ruiné et exclu du luxueux hôtel dans lequel il vit. Il décide alors de se faire passer pour mourant afin d'être accueilli sous le toit de son ex-femme, Etheline (Anjelica Huston, très bien), qui a gardé la maison familiale. Le retour de Royal fait suite à celui, par coïncidence, des trois enfants surdoués du couple : Chas (Ben Stiller, très bon en petit nerveux jamais content), financier hors pair, Margot (Gwyneth Paltrow, mélancolique à souhait), écrivain de talent en chute libre, et Richie (Luke Wilson, dans son meilleur rôle sans doute), ex-champion de tennis tourmenté.

Les retrouvailles familiales ne vont néanmoins pas se passer sous les meilleurs auspices, entre Chas qui déteste son père et ne veut pas le laisser passer du temps avec ses deux enfants, tout comme Henry Sherman (Danny Glover, sympa) qui convoite Etheline et voit Royal comme un rival et réciproquement, sans oublier Richie qui aime secrètement Margot (qui a été adoptée) qui couche avec un autre écrivain à succès, Eli Cash (Owen Wilson, taré), alors qu'elle est mariée à Raleigh St Clair (Bill Murray, excellent de décrépitude), neuropsychiatre plus âgé qu'elle. Et les choses vont se gâter quand tout ce petit monde va découvrir que Royal Tenenbaum n'est pas vraiment mourant...

J'aime :

* Le style Wes Anderson. Il est ici exprimé avec splendeur. C'est précis, pointilleux et léché, de chaque cadrage et mouvement de caméra jusqu'aux détails des décors, des costumes et des histoires de chaque personnage. Rien n'est laissé au hasard, on entre dans un véritable univers construit de bout en bout. On ajoute à cela un vrai talent de mise en scène avec des dialogues courts et piquants.

* L'univers Wes Anderson. Ce film pose la première véritable pierre avec une histoire 100% familiale où l'enfance et l'âge adulte se mélangent aisément. Il n'y a guère que la mère qui fait son âge, tous les autres, de Royal à ses enfants, pourtant adultes, accusent de larges lacunes de maturité. Wes Anderson joue avec ses personnages et les relations qu'ils ont entre eux, souvent ambiguës, comme avec une maison de poupée.

* Le casting. Peu de films peuvent se targuer de fournir une telle pléiade de grands acteurs qui ont des rôles quasi équivalents, sans véritables premiers ou seconds rôles. Ils s'intègrent parfaitement dans leurs personnages et cet univers si particulier, à la fois mélancolique et ironique. On apprécie particulièrement la prestation de Gene Hackman, rarement vu dans des "comédies" et qui offre ici une nouvelle couleur à sa palette.

* Le scénario. C'est une comédie, oui, mais très intelligente et subtile. L'histoire offre peu de rebondissements, mais on se régale de voir interagir tous ces personnages les uns avec les autres, chaque relation étant différente.

* La B.O.. "Rushmore" offrait déjà du lourd. Cela se confirme une fois de plus une composition musicale de choix. On reconnaît les Beatles (une reprise), John Lennon et bien d'autres. Que de la qualité !

J'aime pas :

* Il est bien difficile de trouver des défauts à ce film. On voudrait peut-être qu'il dure plus longtemps ou mieux, qu'il y ait une suite !

Après "Rushmore" qui offrait les premières notes de la partition de Wes Anderson, on se trouve ici face à une oeuvre largement plus aboutie. Avec son histoire, de nouveau co-écrite avec Owen Wilson (c'est à signaler) et découpée en chapitres, ainsi que sa fabuleuse galerie de personnages, le cinéaste marque définitivement son empreinte dans le milieu du 7e art, avec un style éminemment personnel, renouvelé à chaque fois dans tous ses prochains films. Bravo maestro !

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