Lee Daniels n'a pas encore beaucoup de films à son actif, mais "The Paperboy" semble être déjà la consécration pour lui, avec un casting de choc. Au final, les critiques sont mitigées, avec raison.
Le réalisateur américain nous emmène dans la Floride des marais infestés de crocodiles, en 1965. Deux ans plus tôt, un gros policier a été salement tué. Hillary Van Wetter (John Cusack, méconnaissable et très bon), un pauvre type, a été arrêté, condamné, prêt à finir sur la chaise électrique. Deux journalistes chevronnés du Miami Times, Ward Jansen (Matthew MacConaughey, très inspiré) et Yardley Acheman (David Oyelowo, très bien) tentent alors de rétablir la vérité sur le meurtre, aidés par la correspondante amoureuse du prisonnier, Charlotte Bless (Nicole Kidman, impressionnante) et le jeune frère de Ward Jansen, Jack (Zac Efron, pas mal).
J'aime :
* L'atmosphère du film. C'est censé se passer en Floride, mais c'est tourné en Louisiane. Peu importe, les paysages de bayou sont magnifiques, avec chaleur et air poisseux, et l'ambiance des années soixante, dans un Sud pratiquant encore la ségrégation, est très bien retranscrite.
* Le scénario. C'est une enquête relativement classique, mais elle est raccord avec l'époque et se suit bien, le réalisateur laissant une bonne part de mystère jusqu'à la fin sur la véracité des faits.
* Le casting. Il est impressionnant tout de même (j'ai oublié l'étonnante Macy Gray en domestique des Jansen) et donne dans la performance. Entre un John Cusack bouffi, un Matthew MacConaughey défiguré et une Nicole Kidman qui franchit toutes les limites du sensuel, on assiste à une vraie libération de pulsions variées, souvent violentes et repoussantes.
J'aime pas :
* Lee Daniels ne va finalement pas au bout de son raisonnement, notamment sur l'enquête journalistique. On arrive à un dénouement qui ne serait finalement pas le véritable, et la fin ne nous donnera aucune réponse. C'est vraiment dommage. L'histoire, même banale, avait un fort potentiel, on était dans un super polar que le cinéaste préfère délaisser pour du sentimentalisme exacerbé et cruel.
On ressort vraiment secoué de "The Paperboy". Lee Daniels a réussi son pari, fasciner en choquant. On applaudit assez cette mise en scène brutale, mais parfaitement maîtrisée et surtout hyper esthétique. On regrette juste de ne pas pouvoir savourer jusqu'au bout une vraie bonne esquisse de scénario. Mais on repassera, sans doute.
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