Quand on m'a proposé ce film avec Shia LaBeouf en tête d'affiche, j'ai eu envie de fuir. Mais bon, l'univers historique de la Prohibition aux Etats-Unis me tentait trop, alors j'ai cédé, espérant une prestation pas trop fade du jeune acteur.
Les Australiens John Hillcoat, le réalisateur, et son scénariste, le chanteur Nick Cave, nous entraîne au coeur de la Prohibition qui tenta de faire plier les Etats-Unis des années 1930 en bannissant l'alcool. Mais évidemment, la contrebande prit le dessus, notamment en Virginie où les frères Bondurant (joués par Tom Hardy, féroce, Jason Clarke, bien, et Shia LaBeouf, toujours sans intérêt) règnent en maître dans leur comté, main dans la main avec la police. Mais l'Etat finit par leur tomber dessus par l'intermédiaire de l'agent fédéral Charlie Rakes (Guy Pearce, assez impressionnant) qui instaure une véritable chape de plomb sur le commerce des Bondurant, aidés par le seul gangster Floyd Banner (Gary Oldman, sobre). Un véritable bras de fer va alors commencer entre le ripou et les Robins des Bois de l'alcool de pomme...
J'aime :
* La reconstitution de l'époque, parfaitement retranscrite entre les costumes, décors et véhicules. Tout est magnifique et soigné.
* Certaines performances d'acteur comme Tom Hardy, très fort en grommellements et brut de décoffrage, ou encore Guy Pearce, qui offre une prestation particulièrement détonante en agent fédéral à la fois propre sur lui et totalement hystérique de violence. Mention spéciale aussi à la jeune Mia Wasikowska dans le rôle de la jolie et sage dulcinée de Shia LaBeouf.
J'aime pas :
* Le jeune rôle principal justement. On dit que c'est son meilleur rôle, je veux bien le croire, mais ce n'est pas encore celui de sa vie. Sa prestation n'est pas si mal, mais il ne transcende pas le film non plus.
* Un scénario qui suit un fil classique, mais très bien, jusqu'à l'installation permanente de Charlie Rakes. Et là, on a l'impression que ça s'embourbe vraiment jusqu'à l'affrontement final. Dommage.
* Et cet affrontement final justement qui est, par moments, un comble de ridicule entre les types qui se touchent pas en se tirant à 10 mètres ou ces longues et lentes agonies grotesques.
On se demande encore pourquoi John Hillcoat (ou ses producteurs) a présenté son film au Festival de Cannes, surtout en compétition. L'oeuvre est de bonne facture, tout à fait honnête dans le genre, mais ne révolutionne rien non plus, malgré une violence appuyée et quelques acteurs qui sortent du lot.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire