On peut vraiment dire que Jonathan Dayton et Valerie Faris étaient attendus au tournant après le succès mérité de "Little Miss Sunshine", petit bijou de comédie indépendante. Le couple a pris son temps avant de nous offrir son nouveau film, ce "Ruby Sparks", qui m'a tout autant convaincu. Quelle bonne nouvelle !
Après les déboires d'une famille hétéroclite qui doit se ressouder pour un concours de mini-miss, on passe à qque chose de complètement différent. Calvin (Paul Dano, formidable) est un auteur qui a connu rapidement le succès et profite tranquillement de la nouvelle vie qui s'offre à lui en attendant un nouvel éclair de génie pour son prochain roman. En panne d'inspiration et en perpétuelle angoisse, il consulte un psychiatre qui lui conseille alors de lui écrire un texte, sur ce qu'il veut, où il pourrait exprimer ce qu'il ressent.
Célibataire à chien, Calvin se met alors à décrire cette fille idéale qui apparaît régulièrement dans ses rêves. Mais à peine a-t-il écrit qques pages sur celle qu'il a prénommé Ruby Sparks qu'elle prend forme humaine (jouée par Zoe Kazan, excellente) et entre subitement dans sa vie pour devenir sa petite amie, correspondant à ce qu'il a écrit sur elle. Après un certain temps d'adaptation, Calvin va devoir prendre en charge cette nouvelle relation qui va lui offrir autant de bonheur que de moments de perplexité ainsi que des situations bien tordues puisqu'il a le pouvoir de la maîtriser par l'écrit...
J'aime :
* Le scénario, fort original. Certes, on a déjà vu des histoires similaires, avec par exemple, des personnages de cinéma apparaître dans la vie réelle, mais ici, l'apparition de ce personnage de fiction écrite est parfaitement retranscrite, et offre une grande variété de situations rocambolesques ainsi qu'une belle réflexion sur de tels pouvoirs de domination sur une personne devenue humaine.
* L'interprétation exceptionnelle de Paul Dano et Zoe Kazan, qui est aussi l'auteure du scénario. Couple à la ville, ils sont vraiment impressionnants tous les deux, dans des registres différents, lui en grand adulescent angoissé, parfois proche de la folie, et elle en jeune femme décomplexée et 100% naturelle. Ils se complètent et offrent la superbe prestation d'une relation explosive, que ce soit dans la joie autant que dans les peines. La complicité réelle y est sans doute pour beaucoup, mais ils ont vraiment beaucoup de talent.
* La bande originale. Déjà éclectique sur "Little Miss Sunshine", elle verse ici dans la nostalgie exotique avec une large majorité de chansons françaises, plutôt anciennes (période yéyé) et pas toutes connues, mais avec notamment un détonnant "ça plane pour moi" de Plastic Bertrand !
J'aime pas :
* Il y a moins de personnages principaux que dans "Little Miss Sunshine", mais on pouvait espérer une belle brochette de personnages secondaires. Malheureusement, ils sont ici bien moins réussis. Que ce soit le frère, Harry (Chris Messina, agaçant), qui ne ressemble pas du tout à Calvin, l'écrivain rival Langdon Tharp (Steve Coogan qui surjoue le snob) ou le beau-père latino Mort (Antonio Banderas, cabotin comme jamais), personne ne donne vraiment satisfaction, mise à part peut-être la mère, Gertrude (Annette Bening, bien).
Cette longue (tout est relatif) attente est finalement récompensée par une excellente comédie romantique, drôle, originale et grave, avec un couple formidable du début à la fin, qui sait jouer sur tous les registres. Si tout n'est donc pas parfait, ce deuxième essai est tout de même une belle réussite et confirmation qui nous donne toujours beaucoup plus d'espoir pour la suite de la carrière du duo Dayton/Faris.
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