Devant tant d'éloges envers le dernier épisode de James Bond, mes attentes étaient quand même assez grandes et légitimes. Daniel Craig a prouvé qu'il incarnait très bien l'espion britannique tandis que la réalisation confiée à Sam Mendes était un gage de qualité. Mais malgré beaucoup de bonne choses, il y a de sérieux manques.
Après "Casino Royale" et "Quantum of Solace" qui se suivaient, nous retrouvons un 23e opus qui se la joue solo. On entre dans le vif du sujet avec James Bond (Daniel Craig donc, toujours distant mais profond), affublée de la jeune agent Eve (Naomie Harris, jeune et cool), lancés dans une course-poursuite à Istanbul avec un terroriste possédant une liste des agents de l'Otan infiltrés dans des organisations terroristes.
Mais les choses se finissent mal et Bond en réchappe de peu, laissant croire qu'il est mort. L'échec de cette mission provoque la chute de M (Judi Dench, toujours aussi bien), poussée vers la sortie par le responsable des services secrets, Gareth Mallory (Ralph Fiennes, très bien). Pendant que 007 est en vacances forcées et bien débauchées, M est visée avant sa sortie par un attentat perpétré par un ancien agent revanchard et super hacker, Tiago Rodiguez dit Silva (Javier Bardem, fou à souhait). James Bond décide de reprendre alors du service en allant traquer Silva qui se cache à Macao. Il y est mené notamment par la jeune et jolie Séverine (Bérénice Marlohe, qui fait le boulot)...
J'aime :
* La psychologie particulièrement intense qu'a instauré Sam Mendes dans les relations entre ses personnages. Le réalisateur va plus loin dans le rapport maternel qui existe entre M et James Bond, encore plus dans la dernière partie du film. Puis, une fois de plus, on voit un 007 en proie à divers démons (alcool, femmes) qui ne le quittent jamais vraiment, sans oublier une certaine vieillesse qui commence à se faire sentir.
* Les décors, toujours aussi impressionnants, qu'ils soient en plein air ou dans les souterrains de Londres. Puis on voyage, évidemment, et c'est toujours aussi beau, d'Istanbul à l'Ecosse en passant par Macao et Londres.
* Les effets spéciaux et autres cascades. La série des 007 a sans doute de la concurrence depuis un moment, mais on en a toujours pour nos mirettes ici aussi.
* Si la série a pas mal évolué depuis l'intronisation de Daniel Craig, plus moderne et réfléchie, la firme 007 n'oublie pas son glorieux passé avec moult références, souvent anecdotiques (l'Aston Martin, le nouveau Q, etc.), mais toujours savoureuses.
* Le générique, splendide. C'est l'une des marques de fabrique de James Bond, elle ne manque pas, sensuelle et envoûtante, tout comme la chanson qui l'accompagne, puissante et classique à la fois, interprétée par Adele.
J'aime pas :
* Le scénario et c'est mon principal reproche, qui a son importance évidemment.Visiblement, Sam Mendes a délaissé l'histoire en elle-même, très limpide, sans enjeux mondiaux complexes et autres personnages ambivalents, pour mettre l'accent sur les relations entre ces personnages justement, mais qui ne présentent alors plus aucune face cachée. Les séances de huis-clos sont même sans doute mieux réussies et crédibles que celles d'action, parfois un peu ampoulées, surtout dans la dernière partie qui rappelle vaguement "McGyver" et "The A-Team", c'est dire !
Ce scénario en queue de poisson est donc assez décevant par rapport à nos attentes, même s'il débouche tout de même sur de nouvelles perspectives pas inintéressantes (un nouveau Q, qu'on nous présente ici, mais aussi un nouveau M et une nouvelle Moneypenny). Cependant, Sam Mendes apporte une touche relativement personnelle et point déplaisante, donnant à son tour une nouvelle dimension aux personnages et à la série, plus profonde et réfléchie, qui a encore de beaux jours devant elle et c'est tant mieux.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire