Avec "Take Shelter", Jeff Nichols avait livré une oeuvre minimaliste, mais puissante et "cérébrale". Le voilà de retour avec "Mud", un film doté d'une histoire plus classique, mais non sans passion et chaleur humaine.
Ellis et Neckbone sont deux gamins vivant sur les rives du Mississippi. Un jour, ils repèrent sur une île du delta un bateau perché dans un arbre en raison d'une récente crue. Ils décident d'en prendre possession, mais tombent sur son occupant, Mud (Matthew McConaughey, excellent), un fugitif. Ce dernier, qui a tué le violent petit ami de son ex, Juniper (Reese Witherspoon, très bien), demande aux deux garçons de l'aide pour pouvoir survivre et retaper le bateau afin de fuir avec. Juniper, qui vit temporairement dans les environs, doit le rejoindre quand les préparatifs seront terminés. Malgré les risques, Ellis et Neckbone décident de venir en aide à Mud...
J'aime :
* Le scénario. En mode Mark Twain, Jeff Nichols nous entraîne aux confins du Mississippi pour une histoire belle et forte prise du point de vue d'Ellis, le véritable héros du film. Le réalisateur ne s'en tient pas qu'à la relation entre le jeune ado et Mud, tous ses autres liens sont explorés que ce soit avec son fidèle ami Neckbone, ses parents sur le divorce, Juniper ou encore sa petite amie May Pearl. Cette belle aventure n'est pas sans suspense, la tension augmentant avec l'arrivée des malfrats voulant se venger de Mud jusqu'au climax de la scène de fusillade finale.
* Le casting. Il est tout bonnement parfait avec deux enfants formidables et un Matthew McConaughey qui se révèle toujours plus brut et mature, dans un rôle qui rappelle un peu son dernier en date dans "Paperboy" dont l'ambiance poisseuse était un peu similaire. Tous les autres seconds rôles, dont une Reese Witherspoon presque méconnaissable et un Michael Shannon cocasse, sont également admirables.
* L'environnement. La photographie de "Take Shelter" était déjà splendide avec les grands paysages sans fin du Midwest et ses ciels orageux. Le résultat est tout aussi magnifique ici avec les décors marécageux du delta du Mississippi qui inspirent puissance et mystère à la fois, avec une nature indomptable et dangereuse. Ils sont ainsi très bien utilisés, à l'image de ce bateau perché dans un arbre, point de départ du film.
J'aime pas :
* Deux petits regrets concernant le scénario. Le premier concerne la relation d'Ellis et de May Pearl qui est vraiment très elliptique et qui aurait mérité soit d'être approfondie, soit de ne pas exister. En tout cas, elle nous laisse un peu sur notre faim. De même, le film aurait très bien pu se clore sur la dernière scène d'Ellis plutôt que pour le "happy end" proposé juste après.
"Mud" a donc été pour moi un véritable coup de coeur que je recommande vivement. Après le vibrant "Take Shelter", Jeff Nichols récidive avec une nouvelle oeuvre poignante et prenante de bout en bout, composée avec des acteurs formidables. On ne peut alors que se retrouver tout impatient de voir son prochain film.
vendredi 24 mai 2013
dimanche 19 mai 2013
The Jackal (1998)
"The Jackal" fait partie de mes films d'action "madeleine", soit des oeuvres qui ne resteront pas forcément dans les annales du cinéma, mais que j'avais vraiment beaucoup apprécié étant plus jeune. Je me rappelle l'avoir vu plusieurs fois de suite lorsqu'il était passé, à l'époque, sur Canal +. Bref, cela ne veut pas dire non plus que c'est complètement nul, il y a Michael Caton-Jones à la baguette et un bon duel à distance entre Richard Gere et Bruce Willis.
Le "Chacal" du titre (Bruce Willis, qui fait bien le méchant pas commode) est un tueur à gages très dangereux et dont peu de personnes ne connaissent le visage. Il est engagé par la mafia russe qui entend venger la mort de l'un de ses membres, tué dans une opération menée conjointement par la police russe de Valentina Koslova et le FBI de Carter Preston (Sidney Poitier, impeccable). Craignant des représailles sur le sol américain, mais sans connaître la cible de la mafia russe, ce dernier met tout en oeuvre pour traquer le Chacal. Il fait alors appel à deux anciens membres de l'IRA et de l'ETA qui ont cotoyé le tueur : Declan Mulqueen (Richard Gere, pas mal), qui est emprisonné, et Isabella Zanconia (Mathilda May, pas très expressive).
J'aime :
* Le scénario. Cela s'éparpille parfois un peu trop dans tous les coins, mais on est bien pris par cette traque au Chacal, insaisissable et qui fait régner la terreur partout où il passe. Surtout, le suspense est bien gardé quant à la cible finale du tueur qu'on découvre en même temps que les enquêteurs.
* Le casting. Il y a quand même du lourd, entre Richard Gere et Bruce Willis, qui la jouent loup contre loup, on trouve le sobre Sidney Poitier et un Jack Black un peu égaré. On ne sait pas trop ce que vient faire là Mathilday May, mais c'est pas si mal.
* L'action. On sent qu'il y a du budget devant tant de décors et lieux visités. Cela pétarade pas tant que ça, mais ça suffit amplement avec une grosse scène de fin dans le métro.
J'aime pas :
* Quelques scènes téléphonées, notamment celles du début avec les vilains russes, et un jeu caricatural, de la part de ceux qu'on vient de citer, mais aussi de Richard Gere, qui se force un peu à faire le bad boy et n'a pas l'air de tellement croire à son rôle, et de Bruce Willis dont la moue de méchant et le changement de moumoute frisent parfois le ridicule.
Comme je le disais en préambule, Michael Caton-Jones n'a pas sorti les film d'action de la décennie avec ce "Jackal", mais cela reste un honnête divertissement, bien réalisé et avec des acteurs qu'on apprécie tout de même bien. Alors ne boudons pas ce plaisir coupable.
Le "Chacal" du titre (Bruce Willis, qui fait bien le méchant pas commode) est un tueur à gages très dangereux et dont peu de personnes ne connaissent le visage. Il est engagé par la mafia russe qui entend venger la mort de l'un de ses membres, tué dans une opération menée conjointement par la police russe de Valentina Koslova et le FBI de Carter Preston (Sidney Poitier, impeccable). Craignant des représailles sur le sol américain, mais sans connaître la cible de la mafia russe, ce dernier met tout en oeuvre pour traquer le Chacal. Il fait alors appel à deux anciens membres de l'IRA et de l'ETA qui ont cotoyé le tueur : Declan Mulqueen (Richard Gere, pas mal), qui est emprisonné, et Isabella Zanconia (Mathilda May, pas très expressive).
J'aime :
* Le scénario. Cela s'éparpille parfois un peu trop dans tous les coins, mais on est bien pris par cette traque au Chacal, insaisissable et qui fait régner la terreur partout où il passe. Surtout, le suspense est bien gardé quant à la cible finale du tueur qu'on découvre en même temps que les enquêteurs.
* Le casting. Il y a quand même du lourd, entre Richard Gere et Bruce Willis, qui la jouent loup contre loup, on trouve le sobre Sidney Poitier et un Jack Black un peu égaré. On ne sait pas trop ce que vient faire là Mathilday May, mais c'est pas si mal.
* L'action. On sent qu'il y a du budget devant tant de décors et lieux visités. Cela pétarade pas tant que ça, mais ça suffit amplement avec une grosse scène de fin dans le métro.
J'aime pas :
* Quelques scènes téléphonées, notamment celles du début avec les vilains russes, et un jeu caricatural, de la part de ceux qu'on vient de citer, mais aussi de Richard Gere, qui se force un peu à faire le bad boy et n'a pas l'air de tellement croire à son rôle, et de Bruce Willis dont la moue de méchant et le changement de moumoute frisent parfois le ridicule.
Comme je le disais en préambule, Michael Caton-Jones n'a pas sorti les film d'action de la décennie avec ce "Jackal", mais cela reste un honnête divertissement, bien réalisé et avec des acteurs qu'on apprécie tout de même bien. Alors ne boudons pas ce plaisir coupable.
samedi 18 mai 2013
Absolute Power (1997)
Il y a plusieurs Clint Eastwood. Celui des débuts, branché western (spaghetti ou américain), que je vénère. Puis l'époque "Dirty Harry" et autres rôles toujours un peu ambigus et tout de même donneurs de leçon. Et depuis une vingtaine d'années, c'est un peu éclectique, il y a du bon et du moins bon, du majeur et du mineur. "Absolute Power" est plutôt en mode mineur, mais fournit un très bon divertissement.
Luther Whitney (Clint Eastwood, très bien) est un vieux cambrioleur chevronné. Avant de se retirer définitivement du marché, il tente un dernier coup dans la propriété d'un proche du président des Etats-Unis, Walter Sullivan. Alors qu'il s'affaire dans une pièce secrète attenante à la chambre des propriétaires, il est contraint de s'y enfermer alors que la femme de Walter Sullivan, Christy, rentre en compagnie d'Alan Richmond, le président (Gene Hackman, toujours parfait en méchant).
Un miroir sans tain lui permet d'assister aux ébats des deux amants, sauf que ça tourne mal. Ils sont éméchés, Alan Richmond devient violent, elle le blesse avec un coupe-papier et les gardes du corps du président interviennent, tirant sur Christy Sullivan qui meurt sur le coup. La conseillère d'Alan Richmond, Gloria Russell (Judy Davis, bien), décide d'étouffer l'affaire, faisant croire à un cambriolage qui aurait mal tourné. La sécurité du président quitte les lieux en oubliant le coupe-papier ensanglanté. Luther Whitney l'a récupéré au passage avant de quitter lui aussi la maison, mais il est surpris par les gardes du corps d'Alan Richmond qui le pourchassent. Le voleur parvient à s'enfuir et il va alors être traqué aussi bien par ces derniers que par l'inspecteur Seth Frank (Ed Harris, excellent), chargé de l'enquête...
J'aime :
* Le scénario. Adapté d'un roman, il offre un passionnant jeu du chat et de la souris entre le gentleman cambrioleur, le gentil inspecteur qui finira par se placer de son côté - et on apprécie leur complicité et respect mutuel - et les méchants hommes du président.
* Le casting. Ce n'est pas forcément toujours le cas, mais Clint Eastwood a réuni ici autour de lui de grosses pointures tels que les excellents Gene Hackman et Ed Harris. On s'amuse aussi de voir, dans des seconds rôles, Dennis Haysbert (l'un des deux gardes du corps du président) et Penny Johnson (une inspectrice), le futur couple présidentiel de la série "24".
J'aime pas :
* Un dénouement un peu trop fluide. Clint Eastwood ne cherche pas vraiment la complexité et l'enquête file assez rapidement - malgré une trop longue scène de crime -, sans énormément de rebondissements.
Avec "Absolute Power", Clint Eastwood signe un bon petit polar, avec un casting impeccable, qui vient lorgner du côté des hautes sphères du pouvoir américain. On aurait aimé un peu plus de complication dans la résolution de l'enquête, mais la mission de divertissement est hautement remplie. C'est déjà ça !
Luther Whitney (Clint Eastwood, très bien) est un vieux cambrioleur chevronné. Avant de se retirer définitivement du marché, il tente un dernier coup dans la propriété d'un proche du président des Etats-Unis, Walter Sullivan. Alors qu'il s'affaire dans une pièce secrète attenante à la chambre des propriétaires, il est contraint de s'y enfermer alors que la femme de Walter Sullivan, Christy, rentre en compagnie d'Alan Richmond, le président (Gene Hackman, toujours parfait en méchant).
Un miroir sans tain lui permet d'assister aux ébats des deux amants, sauf que ça tourne mal. Ils sont éméchés, Alan Richmond devient violent, elle le blesse avec un coupe-papier et les gardes du corps du président interviennent, tirant sur Christy Sullivan qui meurt sur le coup. La conseillère d'Alan Richmond, Gloria Russell (Judy Davis, bien), décide d'étouffer l'affaire, faisant croire à un cambriolage qui aurait mal tourné. La sécurité du président quitte les lieux en oubliant le coupe-papier ensanglanté. Luther Whitney l'a récupéré au passage avant de quitter lui aussi la maison, mais il est surpris par les gardes du corps d'Alan Richmond qui le pourchassent. Le voleur parvient à s'enfuir et il va alors être traqué aussi bien par ces derniers que par l'inspecteur Seth Frank (Ed Harris, excellent), chargé de l'enquête...
J'aime :
* Le scénario. Adapté d'un roman, il offre un passionnant jeu du chat et de la souris entre le gentleman cambrioleur, le gentil inspecteur qui finira par se placer de son côté - et on apprécie leur complicité et respect mutuel - et les méchants hommes du président.
* Le casting. Ce n'est pas forcément toujours le cas, mais Clint Eastwood a réuni ici autour de lui de grosses pointures tels que les excellents Gene Hackman et Ed Harris. On s'amuse aussi de voir, dans des seconds rôles, Dennis Haysbert (l'un des deux gardes du corps du président) et Penny Johnson (une inspectrice), le futur couple présidentiel de la série "24".
J'aime pas :
* Un dénouement un peu trop fluide. Clint Eastwood ne cherche pas vraiment la complexité et l'enquête file assez rapidement - malgré une trop longue scène de crime -, sans énormément de rebondissements.
Avec "Absolute Power", Clint Eastwood signe un bon petit polar, avec un casting impeccable, qui vient lorgner du côté des hautes sphères du pouvoir américain. On aurait aimé un peu plus de complication dans la résolution de l'enquête, mais la mission de divertissement est hautement remplie. C'est déjà ça !
mercredi 8 mai 2013
Free Angela and all political prisoners (2013)
Angela Davis, figure de l'extrême gauche et du mouvement des droits civiques des Etats-Unis, méritait assurément un documentaire. Elle en a déjà eu je crois, mais c'est toujours bon de rafraîchir les mémoires en notre époque qui a souvent tendance à oublier beaucoup de combats justes et sincères. Malheureusement, ce documentaire de Shola Lynch manque de beaucoup de choses.
Le film se confine à la période la plus agitée de la vie d'Angela Davis, soit ses années d'étudiante et le début de sa carrière universitaire en Californie. On découvre une femme de caractère, profondément militante, tentant d'associer plusieurs causes en une: socialisme, féminisme et mouvement noir. Une approche originale qu'elle devra défendre tant bien que mal durant ces années troubles de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Mais la jeune militante et son combat seront mis en lumière par son retentissant procès de 1971 durant lequel elle est accusée d'être complice d'une tentative d'évasion meurtrière de trois prisonniers noirs qu'elle soutenait. Après cela, plus rien ne sera pareil pour Angela Davis...
J'aime :
* Le sujet. Je connaissais finalement peu le parcours d'Angela Davis et, même si avenir post-procès n'est pas raconté dans le documentaire, on en apprend beaucoup sur son enfance et les prémices de son militantisme. Elle incarne une époque particulière et intense de l'histoire contemporaine américaine et c'est fascinant.
* Les intervenants. Ils sont nombreux et solides. Il y a Angela Davis elle-même, mais aussi ses proches, ses avocats et d'autres témoins de choix.
* Les archives. Elles sont riches, beaucoup d'images de cette époque sous tension, du contexte comme des moments de vie d'Angela Davis. Des critiques ont été portées contre l'utilisation de quelques images de fiction (avec la nièce d'Angela Davis dans son rôle) pour montrer des séquences plus intimes à des fins d'illustration, mais je les ai trouvées plutôt jolies (sombres, elles ne laissent pas voir les visages) et peu intrusives d'autant plus qu'elles sont muettes.
J'aime pas :
* Le rythme. Certes, ce n'est pas une fiction, mais c'est tout de même bien lent. Il y a aussi beaucoup de longueurs, notamment le procès qui occupe tout le dernier tiers du documentaire et qui regorge de détails, sans doute trop.
* Les manquements dans le contenu. On en apprend beaucoup certes, mais on en voudrait plus, notamment sur l'après-procès. La réalisatrice nous offre un rapide aperçu de la tournée mondiale qui a suivi, mais c'est beaucoup trop elliptique. Pareil pour l'énorme mobilisation internationale qui a eu lieu pendant son procès et qui est trop rapidement abordée. Ainsi, on ne sait pas bien ce qu'Angela Davis a fait depuis son procès jusqu'à aujourd'hui.
* La bande originale. Très classique, elle n'utilise aucune des grandes chansons composées en l'honneur d'Angela Davis, notamment celles de John Lennon et des Rolling Stones. Il y a peut-être une histoire de droits derrière, mais c'est tout de même bien dommage.
"Free Angela and all political prisoners" est un documentaire nécessaire, de ceux qui doivent exister pour faire connaître le parcours et le combat de personnes aussi importantes et dignes qu'Angela Davis. Malheureusement, lorsqu'il a la chance de passer en salles, on attend un peu plus qu'un film relativement sobre et non exhaustif. Bien, mais peut vraiment mieux faire.
Le film se confine à la période la plus agitée de la vie d'Angela Davis, soit ses années d'étudiante et le début de sa carrière universitaire en Californie. On découvre une femme de caractère, profondément militante, tentant d'associer plusieurs causes en une: socialisme, féminisme et mouvement noir. Une approche originale qu'elle devra défendre tant bien que mal durant ces années troubles de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Mais la jeune militante et son combat seront mis en lumière par son retentissant procès de 1971 durant lequel elle est accusée d'être complice d'une tentative d'évasion meurtrière de trois prisonniers noirs qu'elle soutenait. Après cela, plus rien ne sera pareil pour Angela Davis...
J'aime :
* Le sujet. Je connaissais finalement peu le parcours d'Angela Davis et, même si avenir post-procès n'est pas raconté dans le documentaire, on en apprend beaucoup sur son enfance et les prémices de son militantisme. Elle incarne une époque particulière et intense de l'histoire contemporaine américaine et c'est fascinant.
* Les intervenants. Ils sont nombreux et solides. Il y a Angela Davis elle-même, mais aussi ses proches, ses avocats et d'autres témoins de choix.
* Les archives. Elles sont riches, beaucoup d'images de cette époque sous tension, du contexte comme des moments de vie d'Angela Davis. Des critiques ont été portées contre l'utilisation de quelques images de fiction (avec la nièce d'Angela Davis dans son rôle) pour montrer des séquences plus intimes à des fins d'illustration, mais je les ai trouvées plutôt jolies (sombres, elles ne laissent pas voir les visages) et peu intrusives d'autant plus qu'elles sont muettes.
J'aime pas :
* Le rythme. Certes, ce n'est pas une fiction, mais c'est tout de même bien lent. Il y a aussi beaucoup de longueurs, notamment le procès qui occupe tout le dernier tiers du documentaire et qui regorge de détails, sans doute trop.
* Les manquements dans le contenu. On en apprend beaucoup certes, mais on en voudrait plus, notamment sur l'après-procès. La réalisatrice nous offre un rapide aperçu de la tournée mondiale qui a suivi, mais c'est beaucoup trop elliptique. Pareil pour l'énorme mobilisation internationale qui a eu lieu pendant son procès et qui est trop rapidement abordée. Ainsi, on ne sait pas bien ce qu'Angela Davis a fait depuis son procès jusqu'à aujourd'hui.
* La bande originale. Très classique, elle n'utilise aucune des grandes chansons composées en l'honneur d'Angela Davis, notamment celles de John Lennon et des Rolling Stones. Il y a peut-être une histoire de droits derrière, mais c'est tout de même bien dommage.
"Free Angela and all political prisoners" est un documentaire nécessaire, de ceux qui doivent exister pour faire connaître le parcours et le combat de personnes aussi importantes et dignes qu'Angela Davis. Malheureusement, lorsqu'il a la chance de passer en salles, on attend un peu plus qu'un film relativement sobre et non exhaustif. Bien, mais peut vraiment mieux faire.
jeudi 11 avril 2013
Moonrise Kingdom (2012)
Et nous arrivons à la revue du dernier chef d'oeuvre en date de Wes Anderson, le fabuleux "Moonrise Kingdom". Ce n'est pas pour autant mon préféré, mais on ne peut que s'incliner devant autant de méticulosité (encore !) poétique.
On sait combien le cinéaste est attaché au monde de l'enfance et il y plonge pleinement ici faisant d'un jeune couple de pré-adolescents les héros de son film situé au coeur des années 1960, sur une île fictive de l'est des Etats-Unis. Sam (Jared Gilman, splendide) est un orphelin, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, qui a bien du mal à se trouver des amis, même dans sa compagnie de scouts, menée par Ward (Edward Norton, fort mignon). Tombé amoureux de la jeune Suzy (Kara Hayward, excellente), solitaire et tourmentée, il décide de s'enfuir avec elle pour vivre une véritable épopée romantique dans la nature.
Leur fuite, qui se déroule alors qu'une tempête menace, provoque un branle-bas de combat sur l'île et tout le monde se met à les rechercher : Ward et sa meute de scouts, les parents de Suzy, Walt (Bill Murray, génial) et Laura (Frances McDormand, très bien), ainsi que Sharp (Bruce Willis, épatant à contre-emploi), le seul policier de l'île.
J'aime :
* L'univers. Une fois de plus, Wes Anderson (et Roman Coppola) tisse une histoire puisée dans un domaine pittoresque et original. Dans ces précédents films, le cadre était souvent intemporel, à mi-chemin entre l'époque actuelle et une autre plus ancienne. Ici, on est bien dans le passé, même si cela n'influence pas tant l'histoire que cela. Le cinéaste nous plonge, comme souvent, directement dans sa bulle grâce à l'apparition habile d'un narrateur/conteur.
* L'histoire. Elle est belle comme tout. Depuis "Rushmore", Wes Anderson n'avait plus fait appel à des enfants pour héros. Ici, ils sont de retour en force avec une merveille d'évasion amoureuse qu'on soutient complètement. On rêve que les adultes ne les retrouvent jamais, mais le dénouement est tout aussi mignon. Bref, on fond devant une telle rêverie.
* Les dialogues. Cela fait partie aussi du savoir-faire de Wes Anderson. Mais ils sont encore plus fameux quand ils sont mis dans la bouche d'enfants qui se prennent pour des grands, ou presque. Comme d'habitude, pas de discours fleuves, que de petites pointes de romantisme, d'ironie ou de fatalisme.
* Le casting. Comme toujours, c'est du cinq étoiles, même si on retrouve plus de nouvelles têtes que d'anciennes. On est ravi de revoir Bill Murray et Jason Schwartzman, mais on accueille avec plaisir Edward Norton, Bruce Willis, Frances McDormand, Tilda Swinton ou encore Harvey Keitel. Mais on retiendra avant tout la fabuleuse performance des deux jeunes comédiens Kara Hayward et Jared Gilman.
* La B.O.. Sur le modèle de "Fantastic Mr Fox", Wes Anderson délaisse quelque peu la jolie compile de chansons (mis à part du François Hardy et des morceaux de Benjamin Britten notamment) pour donner de l'espace à une véritable partition musicale composée par Alexandre Desplat une fois de plus.
J'aime pas :
* Si le film ne manque donc pas de poésie mêlée de mélancolie, on n'aurait rien contre une once d'humour en plus. Il y en a déjà pas mal quand même, mais depuis "The Life Aquatic", ça décline un peu.
Avec sa dernière oeuvre en date, Wes Anderson ne déçoit toujours pas et s'affirme même encore peu plus dans un univers et un style (on n'a pas reparlé de sa photographie, cadrages et autres travellings désormais légendaires) qu'il maîtrise parfaitement. C'est beau et propre comme tout, que demander de plus ? Eh bien un prochain film, vite !
On sait combien le cinéaste est attaché au monde de l'enfance et il y plonge pleinement ici faisant d'un jeune couple de pré-adolescents les héros de son film situé au coeur des années 1960, sur une île fictive de l'est des Etats-Unis. Sam (Jared Gilman, splendide) est un orphelin, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, qui a bien du mal à se trouver des amis, même dans sa compagnie de scouts, menée par Ward (Edward Norton, fort mignon). Tombé amoureux de la jeune Suzy (Kara Hayward, excellente), solitaire et tourmentée, il décide de s'enfuir avec elle pour vivre une véritable épopée romantique dans la nature.
Leur fuite, qui se déroule alors qu'une tempête menace, provoque un branle-bas de combat sur l'île et tout le monde se met à les rechercher : Ward et sa meute de scouts, les parents de Suzy, Walt (Bill Murray, génial) et Laura (Frances McDormand, très bien), ainsi que Sharp (Bruce Willis, épatant à contre-emploi), le seul policier de l'île.
J'aime :
* L'univers. Une fois de plus, Wes Anderson (et Roman Coppola) tisse une histoire puisée dans un domaine pittoresque et original. Dans ces précédents films, le cadre était souvent intemporel, à mi-chemin entre l'époque actuelle et une autre plus ancienne. Ici, on est bien dans le passé, même si cela n'influence pas tant l'histoire que cela. Le cinéaste nous plonge, comme souvent, directement dans sa bulle grâce à l'apparition habile d'un narrateur/conteur.
* L'histoire. Elle est belle comme tout. Depuis "Rushmore", Wes Anderson n'avait plus fait appel à des enfants pour héros. Ici, ils sont de retour en force avec une merveille d'évasion amoureuse qu'on soutient complètement. On rêve que les adultes ne les retrouvent jamais, mais le dénouement est tout aussi mignon. Bref, on fond devant une telle rêverie.
* Les dialogues. Cela fait partie aussi du savoir-faire de Wes Anderson. Mais ils sont encore plus fameux quand ils sont mis dans la bouche d'enfants qui se prennent pour des grands, ou presque. Comme d'habitude, pas de discours fleuves, que de petites pointes de romantisme, d'ironie ou de fatalisme.
* Le casting. Comme toujours, c'est du cinq étoiles, même si on retrouve plus de nouvelles têtes que d'anciennes. On est ravi de revoir Bill Murray et Jason Schwartzman, mais on accueille avec plaisir Edward Norton, Bruce Willis, Frances McDormand, Tilda Swinton ou encore Harvey Keitel. Mais on retiendra avant tout la fabuleuse performance des deux jeunes comédiens Kara Hayward et Jared Gilman.
* La B.O.. Sur le modèle de "Fantastic Mr Fox", Wes Anderson délaisse quelque peu la jolie compile de chansons (mis à part du François Hardy et des morceaux de Benjamin Britten notamment) pour donner de l'espace à une véritable partition musicale composée par Alexandre Desplat une fois de plus.
J'aime pas :
* Si le film ne manque donc pas de poésie mêlée de mélancolie, on n'aurait rien contre une once d'humour en plus. Il y en a déjà pas mal quand même, mais depuis "The Life Aquatic", ça décline un peu.
Avec sa dernière oeuvre en date, Wes Anderson ne déçoit toujours pas et s'affirme même encore peu plus dans un univers et un style (on n'a pas reparlé de sa photographie, cadrages et autres travellings désormais légendaires) qu'il maîtrise parfaitement. C'est beau et propre comme tout, que demander de plus ? Eh bien un prochain film, vite !
samedi 6 avril 2013
No (2013)
Cela m'arrive rarement de m'endormir au cinéma, même si j'ai parfois des sautes de fatigue, pour telle ou telle raison. Mais là, c'est bien ce film, dont j'attendais beaucoup, au vu notamment des bonnes critiques, qui a provoqué cela. Je vais m'en expliquer.
"No" reprend un événement historique du Chili. Ce "non" au référendum proposant la reconduction du général Pinochet au pouvoir a permis au pays de sortir de la dictature en place depuis 15 ans. Ce résultat a notamment été obtenu grâce à une formidable campagne politique et publicitaire menée par les partisans du "non", empruntant des techniques commerciales révolutionnaires à l'époque. Le réalisateur, Pablo Larrain, nous montre tout le déroulement de cette campagne par l'intermédiaire de son inspirateur fictif, René Saavedra (Gael Garcia Bernal, bien), qui est allé jusqu'au bout malgré les problèmes familiaux et les pressions du régime.
J'aime :
* Le scénario. L'histoire, vraie, est fascinante et peu connue de nous autres Français notamment. Le réalisateur tenait évidemment un scénario en or qui, en plus, se finit bien. Ou comment des publicitaires, remplis d'humour, ont fait tomber une dictature.
* Le casting. Il est bon, Gael Garcia Bernal en tête dans le rôle de ce brillant publicitaire qui agit d'abord cyniquement, faisant tout simplement son boulot, avant de se prendre au jeu, même si, jusqu'au bout, il restera relativement éloigné de toute l'agitation militante à laquelle participe son ex-compagne.
J'aime pas :
* Le rythme. C'est pour moi ce qui plombe tout le film. C'est extrêmement lent et, malgré leur valeur, les nombreuses images "réelles" du film (les véritables publicités notamment) ajoutent sans doute un peu à cette lourdeur. Et l'histoire parallèle, sur la vie personnelle de René Saavedra, n'est pas assez exploitée, ratant l'occasion de donner un peu plus de piment à tout ça.
* Un manque de pédagogie. L'intégration des vraies images d'époque est subtile et passe très bien, mais il y a un manque d'information quant au choix du message transmis par ces spots. On ne nous explique pas assez pourquoi de telles mises en scène ou les coulisses de ces choix.
* Le grain de l'image. Le réalisateur a fait le choix d'aller à fond dans son sujet en utilisant des caméras d'époque pour tourner. Pas sûr que ce soit la meilleure idée, parce qu'on met du temps à s'y habituer et cela ajoute à rendre le film un peu difficile à regarder.
C'est triste à dire, mais on se demande si le même film, fait par des Américains, n'aurait pas donné un résultat largement meilleur, surtout en ce qui concerne le rythme. Toute la partie divertissement est ici gâchée par une lenteur et des bavardages qui empêchent de donner du plaisir à voir une histoire pourtant passionnante. Bien dommage, mais c'est un film à revoir, assurément.
"No" reprend un événement historique du Chili. Ce "non" au référendum proposant la reconduction du général Pinochet au pouvoir a permis au pays de sortir de la dictature en place depuis 15 ans. Ce résultat a notamment été obtenu grâce à une formidable campagne politique et publicitaire menée par les partisans du "non", empruntant des techniques commerciales révolutionnaires à l'époque. Le réalisateur, Pablo Larrain, nous montre tout le déroulement de cette campagne par l'intermédiaire de son inspirateur fictif, René Saavedra (Gael Garcia Bernal, bien), qui est allé jusqu'au bout malgré les problèmes familiaux et les pressions du régime.
J'aime :
* Le scénario. L'histoire, vraie, est fascinante et peu connue de nous autres Français notamment. Le réalisateur tenait évidemment un scénario en or qui, en plus, se finit bien. Ou comment des publicitaires, remplis d'humour, ont fait tomber une dictature.
* Le casting. Il est bon, Gael Garcia Bernal en tête dans le rôle de ce brillant publicitaire qui agit d'abord cyniquement, faisant tout simplement son boulot, avant de se prendre au jeu, même si, jusqu'au bout, il restera relativement éloigné de toute l'agitation militante à laquelle participe son ex-compagne.
J'aime pas :
* Le rythme. C'est pour moi ce qui plombe tout le film. C'est extrêmement lent et, malgré leur valeur, les nombreuses images "réelles" du film (les véritables publicités notamment) ajoutent sans doute un peu à cette lourdeur. Et l'histoire parallèle, sur la vie personnelle de René Saavedra, n'est pas assez exploitée, ratant l'occasion de donner un peu plus de piment à tout ça.
* Un manque de pédagogie. L'intégration des vraies images d'époque est subtile et passe très bien, mais il y a un manque d'information quant au choix du message transmis par ces spots. On ne nous explique pas assez pourquoi de telles mises en scène ou les coulisses de ces choix.
* Le grain de l'image. Le réalisateur a fait le choix d'aller à fond dans son sujet en utilisant des caméras d'époque pour tourner. Pas sûr que ce soit la meilleure idée, parce qu'on met du temps à s'y habituer et cela ajoute à rendre le film un peu difficile à regarder.
C'est triste à dire, mais on se demande si le même film, fait par des Américains, n'aurait pas donné un résultat largement meilleur, surtout en ce qui concerne le rythme. Toute la partie divertissement est ici gâchée par une lenteur et des bavardages qui empêchent de donner du plaisir à voir une histoire pourtant passionnante. Bien dommage, mais c'est un film à revoir, assurément.
dimanche 31 mars 2013
Fantastic Mr Fox (2010)
Deux ans après son "Darjeeling Limited", Wes Anderson surprenait en s'attaquant au film d'animation, reprenant le livre pour enfant de Roald Dahl, "Fantastic Mr Fox". Au départ, j'ai raté un peu volontairement ce film au cinéma, car je pensais que cela serait vraiment loin du style du cinéaste, peut-être trop enfantin. Je l'ai acquis plus tard en DVD et j'ai vraiment regretté de ne pas être allé le voir, parce que nous avons de nouveau droit à un petit bijou.
Le "fantastique" M. Fox (voix de George Clooney, splendide) est donc un renard qui sévit sur les poulaillers de sa région jusqu'à ce que sa femme (voix de Meryl Streep, très bien) tombe enceinte et lui demande d'arrêter cette vie risquée. M. Fox devient alors journaliste, mais s'ennuie terriblement. Son déménagement d'un terrier à un arbre lui sied mieux et, toujours aussi roublard, il décide de s'en prendre, accompagné de son ami Kylie, aux trois puissants fermiers qui font face à sa maison : Bean, Boggis and Bunce. Mal lui en prend puisque ces trois derniers répliquent avec la grosse artillerie en terrassant sa maison. M. Fox, sa femme, son fils (voix de Jason Schwartzmann, chouette), Kylie et tous leurs amis animaux sont menacés et vont devoir errer sous terre...
J'aime :
* Le casting vocal. Un film d'animation n'a pas toujours besoin de cela pour être de qualité, mais là, c'est une magnifique plus-value. George Clooney notamment est grandiose dans son interprétation de M. Fox avec toute la roublardise qu'on lui connaît et on aimerait tant le voir en action dans un prochain film de Wes Anderson. Jason Schwartzmann également apporte une excellente performance au fils de M. Fox, dénigré par son propre père et qui a tellement envie de briller. Et cela a beau être un film d'animation, le cinéaste a donc convié avec lui d'autres comparses tels que Bill Murray, Willem Dafoe, ou encore Adrien Brody. Autant dire qu'il ne pouvait pas se rater.
* Le scénario. Wes Anderson, assisté de Noah Baumbach, a parfaitement adapté à son style l'histoire originelle de Roald Dahl. Le cinéaste y a apporté tout son art des dialogues et de l'action comique. Il s'adresse toujours tout de même à un public adulte, mais il met ici un rythme bien plus effréné que ses films en général, comme s'il voulait aussi capter l'attention des plus jeunes jusqu'au bout.
* L'animation, image par image. On ignore si le projet originel avec Henry Selick se reflète ici, mais visuellement, c'est splendide. Les personnages, sous forme de marionnettes, sont très beaux, bien vêtus. D'autant plus que Wes Anderson ne s'arrête pas devant ce changement radical de mise en scène pour y apporter ses fameux travellings, cadrages précis et autres gros plans caractéristiques.
* La B.O.. Moins de chansons, mais toujours que du bon, avec notamment les Rolling Stones, les Beach Boys et même Jarvis Cocker himself. Pour le reste, une partition musicale de toute beauté écrite par le désormais renommé Alexandre Desplat.
J'aime pas :
* Difficile de trouver des défauts au film. Là, comme ça, je n'en trouve pas !
Au vu de ses précédents films, parfois proches du cartoon (notamment "The Life Aquatic" et ses fabuleuses scènes sous-marines), Wes Anderson était fait pour mettre un pied dans l'animation. L'essai est magistralement réussi avec ce délicieux "Fantastic Mr Fox", dans lequel on retrouve, même si l'histoire n'est pas de lui, tous les codes graphiques et scénaristiques du cinéaste (aventure et relations familiales). S'il peut apparaître "mineur" en raison de son genre, ce film tient pourtant toute sa place parmi les oeuvres de Wes Anderson. Du grand art !
* Le casting vocal. Un film d'animation n'a pas toujours besoin de cela pour être de qualité, mais là, c'est une magnifique plus-value. George Clooney notamment est grandiose dans son interprétation de M. Fox avec toute la roublardise qu'on lui connaît et on aimerait tant le voir en action dans un prochain film de Wes Anderson. Jason Schwartzmann également apporte une excellente performance au fils de M. Fox, dénigré par son propre père et qui a tellement envie de briller. Et cela a beau être un film d'animation, le cinéaste a donc convié avec lui d'autres comparses tels que Bill Murray, Willem Dafoe, ou encore Adrien Brody. Autant dire qu'il ne pouvait pas se rater.
* Le scénario. Wes Anderson, assisté de Noah Baumbach, a parfaitement adapté à son style l'histoire originelle de Roald Dahl. Le cinéaste y a apporté tout son art des dialogues et de l'action comique. Il s'adresse toujours tout de même à un public adulte, mais il met ici un rythme bien plus effréné que ses films en général, comme s'il voulait aussi capter l'attention des plus jeunes jusqu'au bout.
* L'animation, image par image. On ignore si le projet originel avec Henry Selick se reflète ici, mais visuellement, c'est splendide. Les personnages, sous forme de marionnettes, sont très beaux, bien vêtus. D'autant plus que Wes Anderson ne s'arrête pas devant ce changement radical de mise en scène pour y apporter ses fameux travellings, cadrages précis et autres gros plans caractéristiques.
* La B.O.. Moins de chansons, mais toujours que du bon, avec notamment les Rolling Stones, les Beach Boys et même Jarvis Cocker himself. Pour le reste, une partition musicale de toute beauté écrite par le désormais renommé Alexandre Desplat.
J'aime pas :
* Difficile de trouver des défauts au film. Là, comme ça, je n'en trouve pas !
Au vu de ses précédents films, parfois proches du cartoon (notamment "The Life Aquatic" et ses fabuleuses scènes sous-marines), Wes Anderson était fait pour mettre un pied dans l'animation. L'essai est magistralement réussi avec ce délicieux "Fantastic Mr Fox", dans lequel on retrouve, même si l'histoire n'est pas de lui, tous les codes graphiques et scénaristiques du cinéaste (aventure et relations familiales). S'il peut apparaître "mineur" en raison de son genre, ce film tient pourtant toute sa place parmi les oeuvres de Wes Anderson. Du grand art !
Inscription à :
Articles (Atom)