lundi 29 juin 2020

The French Connection (1972)

Voilà un autre film culte américain que je désirais voir depuis longtemps : le premier "gros" long-métrage de William Friedkin sur la French Connection. Là encore, moins emballé que je ne le pensais.

L'histoire se base donc sur des faits et personnages réels. Au début des années 1970, Marseille est une plaque tournante du trafic d'héroïne vers les Etats-Unis. Le "parrain" Alain Charnier (Fernando Rey, bof) accompagne jusqu'à New York une importante livraison cachée dans une voiture. Il va être surveillé de près par un duo de policiers new-yorkais, Jimmy "Popeye" Doyle (Gene Hackman, excellent) et Buddy "Cloudy" Russo (Roy Scheider, bien), qui est remonté jusqu'à lui via une piste locale, les trafiquants à qui doit être livrée la marchandise...

J'aime : 

* L'atmosphère. Caméra à l'épaule, William Friedkin tourne dans un New York sale et froid, bien loin des cartes postales, donnant un aspect (voulu) presque documentaire. Sympa aussi de voir un peu le Marseille de cette époque.

* Le casting. Si je n'ai pas été très convaincu par Fernando Rey (en plus doublé car parlant trop mal français), Gene Hackman évidemment détonne (dans la peau d'un personnage qu'il n'aimait pas vraiment), très bien secondé par Roy Scheider. Le reste du casting, notamment les Français, assure bien.

* Le scénario. Reprenant une folle histoire qui s'était passée dix ans plus tôt, il n'est pas aussi soutenu que je ne le pensais et manque de complexité. Néanmoins, on suit avec intérêt l'acharnement de Popeye dans son enquête et son jeu du chat et de la souris avec Alain Charnier (plusieurs scènes de poursuite dans le métro mémorables).

J'aime pas : 

* Pas de gros défauts en particulier, mais un fil rouge donc assez pauvre qui fait qu'on reste au final sur notre faim.

J'attendais beaucoup de "The French Connection", qui a été bien récompensé à l'époque. Il y a en effet un côté novateur, un vrai style et un casting solide, mais peut-être que mes yeux d'aujourd'hui font que le scénario ne me paraît pas assez profond.

lundi 22 juin 2020

Un homme et une femme (1966)

L'enchaînement des classiques se poursuit avec LE film de Claude Lelouch. Malgré le style particulier du cinéaste, je m'attendais à une oeuvre plus classique. Ce n'est point le cas, un film intéressant à défaut d'être transcendant.

L'histoire est celle d'un homme et une femme donc. L'homme, c'est Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant, bien). La femme, c'est Anne Gauthier (Anouk Aimée, très bien). Ils sont tous les deux veufs et ont leur enfant - un fils pour lui, une fille pour elle - dans le même pensionnat de Deauville. Un soir, il lui propose de la ramener à Paris. Commence alors une romance passionnée...

J'aime :

* Le casting. Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant forment un très beau couple, ce qui est déjà fondamental. Et on apprécie beaucoup aussi Pierre Barouh, dont j'ignorais la facette acteur, dans le rôle du défunt mari d'Anne Gauthier.

* La bande originale. "Da ba da ba da, ba da ba da ba"... on connaît la ritournelle de Francis Lai. Pas du tout ma tasse de thé, mais j'ai été agréablement surpris de la séquence "brésilienne", un véritable clip en soi (Claude Lelouch en était un spécialiste), avec la délicieuse "Samba Saravah" de Pierre Barouh. 

* La structure. Je ne saurais définir en un mot ce que je veux expliquer, mais "Un homme et une femme" est très particulier, pas linéaire, avec de nombreux flashbacks, des scènes extérieur en couleur, intérieur en noir et blanc. C'est assez déconcertant, presque expérimental, c'est l'époque qui veut ça aussi. Intéressant en tout cas. 

* Le scénario. Il y a beaucoup de remplissage car on assiste simplement à un chassé-croisé amoureux tout au long du film. Rien de très complexe, mais ce n'est pas désagréable.  


J'aime pas : 

* Parmi le remplissage, on a notamment plusieurs séquences interminables d'essais et courses automobile (passion de Claude Lelouch et Jean-Louis Trintignant). Elles auraient pu être raccourcies sans dommage.

Je n'ai pas eu l'impression d'assister à un chef-d'oeuvre en regardant le film qui a porté la carrière de Claude Lelouch, même s'il est bourré de qualités et de choses intéressantes. Les séquences automobiles plombent le tout. Dommage.

vendredi 19 juin 2020

The man who knew too much (1956)

Continuant ma tournée des grands classiques du cinéma mondial, il fallait bien que j'aborde Alfred Hitchcock, dont j'ai vu que très peu de choses je dois dire. Je suis tombé sur ce remake américain de son propre film de 1934, tourné alors qu'il était encore en Angleterre.

L'histoire est similaire, à quelques détails près. Le couple en vacances, Benjamin (James Stewart, bien) et Jo (Doris Day, très bien) McKenna, est américain (anglais dans l'original). Ils se trouvent cette fois en séjour au Maroc (en Suisse dans l'original) et ont un fils Hank (une fille dans l'original). Ils sont abordés par un espion français, Louis Bernard (Daniel Gélin, bien aussi), qui les confond avec un autre couple, les Drayton, qui prépare l'assassinat d'un ambassadeur à Londres. Le Français est tué, révélant ce qu'il se trame à Benjamin McKenna avant de mourir. Pendant ce temps, les Drayton, qui ont fait connaissance des McKenna au restaurant, enlèvent leur fils afin qu'ils ne parlent pas...

J'aime : 

* Le scénario. Même si l'on reste parfois autant dans le brouillard que les McKenna, surtout dans la première partie, il est haletant et rondement mené. Une première partie à Marrakech particulièrement réussie, avec beaucoup d'humour autour de la découverte par le couple des moeurs locales.

* Le casting. Si James Stewart est bon, mais classique, j'ai été épaté par la performance de Doris Day, dont c'était sans doute le premier film que je voyais. Outre sa jolie interprétation musicale, son personnage est très complémentaire de celui de son mari, pas du tout faire-valoir ni naïve - c'est même elle qui se méfie la première de Louis Bernard - et c'est appréciable pour un film de cette époque. L'autre couple, les Drayton, est excellent aussi et Daniel Gélin n'est pas un stéréotype du Français. Un choix d'actrices et d'acteurs optimal donc.

* Les décors. Mention spéciale encore une fois à la première partie à Marrakech, fascinante car elle n'a guère changé depuis le tournage, même si on reste évidemment un peu dans les clichés.

* La mise en scène. Alfred Hitchcock maîtrise parfaitement bien son sujet, encore plus car il s'agit d'un remake et qu'il a pu améliorer sa première copie (il l'a dit lui-même). On plonge dans l'intrigue dès la première scène et on termine par une fin un peu abrupte mais assez cocasse. Et puis il y a cette fameuse séquence à l'opéra, sans dialogue, de huit minutes.

* La bande originale. Signée de l'inévitable Bernard Hermann, qui apparaît d'ailleurs en chef d'orchestre, elle est mémorable, avec en bonus la jolie chanson "Que sera, sera", chantée donc par Doris Day.

J'aime pas :

* Si la première partie est enlevée et colorée, la seconde, à Londres, est plus sombre et austère. Un peu plus longuette aussi - la scène du concert aurait pu être la fin, mais cela se poursuit encore ensuite - alors que cela démarrait bien avec la mauvaise piste du taxidermiste.

Si les deux parties de ce remake de "The man who knew too much" par Alfred Hitchcock lui-même sont donc, pour moi, inégales, le tout offre globalement un film d'espionnage très bien maîtrisé et interprété.

lundi 15 juin 2020

L'Armée des ombres (1969)

On poursuit la filmographie de Jean-Pierre Melville avec cette fameuse "Armée des ombres", réalisée juste après "Le Samouraï". J'en attendais beaucoup, je suis un poil déçu.

L'histoire, adaptée du roman de Joseph Kessel du même nom, suit le parcours du résistant Philippe Gerbier (Lino Ventura, excellent) à partir de 1942. Arrêté par la police française, il est interné dans un camp avant d'être transféré à Paris pour être interrogé par la Gestapo. Le résistant parvient à s'enfuir et gagner Marseille où il retrouve les membres de son réseau et peut reprendre ses actions...

J'aime : 

* Le scénario. Via le récit de Joseph Kessel et les éléments apportés par Jean-Pierre Melville, qui a lui aussi été résistant, on assiste presque à un documentaire tellement on sent précision et sincérité. Quelques coups d'éclat certes, mais un réalisme à toute épreuve.

* Le casting. Ultra sobre, Lino Ventura, mélancolique et besogneux à souhait, est formidable, guidant son réseau prestigieux : Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel... A noter la présence dans son propre rôle d'André Dewavrin, authentique résistant lui aussi, que le réalisateur avait connu à Londres.

* La mise en scène. Typique de Jean-Pierre Melville, elle est rigide et austère, à l'image de l'atmosphère entière du film, sombre et froide. Pas de chichis, même pour les rares scènes d'action.

J'aime pas :

Le film est long, bien long, l'ambiance glaçante et tendue n'aidant pas à ce que cela passe plus vite.

Malgré un sujet ô combien passionnant et une interprétation magnifique des acteurs, on doit bien avouer qu'on s'ennuie un peu devant cette "Armée des ombres". Ou il faut adorer le style Melville.

mardi 9 juin 2020

Plein Soleil (1960)

Ma poursuite de la découverte des classiques du cinéma français m'a amené au film qui a "lancé" la carrière d'Alain Delon : l'adaptation du "Talented Mr Ripley" de Patricia Highsmith par René Clément.

L'histoire se déroule en Italie où le riche héritier américain Philippe Greenleaf (Maurice Ronet, très bien) profite des vacances avec sa petite amie Marge (Marie Laforêt, bien). Le père de Philippe, qui n'apprécie guère la vie paresseuse de son fils, a chargé le jeune Tom Ripley (Alain Delon, excellent) de le convaincre de rentrer aux Etats-Unis. La tâche est rude pour Tom, malmené par Philippe. Il entreprend alors d'usurper son identité...

J'aime : 

* Le scénario. Non seulement il est palpitant (merci Patricia Highsmith), mais son adaptation fait de "Plein Soleil" un thriller très moderne. On ne croirait pas que le film date de 1960 ! On lui donnerait une bonne dizaine d'années de plus avec cette tension omniprésente et qui s'accentue au fur et à mesure que l'étau se resserre sur Tom Ripley, avec un excellent final.

* Le casting. Le trio Delon-Ronet-Laforêt est parfait, les deux amis-rivaux encore plus dans cette étrange manipulation que l'un croit faire subir à l'autre (et l'un sera bien plus malin...), avec la conquête de Marge à la clé. Alain Delon a dû batailler pour obtenir le rôle, il a bien fait et sa carrière était propulsée.

* Les décors. Toute l'intrigue se déroule en Italie, cette Italie en plus de l'époque de la splendeur de son cinéma. Une atmosphère estivale et légère si particulière, magnifique.


J'aime pas : 

* Le seul bémol que j'ai trouvé au film est que l'adaptation de René Clément ait gardé la nationalité américaine de ses personnages. Cela fait bizarre parce que la langue originale est le français, d'autant plus qu'il y a un autre personnage américain mais lui avec un gros accent. Vraiment pas nécessaire donc pour une intrigue qui ne se déroule à aucun moment aux Etats-Unis, les personnages auraient pu être français.

Un "Plein Soleil" au zénith donc pour René Clément et surtout Alain Delon, qui irradie le film. Malgré le petit défaut que j'ai souligné, c'est magistral et donne envie de voir les autres adaptations du roman de Patricia Highsmith. 

lundi 25 mai 2020

Yellow Submarine (1969)

Après avoir arrêté les tournées, les Beatles voulaient encore moins réapparaître dans un film. Un dessin animé, signé George Dunning, les mettant en scène les comblera. Et nous aussi !

L'histoire se déroule principalement à Pepperland, agréable terre paisible et musicale située loin sous des tas de mers. Voilà qu'un jour, elle est envahie par les terribles Blue Meanies, de méchantes créatures bleues détestant la moindre note. Tous les habitants de Pepperland sont comme momifiés, sauf Young Fred, qui parvient à s'enfuir à bord d'un (fameux) sous-marin jaune. Il s'embarque pour Liverpool où il va trouver l'aide de quatre jeunes hommes facétieux, John, Paul, George et Ringo...

J'aime : 

* La bande originale. C'est rare que je mette cet élément en premier, mais là, impossible d'y couper. Au final, "Yellow Submarine", c'est presque plus une comédie musicale animée qu'un simple film d'animation car ces derniers, de manière générale, ne comportent pas autant de chansons. Et ce sont ici des morceaux des Beatles, avec un choix particulièrement varié et judicieux, le scénario s'adaptant en partie à celles-ci. A noter également que les séquences uniquement instrumentales sont signées George Martin et elles sont de grande qualité.

* L'animation. Elle a beau dater, elle était déjà remarquable pour l'époque et continue à l'être. C'est un très joli patchwork de techniques avec autant d'éléments figés, faits de photos et de dessins (surtout la magnifique partie à Liverpool), qu'animés. L'imagination des différentes mers est débordante et les quatre Beatles, ainsi que leur sous-marin jaune, sont superbes.

* Le casting. Certes, on aurait tellement aimé que les Fab Four prennent le temps de venir doubler leur personnage - ils se sauvent un peu avec la très sympa pastille finale -, mais ils n'auraient peut-être pas été aussi bons que les acteurs qui l'ont fait à leur place. On est au moins soulagé qu'ils aient un timbre de voix similaire. Et le reste des voix est excellent.

J'aime pas : 

* Le scénario. On va dire que c'est mitigé. On ne va pas reprocher qu'il soit simplet, car c'est un dessin animé après tout, mais, outre ses longueurs, il est parfois un peu déroutant (du recrutement des Beatles par Young Fred à leurs péripéties à Pepperland).

C'est donc moins pour son histoire que pour ses fabuleuses chansons et son animation originale que l'on adore revoir "Yellow Submarine", un chef-d'oeuvre Beatlesque de plus.

lundi 18 mai 2020

Bullitt (1969)

Et les classiques du cinéma mondial défilent devant mes yeux ébahis. Au tour du célèbre "Bullitt" de Peter Yates. Adoubé sans doute plus pour la forme que le fond.

L'histoire se déroule le temps d'un week-end à San Francisco. Le lieutenant Frank Bullitt (Steve McQueen, excellent) est chargé par un politicien local, Walter Chambers (Robert Vaughn, bien), d'assurer la protection d'un témoin majeur dans un procès contre la mafia. Malgré les précautions du policier, le témoin est assassiné par des tueurs. Chambers n'est pas net, Bullitt va mener l'enquête...

J'aime : 

* Le casting. Je suis un grand fan de Steve McQueen déjà. Ici, il est intéressant, à la fois sérieux et intègre, mais avec une pointe de romantisme. Puis cela fait plaisir de le retrouver face cette fois à Robert Vaughn après "The Magnificent Seven". Ce dernier joue d'ailleurs ici un rôle bien ambigu dans lequel il s'affirme particulièrement. Les seconds rôles masculins ne sont pas tous très exceptionnels, mais Jacqueline Bisset, elle, est resplendissante.

* Les décors. San Francisco est une ville fantastique et elle est particulièrement mise en valeur dans "Bullitt" grâce notamment à cette formidable course-poursuite en voiture qui a fait sa renommée.

* Le style. Le scénario pourrait s'avérer somme toute banal (lire plus bas), mais Peter Yates apporte un vrai style à son film, avec ce montage brut et cette mise en scène qui installent une tension permanente.

* Le scénario. L'histoire est bonne et prenante, sans être grandement originale, mais c'est vrai que le résultat est en deçà des espérances. Dont cette scène de l'assassinat du témoin...

* La bande originale. Signée Lalo Schifrin, elle instaure elle aussi cette atmosphère sombre et haletante à la fois.


J'aime pas : 

* Il n'y a pas de défaut majeur, mais il est vrai que le scénario manque quelque peu d'épaisseur et que le film présente sans doute quelques longueurs.

Un film devenu célèbre seulement (ou presque) pour une course-poursuite en voiture, ce n'est pas très bon signe. "Bullitt" a plein de bonnes choses pour lui, un vrai style et des premiers rôles de qualité, mais il aurait pu en effet être plus pêchu dans son scénario.