vendredi 8 mai 2015

Nightcrawler (2014)

Premier film pour Dan Gilroy (déjà scénariste expérimenté par ailleurs) et l'essai est passé haut la main. "Nightcrawler" est une excellente satire du journalisme télé trash avec, en plus, un Jake Gyllenhaal bon !

Louis Bloom (Jake Gyllenhaal, dans son meilleur rôle ?) écume Los Angeles la nuit, vivant de petits larcins. Un soir, il tombe sur une équipe de JRI freelances filmant les premières images d'un accident. Intrigué par ce métier qui peut rapporter gros, Lou va s'y lancer à son tour, se procurant un caméscope et une radio de police à la recherche du moindre faits-divers nocturne. Son premier coup fonctionne auprès d'une chaîne de télévision locale, dont le journal du matin est dirigée par Nina Romina (Rene Russo, bien). La paire décide de travailler ensemble et Lou va alors embaucher un assistant, Rick (Riz Ahmed, très bien), pour l'aider dans sa tâche qui devient de plus en plus voyeuriste...

J'aime : 

* Le scénario. Plongée terrifiante (et pas tant exagérée avec ce qu'on voit chez nous parfois) dans les pratiques des chaînes locales d'information américaines et la chasse impitoyable au scoop et aux images les plus fortes. C'est très original et l'idée de nous les faire découvrir en même temps qu'un complet novice est bien trouvée.

* Le casting. Je n'ai jamais été un grand fan de Jake Gyllenhaal, que je trouve fade en général, mais voilà, comme d'autres avant lui - bien que je n'ai pas vu non plus tous ses films -, il démontre ici une noirceur, teintée d'obsessions, peu commune et se révèle épatant. A ses côtés, Riz Ahmed assure en assistant abusé de bout en bout.

* L'environnement. "Nightcrawler", c'est aussi un magnifique parcours nocturne à travers Los Angeles et Dan Gilroy excelle à montrer son terrain de jeu avec un oeil différent.

J'aime pas : 

* Tout film ou presque a droit à une romance ou tout du moins une relation homme-femme. Ici, celle nouée entre Louis et sa patronne, Nina, ajoute à la fascination puisqu'il lui propose un chantage qu'elle se voit obligée d'accepter. Pour autant, on ne verra quasiment rien de concret pour l'illustrer. Fort dommage.

"Nightcrawler" est une petite pépite de film "noir", avec un scénario qui sort vraiment du lot et servi par un Jake Gyllenhaal formidable. A découvrir au plus vite !

samedi 25 avril 2015

22 Jump Street (2014)

J'avais plutôt bien aimé le remake cinématographique de la série "21 Jump Street", saluant l'idée, à l'image de celui de "Starsky & Hutch", d'oser la parodie pour des séries "cultes". Succès mérité pour les aventures au lycée du duo formé par Jonah Hill et Channing Tatum, d'où une suite toujours sympa, mais moins réussie selon moi.

On retrouve notre duo Greg Jenko (Channing Tatum, très bien) et Morton Schmidt (Jonah Hill, très bien aussi !) au sommet de sa gloire depuis son affaire résolue au lycée. Mais alors qu'ils s'apprêtent à capturer le Fantôme (Peter Stormare, pas mal), ils échouent lamentablement. Retour à la case départ et au 22 Jump Street cette fois (le QG précédent a changé d'adresse !) où, toujours sous la supervision du capitaine Dickson (Ice Cube, parfait), ils doivent infiltrer une université où une nouvelle drogue a entraîné la mort d'une jeune étudiante...

J'aime : 

* Le casting. C'est souvent la grande force des "buddy movies" et celui-ci ne déroge pas à la règle, d'autant plus que le duo Hill-Tatum avait déjà très bien fonctionné lors du premier opus. Le grand costaud téméraire et le petit gros sentimental, chacun un peu crétin à sa façon, c'est une sacré paire qui fait l'affaire et ils sont entourés de quelques seconds rôles bien drôles et charismatiques à l'image d'Ice Cube.

* L'humour. Il est gros, il est gras, il est bêta, et c'est pour cela qu'on aime ce genre de films.

J'aime pas : 

* Le scénario. Eh oui, belle déception de ce côté-ci. Alors ok, c'est dur de faire une suite de la parodie d'une série qui est censée tout avoir dans le film originel (dont l'apparition de Johnny Depp), mais ce qui est dommage, malgré les légères alternatives (le trafic de drogue n'est pas aussi simpliste que dans le précédent, il y a quelques rebondissements), c'est qu'en gros : "On a fait l'infiltration au lycée, on passe à la fac", Heureusement, ils s'en moquent allègrement dans le générique final, ce qui montre que les scénaristes en sont pleinement conscients ! Mais au final, peu de surprises, beaucoup d'éléments prévisibles, déjà vus même ailleurs.

"22 Jump Street" n'est pas une mauvaise suite, on s'amuse toujours pas mal, mais cela reste une suite sans beaucoup d'imagination, un peu paresseuse. Un poil dommage, mais on pardonne Channing Tatum et Jonah Hill qui sont toujours aussi bons ensemble.

lundi 23 mars 2015

Fifty Shades of Grey (2015)

Je vous le dis tout de suite, on m'a forcé à voir ce film. Malgré toutes mes protestations, je me suis retrouvé devant et j'abonde à toutes les critiques qui m'ont été données de lire.

Donc l'histoire, que tout le monde connaît ou presque, c'est celle d'Anastasia Steele (Dakota Johnson, jolie comme un coeur), jeune étudiante chétive et sans histoire qui doit remplacer sa coloc, Kate (Eloise Mumford, correcte), pour interviewer, pour le journal de sa fac, le playboy millionnaire Christian Grey (Jamie Dorman, fade). C'est le coup de foudre pour ce dernier qui va tenter de d''attirer la jeune femme vers lui et son univers sexuel bien particulier, à savoir le sadomasochisme. Anastasia se laisse séduire, mais acceptera-t-elle de signer le contrat écrit qu'il lui propose pour démarrer leur relation pour de bon ?

J'aime : 

* L'environnement. Il est très austère et glacial, à l'image du personnage de Christian Grey (nom de famille concordant d'ailleurs), mais c'est une esthétique très jolie au final et Seattle est original comme lieu.

J'aime pas : 

* Le scénario. Commençons les hostilités avec cette histoire à dormir debout, dont les ficelles sont plus grosses que les cordes utilisées par Christian Grey pour attacher ses conquêtes. C'est absurde du début à la fin, et les incohérences sont tellement nombreuses que je ne pourrais toutes les citer. L'idée de base n'est pas complètement nulle, mais c'est exploité n'importe comment, à la manière d'une sitcom bas de gamme. Même les scènes de sexe, légèrement piquantes parfois, peinent à divertir.

* Le casting. Si Dakota Johnson est plutôt bien dans son rôle, son acolyte milliardaire est aussi expressif qu'un pot de fleurs fanées. Et pas vraiment de seconds rôles pour égayer le tout, c'est plat.

* Les dialogues. J'en parle rarement, mais là, il faut tout de même mettre le focus sur leur simplicité crétine.

Je ne sais pas si le livre est aussi mauvais que le film, mais "Fifty Shades of Grey" a tout de l'immense raté en raison d'une espèce d'académisme dicté par la pression commerciale et donc d'un grave manque d'ambition. On assiste ainsi à une publicité géante pour le bouquin au scénario affligeant que les acteurs sont incapables de compenser. Rarement vu un film aussi "nul" dans ma vie.

vendredi 13 mars 2015

St. Vincent (2014)

Quel dommage que le dernier film avec Bill Murray n'ait pas eu le droit à une sortie française. Il a en tout cas eu une sortie brésilienne dont j'ai pu profiter. Avec pas mal de ravissement.

L'histoire, c'est celle de ce vieux bougon frustré et alcoolo de Vincent MacKenna (Bill Murray, parfait) qui erre entre dettes de jeux à payer et amitié sexuelle avec Daka (Naomi Watts, erreur de casting, on va expliquer pourquoi), une strip-teaseuse slave enceinte et plus toute fraîche. Mais cet impayable bourru cache des failles, de la gentillesse et un peu d'attention, qui vont éclore d'autant plus lorsqu'il va babysitter, bien malgré lui, Oliver (Jaeden Lieberher, excellent), le jeune fils de sa nouvelle voisine, Maggie Bronstein (Melissa McCarthy, très bien).

J'aime :

* Le casting. Que serait un film sans Bill Murray ? Certes, l'acteur n'innove pas trop dans un rôle écrit pour lui, mais il est toujours aussi génial dans son expression de cette petite méchanceté alliée à la coolitude absolue. Son duo fonctionne très bien avec le jeune Jaeden Lieberher, très juste et naturel. Et Melissa McCarthy excelle tout autant dans un rôle non comique.

* Le scénario. Il est cousu de fil blanc, pas grandement innovant non plus, mais il est néanmoins sympathique et divertissant, avec une pointe d'émotion à la fin. Le principal est le développement de la relation Vincent-Oliver qui suit un joli mouvement.

J'aime pas :

* Ce qui m'a le plus dérangé, c'est donc l'interprétation de Daka par Naomi Watts. C'est plutôt une comédie, mais dramatique, pas une "grosse" comédie, alors pourquoi lui faire jouer faussement une prostituée étrangère ? Elle prend une espèce d'accent russe mal fait qui gâche complètement sa performance.

"St. Vincent" est un "petit" premier film, mais il a un charme indéniable, grâce à un Bill Murray totalement à l'aise face à un joli duo mère-fils. Malgré Naomi Watts, on ne peut passer qu'un très bon moment, jusqu'au bout du générique...

vendredi 6 mars 2015

A Million ways to die in the west (2014)

Deux ans après la bonne surprise "Ted", Seth McFarlane est de retour avec un long-métrage, parodiant cette fois le western. Malgré de bons gags et quelques savoureux clins d'oeil, ce n'est ni très original ni très trépidant.

Nous voici donc à la fin du 19e siècle dans le grand ouest américain où vit Albert Stark (Seth McFarlane, correct), modeste éleveur de moutons vivant avec ses parents. Sa vie tranquille tourne mal lorsque Louise (Amanda Seyfried, bien), sa petite amie, le quitte pour Foy (Neil Patrick Harris, cool), commerçant pédant de leur petite ville. Après une altercation entre les deux hommes, un duel est convenu pour les départager. Sauf que Foy est un excellent tireur et Albert, tout le contraire. Heureusement vient de débarquer en ville la belle aventurière Anna Barnes-Leatherwood (Charlize Theron, très bien), femme du terrible Clinch Leatherwood (Liam Neeson, pas mal) qui, avec sa bande, terrorise la région. Anna va alors prendre Albert sous son aile et le former au tir avant que son mari n'arrive à son tour...

J'aime : 

* L'humour. C'est quand même la première chose que l'on vient chercher dans un film de Seth McFarlane. Et on est pas mal servi avec moult running gags (le pauvre Edward et sa fiancée prostituée) et autres clins d'oeil, dont le plus savoureux implique Christopher Lloyd... On est moins fan du pipi-caca (surtout caca).

* Le casting. Si Seth McFarlane n'est pas inoubliable, il est très bien entouré, notamment par des acteurs pas tant habitués que ça aux comédies (Charlize Theron, Amanda Seyfried, Liam Neeson) et qui s'y adaptent très bien. Le couple Giovanni Ribisi-Sarah Silverman fonctionne également très bien, très drôle.

* La reconstitution. S'il y a sans doute pas mal de fonds verts, les décors, naturels ou non, sont très beaux.

J'aime pas :

* Le scénario. Certes, ce n'est donc pas ce qu'on vient chercher dans ce genre de films, mais il est vraiment d'une banalité sans nom et il n'y a pas assez de gags pour qu'on l'oublie.

* Le rythme. "A Million ways to die in the west" est quand même aussi un western, alors il n'y a pas que de la comédie, il y a un peu d'aventures. Sauf que tout ce qui n'est pas "drôle" en soi, particulièrement les moments romantiques aussi, est mollasson. Comme dans "Ted".

La dernière oeuvre de Seth McFarlane est un bon divertissement, une valeur sûre on dira pour se payer une bonne tranche de rire, mais elle est loin d'être géniale non plus. On attend la prochaine !

mercredi 25 février 2015

Clouds of Sils Maria (2014)

Je ne suis pas très film d'auteur français. Parfois, il faut bien s'y coller, alors voici mon premier long-métrage d'Olivier Assayas, fidèle à la réputation des films d'auteur français...

En route pour la Suisse où elle doit recevoir un prix en l'honneur du dramaturge Wilhelm Melchior, la célèbre comédienne Maria Enders (Juliette Binoche, parfaite) apprend dans le train que celui-ci vient de décéder. Plusieurs mois plus tard, elle s'engage à jouer dans une nouvelle adaptation de la pièce de Wilhelm Melchior qui l'avait révélée étant jeune, sauf que cette fois-ci, elle jouera le rôle de la femme plus âgée qui lui faisait face à l'époque. Pour préparer le rôle, Maria Enders décide de séjourner dans la maison de l'auteur, à Sils-Maria (Suisse), aidée de son assistante personnelle, Valentine (Kristen Stewart, excellente)...

J'aime : 

* Le casting. C'est avant tout un film d'actrices, avec un étonnant duo Juliette Binoche-Kristen Stewart qui fonctionne mieux qu'on aurait pu le penser. Il y a un savoureux contraste entre la "classique" française (qui joue en anglais la majorité du temps) et la "moderne" ou plutôt "actuelle" américaine. Et les deux jouent parfaitement leur partition.

* L'environnement. Ce n'est pas vraiment un film d'extérieur, mais les quelques scènes dehors le sont dans de splendides décors suisses et on est heureux de découvrir ce magnifique phénomène du "serpent de Maloja".

* Le scénario. L'actrice et son assistante qui finissent par se confondre avec les deux personnages féminins de la pièce qu'elles répètent donne un résultat intéressant. Il y a aussi ces "coulisses" de la vie d'acteur qui n'est pas sans intérêt non plus.

J'aime pas : 

* "Clouds of Sils Maria" rassemble les "défauts", selon moi bien entendu, des "films d'auteur" français : long, bavard (et pas toujours accessible) et austère.

Le dernier film d'Olivier Assayas vaut surtout, dans un joli cadre original, pour son très joli duo d'actrices dont la complémentarité puis l'opposition offre une relation d'où ressort une réflexion tout à fait intéressante.

vendredi 20 février 2015

Despicable Me (2010)

Un dessin-animé, ça faisait longtemps. "Despicable Me" est coréalisé par un Français, Pierre Coffin (avec Chris Renaud), et c'est une bonne nouvelle parce que c'est un film plutôt sympa, qui a mérité son succès.

L'affreux héros s'appelle Gru (voix de Steve Carell, excellent). Il vit en solitaire avec son chien, son assistant, le docteur Néfario, et ses employés, des milliers de petits ouvriers jaunes à un ou deux yeux appelés minions. C'est un peu le champion des méchants mondiaux jusqu'à ce que débarque un petit nouveau, Vector (voix de Jason Segel, bien), qui surpasse tout le monde en volant la pyramide de Gizeh. Humilié, Gru décide de voir plus grand en volant la lune. Pour cela, il lui faut un pistolet réducteur qu'il va dérober en Corée du Nord, mais Vector passe encore par là et s'en empare. Ne pouvant entrer chez ce dernier pour le lui reprendre, Gru décide d'adopter trois petites filles orphelines, Margot, Edith et Agnes, seules à pouvoir pénétrer chez Vector grâce aux cookies qu'elles vendent à domicile. Nul doute que les trois fillettes vont changer la vie de Gru...

J'aime : 

* Les personnages. Très bien doublés, ils sont plutôt réussis, de l'irascible Gru aux trois fillettes sympas (surtout les deux plus petites). Mais mention spéciale à Vector et aux formidables minions.

* Le scénario. Il est assez original et on ne s'ennuie pas.

* L'humour. Outre les références "adultes" appréciées, les gags sont sympas.

J'aime pas : 

* Un poil trop de mièvrerie, dans le sens où Gru n'est finalement pas aussi méchant qu'il devrait l'être et qu'il devient un peu trop rapidement "gentil" dans l'histoire.

Si "Despicable Me" doit en effet beaucoup à ses minions, il est quand même globalement un très bon dessin-animé, original et drôle. On aurait tout de même aimé qu'il soit plus mordant pour être parfaitement fidèle à son titre.