mercredi 26 mars 2014

Angels & Demons (2009)

Je n'ai plus grand souvenir du "Da Vinci Code", mais je me rappelle au moins que ce n'était pas aussi bon qu'attendu. Ce "prequel" est déjà bien mieux, même si c'est loin d'être parfait.

Des chercheurs du Cern, dont l'Italienne Vittoria Vetra (Ayelet Zurer, pas mal), produisent de l'antimatière sous les yeux d'un prêtre qui est assassiné. Un échantillon est également volé. Pendant ce temps-là, le pape meurt et le Vatican entame le processus d'élection du prochain. Sauf que quatre des candidats majeurs sont kidnappés par les Illuminati qui menacent des les tuer un par un à une heure d'intervalle jusqu'à minuit où ils feront enfin exploser l'antimatière, détruisant le Vatican. L'expert en religion Robert Langdon (Tom Hanks, très bien) est appelé à la rescousse, aidé dans sa quête à travers Rome par Vittoria Vetra et le responsable de la Garde suisse, Maximilian Richter (Stellan Skarsgard, bien). La course contre la montre peut commencer tandis que l'élection papale se déroule comme convenue et que l'intérim est tenu par le camerlingue Patrick McKenna (Ewan McGregor, peu crédible)...

J'aime : 

* Le scénario. Le jeu de pistes ésotérique est rondement mené à travers Rome et le Vatican, mêlant habilement religion et art de la Renaissance. L'action n'est pas oubliée, ni même les rebondissements avec un retournement de situation final bien trouvé - dans le sens où l'on ne s'y attendait pas, ce qui est rare -.

* Le casting. Tom Hanks campe de nouveau un Robert Langdon convaincant et sa charmante partenaire féminine n'est pas sotte, donc c'est un bon point. En revanche, le bémol va à Ewan McGregor qui, en reprenant son accent naturel écossais, perd justement de son naturel et c'est surtout son personnage qui n'apparaît pas crédible comme camerlingue car cette fonction est donnée en général à un cardinal d'expérience donc âgé.

* Les décors. Plus que les effets spéciaux, Rome et le Vatican apparaissent de fort belle manière, que les décors soient réels ou non. Il y a évidemment du budget derrière tout cela et il n'a pas été gâché, on s'y croirait !

J'aime pas : 

* Quelques effets scénaristiques vraiment grandiloquents. Outre le "jeune" camerlingue, celui-ci réalise des prouesses étonnantes que je ne peux dévoiler, mais c'est vraiment trop et cela dessert l'aventure.

* La longueur. Difficile de faire court quand on est dans ce style de scénario et c'est déjà bien rythmé, mais malgré tout, c'est un peu trop long.

Ron Howard a retenu la leçon de l'ennuyeux "Da Vinci Code" en offrant au public un prequel bien plus en jambes et avec un scénario toujours aussi riche adapté de Dan Brown. Cependant, quelques éléments importants dont Ewan McGregor est au centre empêchent d'en faire un film complet en termes de qualité.

samedi 15 mars 2014

EuroTrip (2004)

De manière générale, j'aime bien les "teens movies". C'est en général bien stupide et vulgaire, mais souvent drôle. Sauf que depuis "American Pie", fondateur de la nouvelle génération, il y en a des bons et des très mauvais. Ce "EuroTrip" est dans la seconde catégorie.

L'histoire commence comme tout "teen movie" ou presque. Scott Thomas (Scott Mechlowicz, bof) se fait larguer par sa copine lors du dernier jour de cours. Désespéré, il se prend une cuite à la fête de fin d'année qui suit et commet l'erreur de mettre vulgairement un vent à sa correspondante virtuelle allemande, Mieke, qu'il croyait être un homme. Cette dernière, fort jolie, décide alors de le bloquer. Scott se rend compte de sa méprise et entreprend de se rendre à Berlin pour la retrouver. Il part avec son meilleur ami, Cooper (Jacob Pitts, bien), avec un premier arrêt à Londres. Ils retrouveront ensuite leurs amis jumeaux, Jamie (Travis Webster, pas mal) et Jenny (Michelle Trachtenberg, pas mal aussi), à Paris avant de poursuivre leur tour d'Europe en passant notamment par Amsterdam et Bratislava avant d'atteindre Berlin...

J'aime : 

* La bande originale. C'est assez éclectique, avec pas mal de bon punk rock comme dans tout bon teen movie, et même l'excellent "ça plane pour moi" de Plastic Bertrand que j'entends dans de plus en plus de films.

J'aime pas : 

* Le casting. A part deux courtes apparitions de Matt Damon (métamorphosé en chanteur punk à piercings et tatouages) et Lucy "Xénia la guerrière" Lawless, il n'y a que des inconnus à l'affiche qui sont pour la plupart loin du compte à l'image de l'acteur principal, Scott Mechlowicz.

* Le scénario. Si l'idée de passer de pays en pays européens n'est pas si mal, chaque séjour se révèle calamiteux. Les clichés, d'accord, mais à ce point de mauvais goût ? Le pire : la Slovaquie seulement représentée par une banlieue sordide où quelques dollars suffisent à vivre dans le luxe.

* Les décors. Vu le casting, on devine le petit budget. Alors Londres, Paris, Amsterdam, Rome et j'en passe ont toutes été reconstituées en studio ou fond vert. Cela se voit clairement et c'est d'une laideur sans nom.

* L'humour. D'habitude, les teen movies sont gras, avec des blagues en dessous de la ceinture, là, c'est pareil, mais c'est pas drôle et totalement caricatural. Au secours.

En dehors de sa bande originale plutôt cool, "Eurotrip" cumule donc les tares et rate complètement le coche. Le divertissement attendu laisse place à une triste consternation...

dimanche 9 mars 2014

The Monuments Men (2014)

L'affiche était alléchante, le scénario, tirée d'une histoire vraie, également, je ne me voyais donc pas bouder le nouveau film de George Clooney. Pourtant, les critiques avaient prévenu et avaient raison : c'est une relative déception.

"The Monuments Men", c'est le nom donné à cette équipe internationale d'historiens, architectes, experts en art, conservateurs, et autres, ayant été envoyée en France puis en Allemagne dans le sillage du Débarquement de juin 1944 afin de récupérer et mettre en sûreté les milliers d'oeuvres d'art pillées par les Nazis. Dans le film, l'équipe est menée par Frank Stokes (George Clooney, bien) et composée de James Granger (Matt Damon, qui fait le job), envoyé à Paris rencontrer la résistante Claire Simone (Cate Blanchett, étrange et pas crédible en Française), Walter Garfield (John Goodman, sobre), Richard Campbell (Bill Murray, pas mal), Preston Savitz (Bob Balaban, cool), le Britannique Donald Jeffries (Hugh Bonneville, très bien) et le Français Jean-Claude Clermont (Jean Dujardin, sans éclat). Malgré la libération, la quête sera longue et semée d'embûches...

J'aime : 

* L'idée originale. Ces faits réels sortent évidemment du lot dans tous les événements de la Seconde Guerre Mondiale et c'est extrêmement intéressant. Sans l'intervention de ces hommes, qui sait ce que seraient devenues bien des grandes oeuvres d'art européennes ?

* Le casting. Rien à dire, c'est du cinq étoiles et on apprécie tout le monde. Après, les performances sont pour la plupart sobres et aucun acteur ne sort vraiment du lot. En revanche, pointe de déception pour Cate Blanchett, seul personnage féminin, rigide. Et surtout pourquoi ne pas avoir choisi une actrice française pour ce rôle sachant qu'il y a aussi Jean Dujardin et qques autres apparitions françaises ?

* La reconstitution. Il n'y a pas de grands risques non plus, on voit peu d'extérieurs, mais globalement, on sent bien l'atmosphère de l'époque, aussi bien visuellement que sur le plan sonore.

J'aime pas : 

* Le scénario. Les Monuments Men ayant des missions dans différents endroits, ils sont envoyés par un ou deux ici et là en Europe de l'Ouest. Du coup, on a une succession de saynètes, avant une réunion finale, qui sont rarement emballantes.

* Le rythme. C'est l'un des plus gros soucis du film, sa lenteur. Nous sommes en période de guerre, mais il y n'y a quasiment aucune scène d'action. Beaucoup de bavardage donc, George Clooney multipliant les messages un peu pompeux sur l'importance des oeuvres d'art pour l'humanité.

George Clooney disposait d'une histoire en or, très originale, mais sans doute trop lourde à porter pour lui. Malgré son casting emballant, il offre une honnête reconstitution, mais sage, trop sage, qui ne conviendra qu'à un public de l'âge de ses héros...

samedi 8 mars 2014

Jackass presents : Bad Grandpa (2013)

Je ne suis pas un inconditionnel de "Jackass", mais je dois avouer que les heures de gloire de la série de MTV étaient globalement très drôles. Au grand écran, ce nouvel épisode est malheureusement édulcoré, mais il n'est pas complètement raté pour autant.

Pour "Bad Grandpa", le réalisateur Jeff Tremaine a opté pour la semi-fiction à la "Borat" en confrontant ses personnages avec des situations réelles, en caméra cachée. Pour la partie fiction, c'est l'histoire d'Irving Zisma (Johnny Knoxville, bien), un grand-père de 86 ans, qui vient de perdre sa femme et dont la fille Kimmie lui refile son propre fils de 8 ans, Billy (Jackson Nicoll, excellent), à emmener chez son ex et père, à l'autre bout des Etats-Unis. Aussi vulgaire et facétieux l'un que l'autre, les deux membres du duo vont semer la panique tout au long de leur route auprès de postières, de strip-teasers, de bikers ou encore d'un tas d'inconnus dans la rue...

J'aime : 

* Le casting. A vrai dire seulement le jeune Jackson Nicoll qui, à huit ans, offre déjà une palette exceptionnelle d'expressions, une vraie maturité et une magnifique performance dans des situations réelles (notamment quand il tente de trouver un nouveau père dans la rue et surtout sa prestation de mini-miss). A ses côtés, Johnny Knoxville est lui beaucoup plus caricatural.

* L'humour. Tout n'est pas franchement hilarant, mais globalement, les caméras cachées fonctionnent et les réactions face à l'absurde font mouche. Parmi les séquences les plus marquantes, on retient le défilé des mini-miss, la vente de meubles ou quand le petit Billy se cherche un nouveau père dans la rue.

J'aime pas : 

* Le scénario. C'est là que le bât blesse parce que pour le rendre cohérent, des scènes de fiction sont ajoutées et n'ont vraiment aucun intérêt. De même, quand celles-ci sont mêlées à la réalité, elles ne fonctionnent pas non plus, ressemblant à du mauvais théâtre. On aurait largement pu se contenter d'un simple road-movie grand-père/petit-fils.

Ce nouvel épisode de "Jackass" sur grand écran ne casse pas trois pattes à un canard, mais se révèle malgré tout un sympathique divertissement si on aime l'humour gras et trash. On espère enfin revoir l'affreux gamin dans d'autres rôles.

samedi 15 février 2014

Nymphomaniac - Volume 1 (2014)

Ce n'était pas mon intention, mais je suis enfin allé voir un Lars von Trier au cinéma. Je ne m'attendais pas à être emballé, ni même émoustillé par ce que j'allais voir. J'ai eu raison, l'oeuvre du cinéaste n'a que peu d'intérêt.

Divisé en plusieurs chapitres, le film, dont c'est la première partie, raconte la vie sexuelle de Joe (Charlotte Gainsbourg, bien), recueillie blessée dans la rue par Seligman (Stellan Skarsgard, bien aussi). Alors qu'elle se rétablit doucement, elle livre les étapes successives de son destin de nymphomane, débuté lors de sa plus tendre enfance, à son sauveur : les premiers émois quand elle était petite fille, son premier "amour", Jérôme (Shia LaBeouf, sobre et étonnant), qui la dépucelle lors de son adolescence (jouée par Stacy Martin, intéressante), et l'accélération des partenaires quand elle devient une jeune adulte.

J'aime : 

* Le style. Même si le film est assez creux, il y a quand même une patte indéniable, très esthétisée, de la lumière aux cadrages, en passant par la musique. Pas inintéressant.

* Le casting. Pas non plus de performance étonnante, mais la jeune Stacy Martin sort forcément du lot et on remarque Shia LaBeouf dans un genre évidemment bien loin du sien habituellement. Déception en revanche pour Christian Slater, dans le rôle du père de Joe, qui n'est pas très convainquant.

J'aime pas : 

* Le scénario. Il est aussi mince que celui d'un film érotique avec aucune réelle profondeur psychologique dans le cheminement sexuel de Joe. Au spectateur, sans doute, de la trouver. La seule séquence intéressante est lorsqu'une femme trompée débarque chez Joe où se trouve son mari, voire celle du train et de l'homme qui résiste aux avances de Joe.

* L'atmosphère. Dans un style minimaliste, Lars von Trier impose dès l'entame une ambiance à la fois lourde et austère. Le sexe semble être une affaire sérieuse pour le cinéaste qui ne se laisse aller à aucune légèreté. Dur.

Est-ce la censure ? N'est-ce que le volume 1 ? Toujours est-il que cette première partie de "Nymphomaniac" est loin du scandale annoncé. Lars von Trier déçoit avec une histoire sans grand intérêt et un style personnalisé, mais discutable.

dimanche 9 février 2014

American Hustle (2014)

Pluie de récompenses en cours pour le dernier film de David O. Russell. Pour les acteurs, pourquoi pas, mais pour le film en lui-même ou la mise en scène, on n'est pas d'accord. "American Hustle" réussit bien le "bluff" du titre français en proposant une coquille clinquante, mais vide ou presque à l'intérieur.

Inspirée de faits réels datant de la fin des années 1970, l'histoire raconte comment un duo d'escrocs, Irving Rosenfeld (Christian Bale, caricatural) et Sydney Prosser (Amy Adams, bien), s'est fait prendre par le FBI avant que ce dernier ne leur propose d'utiliser leur talent pour faire tomber des politiciens locaux véreux, le maire de Camden (New Jersey), Carmine Polito (Jeremy Renner. étonnant à contre-emploi), en tête. Pour ce faire, ils sont dirigés par l'agent Richard DiMaso (Bradley Cooper, pas mal).

J'aime : 

* Le scénario. Cette histoire loufoque avait déjà été évoquée dans plusieurs films, mais aucune oeuvre ne l'avait utilisée en tant que tel. C'est ainsi une excellente idée et le réalisateur a eu raison de jouer sur son caractère atypique et pittoresque pour pencher du côté de la comédie, avec une belle place donnée aux seconds rôles.

* Le casting. Si j'émets des réserves sur Christian Bale, qui surjoue selon moi (mais son accoutrement, notamment capillaire, n'aide pas), le reste de la distribution est très intéressant avec une mention spéciale à Jennifer Lawrence, bluffante dans le rôle de l'épouse d'Irving Rosenfeld.

* La B.O.. Le film regorge d'excellents morceaux des années 1970, dont le "Live and let die" de Paul McCartney & Wings. Pas super original non plus, mais c'est toujours plaisant de le retrouver.

J'aime pas  :

* La reconstitution. Elle n'est pas complètement à remettre en cause, mais certains déguisements, à l'image de la capillarité de Christian Bale, fait plus pencher à un pastiche qu'à une vraie fidélité à l'époque. Pas assez naturelle donc.

* Le rythme. On met pas mal de temps à rentrer dans le film et à bien comprendre tous les tenants et aboutissants. Cela s'accélère à la fin avec ce surprenant dénouement, mais globalement, c'est un peu trop long et lent.

On comprend l'engouement autour du dernier film de David O. Russell qui est assez jouissif sur certains aspects, mais on reste tout de même sur notre faim, faute à un style un peu trop maniéré de la part du cinéaste, qui alourdit plus qu'il ne libère.

vendredi 31 janvier 2014

The Next three days (2010)

Avant de voir ce film, je ne savais pas que c'était le remake de "Pour elle", que je n'ai pas vu donc. Je ne me baserais ainsi sur aucune comparaison, mais cela donne envie de voir la version française, certainement meilleure que ce thriller sans artifice ?

L'histoire est celle d'un couple, John (Russell Crowe, pas mal) et Lara (Elizabeth Banks, correcte), qui mènent une vie relativement normale à Pittsburgh avec leur fils. Un soir, la patronne de la jeune femme, avec qui ce n'est pas le grand amour, est retrouvée morte dans un parking. Le lendemain, la police débarque chez les Brennan et arrêtent Lara. Les preuves sont irréfutables. Trois ans plus tard, un appel de la condamnation de la jeune femme est rejeté, elle tente de se suicider. John va alors préparer son évasion...

J'aime : 

* Le scénario. C'est ce qui fait l'attrait du film, une histoire plutôt originale où un homme ordinaire doit se surpasser pour organiser un événement extraordinaire.

J'aime pas : 

* La mise en scène. Paul Haggis est certainement meilleur scénariste que réalisateur. Choisir une ville moins classique que New York ou Los Angeles pour situer son film, très bien, mais globalement, son oeuvre est monotone, sombre et avec peu d'ambition.

* Le rythme. Le film est bien long et manque sacrément de rythme, surtout dans sa première partie. La fin est plus haletante, mais c'est trop tard.

* Le casting. Tout le monde est assez terne, à l'image de Russell Crowe, déjà pas très crédible en anti-héros, qu'on ne sent pas très impliqué dans son rôle.

Il y a des "petits" thrillers bien efficaces et d'autres qui passent à côté de leur sujet. Mauvaise pioche pour "The Next three days" qui rate le passage à l'américaine de la version originale française. A quoi bon faire des remakes si c'est pour les rater ?