Je ne suis pas forcément familier de l'heroic fantasy, mais il faut bien dire que Peter Jackson a été très fort pour en faire un divertissement grand public, en adaptant les célèbres ouvrages de Tolkien. Après une très belle trilogie, le réalisateur néo-zélandais revient en arrière et à nouveau en trois fois avec le prologue de toute cette épopée : "The Hobbit".
Dans ce premier volet (même si l'ouvrage n'en comprenait qu'un seul), nous faisons connaissance d'abord avec les nains de la Montagne solitaire chassés de leur royaume par un dragon géant, Smaug, qui convoitait leur or. Aidée par le magicien Gandalf, une équipée d'entre eux, dirigée par Thorin, va tenter de reconquérir son territoire.
Pour ce faire, Gandalf et sa bande font un détour chez le hobbit Bilbo Baggins afin que ce dernier les accompagne. Si les nains n'en voient pas l'intérêt, le magicien recommande officiellement son agilité et son odeur méconnue du dragon. D'abord réfractaire, Bilbo accepte finalement de leur venir en aide à son tour et les voilà partis pour une longue route semée d'embûches et d'ennemis tels que les orques, les trolls ou encore les gobelins...
J'aime :
* Le fabuleux univers de J.R.R. Tolkien retranscrit superbement par Peter Jackson. Les différents décors sont splendides, même si celui des Elfes fait pour le coup très artificiel. Mais on aimerait tellement vivre dans celui des hobbits !
* La profusion de séquences épiques, souvent des fuites, mais aussi pas mal de combats qui sont tout à fait réjouissants.
* Le casting, idéal. Alors on retrouve avec plaisir les mêmes "seigneurs" que lors de la précédente trilogie (Ian McKellen, Christopher Lee, ou encore Ian Holm et Elijah Wood pour une petite apparition), mais aussi des petits nouveaux, notamment l'excellent Martin Freeman, mêlant habilement couardise et bravoure, dans le rôle de Bilbo.
J'aime pas :
* Au départ, je pensais qu'il n'y avait qu'un seul film et j'ai pris peur devant la longueur du prologue ! Heureusement, il y a trois films, mais tout de même, la séquence des nains chez Bilbo, aussi loufoque soit-elle, traîne sacrément.
* Même si l'on retrouve encore différentes histoires dans l'histoire ainsi qu'un bestiaire très varié, le scénario, pour le moment, semble assez linéaire et peu surprenant. Heureusement que Gollum vient un peu troubler tout ça en fin d'épisode.
Finalement, on aurait peut-être aimé que la saga de Tolkien ait été filmée dans l'ordre, même si on comprend la logique commerciale. On était en manque de cet univers et on reste forcément un peu sur notre faim devant "The Hobbit", qui fait un peu calque ramolli malgré la qualité, une fois de plus, du film, des décors au casting. Cependant, on ne va pas bouder notre plaisir devant un excellent divertissement dont on attend impatiemment la suite.
vendredi 18 janvier 2013
lundi 14 janvier 2013
The Squid and the whale (2005)
Noah Baumbach est un réalisateur rare que j'ai découvert avec ce film, "The Squid and the whale", puis avec le tout aussi cérébral et intéressant "Greenberg". J'y suis particulièrement attaché en tant que fan de Wes Anderson puisqu'on retrouve toute la sensibilité de ce dernier, les deux compères ayant travaillé ensemble sur les scénarios de "The Life aquatic with Steve Zissou" et "Fantastic Mr Fox". "The Squid and the whale" mit ainsi en lumière un formidable cinéaste indépendant.
Au milieu des années 1980, la famille Berkman vit à New York. Les deux parents sont des écrivains aux carrières qui se croisent. Bernard (Jeff Daniels, parfait) commence à sombrer dans l'anonymat tandis que Joan (Laura Linney, très bien) grimpe peu à peu. Mais cette rivalité latente, avec un Bernard, macho et imbu de lui-même, provoque des tensions qui aboutissent à leur séparation.
Chacun de leurs deux enfants, Walt (Jesse Eisenberg, déjà excellent) et Frank (Owen Kline, formidable), en pleine adolescence, va alors choisir son camp, tiraillé entre les deux géniteurs et surtout se retrouver bien perturbé. L'aîné, Walt, profondément littéraire et admiratif de son père, va choisir ce dernier, tandis que son cadet préférera une mère pourtant bien absente ou dans les bras de leur professeur de tennis (joué par William Baldwin, bien).
J'aime :
* Le casting. C'est vraiment un film de personnages, un quasi huis-clos avec les quatre membres de cette famille qui implose, à laquelle on ajoute des personnages secondaires, mais tout aussi intéressants, du prof de tennis et amant un peu idiot à la nouvelle colocataire de Bernard, Lili (Anna Paquin, parfaite lolita), qui n'est autre qu'une de ses élèves au lycée où il enseigne. Tous ces rôles sont extrêmement bien écrits, notamment dans leurs contradictions et réflexions les plus sombres. Et que dire de l'interprétation, formidable de bout en bout, parents comme enfants. Il y a beaucoup d'intelligence, de justesse et de maturité dans le jeu de chacun.
* Le scénario. L'histoire a beau être simple, cette chronique familiale est passionnante et poignante. C'est une succession de saynètes voyant chaque personnage plonger un peu plus dans la dépression, sauf peut-être la mère, seul personnage féminin de la famille et seul espoir aussi.
* L'univers de Noah Baumbach. Avec un esprit et une méticulosité proches de ceux de Wes Anderson, le réalisateur nous emmène sur les lieux et à l'époque de son adolescence à lui. On sent justement qu'on assiste à une oeuvre très personnelle, presque autobiographique, comme s'il nous montrait un album de famille peuplé d'anecdotes mélancoliques la plupart du temps.
* La bande originale. Là encore, avec un proche de Wes Anderson, on est certain de retrouver de la bonne musique au menu. C'est le cas avec un gros penchant pour Pink Floyd, Walt étant fan jusqu'au point de les copier d'un peu trop près...
J'aime pas :
* Très peu de choses à reprocher à ce film, si ce n'est peut-être un aspect très cérébral qui pourra en rebuter certains. Puis la décomposition inéluctable de cette famille dont on aurait tout de même aimé voir quelques moments heureux de leur existence ensemble.
Comme Wes Anderson, Noah Baumbach met la famille à l'honneur de son film, y montrant combien les liens qui l'unissent peuvent se défaire subitement, même s'ils restent à jamais tissés. C'est au final une très belle oeuvre indépendante, simple et réfléchie, par un véritable auteur trop rare dont on aimerait décidément voir plus de choses.
Au milieu des années 1980, la famille Berkman vit à New York. Les deux parents sont des écrivains aux carrières qui se croisent. Bernard (Jeff Daniels, parfait) commence à sombrer dans l'anonymat tandis que Joan (Laura Linney, très bien) grimpe peu à peu. Mais cette rivalité latente, avec un Bernard, macho et imbu de lui-même, provoque des tensions qui aboutissent à leur séparation.
Chacun de leurs deux enfants, Walt (Jesse Eisenberg, déjà excellent) et Frank (Owen Kline, formidable), en pleine adolescence, va alors choisir son camp, tiraillé entre les deux géniteurs et surtout se retrouver bien perturbé. L'aîné, Walt, profondément littéraire et admiratif de son père, va choisir ce dernier, tandis que son cadet préférera une mère pourtant bien absente ou dans les bras de leur professeur de tennis (joué par William Baldwin, bien).
J'aime :
* Le casting. C'est vraiment un film de personnages, un quasi huis-clos avec les quatre membres de cette famille qui implose, à laquelle on ajoute des personnages secondaires, mais tout aussi intéressants, du prof de tennis et amant un peu idiot à la nouvelle colocataire de Bernard, Lili (Anna Paquin, parfaite lolita), qui n'est autre qu'une de ses élèves au lycée où il enseigne. Tous ces rôles sont extrêmement bien écrits, notamment dans leurs contradictions et réflexions les plus sombres. Et que dire de l'interprétation, formidable de bout en bout, parents comme enfants. Il y a beaucoup d'intelligence, de justesse et de maturité dans le jeu de chacun.
* Le scénario. L'histoire a beau être simple, cette chronique familiale est passionnante et poignante. C'est une succession de saynètes voyant chaque personnage plonger un peu plus dans la dépression, sauf peut-être la mère, seul personnage féminin de la famille et seul espoir aussi.
* L'univers de Noah Baumbach. Avec un esprit et une méticulosité proches de ceux de Wes Anderson, le réalisateur nous emmène sur les lieux et à l'époque de son adolescence à lui. On sent justement qu'on assiste à une oeuvre très personnelle, presque autobiographique, comme s'il nous montrait un album de famille peuplé d'anecdotes mélancoliques la plupart du temps.
* La bande originale. Là encore, avec un proche de Wes Anderson, on est certain de retrouver de la bonne musique au menu. C'est le cas avec un gros penchant pour Pink Floyd, Walt étant fan jusqu'au point de les copier d'un peu trop près...
J'aime pas :
* Très peu de choses à reprocher à ce film, si ce n'est peut-être un aspect très cérébral qui pourra en rebuter certains. Puis la décomposition inéluctable de cette famille dont on aurait tout de même aimé voir quelques moments heureux de leur existence ensemble.
Comme Wes Anderson, Noah Baumbach met la famille à l'honneur de son film, y montrant combien les liens qui l'unissent peuvent se défaire subitement, même s'ils restent à jamais tissés. C'est au final une très belle oeuvre indépendante, simple et réfléchie, par un véritable auteur trop rare dont on aimerait décidément voir plus de choses.
lundi 7 janvier 2013
Diamant 13 (2009)
J'avoue, je n'ai suivi que d'un oeil ce polar sombre de Gilles Béhat, mais je crois avoir assez de restes pour en donner un certain point de vue. Pas forcément positif soit, mais pas besoin non plus de l'avoir vu de fond en comble hein.
Adapté d'un bouquin des années 1980, l'histoire est de facture très classique. Dans un lieu inconnu (mélange de France et Allemagne), Mat (Gérard Depardieu, plutôt bien) est un flic qui a déjà tout vu, assez désabusé par la vie qu'il mène désormais, plongeant d'affaire en affaire dans le néant. Cela ne va guère mieux quand son vieux compagnon Franck (Olivier Marchal, quelconque), qui a franchi allègrement les limites de l'illégalité, le fait tremper dans ses propres affaires. D'autant que l'IGS locale, incarnée par Calhoune (Asia Argento, pas du tout crédible), lui colle aussi aux basques.
J'aime :
* L'univers. Je crois que c'est l'un des points qui ressort de ce film. Le réalisateur présente un projet vraiment personnel dans une ambiance qu'il maintient de bout en bout. C'est sombre, froid et humide. Bon, ce n'est pas très réjouissant, mais le cadre est là et il n'en bouge pas, nous permettant d'y plonger les deux pieds dedans et de bien s'en imprégner.
* Gérard Depardieu. Parce qu'il montre comme souvent qu'il peut tout jouer et bien jouer. Ici, il est parfaitement crédible en vieux flic fatigué par une carrière sans doute longue comme son bras et lourde comme son ventre. On ne sent pas non plus qu'il s'investit à fond dans le rôle, mais ça passe bien. On ne peut pas en dire autant de ses partenaires, exceptée Aïssa Maïga, pas mal non plus.
J'aime pas :
* Le reste du casting. Enfin, deux autres acteurs importants du film : Olivier Marchal que je n'ai jamais trouvé bon nulle part, service minimum quoi, et surtout Asia Argento dont on se demande vraiment ce qu'elle vient faire dans ce rôle de fonctionnaire. Tout est faux, de son jeu à sa manière de parler français comme si elle recrachait son texte sans savoir ce que cela voulait dire.
* Le côté fictif des lieux. Par manque de moyens sans doute, le film a été tourné dans divers endroits peu chers de Belgique. On n'en veut pas tellement au réalisateur, mais masquer cela en ne déterminant aucun lieu précis à son polar, ça enlève une sacré dose d'intérêt. C'est parfois justement passionnant de voir le côté sombre d'une ville, quelle qu'elle soit. Ici, on ne sait donc pas où on est, curieux mélange, et assez décevant au final.
* Le scénario. Pas super original donc, mais qui offre une densité parfois bien trop complexe, surtout quand l'administration policière trempe dedans. Ce n'est pas toujours clair et ça se termine assez abruptement.
On ne peut pas toujours faire ce que l'on veut quand on n'a pas tous les moyens possibles. Gilles Béhat offre une simplicité pas déplaisante, mais qui manque clairement de solidité. On est d'autant plus déçu qu'il y avait du potentiel gâché notamment par une distribution des rôles ratée, hormis Gérard Depardieu qui porte le film à lui tout seul. Un gros dommage en somme, mais c'est pas complètement pourri.
Adapté d'un bouquin des années 1980, l'histoire est de facture très classique. Dans un lieu inconnu (mélange de France et Allemagne), Mat (Gérard Depardieu, plutôt bien) est un flic qui a déjà tout vu, assez désabusé par la vie qu'il mène désormais, plongeant d'affaire en affaire dans le néant. Cela ne va guère mieux quand son vieux compagnon Franck (Olivier Marchal, quelconque), qui a franchi allègrement les limites de l'illégalité, le fait tremper dans ses propres affaires. D'autant que l'IGS locale, incarnée par Calhoune (Asia Argento, pas du tout crédible), lui colle aussi aux basques.
J'aime :
* L'univers. Je crois que c'est l'un des points qui ressort de ce film. Le réalisateur présente un projet vraiment personnel dans une ambiance qu'il maintient de bout en bout. C'est sombre, froid et humide. Bon, ce n'est pas très réjouissant, mais le cadre est là et il n'en bouge pas, nous permettant d'y plonger les deux pieds dedans et de bien s'en imprégner.
* Gérard Depardieu. Parce qu'il montre comme souvent qu'il peut tout jouer et bien jouer. Ici, il est parfaitement crédible en vieux flic fatigué par une carrière sans doute longue comme son bras et lourde comme son ventre. On ne sent pas non plus qu'il s'investit à fond dans le rôle, mais ça passe bien. On ne peut pas en dire autant de ses partenaires, exceptée Aïssa Maïga, pas mal non plus.
J'aime pas :
* Le reste du casting. Enfin, deux autres acteurs importants du film : Olivier Marchal que je n'ai jamais trouvé bon nulle part, service minimum quoi, et surtout Asia Argento dont on se demande vraiment ce qu'elle vient faire dans ce rôle de fonctionnaire. Tout est faux, de son jeu à sa manière de parler français comme si elle recrachait son texte sans savoir ce que cela voulait dire.
* Le côté fictif des lieux. Par manque de moyens sans doute, le film a été tourné dans divers endroits peu chers de Belgique. On n'en veut pas tellement au réalisateur, mais masquer cela en ne déterminant aucun lieu précis à son polar, ça enlève une sacré dose d'intérêt. C'est parfois justement passionnant de voir le côté sombre d'une ville, quelle qu'elle soit. Ici, on ne sait donc pas où on est, curieux mélange, et assez décevant au final.
* Le scénario. Pas super original donc, mais qui offre une densité parfois bien trop complexe, surtout quand l'administration policière trempe dedans. Ce n'est pas toujours clair et ça se termine assez abruptement.
On ne peut pas toujours faire ce que l'on veut quand on n'a pas tous les moyens possibles. Gilles Béhat offre une simplicité pas déplaisante, mais qui manque clairement de solidité. On est d'autant plus déçu qu'il y avait du potentiel gâché notamment par une distribution des rôles ratée, hormis Gérard Depardieu qui porte le film à lui tout seul. Un gros dommage en somme, mais c'est pas complètement pourri.
dimanche 6 janvier 2013
Tropic Thunder (2008)
Ma première impression de "Tropic Thunder" ne fut pas la meilleure, un peu perturbé sans doute par le scénario complètement foutraque du quatrième film en tant que réalisateur de mon bien-aimé Ben Stiller et de cet humour parfois un peu décontenançant. Mais revoir ce même film entre amis m'a donné une vision bien différente et bien plus convaincante.
"Tropic Thunder", c'est donc un film dans le film où l'on retrouve plusieurs stars caricaturales du cinéma américain qui se retrouvent en Asie du Sud-Est pour le tournage d'une superproduction, adaptée d'un récit de la guerre du Vietnam et dirigée par un tâcheron faire-valoir britannique (Steve Coogan, so British). Le casting poids-lourd est ainsi composé de la superstar sur le déclin Tugg Speedman (Ben Stiller, au top de sa forme), le gros rigolo Jeff Portnoy (Jack Black, caricature de lui-même, très bon), l'autre star qui se la pète Kirk Lazarus (Robert Downey Jr, incroyable), le petit rappeur merdeux Alpa Chino (Brandon T. Jackson, très bien aussi) et le bleu Kevin Sandusky (Jay Baruchel, pas mal).
Evidemment, tout ce petit monde fait n'importe quoi, le tournage est en pleine déroute jusqu'à ce que le producteur du film, Les Grossman (Tom Cruise, génial) ne tape du poing sur la table. Le vétéran dont le livre est adapté, John Tayback (Nick Nolte, en roue libre), propose ainsi au réalisateur de lâcher tout le casting dans la nature et de le laisser se débrouiller en le filmant. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévues, les acteurs débarquant sur le territoire de rebelles locaux...
J'aime :
* Le casting. C'est quand même ce qui fait une force essentielle du film. Un tel condensé d'acteurs comiques et même pas forcément, mais qui le sont dans le film, est rare et il est ici en plein délire. Comme dans tout bon film comique, ils ont l'air de vraiment bien s'amuser et cette bonne humeur est largement communicative. On voit vraiment qu'ils se donnent à fond dans leur rôle, tous aussi absurdes et caricaturaux les uns que les autres. On donne une mention largement spéciale à Tom Cruise et à Robert Downey Jr. Le second parce que son talent comique est une fois de plus mis en valeur et le premier parce qu'il est tout juste incroyable dans ce rôle. Très grimé, il débarque grossièrement là où on ne l'attend pas du tout et déchire tout, que ce soit par ses insultes à répétition ou bien son déhanché grotesque. On peut détester la personne qu'il est dans la réalité, il prouve ici qu'il a un culot monstre et un énorme talent lui aussi.
* Le scénario. L'histoire en elle-même n'est pas si géniale que ça, mais c'est surtout le coup de pied aux fesses des grosses productions américaines qu'on apprécie. L'ironie est mordante et la caricature, sans doute bien réaliste, toujours présente. Et ce petit monde, qui est bien placé pour jouer dedans, s'en donne à coeur joie. Tous en prennent pour leur grade, des producteurs aux acteurs, en passant par les agents. C'est un vrai film sur Hollywood en somme et il ne fait pas dans la demie mesure.
* L'humour. Habitué des Buddy movies, Ben Stiller va ici au-delà en proposant un véritable univers et une farce qui mélange les genres. Il y a un côté "ZAZ" avec ses parodies (les fausses bandes-annonces du début du film notamment), Monty Python (pour l'absurdité de certains comportements et gags) et bien d'autres. C'est une tambouille généreuse qui ne s'arrête jamais dans le trash.
J'aime pas :
* Quelques longueurs. Que ce soit certains gags trop longs (dans la scène du début, entre Stiller et Downey Jr notamment) ou tellement absurdes que notre compréhension est un peu perdue, on ne peut malheureusement pas tout garder. Mais le reste compense largement tout cela, bien heureusement.
Voilà donc un film qui s'apprécie particulièrement à plusieurs car on peut se passer et repasser puis remémorer les plus beaux dialogues ou scènes ensuite à foison. Tout seul, on peut moins partager tous ces bons moments gras, et c'est sans doute pour cela qu'on accroche peut-être un peu moins. A consommer ainsi sans modération, mais si possible en bonne et amicale compagnie.
"Tropic Thunder", c'est donc un film dans le film où l'on retrouve plusieurs stars caricaturales du cinéma américain qui se retrouvent en Asie du Sud-Est pour le tournage d'une superproduction, adaptée d'un récit de la guerre du Vietnam et dirigée par un tâcheron faire-valoir britannique (Steve Coogan, so British). Le casting poids-lourd est ainsi composé de la superstar sur le déclin Tugg Speedman (Ben Stiller, au top de sa forme), le gros rigolo Jeff Portnoy (Jack Black, caricature de lui-même, très bon), l'autre star qui se la pète Kirk Lazarus (Robert Downey Jr, incroyable), le petit rappeur merdeux Alpa Chino (Brandon T. Jackson, très bien aussi) et le bleu Kevin Sandusky (Jay Baruchel, pas mal).
Evidemment, tout ce petit monde fait n'importe quoi, le tournage est en pleine déroute jusqu'à ce que le producteur du film, Les Grossman (Tom Cruise, génial) ne tape du poing sur la table. Le vétéran dont le livre est adapté, John Tayback (Nick Nolte, en roue libre), propose ainsi au réalisateur de lâcher tout le casting dans la nature et de le laisser se débrouiller en le filmant. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévues, les acteurs débarquant sur le territoire de rebelles locaux...
J'aime :
* Le casting. C'est quand même ce qui fait une force essentielle du film. Un tel condensé d'acteurs comiques et même pas forcément, mais qui le sont dans le film, est rare et il est ici en plein délire. Comme dans tout bon film comique, ils ont l'air de vraiment bien s'amuser et cette bonne humeur est largement communicative. On voit vraiment qu'ils se donnent à fond dans leur rôle, tous aussi absurdes et caricaturaux les uns que les autres. On donne une mention largement spéciale à Tom Cruise et à Robert Downey Jr. Le second parce que son talent comique est une fois de plus mis en valeur et le premier parce qu'il est tout juste incroyable dans ce rôle. Très grimé, il débarque grossièrement là où on ne l'attend pas du tout et déchire tout, que ce soit par ses insultes à répétition ou bien son déhanché grotesque. On peut détester la personne qu'il est dans la réalité, il prouve ici qu'il a un culot monstre et un énorme talent lui aussi.
* Le scénario. L'histoire en elle-même n'est pas si géniale que ça, mais c'est surtout le coup de pied aux fesses des grosses productions américaines qu'on apprécie. L'ironie est mordante et la caricature, sans doute bien réaliste, toujours présente. Et ce petit monde, qui est bien placé pour jouer dedans, s'en donne à coeur joie. Tous en prennent pour leur grade, des producteurs aux acteurs, en passant par les agents. C'est un vrai film sur Hollywood en somme et il ne fait pas dans la demie mesure.
* L'humour. Habitué des Buddy movies, Ben Stiller va ici au-delà en proposant un véritable univers et une farce qui mélange les genres. Il y a un côté "ZAZ" avec ses parodies (les fausses bandes-annonces du début du film notamment), Monty Python (pour l'absurdité de certains comportements et gags) et bien d'autres. C'est une tambouille généreuse qui ne s'arrête jamais dans le trash.
J'aime pas :
* Quelques longueurs. Que ce soit certains gags trop longs (dans la scène du début, entre Stiller et Downey Jr notamment) ou tellement absurdes que notre compréhension est un peu perdue, on ne peut malheureusement pas tout garder. Mais le reste compense largement tout cela, bien heureusement.
Voilà donc un film qui s'apprécie particulièrement à plusieurs car on peut se passer et repasser puis remémorer les plus beaux dialogues ou scènes ensuite à foison. Tout seul, on peut moins partager tous ces bons moments gras, et c'est sans doute pour cela qu'on accroche peut-être un peu moins. A consommer ainsi sans modération, mais si possible en bonne et amicale compagnie.
mercredi 21 novembre 2012
Yek Khanévadéh-e Mohtaram (2012)
Mon frère m'emmène toujours voir les derniers films iraniens (ou turcs, ou autres nationalités orientales) à la mode. En général, c'est bien voire même très bien une fois sur deux. Bonne pioche cette fois-ci avec cette "famille respectable" (en français), même si tout est loin d'être parfait.
L'histoire est assez complexe. Arash, un prof de fac exilé à Paris, est retourné chez lui, à Chiraz, le temps d'un projet universitaire. Avant de rentrer en France, il apprend que son père, séparé depuis longtemps de sa mère chez qui il vivait durant son séjour, est mort et lui a légué une somme d'argent importante. Arash va alors devoir gérer la magouille que lui propose son demi-frère Jafar ainsi que toutes les démarches liées à son retour, compliquées par la retenue de son passeport...
J'aime :
* Encore une fois, c'est une véritable photographie de l'Iran d'aujourd'hui, partagée entre un autoritarisme forcené, une société surveillée de toutes parts, et une aspiration à la liberté et à la transgression de plus en plus forte en même temps, notamment à travers les femmes, qui ont de beaux rôles ici.
* Le casting est convaincant, des enfants aux adultes, ça joue juste et ça sent le réel.
J'aime pas :
* Encore un film qui évoque les problèmes posés par les conditions de départ de l'Iran. On ne s'en lasse pas, car c'est presque documentaire, mais Massoud Bakhshi ajoute à cette tentative de fuite une complexe histoire d'héritage dont on a du mal à démêler les tenants et aboutissants.
* On regrette aussi un peu ces flash-backs incessants sur l'enfance d'Arash, parfois redondants, ainsi que les ajouts d'images d'archives sur la guerre Iran-Irak qui font plus pour l'esthétique que pour l'histoire. Ces moments apportent des longueurs dont on se serait passé.
Pour son premier film de fiction, Massoud Bakhshi réussit, malgré des effets de style pas forcément utiles, une oeuvre intéressante et toujours passionnante sur le quotidien des Iraniens. On attend de voir la suite, mais il y a déjà pas mal d'espoir.
L'histoire est assez complexe. Arash, un prof de fac exilé à Paris, est retourné chez lui, à Chiraz, le temps d'un projet universitaire. Avant de rentrer en France, il apprend que son père, séparé depuis longtemps de sa mère chez qui il vivait durant son séjour, est mort et lui a légué une somme d'argent importante. Arash va alors devoir gérer la magouille que lui propose son demi-frère Jafar ainsi que toutes les démarches liées à son retour, compliquées par la retenue de son passeport...
J'aime :
* Encore une fois, c'est une véritable photographie de l'Iran d'aujourd'hui, partagée entre un autoritarisme forcené, une société surveillée de toutes parts, et une aspiration à la liberté et à la transgression de plus en plus forte en même temps, notamment à travers les femmes, qui ont de beaux rôles ici.
* Le casting est convaincant, des enfants aux adultes, ça joue juste et ça sent le réel.
J'aime pas :
* Encore un film qui évoque les problèmes posés par les conditions de départ de l'Iran. On ne s'en lasse pas, car c'est presque documentaire, mais Massoud Bakhshi ajoute à cette tentative de fuite une complexe histoire d'héritage dont on a du mal à démêler les tenants et aboutissants.
* On regrette aussi un peu ces flash-backs incessants sur l'enfance d'Arash, parfois redondants, ainsi que les ajouts d'images d'archives sur la guerre Iran-Irak qui font plus pour l'esthétique que pour l'histoire. Ces moments apportent des longueurs dont on se serait passé.
Pour son premier film de fiction, Massoud Bakhshi réussit, malgré des effets de style pas forcément utiles, une oeuvre intéressante et toujours passionnante sur le quotidien des Iraniens. On attend de voir la suite, mais il y a déjà pas mal d'espoir.
mercredi 14 novembre 2012
Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté (2012)
Alors comme ça ce nouvel épisode d'Astérix et Obélix est pas pire ? Dans l'attente d'un rebond après le phénoménal "Mission Cléopâtre" et l'échec des "Jeux Olympiques" (que je n'ai pas vu), il y avait encore pas mal d'attente et Laurent Tirard s'en serait tiré avec les honneurs. C'est ce qu'on va voir !
Ce nouvel épisode fait appel en réalité à deux aventures d'Astérix : l'excellent "Astérix chez les Bretons" et le moins trépidant "Astérix et les Normands". Le premier fait figure de ligne rouge puisque c'est bien en (Grande)-Bretagne que se rendent nos deux fameux compères (Edouard Baer, formidable, et Gérard Depardieu, toujours très bien en Obélix) en compagnie du jeune neveu d'Abraracourcix, Goudurix (Vincent Lacoste, qui joue très bien les têtes à claques parisiennes actuelles), qu'ils doivent former afin qu'il devienne un homme. Ils accompagnent le brave Jolitorax (Guillaume Gallienne, bien) venu leur demander de l'aide.
La Bretagne est en effet envahie par les troupes de Jules César (Fabrice Luchini, excellent) qui menacent particulièrement le village du Breton où se trouve la reine Cordelia (Catherine Deneuve, qui fait le boulot). Nos quatre héros devront mener à bien le transport d'un tonneau de potion magique à travers la Bretagne, tout en faisant face aux Normands recrutés par les Romains afin d'appuyer leur invasion.
J'aime :
* Le casting. Il fait beaucoup pour la réussite du film. Il y a la très bonne surprise Edouard Baer qui personnalise vraiment son Astérix, le rendant plus réfléchi, drôle mais aussi maladroit. Gérard Depardieu est, à ses côtés, toujours l'Obélix idéal. Fabrice Luchini compose lui aussi un Jules César emprunt de son propre jeu et c'est parfait. Ensuite, les seconds rôles sont particulièrement soignés et réussis, de Vincent Lacoste à Guillaume Gallienne en passant pas Valérie Lemercier qui joue la tutrice de la fiancée de Jolitorax.
* Le scénario. Il est relativement fidèle à la bande-dessinée dans les grandes lignes, intégrant avec finesse Goudurix et les Normands dans l'épisode chez les Bretons. Cependant, on ne comprend vraiment pas l'ajout d'une "reine" à l'histoire (sauf pour rajouter une "star" de plus au casting), d'autant plus qu'il aurait été plus logique de la faire vivre à Londinium (Londres) plutôt que dans un petit village, sauf si elle y a été exilée, mais je ne crois pas que ce soit mentionné.
* Les décors. Il y avait encore beaucoup de moyens et ils sont très bien exploités que ce soit dans les magnifiques environnements verdoyants de la Bretagne ou dans ce Londinium reconstitué avec ses anachronismes familiers de la bande-dessinée. Les effets spéciaux sont très bien aussi.
J'aime pas :
* Le rythme. Certes, Laurent Tirard ajoute de la finesse aux aventures de nos Gaulois, avec des dialogues souvent subtils et travaillés, mais c'est globalement beaucoup trop lent et le manque de gags vraiment drôles et visuels n'aide pas à nous sortir de la torpeur qui parfois nous prend.
* La musique. Cela n'a pas toujours son importance, mais l'atmosphère pop-rock insufflée dans le film n'est pas terrible et le concert final des BB Brunes n'arrange pas les choses.
Si "Au service de sa Majesté" est encore loin de rattraper la perfection de "Mission Cléopâtre", il s'en tire tout de même avec les honneurs. Plutôt que de rater ses gags et faire du lourd comme le premier et le troisième épisode, Laurent Tirard a choisi la voie de l'humour dans les dialogues et les situations cocasses. Cela donne à son film un certain charme, bien aidé par un superbe casting, mais ce n'est alors plus une vraie comédie d'action et d'aventures comme l'avait réussie Alain Chabat.
Ce nouvel épisode fait appel en réalité à deux aventures d'Astérix : l'excellent "Astérix chez les Bretons" et le moins trépidant "Astérix et les Normands". Le premier fait figure de ligne rouge puisque c'est bien en (Grande)-Bretagne que se rendent nos deux fameux compères (Edouard Baer, formidable, et Gérard Depardieu, toujours très bien en Obélix) en compagnie du jeune neveu d'Abraracourcix, Goudurix (Vincent Lacoste, qui joue très bien les têtes à claques parisiennes actuelles), qu'ils doivent former afin qu'il devienne un homme. Ils accompagnent le brave Jolitorax (Guillaume Gallienne, bien) venu leur demander de l'aide.
La Bretagne est en effet envahie par les troupes de Jules César (Fabrice Luchini, excellent) qui menacent particulièrement le village du Breton où se trouve la reine Cordelia (Catherine Deneuve, qui fait le boulot). Nos quatre héros devront mener à bien le transport d'un tonneau de potion magique à travers la Bretagne, tout en faisant face aux Normands recrutés par les Romains afin d'appuyer leur invasion.
J'aime :
* Le casting. Il fait beaucoup pour la réussite du film. Il y a la très bonne surprise Edouard Baer qui personnalise vraiment son Astérix, le rendant plus réfléchi, drôle mais aussi maladroit. Gérard Depardieu est, à ses côtés, toujours l'Obélix idéal. Fabrice Luchini compose lui aussi un Jules César emprunt de son propre jeu et c'est parfait. Ensuite, les seconds rôles sont particulièrement soignés et réussis, de Vincent Lacoste à Guillaume Gallienne en passant pas Valérie Lemercier qui joue la tutrice de la fiancée de Jolitorax.
* Le scénario. Il est relativement fidèle à la bande-dessinée dans les grandes lignes, intégrant avec finesse Goudurix et les Normands dans l'épisode chez les Bretons. Cependant, on ne comprend vraiment pas l'ajout d'une "reine" à l'histoire (sauf pour rajouter une "star" de plus au casting), d'autant plus qu'il aurait été plus logique de la faire vivre à Londinium (Londres) plutôt que dans un petit village, sauf si elle y a été exilée, mais je ne crois pas que ce soit mentionné.
* Les décors. Il y avait encore beaucoup de moyens et ils sont très bien exploités que ce soit dans les magnifiques environnements verdoyants de la Bretagne ou dans ce Londinium reconstitué avec ses anachronismes familiers de la bande-dessinée. Les effets spéciaux sont très bien aussi.
J'aime pas :
* Le rythme. Certes, Laurent Tirard ajoute de la finesse aux aventures de nos Gaulois, avec des dialogues souvent subtils et travaillés, mais c'est globalement beaucoup trop lent et le manque de gags vraiment drôles et visuels n'aide pas à nous sortir de la torpeur qui parfois nous prend.
* La musique. Cela n'a pas toujours son importance, mais l'atmosphère pop-rock insufflée dans le film n'est pas terrible et le concert final des BB Brunes n'arrange pas les choses.
Si "Au service de sa Majesté" est encore loin de rattraper la perfection de "Mission Cléopâtre", il s'en tire tout de même avec les honneurs. Plutôt que de rater ses gags et faire du lourd comme le premier et le troisième épisode, Laurent Tirard a choisi la voie de l'humour dans les dialogues et les situations cocasses. Cela donne à son film un certain charme, bien aidé par un superbe casting, mais ce n'est alors plus une vraie comédie d'action et d'aventures comme l'avait réussie Alain Chabat.
jeudi 8 novembre 2012
Skyfall (2012)
Devant tant d'éloges envers le dernier épisode de James Bond, mes attentes étaient quand même assez grandes et légitimes. Daniel Craig a prouvé qu'il incarnait très bien l'espion britannique tandis que la réalisation confiée à Sam Mendes était un gage de qualité. Mais malgré beaucoup de bonne choses, il y a de sérieux manques.
Après "Casino Royale" et "Quantum of Solace" qui se suivaient, nous retrouvons un 23e opus qui se la joue solo. On entre dans le vif du sujet avec James Bond (Daniel Craig donc, toujours distant mais profond), affublée de la jeune agent Eve (Naomie Harris, jeune et cool), lancés dans une course-poursuite à Istanbul avec un terroriste possédant une liste des agents de l'Otan infiltrés dans des organisations terroristes.
Mais les choses se finissent mal et Bond en réchappe de peu, laissant croire qu'il est mort. L'échec de cette mission provoque la chute de M (Judi Dench, toujours aussi bien), poussée vers la sortie par le responsable des services secrets, Gareth Mallory (Ralph Fiennes, très bien). Pendant que 007 est en vacances forcées et bien débauchées, M est visée avant sa sortie par un attentat perpétré par un ancien agent revanchard et super hacker, Tiago Rodiguez dit Silva (Javier Bardem, fou à souhait). James Bond décide de reprendre alors du service en allant traquer Silva qui se cache à Macao. Il y est mené notamment par la jeune et jolie Séverine (Bérénice Marlohe, qui fait le boulot)...
J'aime :
* La psychologie particulièrement intense qu'a instauré Sam Mendes dans les relations entre ses personnages. Le réalisateur va plus loin dans le rapport maternel qui existe entre M et James Bond, encore plus dans la dernière partie du film. Puis, une fois de plus, on voit un 007 en proie à divers démons (alcool, femmes) qui ne le quittent jamais vraiment, sans oublier une certaine vieillesse qui commence à se faire sentir.
* Les décors, toujours aussi impressionnants, qu'ils soient en plein air ou dans les souterrains de Londres. Puis on voyage, évidemment, et c'est toujours aussi beau, d'Istanbul à l'Ecosse en passant par Macao et Londres.
* Les effets spéciaux et autres cascades. La série des 007 a sans doute de la concurrence depuis un moment, mais on en a toujours pour nos mirettes ici aussi.
* Si la série a pas mal évolué depuis l'intronisation de Daniel Craig, plus moderne et réfléchie, la firme 007 n'oublie pas son glorieux passé avec moult références, souvent anecdotiques (l'Aston Martin, le nouveau Q, etc.), mais toujours savoureuses.
* Le générique, splendide. C'est l'une des marques de fabrique de James Bond, elle ne manque pas, sensuelle et envoûtante, tout comme la chanson qui l'accompagne, puissante et classique à la fois, interprétée par Adele.
J'aime pas :
* Le scénario et c'est mon principal reproche, qui a son importance évidemment.Visiblement, Sam Mendes a délaissé l'histoire en elle-même, très limpide, sans enjeux mondiaux complexes et autres personnages ambivalents, pour mettre l'accent sur les relations entre ces personnages justement, mais qui ne présentent alors plus aucune face cachée. Les séances de huis-clos sont même sans doute mieux réussies et crédibles que celles d'action, parfois un peu ampoulées, surtout dans la dernière partie qui rappelle vaguement "McGyver" et "The A-Team", c'est dire !
Ce scénario en queue de poisson est donc assez décevant par rapport à nos attentes, même s'il débouche tout de même sur de nouvelles perspectives pas inintéressantes (un nouveau Q, qu'on nous présente ici, mais aussi un nouveau M et une nouvelle Moneypenny). Cependant, Sam Mendes apporte une touche relativement personnelle et point déplaisante, donnant à son tour une nouvelle dimension aux personnages et à la série, plus profonde et réfléchie, qui a encore de beaux jours devant elle et c'est tant mieux.
Après "Casino Royale" et "Quantum of Solace" qui se suivaient, nous retrouvons un 23e opus qui se la joue solo. On entre dans le vif du sujet avec James Bond (Daniel Craig donc, toujours distant mais profond), affublée de la jeune agent Eve (Naomie Harris, jeune et cool), lancés dans une course-poursuite à Istanbul avec un terroriste possédant une liste des agents de l'Otan infiltrés dans des organisations terroristes.
Mais les choses se finissent mal et Bond en réchappe de peu, laissant croire qu'il est mort. L'échec de cette mission provoque la chute de M (Judi Dench, toujours aussi bien), poussée vers la sortie par le responsable des services secrets, Gareth Mallory (Ralph Fiennes, très bien). Pendant que 007 est en vacances forcées et bien débauchées, M est visée avant sa sortie par un attentat perpétré par un ancien agent revanchard et super hacker, Tiago Rodiguez dit Silva (Javier Bardem, fou à souhait). James Bond décide de reprendre alors du service en allant traquer Silva qui se cache à Macao. Il y est mené notamment par la jeune et jolie Séverine (Bérénice Marlohe, qui fait le boulot)...
J'aime :
* La psychologie particulièrement intense qu'a instauré Sam Mendes dans les relations entre ses personnages. Le réalisateur va plus loin dans le rapport maternel qui existe entre M et James Bond, encore plus dans la dernière partie du film. Puis, une fois de plus, on voit un 007 en proie à divers démons (alcool, femmes) qui ne le quittent jamais vraiment, sans oublier une certaine vieillesse qui commence à se faire sentir.
* Les décors, toujours aussi impressionnants, qu'ils soient en plein air ou dans les souterrains de Londres. Puis on voyage, évidemment, et c'est toujours aussi beau, d'Istanbul à l'Ecosse en passant par Macao et Londres.
* Les effets spéciaux et autres cascades. La série des 007 a sans doute de la concurrence depuis un moment, mais on en a toujours pour nos mirettes ici aussi.
* Si la série a pas mal évolué depuis l'intronisation de Daniel Craig, plus moderne et réfléchie, la firme 007 n'oublie pas son glorieux passé avec moult références, souvent anecdotiques (l'Aston Martin, le nouveau Q, etc.), mais toujours savoureuses.
* Le générique, splendide. C'est l'une des marques de fabrique de James Bond, elle ne manque pas, sensuelle et envoûtante, tout comme la chanson qui l'accompagne, puissante et classique à la fois, interprétée par Adele.
J'aime pas :
* Le scénario et c'est mon principal reproche, qui a son importance évidemment.Visiblement, Sam Mendes a délaissé l'histoire en elle-même, très limpide, sans enjeux mondiaux complexes et autres personnages ambivalents, pour mettre l'accent sur les relations entre ces personnages justement, mais qui ne présentent alors plus aucune face cachée. Les séances de huis-clos sont même sans doute mieux réussies et crédibles que celles d'action, parfois un peu ampoulées, surtout dans la dernière partie qui rappelle vaguement "McGyver" et "The A-Team", c'est dire !
Ce scénario en queue de poisson est donc assez décevant par rapport à nos attentes, même s'il débouche tout de même sur de nouvelles perspectives pas inintéressantes (un nouveau Q, qu'on nous présente ici, mais aussi un nouveau M et une nouvelle Moneypenny). Cependant, Sam Mendes apporte une touche relativement personnelle et point déplaisante, donnant à son tour une nouvelle dimension aux personnages et à la série, plus profonde et réfléchie, qui a encore de beaux jours devant elle et c'est tant mieux.
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