vendredi 26 novembre 2021

Bliss (2021)

C'est surtout pour son casting principal (Salma Hayek et Owen Wilson) que j'ai eu envie de voir ce film du jeune Mike Cahill sorti sur Amazon. Bien mal m'en a pris. 

L'histoire est celle de Greg Wittle (Owen Wilson donc, qui fait le job), récemment divorcé et qui passe son temps à dessiner au bureau. Lorsque son patron le convoque pour le renvoyer, Greg le tue accidentellement. Il se réfugie ensuite dans un bar en face de son bureau, où il rencontre une étrange femme, Isabel (Salma Hayek, perchée), qui le convainc qu'il ne fait pas partie du monde réel et l'invite à entrer dans son monde...

J'aime :

* Le casting. Owen Wilson colle bien avec ce personnage de doux rêveur qui subit les événements, cachant en lui, comme dans la vie réelle finalement, des maux profonds. Salma Hayek est un peu plus caricaturale en gitane mystique, mais le duo fonctionne plutôt bien.

J'aime pas :

* Le scénario. Mystifier autant le personnage principal que le spectateur jusqu'à ce qu'il comprenne au final de quoi il retournait est un procédé habile et apprécié, sauf qu'ici, on ne saisit rien ou presque de bout en bout. 

* Le rythme. Non seulement nous sommes perdus, mais en plus, le film met du temps à démarrer (démarre-t-il seulement vraiment ?) et nous ennuie bien vite. 

* Les décors. Une grande partie se déroule dans un Los Angeles froid et sans âme, à l'image du film.

Réalisateur d'oeuvres mêlant philosophie et science-fiction, Mike Cahill est allé très loin dans les méandres de son cerveau, mais il nous laisse ici au bord de la route, incapables de prendre le même itinéraire que lui. Dommage.

lundi 15 novembre 2021

Coming 2 America (2021)

Puisqu'il faut toujours que les films cultes aient un remake ou une suite à un moment donné, Eddie Murphy a remis plus de 30 ans après son costume de "Prince à New York". Le peu connu Craig Brewer succède à John Landis derrière la caméra et c'est encore pire que le premier épisode.

L'histoire est toujours celle du prince Akeem (Eddie Murphy, plus en forme dans ses autres rôles du film) qui a deux problèmes majeurs à régler. Le premier, c'est une guerre à éviter avec le pays voisin dirigé par l'infâme général Izzi (Wesley Snipes, grotesque), qui lui en veut de ne pas avoir épouser sa soeur trente ans plus tôt (Akeem avait préféré chercher l'amour à New York, sujet du premier film). Le second, c'est que son père est sur le point de mourir, qu'il va lui succéder sur le trône mais qu'il n'a lui-même que des filles, or, il lui faut un héritier mâle. Heureusement, un fils illégitime est découvert à New York. C'est donc reparti pour un tour...

J'aime :

* Le casting. C'est en général principalement pour cela qu'on regarde ces suites ratées réalisées des années après. Et ils sont tous là ou presque, d'Eddie Murphy à Arsenio Hall, en passant par Shari Headley, James Earl Jones ou encore John Amos. Et avec en plus ici Leslie Jones et Wesley Snipes. Sans doute beaucoup trop de monde.

J'aime :

* Le scénario. Le royaume de Zamunda est cette fois bien plus mis en avant que dans le premier épisode, avec des allers-retours à New York qui rendent l'affaire bien alambiquée et au final bien ennuyeuse. 

* Les décors. Pour Zamunda, ils sont plus élaborés qu'il y a trente ans, mais ils restent assez moches, se servant toujours des mêmes clichés sur l'Afrique. 

* L'humour. Il est complètement réchauffé, les personnages paraissant encore plus caricaturaux, notamment Wesley Snipes qui en fait des caisses. 

On pressent souvent le pire de ces suites de comédies à succès, surtout aussi longtemps après. Et on a ici le parfait exemple avec un Eddie Murphy fatigué (son dernier film réussi remonte à une éternité) qui ramène sa certes joyeuse bande mais pour un show lourd et sans intérêt. Heureusement qu'il n'a pas pu sortir en salles.

mercredi 10 novembre 2021

Coming to America (1988)

C'est sur le tard que j'ai vu ce film culte aux Etats-Unis, mais aussi notamment au Brésil, alors que chez nous pas tellement j'ai l'impression vu le peu de rediffusions. Eddie Murphy était au sommet de sa gloire, comme souvent avec John Landis derrière la caméra, mais il ne m'a pas tellement convaincu.

L'histoire est celle d'Akeem (Eddie Murphy, plus sobre que d'habitude), prince du pays fictif africain de Zamunda. Alors que ses royal parents ont déjà organisé son mariage, le jeune homme refuse, préférant trouver le véritable amour. Pour cela, il se rend à New York où il se fait passer pour un homme modeste, espérant ainsi rencontrer une personne qui ne veuille pas de lui juste pour son argent...

J'aime :

 * Le casting. Ce n'est clairement pas avec le rôle d'Akeem qu'Eddie Murphy s'éclate mais plutôt avec les autres, mineurs, qu'il interprète grimé (ce qu'il fera dans d'autres films par la suite). A ses côtés, Arsenio Hall (qui joue Semmi, son assistant) est heureusement bien plus drôle et l'imite en se déguisant en plusieurs personnages. Si Shari Headley, dans le rôle de Lisa, convoitée par Akeem, est loin d'être inoubliable (et ne fera d'ailleurs rien de très notable par la suite), le reste de la troupe est solide avec notamment James Earl Jones, John Amos, Eriq La Salle ou encore Samuel L. Jackson.

* L'humour. Si la romance est prévisible, on va y revenir, la comédie est plutôt plaisante avec un comique de situation sur ce "prince à New York" qui ne connaît pas du tout les moeurs locales et puis donc grâce aux facéties de Semmi.

J'aime pas :

* Le scénario. Si le film a été un grand succès populaire, il a été démonté par la critique qui jugeait Eddie Murphy fade, le préférant dans ses rôles plus énergétiques, et que l'histoire d'amour d'Akeem et Lisa était totalement téléphonée, sans originalité. Eh bien je suis entièrement d'accord.

C'est donc largement plus aux situations comiques de "Coming to America" que l'on s'accroche plutôt qu'à son histoire à l'eau de rose courue d'avance. Mais la suite sera encore pire...

vendredi 29 octobre 2021

Notting Hill (1999)

C'est toujours un plaisir que de revoir ce grand classique de la comédie romantique britannique, signé Roger Michell (mais surtout du scénariste Richard Curtis).

L'histoire se déroule, comme le titre du film l'indique, dans le cossu quartier londonien de Notting Hill où William Thacker (Hugh Grant, plus Hugh Grant que jamais) tient une petite librairie. Un jour débarque à l'improviste Anna Scott (Julia Roberts, plus Julia Roberts que jamais), star de Hollywood. Le courant passe rapidement et à la suite d'un concours de maladresse, une idylle improbable et mouvementée va alors naître entre les deux...

J'aime :

* Le scénario. On retrouve donc la patte toute britannique de Richard Curtis, qui confirmait son talent après notamment "Four weddings and a funeral", où Hugh Grand s'amourachait déjà d'une Américaine, et avant "Bridget Jones" et "Love Actually". C'est à la fois drôle et charmant, avec des personnages attachants et une romance jamais mielleuse. 

* Le casting. Le duo Roberts-Grant fonctionne à merveille, elle si américaine, belle et imposante, lui si britannique, mignon et gauche, chacun dans un registre dans lequel ils excellent. Et on n'oublie pas de très bons seconds rôles dont l'hilarant Rhys Ifans en tête, dans le rôle du colocataire embarrassant de William.

* L'humour. Le flegme britannique et le pragmatisme américain se percutent à merveille ici, tout comme évidemment la rencontre entre deux mondes totalement opposés (la vedette de cinéma et le modeste libraire) avec de nombreuses scènes comiques et touchantes. 

* Les décors. Le film a sans nul doute contribué à faire exploser le tourisme (et les loyers !) dans ce quartier si authentique de Londres.  

J'aime pas :

* Il y a quand même quelques longueurs dans ces allers-retours incessants d'Anna et William, surtout vers la fin, faisant perdre le rythme du film.

"Notting Hill" fait partie de ces grandes comédies romantiques des années 1990 qui n'a pas pris une ride grâce au talent de son écriture et de ses comédiens parfaitement taillés pour leur rôle. On se dit qu'ils n'ont pas vraiment été remplacés depuis.

lundi 25 octobre 2021

Blow Out (1982)

J'ai découvert ce film de Brian De Palma par hasard lors d'un passage télévisé. Et quelle bonne surprise ! 

L'histoire se déroule à Philadelphie où Jack (John Travolta, très bien) travaille comme ingénieur du son pour des films de série Z. Alors qu'il va de nuit près d'une rivière enregistrer de nouveaux sons pour sa collection, il assiste à un accident de voiture, le véhicule finissant au fond de l'eau. Le jeune homme se jette alors pour sauver ses occupants et ne peut en retirer qu'une jeune femme, Sally (Nancy Allen, pas mal). Cette dernière, prostituée, accompagnait le gouverneur de l'Etat et candidat à la présidentielle, qui décède dans l'accident. Mais en réécoutant son enregistrement, Jack se rend compte que quelqu'un a tiré sur le pneu de la voiture avant qu'elle ne tombe dans la rivière...

J'aime :

* Le scénario. Le point de départ de l'histoire, inspiré par le "Blow Up" de Michelangelo Antonioni (avec du son au lieu d'une photo), est follement original et suit une croisade de longue haleine pour que les deux personnages principaux fassent enfin éclater la vérité. Le tout conclu par un dénouement des plus inattendus, sur fond de feux d'artifice, en ligne finalement avec l'esprit que Brian De Palma a voulu insuffler à son film.

* Le casting. Un rôle différent pour le John Travolta des jeunes années, mais qui tient la route et forme un bon duo avec Nancy Allen. John Lithgow est déjà un méchant épatant. 

* L'environnement. Toujours un plaisir de changer des grandes villes américaines habituelles, ici Philadelphie. 

* L'ambiance. Outre "Blow Up", il y a du Hitchcock dans "Blow Out", mais aussi et surtout un autre hommage aux films "complotistes" des années 1970, et c'est particulièrement efficace.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers à faire.

"Blow Out" n'aura pas fonctionné commercialement (mais heureusement De Palma enchaînera avec "Scarface" dans la foulée), ce qui est bien dommage, car il a beaucoup de mérites, que la critique, au moins, continuer de saluer encore aujourd'hui.

jeudi 23 septembre 2021

The Lost City of Z (2017)

J'aime beaucoup James Gray dont mon film préféré reste "Two Lovers", dont j'avais parlé ici même (pas encore des autres que j'ai vus et pas vus, mais cela viendra bien un jour). J'avais, à mon grand regret, raté son avant-dernier film en date, "The Lost City of Z" donc, mais j'ai réussi à finalement capté une diffusion télévisuelle et il a su me plaire aussi. 

L'histoire est vraie et c'est celle de l'explorateur britannique Perry Fawcett (Charlie Hunnan, pas mal). Au début du 20e siècle, ce militaire reconnu a été envoyé dans la forêt amazonienne, entre le Brésil et la Bolivie, afin de cartographier la région. Il en revient persuadé qu'une ancienne civilisation y a vécu, un mystère qui le hantera toute sa vie...

J'aime :

* Le scénario. Après ses histoires new-yorkaises assez noires, James Gray a effectué une transition vers les grandes fresques historiques avec "The Immigrant", toujours à New York, puis ce "Lost City of Z". Cela n'a plus rien à voir avec la Grosse Pomme, mais cela reste passionnant. Histoire vraie, exploration, aventures... tout ce que j'aime ! 

* Les décors. Que ce soit au coeur de la jungle amazonienne, dans les salons londoniens ou encore les tranchées de la Première Guerre mondiale, ils sont à la fois majestueux et raffinés. Une très riche reconstitution.

* La photographie. Signée du très expérimenté Darius Khondji, elle donne une facture très classique au film, mais très jolie aussi. 

* Le casting. Charlie Hunnan n'était pas le premier choix dans le rôle principal et on le sent un peu coincé, même s'il n'est pas mauvais pour autant, juste sans grande saveur. Mais il est entouré d'excellents seconds rôles, tels Sienna Miller, Robert Pattinson ou encore Angus Macfadyen.

J'aime pas :

 * C'est peut-être un peu long (2h20), mais difficile de condenser plus une telle épopée, qui prend son temps et qui reste fascinante. Et puis il y a donc ce premier rôle un peu fade.

Je n'ai donc pas été tellement déçu de "The Lost City of Z", confirmant toujours plus James Gray comme un cinéaste qui compte aux Etats-Unis. Et c'est un film qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans l'histoire de Perry Fawcett.

mercredi 8 septembre 2021

Borat Subsequent Moviefilm (2020)

Le premier "Borat" est la seule facétie de Sasha Baron Cohen que j'ai vue jusqu'à présent et elle m'avait bien plu. J'étais ainsi très curieux de voir la suite, sortie 14 ans plus tard et signée Jason Woliner. Hélas...

L'histoire est compliquée à expliquer car complètement barrée une fois de plus. Mais, pour résumer, notre cher Borat (Sasha Baron Cohen, lourdingue) est de retour aux Etats-Unis, cette fois accompagné de sa fille, Tutar (Maria Bakalova, très bien). Son objectif est de rencontrer le vice-président américain Mike Pence. La quête est évidemment semée d'embûches...

J'aime :

* Le malaise. Particulièrement quand il est créé par Borat et/ou sa fille dans des situations qui paraissent bien réelles. Et on peut tirer notre chapeau à Sasha Baron Cohen pour être parvenu à "piéger" Rudy Giuliani.

* Le casting. Le hic principal est que le personnage de Borat étant désormais immensément connu, il n'existe finalement plus vraiment dans cet épisode, Sasha Baron Cohen étant obligé de se déguiser en autre chose et de laisser sa "fille" mener le bal. Mais heureusement, cette dernière est une sacrée trouvaille et crève l'écran, justement récompensée d'ailleurs.

J'aime pas :

* Le scénario. Ce deuxième épisode est justement bien trop scénarisé comparé au premier et c'est loin d'être passionnant. Il y a ici, j'ai l'impression, bien plus de séquences de comédie (souvent lourdes et pas drôles) et moins avec des personnes réelles, qui plus est bien réchauffées. 

* Le rythme. Le film est en plus plutôt lent et par moments franchement ennuyeux.

La suite de "Borat" est donc bien décevante, ne captant plus - assez logiquement vu le succès du premier - l'authenticité et la fraîcheur du premier. Heureusement qu'il n'a eu le droit qu'à une sortie sur Amazon Prime.