Et enfin, Leonardo DiCaprio reçut l'Oscar qu'il attendait tant... Et il ne l'a pas volé après cette performance de haute volée dans le rôle du trappeur Hugh Glass, mise en scène par Alejandro Iñarritu, lui aussi récompensé.
L'histoire est inspirée par celle, mi-véridique, mi-légendaire de Hugh Glass, qui eut lieu au début du 19e siècle. Dans la version remaniée du réalisateur mexicain, le trappeur (Leonardo DiCaprio, excellent), qui guide l'expédition d'Andrew Henry (Domhnall Gleeson, bien) jusqu'à Fort Kiowa après avoir réchappé non sans de nombreuses pertes à une attaque d'Arikaras, est grièvement blessé après avoir été surpris par un grizzli. Alors que l'hiver est de plus en plus rude et qu'ils sont pourchassés par les autochtones, Andrew Henry et ses hommes décident de poursuivre sans Hugh Glass, qui les ralentit considérablement car transporté sur une civière. Le leader de l'expédition paie alors deux hommes, John Fitzgerald (Tom Hardy, très bien) et Jim Bridger, pour veiller sur le trappeur blessé en attendant leur retour. Ils sont accompagnés par le fils métis de Hugh Glass, Hawk. Après avoir tué ce dernier, John Fitzgerald, qui ne veut plus attendre, convainc son autre compagnon de quitter les lieux en laissant un Hugh Glass agonisant derrière eux. Celui-ci va réussir à s'en tirer et se met alors à la poursuite de l'assassin de son fils...
J'aime :
* Le scénario. Alors certes il est plus sanglant que l'histoire originale (qui aurait aussi été romancée, mais qui, entre autres, ne se déroulait pas en hiver, ne comportait pas d'enfant pour Hugh Glass ni ce dénouement vis-à-vis de John Fitzgerald), mais il est haletant, le pauvre trappeur devant affronter tous les éléments (climatiques comme humains). Surtout, il se déroule dans un contexte, passionnant, peu abordé par le cinéma jusqu'alors (commerce des peaux, échanges commerciaux avec les autochtones...).
* Les décors. Alejandro Iñarritu a fait le choix d'une fresque survivaliste et donc de tourner tout cela dans les conditions les plus réalistes possibles sur le terrain. Si l'hiver n'est sans doute pas la meilleure saison pour magnifier ces paysages, ils reproduisent pleinement la puissance de la nature nord-américaine.
* La photographie. Pas de lumière artificielle non plus, donc tout a été filmé en lumière naturelle. Cela a particulièrement rallongé le temps de tournage, mais les images sont magnifiques, entre clair et obscur.
* Le casting. Je ne suis pas particulièrement fan de Leonardo DiCaprio (l'acteur), mais il faut reconnaître qu'il offre ici une performance de très haut niveau, intensément physique, dans un rôle quasi mutique et c'est souvent le plus difficile. Mention spéciale donc pour lui, Oscar mérité, et le reste de la troupe est très bien aussi.
J'aime pas :
* Le risque de ces grandes fresques héroïques, ce sont les longueurs et on ne peut cacher qu'il y en a. Certains ont critiqué la fameuse ourse virtuelle se battant avec Leonardo DiCaprio, ce n'était pas si flagrant que cela pour moi.
Si encore une fois, outre John Fitzgerald, les Français sont, à tort selon les historiens, présentés comme les vilains de l'histoire, "The Revenant" entre assurément dans le lot des très bons films sur l'histoire de l'ouest américain. Sur un scénario qui ne lui était pas destiné à l'origine, Alejandro Iñarritu a façonné une oeuvre brute et sauvage, avec beaucoup d'authenticité. Leonardo DiCaprio, lui, s'est surpassé. Chapeau (ou plutôt toque de trappeur !).
dimanche 18 juin 2017
vendredi 28 avril 2017
Dog eat dog (2016)
Si Paul Schrader est l'un des grands noms du cinéma américain des années 1970 et 1980, il est quelque peu sur le déclin ces dernières années, à l'image de cette adaptation d'un polar d'Edward Bunker.
Troy (Nicolas Cage, très bien), Mad Dog (Willem Defoe, excellent) et Diesel (Christopher Matthew Cook, bien) sont trois ex-taulards qui se sont rencontrés en prison. S'ils sont déterminés à ne pas y retourner, l'appât du gain les fait replonger dans un mauvais coup. Un gangster mexicain leur propose de kidnapper le bébé d'un mafieux qui lui doit de l'argent. Mais les événements tournent mal...
J'aime :
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
lundi 17 avril 2017
The Magic Christian (1969)
Pourtant adapté du livre d'un auteur américain talentueux, Terry Southern, ce film de Joseph McGrath vire à la farce absurde réunissant un casting néanmoins prestigieux, mais en roue libre.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
mardi 28 mars 2017
Ouvert la nuit (2017)
C'est le premier film d'Edouard Baer qu'il m'est donné d'assister et j'ai plutôt été séduit.
Le fantasque comédien ne s'attribue pas vraiment un rôle de composition avec ce personnage de Luigi (qu'il joue forcément parfaitement !), directeur de théâtre, qui s'apprête à vivre une veille de première rocambolesque. En effet, les dernières répétitions sont compliquées, ses employés menacent de faire grève et le comédien qui devait interpréter un singe se blesse. Le voilà alors parti à travers Paris, en compagnie d'une stagiaire de Sciences Po (Sabrina Ouazani, bien), afin de trouver un (vrai) singe de substitution et des fonds pour rémunérer ses salariés qui n'ont rien touché depuis deux mois...
J'aime :
* Le casting. On regarde les films d'Edouard Baer moins pour ses scénarios déjantés que pour sa galerie de personnages folkloriques. Je n'ai pas vu ses deux premiers films, néanmoins celui-ci est sans doute le plus "scénarisé". Ce qui n'empêche pas de voir des acteurs connus sympas, Edouard Baer en tête, certes dans un rôle où il est donc lui-même ou presque, charmeur, instruit, beau parleur, bavard et surtout constamment dans son monde à lui. S'il pourrait prendre toute la place, Sabrina Ouazani et Audrey Tautou, qui joue sa meilleure amie et collègue, parviennent à occuper le terrain pour tenter de le ramener sur Terre et justement en touchant aussi du doigt parfois les défauts de son personnage - c'est tout à l'honneur d'Edouard Baer d'avoir conscience de ses manies. Le reste des seconds rôles, essentiellement masculins, sont particulièrement loufoques et réussis, dont le singe !
* Le scénario. Sur une base relativement simple, la quête d'un singe et d'argent, il y a évidemment avec Edouard Baer un rebondissement à chaque rencontre. A l'image d'un "After Hours", la nuit s'avère bien plus agitée que prévu et le héros doit faire face à de multiples contretemps burlesques.
* L'environnement. La course contre la montre se déroule à Paris et Edouard Baer a la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés, nous promenant d'une drôle de maisonnée à Montreuil aux toits de la capitale en passant par les bords de Seine et surtout des troquets bien parigots.
J'aime pas :
* Rien de spécial à signaler si ce n'est que Sabrina Ouazani fait tout de même trop âgée pour son rôle d'étudiante, déjà maman qui plus est.
Edouard Baer, on aime ou on déteste. Si j'étais dans la seconde catégorie à l'époque de ses passages télé, à "Nulle Part Ailleurs" notamment, j'ai appris petit à petit à me faire à son personnage d'infatigable trublion et donc à l'apprécier. D'où mon goût pour son film, qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais une comédie fort sympathique.
Le fantasque comédien ne s'attribue pas vraiment un rôle de composition avec ce personnage de Luigi (qu'il joue forcément parfaitement !), directeur de théâtre, qui s'apprête à vivre une veille de première rocambolesque. En effet, les dernières répétitions sont compliquées, ses employés menacent de faire grève et le comédien qui devait interpréter un singe se blesse. Le voilà alors parti à travers Paris, en compagnie d'une stagiaire de Sciences Po (Sabrina Ouazani, bien), afin de trouver un (vrai) singe de substitution et des fonds pour rémunérer ses salariés qui n'ont rien touché depuis deux mois...
J'aime :
* Le casting. On regarde les films d'Edouard Baer moins pour ses scénarios déjantés que pour sa galerie de personnages folkloriques. Je n'ai pas vu ses deux premiers films, néanmoins celui-ci est sans doute le plus "scénarisé". Ce qui n'empêche pas de voir des acteurs connus sympas, Edouard Baer en tête, certes dans un rôle où il est donc lui-même ou presque, charmeur, instruit, beau parleur, bavard et surtout constamment dans son monde à lui. S'il pourrait prendre toute la place, Sabrina Ouazani et Audrey Tautou, qui joue sa meilleure amie et collègue, parviennent à occuper le terrain pour tenter de le ramener sur Terre et justement en touchant aussi du doigt parfois les défauts de son personnage - c'est tout à l'honneur d'Edouard Baer d'avoir conscience de ses manies. Le reste des seconds rôles, essentiellement masculins, sont particulièrement loufoques et réussis, dont le singe !
* Le scénario. Sur une base relativement simple, la quête d'un singe et d'argent, il y a évidemment avec Edouard Baer un rebondissement à chaque rencontre. A l'image d'un "After Hours", la nuit s'avère bien plus agitée que prévu et le héros doit faire face à de multiples contretemps burlesques.
* L'environnement. La course contre la montre se déroule à Paris et Edouard Baer a la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés, nous promenant d'une drôle de maisonnée à Montreuil aux toits de la capitale en passant par les bords de Seine et surtout des troquets bien parigots.
J'aime pas :
* Rien de spécial à signaler si ce n'est que Sabrina Ouazani fait tout de même trop âgée pour son rôle d'étudiante, déjà maman qui plus est.
Edouard Baer, on aime ou on déteste. Si j'étais dans la seconde catégorie à l'époque de ses passages télé, à "Nulle Part Ailleurs" notamment, j'ai appris petit à petit à me faire à son personnage d'infatigable trublion et donc à l'apprécier. D'où mon goût pour son film, qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais une comédie fort sympathique.
mercredi 22 mars 2017
Silence (2017)
L'histoire du Japon est extrêmement intéressante et j'étais ravi de voir Martin Scorsese réaliser enfin son rêve d'adapter le roman japonais "Silence". Le résultat est à la hauteur des espérances, mais...
Le film nous plonge dans le 17e siècle japonais où les autorités du pays n'acceptent plus l'évangélisation entreprise par les jésuites, notamment portugais. Ces derniers ainsi que leurs fidèles sont forcés de renier leur religion sous peine d'être torturés et tués. Parmi eux, le père Cristovão Ferreira (Liam Neeson, très bien) dont les rumeurs disent qu'il aurait fini par commettre l'apostasie avant de se convertir au bouddhisme et épouser une Japonaise. Deux de ses anciens disciples, Sebastião Rodrigues (Andrew Garfield, pas mal) et Francisco Garupe (Adam Driver, bien), décident d'en avoir le coeur net et embarquent depuis Macao pour le Japon en pleine inquisition...
J'aime :
* Le scénario. J'aime assez les fresques historiques et celle-ci est marquée par l'originalité de son sujet (même si le roman a déjà été adapté auparavant, mais par un cinéaste japonais). On est happé dans cette quête du père Ferreira, qui s'annonce hautement périlleuse dans un territoire écrasé par l'inquisition.
* La problématique. En vérité, elles sont multiples et poussent constamment à la réflexion. Doit-on condamner l'intolérance des autorités japonaises envers le christianisme et se ranger derrière les missionnaires jésuites et leurs fidèles persécutés à mort ? Peut-on être compréhensif avec le point de vue de ces autorités qui voient leur religion remise en cause par ces prosélytes de Dieu ? Les victimes devraient-elles plutôt renoncer à leur chrétienté ou accepter la mort ? Toutes ces questions sont posées et il est intéressant de voir autant de simples villageois que les missionnaires eux-mêmes y être confrontés. Et ces derniers sont loin d'être les plus courageux...
* Les décors. Si le film a été tourné à Taïwan, les paysages restent tout à fait ressemblants avec ceux du Japon et sont simples et magnifiques, aussi sauvages que naturels.
J'aime pas :
* Le casting. Il est toujours déplaisant de voir des acteurs d'une certaine nationalité jouer le rôle d'une autre. Si Liam Neeson fait la blague, Adam Driver et Andrew Garfield encore moins avec sa tête de jeune Américain n'ont pas du tout une allure de prêtres portugais. Vraiment dommage que Benicio del Toro et Gael Garcia Bernal, choisis à l'origine, n'aient pas pu être présents. Les acteurs japonais, en revanche, sont excellents.
* La longueur. Si le début du film est (très) rapide, le rythme ralentit peu à peu jusqu'à devenir insoutenablement lent dans la dernière heure. Certes, le père Rodrigues est tiraillé de doutes sur sa foi et sur la décision qu'il devrait prendre, mais sa séquence d'emprisonnement est bien longuette.
Martin Scorsese a un rapport intime et peut-être même sceptique vis-à-vis de la foi et cela se voit une fois de plus avec "Silence". Son film est aussi fascinant que l'histoire qu'elle raconte, mais il manque d'authenticité du côté du casting et se perd un peu à la fin.
Le film nous plonge dans le 17e siècle japonais où les autorités du pays n'acceptent plus l'évangélisation entreprise par les jésuites, notamment portugais. Ces derniers ainsi que leurs fidèles sont forcés de renier leur religion sous peine d'être torturés et tués. Parmi eux, le père Cristovão Ferreira (Liam Neeson, très bien) dont les rumeurs disent qu'il aurait fini par commettre l'apostasie avant de se convertir au bouddhisme et épouser une Japonaise. Deux de ses anciens disciples, Sebastião Rodrigues (Andrew Garfield, pas mal) et Francisco Garupe (Adam Driver, bien), décident d'en avoir le coeur net et embarquent depuis Macao pour le Japon en pleine inquisition...
J'aime :
* Le scénario. J'aime assez les fresques historiques et celle-ci est marquée par l'originalité de son sujet (même si le roman a déjà été adapté auparavant, mais par un cinéaste japonais). On est happé dans cette quête du père Ferreira, qui s'annonce hautement périlleuse dans un territoire écrasé par l'inquisition.
* La problématique. En vérité, elles sont multiples et poussent constamment à la réflexion. Doit-on condamner l'intolérance des autorités japonaises envers le christianisme et se ranger derrière les missionnaires jésuites et leurs fidèles persécutés à mort ? Peut-on être compréhensif avec le point de vue de ces autorités qui voient leur religion remise en cause par ces prosélytes de Dieu ? Les victimes devraient-elles plutôt renoncer à leur chrétienté ou accepter la mort ? Toutes ces questions sont posées et il est intéressant de voir autant de simples villageois que les missionnaires eux-mêmes y être confrontés. Et ces derniers sont loin d'être les plus courageux...
* Les décors. Si le film a été tourné à Taïwan, les paysages restent tout à fait ressemblants avec ceux du Japon et sont simples et magnifiques, aussi sauvages que naturels.
J'aime pas :
* Le casting. Il est toujours déplaisant de voir des acteurs d'une certaine nationalité jouer le rôle d'une autre. Si Liam Neeson fait la blague, Adam Driver et Andrew Garfield encore moins avec sa tête de jeune Américain n'ont pas du tout une allure de prêtres portugais. Vraiment dommage que Benicio del Toro et Gael Garcia Bernal, choisis à l'origine, n'aient pas pu être présents. Les acteurs japonais, en revanche, sont excellents.
* La longueur. Si le début du film est (très) rapide, le rythme ralentit peu à peu jusqu'à devenir insoutenablement lent dans la dernière heure. Certes, le père Rodrigues est tiraillé de doutes sur sa foi et sur la décision qu'il devrait prendre, mais sa séquence d'emprisonnement est bien longuette.
Martin Scorsese a un rapport intime et peut-être même sceptique vis-à-vis de la foi et cela se voit une fois de plus avec "Silence". Son film est aussi fascinant que l'histoire qu'elle raconte, mais il manque d'authenticité du côté du casting et se perd un peu à la fin.
lundi 27 février 2017
Girlfriend's Day (2017)
L'excellent Bob Odenkirk au casting et au scénario suffit-il pour faire un excellent film ? Non, malheureusement avec cette oeuvre sortie directement sur Netflix.
"Girlfriend's Day", c'est une sorte de Saint-Valentin bis créée par le maire d'une ville américaine. A cette occasion, il lance un grand concours de carte de voeux. Celle avec la plus belle formule recevra un prix. C'est dans une ambiance surréaliste que Ray (Bob Odenkirk, bien), ancien rédacteur à succès qui vient justement d'être viré de son entreprise spécialisée dans les cartes de voeux, va se lancer dans la partie...
J'aime :
* Le casting. Le toujours excellent Bob Odenkirk dirige un casting de bonne facture, avec quelques autres acteurs de séries, dont Amber Tamblyn et Rich Sommer. Mais sa palette ne s'éloigne pas tellement de son personnage de "Better Call Saul", même s'il est ici un peu plus désespéré.
J'aime pas :
* Le scénario. L'écriture professionnelle de messages de cartes de voeux, on a déjà vu ça dans "Her" et l'histoire se perd dans des méandres noirs, se complexifiant sans raison jusqu'à nous perdre et surtout bien nous ennuyer. L'absurdité ne sauve pas tout.
* Les décors. La ville du film est censée être fictive, mais on reconnaît Los Angeles et ses bas-fonds impersonnels. Déprimant.
Comédie ironique et quelque peu expérimentale, jamais vraiment drôle, "Girlfriend's Day" ne nous a emballé à aucun moment et on n'a jamais réussi à rentrer dedans. Malgré Bob Odenkirk, c'est l'ennui qui l'a emporté. Peut-être que Saul Goodman arriverait à la défendre ?
"Girlfriend's Day", c'est une sorte de Saint-Valentin bis créée par le maire d'une ville américaine. A cette occasion, il lance un grand concours de carte de voeux. Celle avec la plus belle formule recevra un prix. C'est dans une ambiance surréaliste que Ray (Bob Odenkirk, bien), ancien rédacteur à succès qui vient justement d'être viré de son entreprise spécialisée dans les cartes de voeux, va se lancer dans la partie...
J'aime :
* Le casting. Le toujours excellent Bob Odenkirk dirige un casting de bonne facture, avec quelques autres acteurs de séries, dont Amber Tamblyn et Rich Sommer. Mais sa palette ne s'éloigne pas tellement de son personnage de "Better Call Saul", même s'il est ici un peu plus désespéré.
J'aime pas :
* Le scénario. L'écriture professionnelle de messages de cartes de voeux, on a déjà vu ça dans "Her" et l'histoire se perd dans des méandres noirs, se complexifiant sans raison jusqu'à nous perdre et surtout bien nous ennuyer. L'absurdité ne sauve pas tout.
* Les décors. La ville du film est censée être fictive, mais on reconnaît Los Angeles et ses bas-fonds impersonnels. Déprimant.
Comédie ironique et quelque peu expérimentale, jamais vraiment drôle, "Girlfriend's Day" ne nous a emballé à aucun moment et on n'a jamais réussi à rentrer dedans. Malgré Bob Odenkirk, c'est l'ennui qui l'a emporté. Peut-être que Saul Goodman arriverait à la défendre ?
jeudi 16 février 2017
The Beatles : Eight Days a Week - The Touring Years (2016)
Je n'allais pas bouder ce nouveau documentaire sur les Beatles signé Ron Howard. En tant que fan pur et dur, il ne m'apporte pas grand-chose, mais il est toujours bon à prendre pour les néophytes.
Même s'il digresse un peu par moments, le documentaire s'attache à mettre en lumière les années de tournées des Beatles, soit entre 1962 et 1966 (en évoquant tout de même la période Hambourg précédente). On suit donc, à travers des témoignages (dont ceux actuels de Paul McCartney et Ringo Starr) et diverses images de nombreuses sources, toute la folie autour de leurs concerts à travers le monde qui a conduit le quatuor à y mettre fin, par épuisement et écœurement, la technique de l'époque ne permettant décemment pas de mettre leur musique en valeur.
J'aime :
* Le sujet. Il n'était pas inutile de s'intéresser particulièrement aux tournées des Beatles, car c'est un aspect fondamental de leur carrière. Comme tout groupe, c'est la scène qui les a forgés et ils ont été des pionniers dans bien des aspects (concerts dans les stades, etc.).
* La bande originale. Quoi de mieux que les Beatles ?
* Les images. La plupart des séquences sont connues, mais il y en a quand même des inédites ou des points de vue différents.
* Les intervenants. Paul McCartney et Ringo Starr sont bien évidemment là, John Lennon et George Harrison aussi via d'anciennes interviews, des célébrités qui ont assisté à la Beatlemania (Sigourney Weaver, Whoopi Goldberg, Elvis Costello...) et autres experts, mais le plus intéressant pour moi est Larry Kane, journaliste radio américain ayant suivi la première grande tournée des Beatles à travers les Etats-Unis, ou encore le réalisateur Richard Lester.
J'aime pas :
* Le documentaire visant visiblement le grand public, le puriste que je suis ne découvrira rien de bien nouveau. De plus, le sujet est finalement bien plus riche qu'il n'en a l'air et le film s'avère assez superficiel, survolant quelques épisodes (il est vrai abordés plus en profondeur dans "Anthology") et surtout abusant de séquences très courtes en termes d'images. Tous les extraits sont trop rapides, donnant cette impression d'aller à toute allure.
On ne sent pas vraiment une patte Ron Howard dans "Eight Days a Week" si ce n'est un résultat policé et grand public, facile à suivre. On pourra donc lui reprocher son côté zapping, star system (pas de témoin "anonyme") et un peu vain pour évoquer un sujet passionnant.
Même s'il digresse un peu par moments, le documentaire s'attache à mettre en lumière les années de tournées des Beatles, soit entre 1962 et 1966 (en évoquant tout de même la période Hambourg précédente). On suit donc, à travers des témoignages (dont ceux actuels de Paul McCartney et Ringo Starr) et diverses images de nombreuses sources, toute la folie autour de leurs concerts à travers le monde qui a conduit le quatuor à y mettre fin, par épuisement et écœurement, la technique de l'époque ne permettant décemment pas de mettre leur musique en valeur.
J'aime :
* Le sujet. Il n'était pas inutile de s'intéresser particulièrement aux tournées des Beatles, car c'est un aspect fondamental de leur carrière. Comme tout groupe, c'est la scène qui les a forgés et ils ont été des pionniers dans bien des aspects (concerts dans les stades, etc.).
* La bande originale. Quoi de mieux que les Beatles ?
* Les images. La plupart des séquences sont connues, mais il y en a quand même des inédites ou des points de vue différents.
* Les intervenants. Paul McCartney et Ringo Starr sont bien évidemment là, John Lennon et George Harrison aussi via d'anciennes interviews, des célébrités qui ont assisté à la Beatlemania (Sigourney Weaver, Whoopi Goldberg, Elvis Costello...) et autres experts, mais le plus intéressant pour moi est Larry Kane, journaliste radio américain ayant suivi la première grande tournée des Beatles à travers les Etats-Unis, ou encore le réalisateur Richard Lester.
J'aime pas :
* Le documentaire visant visiblement le grand public, le puriste que je suis ne découvrira rien de bien nouveau. De plus, le sujet est finalement bien plus riche qu'il n'en a l'air et le film s'avère assez superficiel, survolant quelques épisodes (il est vrai abordés plus en profondeur dans "Anthology") et surtout abusant de séquences très courtes en termes d'images. Tous les extraits sont trop rapides, donnant cette impression d'aller à toute allure.
On ne sent pas vraiment une patte Ron Howard dans "Eight Days a Week" si ce n'est un résultat policé et grand public, facile à suivre. On pourra donc lui reprocher son côté zapping, star system (pas de témoin "anonyme") et un peu vain pour évoquer un sujet passionnant.
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