mercredi 27 septembre 2023

The Theory of everything (2015)

Typique film qui ne m'attirait pas trop, mais que j'ai choisi dans l'avion par défaut. Néanmoins, une plongée pas inintéressante dans la vie du génie de la physique britannique Stephen Hawking.

L'histoire est donc celle de la personnalité citée plus haut (Eddie Redmayne, impressionnant) et en particulier de la première partie de sa vie, de ses études à Cambridge, avec l'apparition de sa sclérose latérale amyotrophique, jusqu'aux prémices de sa célébrité mondiale.

J'aime :

* Le casting. Il fallait évidemment être très bon pour interpréter un personnage avec une telle maladie, en montrant notamment son développement, et Eddie Redmayne n'a pas volé son Oscar pour sa performance. Il est secondé par une excellente Felicity Jones dans le rôle de Jane, la première femme de Stephen Hawking, qui a sacrifié sa vie pour lui avec une issue malheureuse. 

* Le scénario. Adapté du livre de Jane Wilde Hawking, il fait le choix de dévoiler en priorité la vie privée du scientifique. Le film aborde ainsi des thématiques plus larges que sa seule carrière professionnelle comme évidemment le quotidien avec un tel handicap qui a évolué, en pire, au cours des années, mais aussi la problématique des relations de couple. Ce n'est évidemment pas dénué d'intérêt, mais...

* La reconstitution. Les décors de la première partie, à Cambridge, sont magnifiques et tout l'aspect médical est bien rendu et intéressant. 

J'aime pas :

* Outre des longueurs, notamment vers la fin, on peut regretter que, malgré la complexité du domaine de compétences d'Hawking, son travail n'ait pas été plus mis en valeur, même d'une manière vulgarisatrice dans le film. Un peu comme dans "Oppenheimer" quoi même si le physicien n'a pas développé d'"objet" en soi. Son œuvre scientifique figure vraiment en annexe et c'est le mélo qui prend le pas.

Evidemment la vie de Stephen Hawking est passionnante, mais James Marsh livre un biopic bien académique où, malgré des comédiennes et comédiens exceptionnels, la romance est omniprésente et on finit par oublier qu'il met en scène un personnage réel.

lundi 11 septembre 2023

The Fabelmans (2023)

Étant un peu mitigé avec la plupart des derniers films de Steven Spielberg, je suis resté une fois de plus un peu distant de cette œuvre quasi autobiographique avant de me raviser à la lecture de nombreux avis positifs. Qui avaient raison. 

L'histoire est celle de Samuel Fabelman, enfant des années 1950, qui va tomber amoureux du cinéma après avoir vu "The Greatest show on Earth" avec ses parents, Burt (Paul Dano, très bien) et Mitzi (Michelle Williams, excellente). Il ne poursuivra alors plus qu'un seul but : devenir cinéaste. Mais ce ne sera pas sans heurts en raison d'une vie familiale mouvementée à laquelle il va participer malgré lui...

J'aime :

* Le casting. Gabriel LaBelle s'en sort très bien dans le rôle du jeune Spielberg, magnifiquement entouré par Michelle Williams, qui a fait du chemin depuis "Dawson's Creek". Elle est sobre et touchante de fragilité. Il y a aussi Paul Dano, toujours impeccable, dans ce rôle de père aimant et passionné qui ne voit pas ce qui se déroule sous son nez. Quant à Seth Rogen, qui joue le collègue et meilleur ami de Burt, il joue juste aussi, mais on se demande s'il était le meilleur choix pour ce rôle. Difficile de se retirer l'image de ses nombreux rôles comiques. Mention aussi aux petites sœurs de Sammy, très sympas.

* Le scénario. Steven Spielberg n'a pas eu non plus une enfance si "extraordinaire" que cela au final, mais, avec l'aide de Tony Kushner, il parvient à la raconter d'une manière à la fois nostalgique et mélancolique, sans écarter les moments difficiles donc, avec aussi beaucoup de moments magiques et poétiques, et surtout un véritable régal de nous dévoiler comment il a fabriqué ses tout premiers films amateurs. 

* La reconstitution. Décors et costumes soignés, et minutie apportée évidemment aux séquences autour du cinéma.

J'aime pas :

* Rien de spécial à signaler. 

J'avais donc des doutes sur les capacités de Spielberg à pouvoir encore se détacher en tant que cinéaste, et il a réussi à les ôter avec ce très joli film contant à la fois son histoire familiale et professionnelle (ses prémices en tout cas, intervenus très tôt). Qu'il conclut avec son talent habituel par une dernière séquence forte et une facétieuse dernière scène.

mercredi 23 août 2023

The Super Mario Bros. Movie (2023)

Quelle bonne idée de confier la confection d'un film d'animation sur "Super Mario" au studio Illumination. Réalisé par les inconnus Aaron Horvath et Michael Jelenic, il a cartonné dans les salles et c'est plutôt mérité.

L'histoire est celle de deux frères plombiers de New York, Mario et Luigi, qui, après une visite des égouts de la ville pour tenter de régler un problème d'inondation, sont aspirés par un mystérieux tuyau vert. Ils vont atterrir chacun dans un univers différent. Mario se retrouve au Royaume Champignon, peuplé de gentils Toads et dirigé par la princesse Peach, tandis que Luigi tombe chez les méchants Koopas Bowser menés par l'infâme Bowser, qui envisage justement de conquérir le Royaume Champignon...

J'aime :

* L'univers. Je n'ai jamais été un pur fan du jeu "Super Mario" en tant que tel car je n'ai jamais été très habile avec les jeux de plate-forme. Néanmoins, cela reste une saga culte de mon enfance avec laquelle j'ai grandi et "Mario Kart" est un must. Et c'est un bonheur de retrouver toute la galerie de personnages et de détails dans ce film. Il ne manque personne, toutes et tous faisant une apparition, même subtile. 

* L'animation. Illumination a su allier sa patte avec celle de Nintendo et le rendu est superbe, coloré et dynamique comme jamais.

* Le casting. Il paraît que les voix françaises sont meilleures que les américaines. Pour avoir vu la VO, j'en suis ressorti très satisfait avec, notamment, Chris Pratt (Mario), Anya Taylor-Joy (princesse Peach), Jack Black (Bowser) ou encore Seth Rogen (Donkey Kong). Du beau monde donc. 

* La bande originale. Évidemment, le thème de "Super Mario" et les sons bien caractéristiques du jeu sont omniprésents, mais les concepteurs du film ont été assez malins d'y ajouter une playlist très 80's avec du Bonnie Tyler, A-ha, AC/DC, Beastie Boys et Electric Light Orchestra, afin d'achever de convaincre les parents venus voir le film avec leurs enfants. On apprécie aussi la chanson originale "Peaches" coécrite par Jack Black qui l'interprète lui-même, soit une ode de Bowser pour la princesse Peach. 

* Le scénario. On dira que c'est le point faible du film, parce qu'il est assez simpliste, mais il a aussi beaucoup de très bonnes idées : la genèse de Mario et Luigi (on les voit en famille à New York, dans leur vraie vie de plombiers); Mario n'est pas encore un super-héros, il doit apprendre à l'être et c'est la princesse qui le formera, ce qui est une belle modernisation de ce dernier personnage, à qui l'on a également ajouté un fort charisme; la quête de Bowser, gros méchant maladroit et avec un cœur puisqu'il souhaite au final seulement la main de la princesse...

J'aime pas :

* En dehors de ce scénario en effet un peu linéaire, pas d'autres reproches. 

Si "The Super Mario Bros. Movie" ressemble parfois à un best of de la saga dans lequel le scénariste Matthew Fogel (spécialiste des films d'animation) a tenté (et réussi !) à compiler tous les éléments des différents jeux vidéo en seulement 1h30 (bravo !), les adultes nostalgiques en ressortiront néanmoins aussi conquis que leurs enfants qui n'auront peut-être pas toutes les références (même s'ils continuent de jouer à "Super Mario") mais à qui est offerte une aventure fort drôle et divertissante. Le premier film tiré de l'univers "Super Mario" avec de vrais acteurs avait été un affront pour Nintendo, lavé par cette nouvelle tentative animée qui est un triomphe.

jeudi 6 juillet 2023

Babylon (2023)

Je n'avais encore vu aucun film du prodige Damien Chazelle, principalement par manque d'intérêt et la bande-annonce de sa dernière œuvre me laissait encore des doutes, puis les critiques positives m'ont encouragé à tenter ma chance. Une bonne chose. 

L'histoire est celle de Manuel Torres (Diego Calva, très bien), homme à tout faire d'un grand studio hollywoodien des années 1920, alors encore en plein cinéma muet. Une fête extravagante lui fait croiser deux personnes qui vont compter pour son ambition de faire carrière dans le milieu : Nellie LaRoy (Margot Robbie, excellente), jeune actrice prête à tout pour percer, et Jack Conrad (Brad Pitt, égal à lui-même en positif), déjà une grande star dont la sortie guette alors que le cinéma parlant frappe à la porte d'Hollywood...

J'aime : 

 * Le scénario. Ce n'est assurément pas le premier film à conter l'histoire et les conséquences de la transition du cinéma muet au parlant à Hollywood - je pense notamment à "Sunset Boulevard" ou encore plus récemment "The Artist", mais Damien Chazelle offre un regard plus ample, presque encyclopédique. Sans aucun classicisme pour autant, il salue le travail des équipes de tournage de l'époque (du cinéaste au simple employé de plateau) et pimente le tout avec l'évocation des grandes fêtes et de la vie débridée d'alors. Et c'est passionnant. 

* Le casting. C'est tout à l'honneur d'avoir sorti du presque "anonymat" Diego Calva, qui semble découvrir en même temps que son personnage les fastes d'Hollywood. Il est remarquablement entouré de la splendide Margot Robbie - dans un rôle qui aurait dû revenir à Emma Stone et on pense d'ailleurs beaucoup à elle quand on voit le personnage - et de ce roi des cabotins (dans le bon sens) de Brad Pitt. Sans compter une foule de rôles secondaires admirables. 

* La reconstitution. On en prend plein les yeux et cela commence fort avec cette fête incroyable donnée dans un château californien avec un éléphant en guise d'attraction. A l'image de ces événements où on dirait que tout est permis, on dirait que Damien Chazelle a lui aussi eu tous les moyens pour s'offrir sa vision rêvée du cinéma de l'époque. Les scènes de tournage sont tout aussi épiques. 

* La bande originale. C'est le compère et compositeur attitré du cinéaste, Justin Hurwitz, qui signe une superbe musique. A l'image de ce que Damien Chazelle a voulu montrer sur l'écran, une époque lointaine avec une vision moderne, le musicien a lui aussi donné un vrai coup de jeune aux sons jazzy et classiques des années folles. C'est brillant.

J'aime pas :

 * Je n'ai rien contre les longs films quand tout est justifié. Mais cela reste rare et on peut regretter ici la troisième heure, soit une partie finale où on a l'impression que Damien Chazelle ne savait pas tellement comment terminer son film. Cela s'étire sans raison et le medley cinématographique final est aussi artificiel que maladroit, concluant l'histoire comme un cheveu sur la soupe. 

Bravo à Damien Chazelle pour avoir su montrer la grandeur et la décadence du Hollywood des années 1920-1930 avec autant de panache. Visuellement et musicalement, c'est magnifique, avec une mise en scène dynamique. Mais ce passionné et vibrant hommage est quelque peu gâché par une conclusion peu convaincante.

lundi 3 juillet 2023

Everything Everywhere All at Once (2022)

Je n'étais pas spécialement attiré par ce film des Daniels, mais les commentaires autour, souvent positifs, m'ont poussé à lui donner sa chance (dans un trajet en avion, pas l'idéal). 

L'histoire est celle d'Evelyn (Michelle Yeoh, excellente), qui tient une laverie avec son mari Waymond (Ke Huy Quan, très bien). Mais ce dernier veut divorcer et leur établissement est visé par l'IRS. Ajoutées à cela la présence encombrante du père d'Evelyn (James Hong, bien) et l'homosexualité de leur fille Joy (Stephanie Hsu, pas mal) qu'Evelyn a bien du mal à accepter. La mère de famille est au bord de l'implosion lorsqu'une expérience à la fois étrange et extraordinaire va lui tomber dessus...

J'aime :

* Le casting. De plus en plus de grosses productions font appel à des castings à majorité d'origine asiatique et c'est tant mieux. Michelle Yeoh est formidable dans le rôle d'une mère au bord de la crise de nerfs avant de découvrir qu'elle peut se transformer dans un type de personnage que l'actrice maîtrise déjà excellemment. On est aussi ravi de retrouver Ke Huy Quan qui a bien grandi depuis ses rôles mythiques, alors enfant, dans les Goonies et Indiana Jones. Jolie prestation également pour l'inusable James Hong et Jamie Lee Curtis en intraitable employée de l'IRS. 

* La mise en scène. Comme Evelyn, on est projeté d'un univers à un autre à un rythme effréné, surpris à chaque fois par les idées follement drôles et originales proposées par les Daniels. 

* Les effets spéciaux. Déjà dans "Swiss Army Man" (que je n'ai pas encore vu malheureusement), le duo de réalisateurs donnait à voir des scènes d'action totalement inattendues et fort bien réussies visuellement. Rebelote ici. 

J'aime pas :

* Le scénario. Si on est donc épaté par la folie du multivers imaginé par les Daniels, l'histoire de base, qui met du temps à s'emballer, n'est pas très passionnante. Le film est sans doute aussi trop long. 

On ne peut que saluer la bravoure de Daniel Kwan et Daniel Scheinert de présenter des films plus fous et originaux les uns que les autres, servis par de très bons acteurs qui ont l'air de bien s'amuser. Néanmoins, la pluie d'Oscars reçue est sans doute exagérée et a aussi à voir avec la faiblesse de la concurrence cette année-là. 

vendredi 23 juin 2023

Bullet Train (2022)

C'est le premier film de l'ex-cascadeur devenu réalisateur David Leitch que je vois. Et cette commande, adaptation d'un roman japonais, est réussie, on sent la patte de l'expert !

L'histoire est celle de "Ladybug" (Brad Pitt, excellent de coolitude), tueur à gages en pleine crise existentielle dont la mission, simple en apparence, consiste à récupérer une mallette dans un Shinkansen au Japon. Sauf que la valise en question est en possession d'un duo d'autres tueurs à gages et que le train se trouve rempli de personnes toutes plus dangereuses les unes que les autres aux ambitions différentes qui finiront par se rejoindre...

J'aime :

* Le casting. C'est une bien jolie bande de tueurs à gages qui prend ce Shinkansen pour Kyoto. En premier lieu un Brad Pitt qui cumule les rôles de costaud cool depuis un petit moment pour notre plus grand plaisir. On aime beaucoup aussi, entre autres, les "frères" Aaron Taylor-Johnson et Brian Tyree Henry, ou encore Joey King dans le rôle du "Prince". Sans oublier la drôle d'apparition de Channing Tatum.

* Le scénario. Rempli de chausse-trapes que l'on découvre quasiment au même moment que le blasé Ladybug, il rend ce voyage en train des plus animés jusqu'à un dénouement des plus explosifs. 

* L'action. On pouvait compter sur David Leitch, ancien cascadeur et spécialiste du genre, pour nous fournir des chorégraphies de combats toutes plus spectaculaires (et drôles !) les unes que les autres.

* L'humour. Film d'action parfois bien sanglant, "Bullet Train" est surtout une comédie avec des scènes et dialogues aussi hilarants qu'absurdes à la Robert Rodriguez ou Quentin Tarantino.

* Les décors. On est bien content que le scénariste n'ait pas emporté le film loin du Japon, lui donnant encore plus de cachet même si bien entendu, on reste la majeure partie du temps à bord du Shinkansen et que les extérieurs (vus de dedans et à la fin) sont certainement de pacotille.

J'aime pas :

* Rien à signaler, ce qui est rare ! 

Je n'en doutais pas trop après avoir été attiré par la bande-annonce, j'ai pris beaucoup de plaisir devant ce qui restera un blockbuster estival, mais à placer dans le haut du panier. Bien joué David Leitch !

mardi 23 mai 2023

White Noise (2022)

Noah Baumbach ne réalise pas des oeuvres faciles d'accès. Même si j'ai beaucoup d'appréciation pour certaines et aussi celles qu'il coscénarise avec Wes Anderson, ce dernier film, adapté d'un roman de 1985, laisse une impression, encore une fois, mitigée.

L'histoire est celle de Jack (Adam Driver, pas mal) et Babette (Greta Gerwig, très bien), qui sont à la tête d'une famille recomposée  dans les années 1980. Elle doit soudainement fuir la petite ville américaine dans laquelle elle vit à la suite du déraillement d'un train transportant des matières chimiques.

J'aime :

* Le casting. Le duo principal est épatant, que ce soit un Adam Driver gras et suintant, et une Greta Gerwig occupée et préoccupée. On apprécie aussi beaucoup leur progéniture pleine d'esprit et de créativité. 

* Les décors. On retrouve une reconstitution sympa (costumes et coiffures compris) des années 1980, mélange de "Stranger Things" et d'un univers coloré à la Wes Anderson.

* La mise en scène. Il y a souvent beaucoup de personnages et on retrouve alors pas mal de bonnes choses de son acolyte dernièrement cité, tout en étant différent et avec, aussi tout de même, de très bons dialogues.

J'aime pas :

* Le scénario. Si les deux tiers du film sont divertissants (jusqu'à l'accident et ses suites), bien que parfois un peu trop bavard, la dernière partie, plus sombre et paranoïaque, gâche un peu tout, allongeant l'oeuvre en étant presque hors sujet.

Noah Baumbach est de retour avec un nouveau long-métrage mettant en scène une famille bien compliquée, cette fois dans une sacrée aventure qui vire malheureusement beaucoup trop à l'absurde tragique dans son dénouement. Il manque nettement de la fantaisie du début. On reste sur notre faim.