lundi 25 octobre 2021

Blow Out (1982)

J'ai découvert ce film de Brian De Palma par hasard lors d'un passage télévisé. Et quelle bonne surprise ! 

L'histoire se déroule à Philadelphie où Jack (John Travolta, très bien) travaille comme ingénieur du son pour des films de série Z. Alors qu'il va de nuit près d'une rivière enregistrer de nouveaux sons pour sa collection, il assiste à un accident de voiture, le véhicule finissant au fond de l'eau. Le jeune homme se jette alors pour sauver ses occupants et ne peut en retirer qu'une jeune femme, Sally (Nancy Allen, pas mal). Cette dernière, prostituée, accompagnait le gouverneur de l'Etat et candidat à la présidentielle, qui décède dans l'accident. Mais en réécoutant son enregistrement, Jack se rend compte que quelqu'un a tiré sur le pneu de la voiture avant qu'elle ne tombe dans la rivière...

J'aime :

* Le scénario. Le point de départ de l'histoire, inspiré par le "Blow Up" de Michelangelo Antonioni (avec du son au lieu d'une photo), est follement original et suit une croisade de longue haleine pour que les deux personnages principaux fassent enfin éclater la vérité. Le tout conclu par un dénouement des plus inattendus, sur fond de feux d'artifice, en ligne finalement avec l'esprit que Brian De Palma a voulu insuffler à son film.

* Le casting. Un rôle différent pour le John Travolta des jeunes années, mais qui tient la route et forme un bon duo avec Nancy Allen. John Lithgow est déjà un méchant épatant. 

* L'environnement. Toujours un plaisir de changer des grandes villes américaines habituelles, ici Philadelphie. 

* L'ambiance. Outre "Blow Up", il y a du Hitchcock dans "Blow Out", mais aussi et surtout un autre hommage aux films "complotistes" des années 1970, et c'est particulièrement efficace.

J'aime pas :

* Pas de reproches particuliers à faire.

"Blow Out" n'aura pas fonctionné commercialement (mais heureusement De Palma enchaînera avec "Scarface" dans la foulée), ce qui est bien dommage, car il a beaucoup de mérites, que la critique, au moins, continuer de saluer encore aujourd'hui.

jeudi 23 septembre 2021

The Lost City of Z (2017)

J'aime beaucoup James Gray dont mon film préféré reste "Two Lovers", dont j'avais parlé ici même (pas encore des autres que j'ai vus et pas vus, mais cela viendra bien un jour). J'avais, à mon grand regret, raté son avant-dernier film en date, "The Lost City of Z" donc, mais j'ai réussi à finalement capté une diffusion télévisuelle et il a su me plaire aussi. 

L'histoire est vraie et c'est celle de l'explorateur britannique Perry Fawcett (Charlie Hunnan, pas mal). Au début du 20e siècle, ce militaire reconnu a été envoyé dans la forêt amazonienne, entre le Brésil et la Bolivie, afin de cartographier la région. Il en revient persuadé qu'une ancienne civilisation y a vécu, un mystère qui le hantera toute sa vie...

J'aime :

* Le scénario. Après ses histoires new-yorkaises assez noires, James Gray a effectué une transition vers les grandes fresques historiques avec "The Immigrant", toujours à New York, puis ce "Lost City of Z". Cela n'a plus rien à voir avec la Grosse Pomme, mais cela reste passionnant. Histoire vraie, exploration, aventures... tout ce que j'aime ! 

* Les décors. Que ce soit au coeur de la jungle amazonienne, dans les salons londoniens ou encore les tranchées de la Première Guerre mondiale, ils sont à la fois majestueux et raffinés. Une très riche reconstitution.

* La photographie. Signée du très expérimenté Darius Khondji, elle donne une facture très classique au film, mais très jolie aussi. 

* Le casting. Charlie Hunnan n'était pas le premier choix dans le rôle principal et on le sent un peu coincé, même s'il n'est pas mauvais pour autant, juste sans grande saveur. Mais il est entouré d'excellents seconds rôles, tels Sienna Miller, Robert Pattinson ou encore Angus Macfadyen.

J'aime pas :

 * C'est peut-être un peu long (2h20), mais difficile de condenser plus une telle épopée, qui prend son temps et qui reste fascinante. Et puis il y a donc ce premier rôle un peu fade.

Je n'ai donc pas été tellement déçu de "The Lost City of Z", confirmant toujours plus James Gray comme un cinéaste qui compte aux Etats-Unis. Et c'est un film qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans l'histoire de Perry Fawcett.

mercredi 8 septembre 2021

Borat Subsequent Moviefilm (2020)

Le premier "Borat" est la seule facétie de Sasha Baron Cohen que j'ai vue jusqu'à présent et elle m'avait bien plu. J'étais ainsi très curieux de voir la suite, sortie 14 ans plus tard et signée Jason Woliner. Hélas...

L'histoire est compliquée à expliquer car complètement barrée une fois de plus. Mais, pour résumer, notre cher Borat (Sasha Baron Cohen, lourdingue) est de retour aux Etats-Unis, cette fois accompagné de sa fille, Tutar (Maria Bakalova, très bien). Son objectif est de rencontrer le vice-président américain Mike Pence. La quête est évidemment semée d'embûches...

J'aime :

* Le malaise. Particulièrement quand il est créé par Borat et/ou sa fille dans des situations qui paraissent bien réelles. Et on peut tirer notre chapeau à Sasha Baron Cohen pour être parvenu à "piéger" Rudy Giuliani.

* Le casting. Le hic principal est que le personnage de Borat étant désormais immensément connu, il n'existe finalement plus vraiment dans cet épisode, Sasha Baron Cohen étant obligé de se déguiser en autre chose et de laisser sa "fille" mener le bal. Mais heureusement, cette dernière est une sacrée trouvaille et crève l'écran, justement récompensée d'ailleurs.

J'aime pas :

* Le scénario. Ce deuxième épisode est justement bien trop scénarisé comparé au premier et c'est loin d'être passionnant. Il y a ici, j'ai l'impression, bien plus de séquences de comédie (souvent lourdes et pas drôles) et moins avec des personnes réelles, qui plus est bien réchauffées. 

* Le rythme. Le film est en plus plutôt lent et par moments franchement ennuyeux.

La suite de "Borat" est donc bien décevante, ne captant plus - assez logiquement vu le succès du premier - l'authenticité et la fraîcheur du premier. Heureusement qu'il n'a eu le droit qu'à une sortie sur Amazon Prime.

vendredi 27 août 2021

Le Sens de la fête (2017)

Je n'avais jamais entendu parler de ce film d'Eric Toledano et Olivier Nakache, l'un des derniers de Jean-Pierre Bacri. Il a été diffusé lors d'un hommage à ce dernier, une agréable surprise.

L'histoire est celle de Max (Jean-Pierre Bacri, excellent même si on l'imaginait pas trop dans ce rôle), qui officie à l'organisation d'un fastueux mariage dans un château. Evidemment, entre un DJ ringard (Gilles Lellouche, bien), un photographe fainéant (Jean-Paul Rouve, marrant) et une brigade de serveurs à cran, sans oublier les mariés, surtout monsieur, particulièrement exigeants, c'est la pagaille...

J'aime :

* Le casting. Autour d'un Jean-Pierre Bacri toujours aussi étincelant (bien que clairement sur le déclin), toute une foule de seconds rôles très solides : Jean-Paul Rouve et Gilles Lellouche bien entendu, mais aussi Vincent Macaigne, Eye Haïdara, Alban Ivanov ou encore Benjamin Lavernhe.

* Le scénario. Certes, l'histoire se concentre, tel un huis-clos, sur le mariage et on se doute que rien ne se passera comme prévu, mais le duo Toledano-Nakache est suffisamment bon pour instaurer un rythme enjoué et placer ses personnages, tous attachants, dans des situations dont on a envie de connaître l'issue. Habile mélange également de séquences de rire et d'émotion.

* L'humour. Si certains gags sont un peu téléphonés car reprenant les clichés des mariages (le DJ est forcément la caricature attendue par exemple), on rit souvent, particulièrement avec le personnage de Jean-Paul Rouve, très en forme, nous rappelant son époque "Robin des bois".

* La photographie. Signée David Chizallet, elle nous offre quelques très beaux moments de grâce, notamment lors des scènes nocturnes.

J'aime pas :

* Point de reproche particulier à faire ! 

Très jolie découverte pour moi donc que ce "Sens de la fête" qui confirme qu'Eric Toledano et Olivier Nakache sont des cinéastes qui comptent pour la comédie française, avec une nouvelle fois une oeuvre originale. Ce qui fait bien plaisir !

vendredi 13 août 2021

On connaît la chanson (1997)

Juste avant de réaliser son premier long-métrage, Agnès Jaoui cosignait avec Jean-Pierre Bacri le scénario de ce merveilleux film d'Alain Resnais. L'une de mes oeuvres françaises préférées.

L'histoire suit, à Paris, une galerie de personnages, tous liés aux autres. Camille (Agnès Jaoui, bien) s'apprête à passer sa thèse. Elle est en couple avec Marc (Lambert Wilson, très bien), agent immobilier tyrannique qui mène la vie dure à son employé Simon (André Dussollier, adorable), qui aime aussi Camille en secret. Pendant ce temps-là, le couple d'Odile (Sabine Azéma, drôle comme tout), la soeur de Camille, bat de l'aile. Son mari, Claude (Pierre Arditi, sobre), la trompe, tandis que Nicolas (Jean-Pierre Bacri, excellent), un ancien amant d'Odile, revient à Paris...

J'aime :

* L'idée. Le procédé (faire chanter aux acteurs des morceaux connus en playback) n'est pas complètement inédit puisqu'Alain Resnais s'est inspiré d'un Britannique qui faisait cela trente ans plus tôt. Néanmoins, il est suffisamment rare (et au moins inédit en France) pour que cela suffise à qualifier le film de follement original. 

* Le casting. La plupart des comédiens font partie de la bande d'Alain Resnais et sont vraiment tous formidables dans leur ensemble. J'aime particulièrement Dussolier, Bacri et Azéma. 

* La bande originale. La playlist propose un véritable best of de la variété française des années 1930 aux années 1990 avec évidemment un attachement à ce que le thème de la chanson corresponde à la situation du film. Et il y a beaucoup de bonnes choses. 

* Le scénario. Signé du duo Jaoui-Bacri, il propose un véritable vaudeville sentimental et immobilier, relativement simple, dans Paris.

* L'humour. Comme toujours avec nos deux acolytes, c'est sans doute un peu élitiste, mais subtil et cela passe avant tout par les dialogues. A l'image de la mise en scène d'Alain Resnais, très théâtrale (mais fine). Ici il y a en plus l'interprétation (en playback donc) des morceaux qui ajoute à la drôlerie.

J'aime pas :

* Je ne vois rien à reprocher.

Pour tout cela, "On connaît la chanson" a été un coup de coeur pour moi à sa sortie et depuis, je ne m'en lasse pas. Et je suis même étonné que son procédé génial n'ait pas été réutilisé depuis ailleurs. Tant mieux dans un sens.

jeudi 5 août 2021

Le Goût des autres (2000)

J'avais déjà tenté de regarder le premier film d'Agnès Jaoui, sans arriver à accrocher. J'ai réessayé, allant cette fois jusqu'au bout, confirmant que ce n'est pas trop mon genre, même si c'est une excellente oeuvre.

L'histoire est celle de l'entrepreneur Jean-Jacques Castella (Jean-Pierre Bacri, bien) qui, à l'occasion de la signature d'un gros contrat avec des Iraniens, va se voir affubler d'un garde du corps, Franck (Gérard Lanvin, pas mal), en plus de son chauffeur, Bruno (Alain Chabat, sobre). Il doit aussi prendre des cours d'anglais. Mais, sans motivation, il renvoie sa professeure, Clara (Anna Alvaro, bien aussi). Le chef d'entreprise la retrouve néanmoins sur scène, dans une pièce de théâtre dans laquelle joue sa nièce. Subjugué, il tombe amoureux d'elle et entreprend tout pour la revoir...

J'aime :

* Le casting. C'est l'une des forces du film, une jolie troupe qui joue juste, menée par un Jean-Pierre Bacri toujours aussi bon, qui dévoile ici une facette tendre et maladroite, surpassant le côté blasé et grincheux. A noter aussi la présence de la propre réalisatrice, Agnès Jaoui, dans un rôle de serveuse-dealeuse. Et enfin petite mention pour Gérard Lanvin, certes dans un rôle de garde du corps, mais dans un registre bien différent de ce qu'il fait d'habitude. 

* Le scénario. On est dans le film d'auteur français typique, avec une histoire relativement banale, mais qui met subtilement en perspective ces différences de classe, d'univers, qui se rencontrent et s'entrechoquent avant de s'apprivoiser et de s'adapter l'une à l'autre. Le tout servi par une mise en scène très sobre, où les dialogues sont rois. 

* L'humour. Ce sont des situations, des dialogues, c'est fin et drôle, à l'image du film.

* L'environnement. J'apprécie toujours que des films se déroulent ailleurs qu'à Paris. Ici, c'est à Rouen. Content.

J'aime pas :

* Le rythme. C'est évidemment la contrepartie du genre, on avance doucement, souvent en se demandant si on en verra le bout. C'est lent, il faut s'y faire. Ajouté à cela des décors assez simples et donc austères qui plombent parfois un peu la fantaisie.

"Le Goût des autres" est assurément une oeuvre marquante d'Agnès Jaoui (et de Jean-Pierre Bacri), dont on fait l'éloge de beaucoup de choses, mais il faut arriver à rentrer dedans. Et ce n'est pas forcément simple.

mercredi 28 juillet 2021

Didier (1997)

C'est toujours un régal de revoir le premier film d'Alain Chabat, même si certains éléments ont passablement vieilli...

L'histoire est celle de Didier, le chien d'Annabelle (Caroline Cellier, très peu à l'écran) qu'elle confie à son ami Jean-Pierre (Jean-Pierre Bacri, au sommet de son art) le temps de ses vacances. Sauf que durant la nuit, le Labrador s'est transformé en humain (Alain Chabat, excellent). Après un certain temps d'adaptation, car Didier est toujours un animal dans son esprit, Jean-Pierre, qui est agent de joueurs de football, va tenter de lancer sa carrière sportive...

J'aime :

* Le casting. C'est la grande force du film, particulièrement le duo Chabat-Bacri. Le premier toujours "Nul", le second plus bougon que jamais, surtout dans cette situation surréaliste. On aime aussi la palanquée de seconds rôles "amis", souvent "guests" : les deux autres "Nuls" évidemment, Lionel Abelanski, Josiane Balasko ou même Dieudonné quand il était encore fréquentable.

* Le scénario. Il n'y avait que l'esprit tordu d'Alain Chabat pour trouver une histoire pareille et cela fonctionne à merveille, surtout parce qu'il ne s'embarrasse pas à passer du temps à expliquer cette transformation. On ne connaît pas l'ex-Nul très sportif, mais, même si c'est un peu caricatural, se plonger dans le milieu du foot était une bonne idée. 

* L'humour. On ne rigole pas à tout, on y reviendra, mais entre le talent d'acteur comique d'Alain Chabat (et de Jean-Pierre Barcri évidemment) et de dialoguiste (certains sont restés cultes), on est servi.

J'aime pas : 

* La mise en scène. C'est un premier film donc on peut pardonner évidemment, mais ça se sent parfois, avec aussi des séquences aussi lourdingues qu'inutiles (celles avec les hooligans notamment, la visite chez le patron du club) ou alors qui manquent de moyen comme le match de foot (tourné, comme d'autres parties, un peu comme un dessin animé). Sans oublier un générique franchement daté.

Malgré certains éléments qui ont fait leur temps ou moins drôles, "Didier" reste tout de même une solide comédie française, extrêmement bien jouée, qui nous rappelle combien Alain Chabat est l'un des rares cinéastes originaux actuels dans ce domaine dans l'Hexagone.