samedi 23 janvier 2021

Gone Girl (2014)

J'aime beaucoup les films de David Fincher, mais j'avais laissé celui-ci de côté, qui ne m'inspirait pas. On m'a incité à le regarder et je regrette mon premier choix. 

L'histoire est celle d'un couple qu'on croit modèle : Nick (Ben Affleck, très bien) et Amy (Rosamund Pike, excellente) Dunne. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, cette dernière disparaît, laissant derrière elle une scène de crime dans la maison du couple. Tous les indices laissent penser que Nick est coupable...

J'aime :

* Le scénario. L'autrice Gillian Flynn l'a adapté de son roman du même nom paru deux ans auparavant. C'est une vraie réussite, il est intriguant, haletant et rempli de chausse-trappes, nous captivant jusqu'à un dénouement quelque peu surprenant.

* Le casting. Rosamund Pike affiche une fois de plus une beauté glaçante, impressionnante dans sa capacité à changer de comportement, de personnalité, tandis que Ben Affleck assume parfaitement le rôle du pseudo gendre idéal cachant des choses bien moins reluisantes. De très bons seconds rôles aussi, de Tyler Perry à Carrie Coon, en passant par Kim Dickens et Neil Patrick Harris.

* La mise en scène. Si Gillian Flynn a donc posé un scénario passionnant, il fallait lui donner vie et, entre direction des acteurs et ambiance pesante de suspicion, David Fincher a lui aussi excellé.  

* L'environnement. Petit bonus, l'histoire se passe dans le Missouri, ailleurs que dans une grande ville connue quoi, ce qui me réjouit à chaque fois, même si les lieux ne jouent aucun véritable rôle et ressemblent à peu près à tout autre coin des Etats-Unis, notamment la banlieue coquette typique.

J'aime pas :

* La fin est assez inattendue, je ne l'envisageais pas comme cela, je suis sans doute trop consensuel, mais il faut admettre qu'elle est très habile.

C'est assez rare pour être noté donc, j'ai beaucoup apprécié un film qui ne m'intéressait guère au départ. Cela fait toujours plaisir, bravo Mme Flynn et M. Fincher.

vendredi 15 janvier 2021

Chinatown (1974)

Un classique de plus qu'il me tardait de voir. Le dernier film de Roman Polanski sur le sol américain en raison de ses problèmes judiciaires... 

L'histoire se situe dans le Los Angeles des années 1930, alors en pleine sécheresse. Le détective privé, spécialisé dans les affaires d'adultère, Jack Gittes (Jack Nicholson, excellent) est sollicité par Evelyn Mulwray, la femme d'Hollis Mulwray, ingénieur travaillant pour le service des eaux de la ville. Elle pense que ce dernier la trompe. L'ancien policier enquête et confirme les faits, qui s'étalent alors dans les journaux. Dans la foulée, une femme prétendant être la vraie Evelyn Mulwray (Faye Dunaway, très bien) vient se plaindre auprès de Jack Gittes tandis qu'Hollis Mulwray est retrouvé mort...

J'aime : 

 * L'ambiance. J'aime beaucoup de périodes de l'histoire américaine, et celle-ci en fait partie, dans une ville particulièrement propice aux polars. 

* La reconstitution. Avec l'ambiance vont le reste : décors, costumes, voitures... splendide ! 

* Le scénario. Signé de l'expérimenté et reconnu Robert Towne, il est plutôt complexe, mais nous n'allons pas trop nous en plaindre, nous délectant de voir Jack Gittes et son sparadrap sur le nez tenter d'en démêler les fils, non sans mal ! L'histoire est placée dans le contexte de la guerre de l'eau de Los Angeles, qui a vraiment eu lieu, ce qui la rend d'autant plus intéressante. Roman Polanski y a ajouté son tragique dénouement...

* Le casting. Jack Nicholson porte littéralement "Chinatown", étant aussi à l'origine du projet. Il est parfait en détective "fouille-merde", aussi cynique que persévérant malgré les risques. Faye Dunaway apporte sa beauté glaciale dans un rôle aussi complexe que le scénario du film. Dans la galerie de seconds rôles, John Huston campe un excellent "méchant" tandis que Roman Polanski s'affuble lui-même d'un drôle de personnage de gangster grotesque.

J'aime pas :

* Un nom étonnant pour ce film que "Chinatown", qui a un lien bien lointain avec l'histoire et qui peut dérouter au premier abord !

Voir "Chinatown", c'est regretter que le genre ne soit plus vraiment abordé de nos jours. Roman Polanski, même s'il n'est au final qu'un réalisateur de "commande" ici, mettait un terme, sans le savoir, avec éclat à sa carrière américaine. Dommage que soient arrivés les événements qui ont succédé...

vendredi 8 janvier 2021

Get Out (2017)

Sacré coup de tonnerre pour un premier film. Jordan Peele signe avec "Get Out" une oeuvre singulière, aussi divertissante qu'intéressante. 

L'histoire est celle de Chris Washington (Daniel Kaluuya, bien), jeune photographe noir de New York, qui sort depuis peu avec la blanche Rose Armitage (Allison Williams, très bien). Cette dernière l'emmène passer un week-end en Alabama, pour y faire la connaissance de ses parents. Si Chris a beaucoup d'appréhension, tout semble se passer pour le mieux, l'accueil est chaleureux, mais l'atmosphère chez les Armitage devient de plus en plus étrange... 

J'aime : 

* Le scénario. Je ne m'attendais pas trop à ça, je pensais que cela serait plus "réaliste". Mais justement, il faut louer ce thriller horrifique aux rebondissements imprévisibles, 

* La mise en scène. Habilement, Jordan Peel distille une atmosphère qui devient toujours plus suspecte et étouffante. On saluera aussi la petite touche d'humour apportée via le meilleur ami de Chris, Rod, à qui il raconte tout ce qu'il se passe sur place.

* Le casting. Outre Daniel Kaluuya, j'aurais plus envie de saluer les membres de la famille Armitage - Rose en premier lieu -, qui affichent une sympathie de façade, mais se révèlent évidemment derrière un horrible stratagème. La foule de rôles secondaires joue très juste aussi. 

* Le message. "Get Out" aurait sans doute marqué encore plus son époque en sortant un poil plus tard, en ces temps de "Black lives matter", tant son sujet d'esclavage moderne (sans dévoiler par quel moyen) est fort. D'autant plus par la manière dont il l'amène, avec, au départ, cette mise en scène de sympathiques blancs aisés "qui votent Obama" et font mine de vouloir vivre harmonieusement avec les noirs. 

J'aime pas : 

* Pas de reproche particulier à faire.

Même si ce n'est pas pour autant un film que j'ai "adoré", j'applaudis moi aussi le talent de Jordan Peele qui offre une première oeuvre aussi percutante que rondement menée.

samedi 26 décembre 2020

Tandem (1987)

J'avais rarement entendu parler de ce film de Patrice Leconte, qui fut une oeuvre de transition aussi bien pour lui que pour Gérard Jugnot. Eh bien je suis heureux d'avoir pu le voir par hasard. 

L'histoire est celle de Michel Mortez (Jean Rochefort, exceptionnel, comme souvent), animateur radio has been d'un jeu passé de mode, "La langue au chat". Il sillonne la France et particulièrement ses petites villes en compagnie de son ingénieur du son, Rivetot (Gérard Jugnot, très bien), pour son émission quotidienne. Un jour, Rivetot apprend que celle-ci va être supprimée, mais il décide de ne rien dire à Mortez pour ne pas lui faire de peine.

J'aime : 

 * Le casting. Une fois de plus, Jean Rochefort crève l'écran dans un rôle qui lui va si bien, aussi antipathique qu'attachant. A ses côtés, Gérard Jugnot porte une perruque et surtout laisse tomber la moustache pour la première fois. L'admiration du second pour le premier se ressent à l'écran, faisant apparaître une belle complicité entre les deux comédiens/personnages. Une relation (et un scénario) qui fait penser à Don Quichotte et Sancho Panza, comme une prédiction pour ce futur rôle de Jean Rochefort (malheureusement inachevé). Les seconds rôles sont tout petits à côté, mais très bien.

* Le scénario. Cela fait plaisir de revoir des comédies (dramatique ici) françaises un peu "anciennes", car, contrairement à la plupart des actuelles qui copient des trames américaines en moins bien, elles se placent dans un univers bien français (sans nationalisme aucun évidemment). "La langue au chat" parodie le culte "Jeu des 1000 francs" de France Inter et offre un véritable concentré de "province", avec ses lieux, ses décors, ses gens et un animateur qui se prend pour une star qu'il n'est plus depuis bien longtemps. Surtout, cela montre le décalage toujours actuel entre Paris (représenté ici par la direction de la radio, qui veut supprimer l'émission, jugée ringarde) et le reste de la France, dont le public est lui toujours friand de ce type d'événement. 

* Les décors. Comme dit plus haut, on sillonne avec Mortez et Rivetot une autre France, même si elle n'est vraiment pas présentée sous son meilleur jour, mais c'est original.

* La bande originale. Elle est étonnante car principalement composée d'une (belle) chanson, chantée en italien par Richard Cocciante, "Il mio rifugio" (reprise en plus d'une chanson française de François Bernheim). Jouée à plusieurs reprises dans le film, elle lui offre une dose de mélancolie en plus.

J'aime pas :

 *  Pas de reproche particulier à faire.

Oeuvre marquante à plus d'un titre donc : Patrice Leconte se lance magnifiquement dans la comédie dramatique, de même que pour Gérard Jugnot, tandis que Jean Rochefort propose sans doute l'un de ses plus beaux rôles. Grand film !

lundi 21 décembre 2020

The Firm (1993)

Au début des années 1990, il y a eu cette mode des thrillers judiciaires, notamment grâce aux romans de l'écrivain John Grisham. "The Firm" est d'ailleurs le premier porté au cinéma, avec Sydney Pollack derrière la caméra, les suivants connaîtront le même (heureux) sort. 

L'histoire est celle de Mitch McDeere (Tom Cruise, excellent), brillant étudiant en droit recruté avant même de pouvoir exercer par un cabinet d'avocats d'affaires de Memphis. Tout se passe pour le mieux jusqu'à ce que surgissent des événements troublants : la mort de deux avocats du cabinet, un premier contact par le FBI... Le jeune homme décide alors d'enquêter sur ce que désire cacher ses employeurs. 

J'aime : 

 * Le casting. Alors qu'il joue plutôt que des rôles de casse-cou ces derniers temps, cela fait plaisir de revoir Tom Cruise camper un personnage tout autre, alors certes jeune premier quand même, mais qui va lutter avec d'autres armes contre ses ennemis. La flopée de seconds rôles est de premier ordre également : Gene Hackman (qui joue très bien un mentor pas net), Jeanne Tripplehorn (qui joue une épouse qui a du caractère, on aime!), Ed Harris (qui joue un agent du FBI à la dure qui se fait tourner en bourrique), Gary Busey (qui joue un excentrique détective privé) ou encore Holly Hunter (qui joue la secrétaire gonflée du détective). 

* Le scénario. Peu d'action, presque pas de morts visibles, et pourtant on assiste à un thriller haletant, autour d'une histoire dont les détails restent néanmoins un peu complexes.

* Le lieu. Toujours un plaisir pour moi qu'un film américain se déroule dans une ville autre que New York ou Los Angeles. Ici Memphis. 

* La bande originale. Signée Dave Grusin, elle offre quelques trépidants morceaux de jazz qui collent parfaitement à l'ambiance.

J'aime pas :

* Pas de reproche particulier à faire. 

Je n'avais jamais vu "The Firm" sans doute parce que, sur le papier, l'histoire ne m'emballait pas. J'ai mûri et été agréablement surpris autant par le scénario très prenant que par un casting cinq étoiles. Bravo.

vendredi 11 décembre 2020

Nevada Smith (1966)

J'aime les westerns, j'aime Steve McQueen. J'étais donc comblé de pouvoir regarder cette oeuvre de l'expert Henry Hathaway que je n'avais jamais vue. Plutôt bon !

Tirée d'un roman, l'histoire raconte la quête de vengeance de Max Sand (Steve McQueen, pas mal), un jeune métis blanc et autochtone, dont les parents sont sauvagement assassinés par un trio de malfrats. Après un apprentissage du maniement des armes par le marchand ambulant Jonas Cord (Brian Keith, très bien), le cow-boy va alors entreprendre de retrouver et tuer un à un les assassins de ses parents...

J'aime : 

 * Le scénario. Evidemment, le fil rouge - la vengeance - est des plus convenus, mais rappelons qu'il s'agit d'un western et que c'est un ressort souvent utilisé dans cet univers sans foi ni loi. D'ailleurs, Max Sand aura l'occasion plusieurs fois de voir cette quête remise en question. Mais surtout, pour en arriver là, le cheminement sera long car les trois cibles du jeune homme se sont séparées depuis leur crime, donnant alors lieu à trois aventures différentes. La séquence de l'apprentissage auprès de Jonas Cord est des plus sympathiques, celle dans le camp de travail des bayous sans doute un peu trop longue (un film en lui-même !).

* Les décors. De véritables paysages américains pour ce western non-spaghetti, à la fois variés (désert, bayou, etc.) et magnifiques, offrant un voyage dans le sud des Etats-Unis. 

* Le casting. Tout en adorant Steve McQueen, qui offre ici une jolie évolution, de jeune naïf à vengeur rusé, il est clairement trop vieux pour le rôle (vingt ans de plus que le personnage du roman !), ce qui fait qu'on reste un peu dubitatif au début, puis n'a rien de métis. Au-delà de cela, le reste des personnages est charismatique à souhait avec de vraies trognes de western. Peu de femmes - et ce sont des faire-valoir,  mais un rôle un peu plus intéressant pour Pilar (Suzanne Pleshette). 

* L'action. Les aventures étant variées, les morceaux de bravoure de Max Sand sont légion, avec de nombreuses occasions pour lui de se mettre en valeur, pour le pire comme pour le meilleur.

 J'aime pas : 

* En dehors de quelques longueurs et donc d'une adaptation qu'il aurait fallu un poil moins fidèle sur l'âge et les origines de Max Sand, peu de reproches à apporter. 

Avec "Nevada Smith" (drôle de nom qui n'arrive qu'à la fin), Henry Hathaway signe un western divertissant, dans lequel Steve McQueen brille une fois de plus.

mardi 8 décembre 2020

The Wolf of Wall Street (2013)

On m'a vendu du rêve avec ce film que j'ai longtemps laissé de côté parce que long et de nouveau un Scorsese avec Leonardo DiCaprio. Je ne regrette pas trop mon choix. 

L'histoire (vraie) est celle de Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio, très bien), jeune trader new-yorkais, qui débute sa carrière à la fin des années 1980. Alors qu'il est en pleine ascension, chaperonné par l'expérimenté Mark Hanna (Matthew McConaughey, incroyable), un krach boursier provoque la faillite de son entreprise. Il va alors se reconvertir, via son nouvel emploi, dans la vente d'actions de PME. Le succès aidant, il crée alors sa propre société, Stratton Oakmont, avec son voisin et associé Donnie Azoff (Jonah Hill, déjanté). La mayonnaise prend et les affaires sont florissantes, plongeant Belfort, Azoff et leurs traders dans une folie totale, attirant les suspicions du FBI...

J'aime : 

* Le casting. Ce sont vraiment les acteurs et actrices qui portent le film de Martin Scorsese. Il faut en effet une performance assez exceptionnelle de cette troupe pour camper des personnages sans limites dans le travail, l'argent, l'alcool, la drogue, le sexe... Leonardo DiCaprio en tête bien entendu. Premier grand rôle détonnant aussi pour Margot Robbie.

* La mise en scène. Martin Scorsese colle parfaitement au train de vie de son héros, c'est ultra tonique et rythmé, avec un montage nerveux, sans aucun temps mort ou presque, où toutes les extravagances sont permises.

 * La bande originale. Comme toujours avec le cinéaste, c'est éclectique et il n'y a que du bon. Au top.

J'aime pas :

* Le scénario. Si la première partie sur la formation puis l'ascension de Jordan Belfort est assez intéressante, le reste du film est une surenchère de scènes les plus dingues les unes que les autres sur l'autodestruction du trader avec comme fil rouge l'enquête du FBI pour le coincer, pas bien passionnante.

Si la vie de Jordan Belfort est fascinante, Martin Scorsese a choisi de la traiter sous un angle presque tarantinesque, en privilégiant les frasques au mécanisme de son succès, rapidement expliqué au début du film. C'est très divertissant, merci aux acteurs, mais sur le fond, on s'ennuie quelque peu.