mercredi 13 juin 2018

Hail, Caesar ! (2016)

Grand fan des frères Coen, j'avais malheureusement raté leur dernier film au cinéma, qui me bottait grandement. Je me suis rattrapé grâce à Netflix, mais c'est la déception qui est au rendez-vous.

L'histoire raconte les péripéties d'Eddie Mannix (Josh Brolin, sobre), patron des studios de cinéma Capitol Pictures au début des années 1950, aux prises avec une succession d'événements touchant ses acteurs vedettes : Baird Whitlock (George Clooney, classique), enlevé par une cellule communiste, DeeAnna Moran (Scarlett Johansson, étonnante), qui tombe enceinte, ou encore Hobie Doyle (Alden Ehrenreich, pas mal), qui a du mal à passer du western au drame...

J'aime : 

* L'environnement. De manière générale, j'aime beaucoup les films se situant dans le passé et les reconstitutions qui en sont offertes. Ici, c'est donc le Los Angeles des années 1950 et même s'il y a peu d'extérieurs, tout est très soigné, un peu trop même parfois.

* Les décors. Cela va avec l'environnement, mais il faut souligner la beauté des reconstitutions de tournages de l'époque, âge d'or du cinéma hollywoodien. Un bien bel hommage.

* Le casting. Je crois qu'il n'y a jamais eu autant de stars dans un film des frères Coen. Outre ceux déjà cités, on retrouve Jonah Hill, Tilda Swinton (dans un double rôle de jumelles magnifique), Ralph Fiennes, l'incontournable Frances McDormand ou encore Channing Tatum. Tout ce petit monde est assez épatant même pour des interventions courtes.

J'aime pas : 

* Le scénario. Les histoires dépeintes par les frères Coen sont souvent très originales et loufoques, mais celle-ci est un peu décevante. L'idée de départ était plutôt bonne, mais les méchants ne sont pas très intéressants et les histoires parallèles, bien que rigolotes, parasitent un peu le fil rouge.

* Le rythme. Le film se déroule en une succession de saynètes pas vraiment dynamiques, le duo s'attardant souvent sur des détails. Parfois c'est drôle, parfois non. Cette lenteur généralisée provoque l'ennui.

Entre hommage et parodie aux grands studios du Hollywood des années 1950, les frères Coen se sont quelque peu perdus, malgré la participation d'une kyrielle de vedettes sympas. Le film n'est pas mauvais en soi, mais manque cruellement d'énergie.

jeudi 8 mars 2018

Slam - Tutto per una ragazza (2016)

Il m'arrive rarement de voir des films italiens. Celui-ci, signé Andrea Molaioli, est une comédie fraîche et sympathique, adaptation fidèle du roman de Nick Hornby ("Slam") mais transposée à Rome (au lieu de Londres).

L'histoire est celle de Samuele (Ludovico Tersigni, très bien), un ado romain de 16 ans, fan absolu du skateur Tony Hawk dont il lit et relit l'autobiographie à longueur de journée. Il a une relation très proche avec sa mère (Jasmine Trinca, bien), qui l'a eu elle-même à 16 ans et l'a élevé seule par la suite. Lors d'une fête, Samuele rencontre Alice (Barbara Ramella, pas mal). Ils sortent ensemble avant que le garçon ne décide de la quitter sans raison, s'inspirant une nouvelle fois d'un épisode de la vie de son idole. Un jour, elle le rappelle, elle est enceinte de lui...

J'aime : 

* Le scénario. Si l'histoire est somme toute banale, l'originalité se retrouve notamment dans la structure de son récit, fidèle au roman, avec les bonds dans le futur de Samuele (sous la forme de rêve) après le premier tiers du film. Le scénario pose aussi de nombreuses questions réalistes sur les grossesses adolescentes et leurs conséquences, ce qui n'est pas commun pour autant dans ce genre de films.

* Les dialogues. Un humour très subtil, vaguement Allenien, est distillé tout au long du film et débouche sur des bouts de scène très drôles, souvent aux dépens du lunaire Samuele et on trouve pire encore avec son meilleur ami skateur aux cheveux longs, constamment à côté de la plaque.

* Le casting. Pas du tout familier du cinéma italien, je ne connais aucun des acteurs, mais la partition est bonne et bien interprétée. Ils rendent tous leur personnage sympathique et attachant, même le père de Samuele, qui a montré le mauvais exemple à son fils mais n'en est pas vraiment tourmenté pour autant. Il est sympa aussi que Tony Hawk ait accepté de lire lui-même les passages de son autobiographie en voix off.

* Les décors. Certes, on voit le Colisée, mais pour le reste, pas de clichés touristiques pour le film tourné dans une Rome et ses alentours du quotidien.

J'aime pas : 

* Pas de grand reproche à faire. Les flash-forward néanmoins donnent l'impression que le film est plus long qu'il ne l'est.

"Slam" prouve qu'on peut très bien adapter un roman étranger et le situer dans son propre pays avec un très bon résultat. Andrea Molaioli a ainsi signé une comédie pour ados pas bête du tout, drôle et divertissante. Grazie !

samedi 3 mars 2018

In Bruges (2008)

J'avais entendu beaucoup de bien de ce premier film du Britannique Martin McDonagh, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le voir. C'est chose faite et ce n'est pas aussi génial que je ne le pensais.

L'histoire se déroule donc à Bruges, en Belgique. Les deux tueurs à gages irlandais Ken (Brendan Gleeson, très bien) et Ray (Colin Farrell, excellent) s'y planquent après une mission qui a mal tourné à Londres. Le second y a tué accidentellement un enfant. En attendant les prochaines instructions de leur chef, Harry (Ralph Fiennes, pas mal), ils tuent le temps en visitant la ville. Si Ken est ravi de faire du tourisme, Ray, lui, s'ennuie à mourir...

J'aime : 

* Les décors. Comme son personnage d'Harry pour trouver une planque à ses flingueurs, c'est après un séjour touristique à Bruges que Martin McDonagh a eu l'idée d'y situer un film. Une initiative originale pour un polar qui nous donne à voir une ville magnifique et dont l'atmosphère glaciale et brumeuse de l'hiver ajoute à installer l'ambiance désirée par le cinéaste.

* Le casting. Le duo mal assorti de tueurs à gages fonctionne parfaitement, avec une mention spéciale à Colin Farrell que j'avais surtout vu dans des blockbusters et dont la présence dans ce petit film (postérieur à "Alexandre", "Miami Vice"...) est aussi sympathique que talentueuse. On sent d'ailleurs qu'il prend beaucoup de plaisir à pouvoir reprendre son accent original irlandais. On est moins fan du casting francophone (Clémence Poésy, Jérémie Rénier...), qui paraît jouer faux en anglais.

* L'humour. C'est un film 100% British (et même Irlandais) au niveau des dialogues et du scénario, c'est-à-dire qu'il est sérieux, mais le réalisateur y a distillé une bonne dose d'humour et d'absurdité dans certaines situations.

J'aime pas : 

* Le scénario. Le film n'est pas très long (1h32), mais il prend son temps et on se sent rapidement comme le personnage de Colin Farrell à attendre qu'il se passe quelque chose. Les choses finissent par s'emballer de manière surprenante dans le dernier tiers du film, mais on s'attendait à autre chose. Il ne comporte rien d'incohérent, mais cela se précipite un peu avec l'arrivée du personnage de Ralph Fiennes. La partie avec l'acteur nain ne m'a pas emballé non plus.

"In Bruges" avait tout pour atteindre l'excellence, entre le lieu original de l'intrigue et le casting (anglophone) impeccable. Mais son scénario, qui partait bien, finit par nous dérouter quelque peu avec un dénouement surprenant.

samedi 24 février 2018

The Frozen ground (2013)

Encore un film sorti directement en DVD en France, mais celui-ci présentait pas mal de potentiel grâce à son sujet et son casting principal. Malheureusement, l'inconnu au bataillon Scott Walker avait bien trop peu d'ambitions.

L'histoire, vraie, est celle du tueur en série Robert Hansen, qui a sévi sur des dizaines de jeunes femmes à Anchorage (Alaska) dans les années 1970-1980. Alors qu'il est sur le point de quitter l'Etat, le "state trooper" Jack Halcombe (Nicolas Cage, correct) s'empare d'une dernière affaire, un corps de femme retrouvé dans la forêt. Au même moment, la jeune prostituée Cindy Paulson (Vanessa Hudgens, bien) a réussi à échapper aux mains d'un maniaque sexuel. L'enquêteur parvient à lier les deux affaires et se met à traquer Robert Hansen (John Cusack, pas mal), qui correspond au profil du criminel, mais encore faut-il le prouver...

J'aime : 

* L'histoire. Elle est "fascinante" (même si c'est évidemment très morbide de dire cela), de par les méthodes de Robert Hansen et du fait, comme tant d'autres, qu'il a réussi à couvrir ses actes à ses proches notamment durant autant d'années.

* Le casting. S'il en fait un peu trop, Nicolas Cage maîtrise ce rôle de flic, tandis que John Cusack a une bonne tête de type lambda cachant un double diabolique. Mais celle qui s'en sort le mieux est encore Vanessa Hudgens dans un rôle totalement à contre-emploi de jeune femme perdue dans la prostitution glauque d'Anchorage.

* Les décors. L'Alaska est assez peu utilisée par les scénaristes américains et c'est bien dommage. Entre "Insomnia" et la fin d'"Into the wild", d'excellents films y ont été tournés. Il est intéressant ici de découvrir sa capitale et ses alentours. Cela dépayse un peu.

J'aime pas : 

* Le scénario. Scott Walker détenait une bonne histoire, mais l'a finalement réduite à un thriller ultra-classique et rondement mené. Il y a pas mal de choses qui vont pas, dont l'exploitation du personnage de Robert Hansen, réduit à son seul aspect de maniaque sexuel, presque sous-utilisé aux dépens des recherches bourrines de l'enquêteur et des mésaventures de Cindy Paulson. Il aurait notamment été intéressant d'élargir le focus au cheminement du tueur en série plutôt que de se concentrer uniquement sur une enquête finale assez rapidement conclue.

Il y avait nettement mieux à explorer donc sur les méfaits de Robert Hansen et cette double vie peu commune, mais le réalisateur s'est contenté d'un film de commande presque bâclé. Bien dommage car l'histoire et le casting étaient là.

samedi 17 février 2018

The Rewrite (2014)

Le grand retour de Hugh Grant ? Eh bien non, il faudrait aussi qu'il arrête de tourner dans les films de Marc Lawrence, spécialiste des guimauves sans âme.

L'histoire est celle de Keith Michaels (Hugh Grant, blasé), le scénariste d'un seul grand film, oscarisé, qui enchaîne depuis les échecs commerciaux. A la ramasse et quasi ruiné, son agent l'envoie dans une petite université de l'Etat de New York pour le relancer en donnant des cours sur l'écriture scénaristique. Dans un premier temps, il manque totalement d'implication en multipliant les gaffes, avant de se reprendre, soutenu par l'une de ses élèves, Holly (Marisa Tomei, pas mal)...

J'aime : 

*Le casting. Voilà un film mineur, mais doté de seconds rôles connus et de qualité qui surpasseraient presque les premiers : J.K. Simmons, Allison Janney et Chris Elliott, qui jouent tous des professeurs. Alors que Marisa Tomei est sympathique mais sous-utilisée, la grande vedette qu'est Hugh Grant joue soit un personnage assez antipathique, ce qui inhabituel, mais on dirait qu'il joue son propre rôle tellement il n'a pas l'air concerné, avec ce côté : "Qu'est-ce je fais ici ?".

*Les décors. La bonne idée, sans doute pour ne pas payer trop cher en lieu de tournage, c'est d'avoir trouvé la charmante ville de Binghamton et son université. Cela permet de découvrir un endroit un peu différent des Etats-Unis.

J'aime pas : 

*Le scénario. Dans "Music and lyrics", du même Marc Lawrence, Hugh Grant jouait le rôle d'un compositeur has been qui tentait désespérément de retrouver le succès dans la musique et allait trouver l'amour par hasard. On soupçonne alors très fortement le réalisateur d'avoir calqué cette même histoire prévisible avec cette fois Hugh Grant en scénariste has been. Quel manque d'originalité... Mais bizarrement, ici, la romance entre Keith Michaels et Holly, son élève, est très peu développée. Paresse ? En même temps, c'est ce pourquoi l'acteur britannique aurait apprécié le scénario, refusant une énième comédie romantique mièvre.

Pas étonnant que "The Rewrite" soit sorti directement en DVD en France. Pâle resucée de "Music and lyrics" dans l'univers du cinéma, Marc Lawrence signe un film fade et paresseux, mené par un Hugh Grant fatigué et aussi blasé que son personnage.

samedi 10 février 2018

20 ans d'écart (2013)

Les comédies romantiques françaises, très peu pour moi, surtout si elles datent des quinze dernière années environ, pompées de manière faiblarde sur les américaines. J'ai néanmoins tenté ce "20 ans d'écart", de David Moreau, qui sort du lot.

Vingt ans, c'est quasiment l'écart qu'il y a donc entre Alice Lantins (Virginie Efira, bien), journaliste pour le magazine féminin "Rebelle", et Balthazar (Pierre Niney, très bien), un jeune étudiant parisien qui, après un voyage en avion aux côtés de la première, se retrouve avec une clé USB qu'elle a oubliée. S'il s'entiche très rapidement de la presque quarantenaire divorcée, cette dernière est tout d'abord complètement indifférente avant qu'on ne lui conseille de s'afficher avec le jeune homme pour faire moins coincée et s'offrir la possibilité de conquérir la rédaction en chef de son magazine. Du jour au lendemain, Alice va alors sortir avec Balthazar sans que celui ne sache ce qui se cache derrière ce stratagème...

J'aime : 

* Le casting. Il donne beaucoup de valeur au film. Si Virginie Efira confirme qu'elle a du talent pour la comédie, c'est surtout Pierre Niney qui crève l'écran, à la fois gauche et tendre, parfait dans son rôle d'étudiant immature. Les seconds rôles sont inégaux, mais le meilleur est sans doute aucun Charles Berling, le père mi-séducteur mi-ringard de Balthazar. Les moins bons sont trop caricaturaux, à l'image de la rivale d'Alice.

J'aime pas : 

* Le scénario. Copié (mais assumé) sur les comédies américaines du genre, prévisible et rempli de clichés, il est heureusement bien rythmé et interprété.

"20 ans d'écart" ne sauve pas les comédies romantiques françaises, mais reste un divertissement pas désagréable servi par de bons comédiens. C'est déjà pas mal !

samedi 3 février 2018

The Meyerowitz stories (2017)

Parmi les réalisateurs que je suis particulièrement (même si j'ai raté quelques-uns de ses films), il y a Noah Baumbach. Je suis tombé par hasard sur sa dernière oeuvre, sortie directement sur Netflix.

Les Meyerowitz sont une famille new-yorkaise dont le patriarche, Harold (Dustin Hoffman, excellent), est un artiste à la retraite, aigri de ne pas obtenir la reconnaissance dont font preuve certains de ses collègues et amis. L'un de ses fils, Danny (Adam Sandler, toujours très bien dans ce type de rôle), vient emménager chez lui après s'être séparé de sa femme. Avec sa soeur, Jean (Elizabeth Marvel, bien), et son demi-frère, Matthew (Ben Stiller, pas mal), il tente de remotiver son père en l'encourageant à accepter de participer à une exposition groupée dans l'université où il enseignait.

J'aime : 

* Le casting. C'est vraiment un film d'acteurs tellement le scénario est mince. Mention spéciale à Dustin Hoffman, parfait en papy intello ronchon et déjà à moitié gaga, ainsi qu'à Adam Sandler, qui démontre une fois de plus son talent uniquement dans les films indépendants. Un peu comme Nicolas Cage, quel gâchis ! Elizabeth Marvel, qu'on a apprécié dans la série "House of Cards", est méconnaissable (dans un sens positif !).

* Les dialogues. Attention, c'est un film très bavard, à la Woody Allen. Si Noah Baumbach ne distille pas autant d'humour que son maître, dont il s'inspire très ouvertement (le film se passe à New York), les chassés-croisés de cette famille un peu dingue donnent lieu à quelques savoureuses séquences. Moins drôle que du Woody, mais très bien écrit néanmoins.

J'aime pas : 

* Le scénario. Il ne se passe jamais grand-chose non plus dans les films de Noah Baumbach, mais là, c'est assez tristounet et plat. D'autant plus longuet quand le père se retrouve à l'hôpital (même si ça rapproche les enfants et notamment les deux fils).

"The Meyerowitz stories" est passé assez inaperçu et on comprend pourquoi. Si on prend beaucoup de plaisir à voir un tel casting se rapprocher et se déchirer à la fois dans un scénario allenien, le film de Noah Baumbach manque d'épaisseur et de séquences épiques (en dehors peut-être des courts-métrages barrés de la fille de Danny).