vendredi 22 janvier 2016

The Ridiculous 6 (2015)

Oui, j'étais un peu curieux de voir à quoi ressemblerait cette parodie de western version Adam Sandler avec un tas de guests. J'ai pas été déçu, aussi nul que son titre le laisse présager.

Tommy Stockburn (Adam Sandler, qui fait son mauvais viril) vit une existence tranquille parmi une tribu amérindienne lorsque son père, Frank (Nick Nolte, bof), débarque et lui apprend qui il est. Mourant, il lui apprend qu'il a caché un coffre rempli d'argent et lui révèle son emplacement. Mais ce dernier est alors kidnappé par le gang de Cicero (Danny Trejo, correct) à qui il doit justement de l'argent. Tommy va alors se mettre en quête de payer la dette de son père en jouant les Robin des Bois, ne volant de l'argent qu'à des personnes de mauvaise intention. Au cours de son cheminement à travers l'Ouest, il va rencontrer au fur et à mesure et par hasard chacun de ses demi-frères, constituant alors les "Ridiculous 6"...

J'aime : 

* La reconstitution. J'aime beaucoup les westerns notamment pour le cachet historique des paysages de l'ouest américain. Celui-ci offre ce qu'il faut de reconstitution fidèle.

J'aime pas : 

* Le casting. En dehors de la bonne surprise Taylor Lautner qui est très drôle dans le rôle de l'un des demi-frères benêt d'Adam Sandler, il n'y a pas grand-chose à sauver des autres qui sont souvent dans la caricature grotesque. On est ainsi triste de voir notamment des pointures comme Harvey Keitel et Steve Buscemi là-dedans. Quant à Adam Sandler, il joue toujours le même personnage, quel que soit le costume. Lassant.

* Le scénario. Ce n'est évidemment pas ce qui préoccupe les producteurs et on sent que la constitution des Ridiculous 6 est même bâclée à la fin pour aller plus vite.

* L'humour. Forcément, ce n'est pas fin et on n'échappe pas aux gags scato et/ou vulgaires. Dans certains films, ça passe, là non, c'est juste lourdingue.

Les films d'Adam Sandler paraissent très variés au niveau du scénario, mais ils se suivent et se ressemblent en réalité avec toujours les mêmes personnages et acteurs d'ailleurs. Pas grand-chose à sauver de cet énième nanard qui a bien fait de rester exclusivement sur Netflix.

dimanche 17 janvier 2016

The Big Short (2015)

Jolie initiative de la part d'Adam McKay, auteur de grosses pochades (mais de qualité) américaines, qui a décidé de se lancer dans un film au sujet sérieux et polémique, avec tout de même une bonne dose d'ironie.

Son sujet ? La fameuse crise des subprimes en 2008 et comment la bulle financière avait été anticipée plusieurs années auparavant par le manager d'un hedge fund, Michael Burry - seul personnage au nom véridique - (Christian Bale, génial). Il se met alors en tête de parier contre le marché immobilier auprès des banques américaines qui le prennent pour un fou, mais acceptent son argent. Seul banquier à faire réellement attention à son idée, Jared Vennett (Ryan Gosling, bien) va proposer à un fonds "éthique" géré par l'idéaliste Mark Baum (Steve Carell, excellent) de suivre le même processus. Petit à petit, d'autres investisseurs vont s'y intéresser et attendre son effet jusqu'à ce que la crise arrive enfin, comme prévu...

J'aime : 


* Le casting. Il est royal, entre les prestations géniales de Christian Bale et Steve Carell, on a aussi, en plus sobre certes, Ryan Gosling et Brad Pitt. Tous les autres seconds rôles sont très bons également.

* La mise en scène. Adam McKay a dû piocher dans ses comédies loufoques précédentes pour insérer dans un sujet très complexe et sérieux une bonne d'humour noir et d'ironie, finalement très bien en phase avec le cynisme de toute cette histoire, souvent à l'aide de jeu face caméra, d'insertions de photos de l'American Way of Life (à la Martin Parr) ou encore d'apartés déjantés.

* Le scénario. Même complexe, on comprend globalement les enjeux et on se prend au jeu de ces différents personnages principaux poursuivant le même but, mais dans des contextes différents. Et même si l'on connaît la fin, le suspense reste entier...

* La pédagogie. Il en faut beaucoup pour comprendre le mécanisme qui a pu aboutir à la crise de 2008. Le réalisateur a pris l'option de scènes d'explications à part, jouées par une playmate ou encore Selena Gomez dans un casino... sympa !

J'aime pas : 

* Ce n'est pas de la faute d'Adam McKay, mais, malgré ses séances pédagogiques, les non-initiés en économie - et pourtant je n'en suis pas un - se noieront dans les méandres de la spéculation bancaire et surtout de ce système d'hypothèque à l'américaine.

"The Big Short" est un film de plus sur la crise des subprimes, mais il est audacieux, fort original dans sa mise en scène, et d'autant plus prenant qu'il s'appuie sur des faits et personnages réels. Une belle réussite au vu de la filmographie du cinéaste.

mardi 12 janvier 2016

The Hateful Eight (2015)

Après "Django Unchained", Quentin Tarantino récidive avec un western, mais qui se révèle être beaucoup moins une aventure qu'un huis-clos. On le regrette, même si c'est plutôt réussi quand même.

Point d'esclavagiste tyrannique cette fois, mais un chasseur de primes, John Ruth (Kurt Russell, très bon), en route pour Red Rock où il va faire pendre la criminelle Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh, remarquable). Sur son chemin enneigé du Wyoming, il va accueillir dans sa diligence deux nouveaux passagers pris par le climat : le major Marquis Warren (Samuel L. Jackson, impeccable), devenu lui aussi chasseur de primes après la fin de la Guerre de Sécession, et Chris Mannix (Walton Goggins, excellent), futur shérif de Red Rock justement. Une tempête de neige arrivant, ils se voient forcés de faire halte chez Minnie, une auberge perdue dans les montagnes. Là s'y trouvent déjà quatre autres personnages suspects...

J'aime : 


* Le casting. Avec Quentin Tarantino, c'est toujours la régalade et il n'y a ici que du très bon, au top du top. Mention spéciale à Jennifer Jason Leigh dans le seul rôle féminin parmi les huit "salopards" et à ce cher Walton Goggins, ancien de "The Shield", savoureux (malgré son changement de voix fait exprès) en shérif à la noix.

* Le scénario. Je l'ai préféré à son précédent, "Django Unchained", même si plus classique. Mais il y a cette dose d'imprévisibilité constante sur la nature réelle des personnages qui apporte beaucoup de piquant. Les dialogues sont sans doute un peu moins déjantés que d'habitude, mais cela reste bien travaillé. De même, malgré la longueur du film, les presque 3 heures passent très bien, sans ennui.

* Les décors. Certes, il n'y a en tout et pour tout que deux, mais que ce soit les paysages enneigés et l'intérieur de chez Minnie, c'est magnifique. Accessoires et costumes sont également splendides.

* La bande originale. On signalera quand même qu'elle est signée Ennio Morricone, mais le maestro, à 87 ans, est resté sobre. On est loin des envolées flamboyantes de ses compositions pour Sergio Leone.

J'aime pas : 

* Même si le huis-clos passe très bien, grâce à un scénario astucieux, on aurait d'autant plus aimé une aventure un peu plus "extérieure" avec quelques chevauchées, surtout dans ces décors.

La huitième oeuvre de Quentin Tarantino n'est sans doute pas sa meilleure, mais elle reste un délicieux divertissement, toujours avec son style bien à lui, culotté et sans complexe. On est déjà impatient de voir la prochaine !

mercredi 6 janvier 2016

Spy (2015)

Voilà une comédie qui m'avait tapé dans l'oeil grâce à sa bande-annonce loufoque. Finalement pas vu au cinéma, mais en VOD, ce qui n'est pas plus mal.

Comme son titre l'indique, nous voici au coeur d'une affaire d'espionnage. Bradley Fine (Jude Law, bien) est l'un des meilleurs agents de la CIA, formant une équipe de choc avec l'analyste Susan Cooper (Melissa McCarthy, excellente), qui l'épaule depuis Langley. Mais lors d'une mission impliquant des armes nucléaires, le premier est tué par Rayana Boyanov (Rose Byrne, qui surjoue un peu), fille d'un marchand d'armes éliminé au préalable par l'espion. De plus, celle-ci détient une liste de tous les agents de la CIA, compromettant son interpellation. Aidée par un autre agent qui entend tout de même lui mettre la main dessus, Rick Ford (Jason Statham, pas mal), Susan Cooper va alors tenter sa chance sur le terrain, profitant du fait que personne ne l'avait jamais vue avant dans ce rôle...

J'aime : 


* Le casting. Il y a du lourd, c'est le moins que l'on puisse dire, avec une Melissa McCarthy qui excelle en brave analyste malmenée par ses supérieurs et les différentes missions qui lui sont confiées. Autour d'elle, des seconds rôles plus ou moins caricaturaux, mais avec des acteurs qui se prennent au jeu et s'emploient très bien dans le second degré, se souvent moquant d'eux-mêmes au final.

* Le scénario. La trame principale est vraiment très banale avec cette traque pour une arme nucléaire, mais ce n'est évidemment pas là-dessus que se joue le film. La vraie bonne idée, c'est donc de balancer Melissa McCarthy et son physique pas du tout adapté dans cette aventure musclée et dynamique. Cela fonctionne très bien et donne lieu à quelques savoureux moments.

J'aime pas : 

* La durée. Le film dure bien 2 heures et c'est beaucoup trop. Il se traîne souvent en longueur, devenant presque interminable, et on frôle souvent l'ennui.

* L'humour. Globalement, c'est drôle quand même, il y a quelques séquences hilarantes, mais elles semblent avoir toutes été rassemblées dans la bande-annonce... On n'échappe donc pas à beaucoup de choses beaucoup moins subtiles, voire vulgaires.

Paul Feig a donc eu une excellente idée de départ, avec une Melissa McCarthy géniale pour interpréter sans complexe Susan Cooper, mais le résultat est malheureusement souvent long et boursouflé. Il aurait gagné à perdre quelques kilos...

dimanche 27 décembre 2015

Star Wars Episode VII : The Force awakens (2015)

Enfin. Certes, je n'ai pas non plus plongé dans l'hystérie collective provoquée par les bande-annonces à répétition défilant depuis des semaines sur les réseaux sociaux, mais j'étais assez heureux et impatient tout de même de voir ce nouvel épisode de la célèbre saga de George Lucas, d'autant que les premiers avis paraissaient positifs. Et, en effet, la mission est accomplie.

L'histoire reprend donc 30 ans après l'épisode VI. Luke Skywalker, le dernier des Jedi, a disparu et deux camps sont à sa recherche : le Premier Ordre, successeur de l'Empire Galactique de Dark Vador, qui veut l'exterminer, et la Résistance, qui entend le rappeler afin de vaincre ce nouvel empire du mal, dirigé par l'infâme Snoke. Pour le retrouver, différents éléments d'une carte sont à assembler dont un bout a été confié par un pilote de la Résistance à son robot, BB-8, alors qu'il était capturé par des forces du Premier Ordre sur la planète Jakku. Le droïde va alors être recueilli par la jeune Rey (Daisy Ridley, excellente), chasseuse d'épaves. Elle sera bientôt rejoint par Finn (John Boyega, très bien), un jeune stormtrooper qui a décidé de fuir le Premier Ordre en libérant le pilote de la Résistance. Ensemble et mis au courant de la carte détenue par BB-8, ils vont tenter d'entrer en contact avec la Résistance...

J'aime : 

* L'univers. C'est l'un des grands attraits de ce nouvel épisode, pouvoir se replonger dans la galaxie Star Wars avec tous ses personnages, bons comme méchants, connus ou nouveaux. Il y a ici bien tout le bestiaire : des humains, des robots, des mutants, des monstres...

* Le scénario. La première partie avec la découverte des nouveaux personnages, qui prend plutôt son temps, est meilleure que la seconde, où tout se précipite un peu pour boucler l'épisode. La trame serait aussi la même que l'épisode IV, soit, mais cela n'est pas bien grave, c'est chouette quand même.

* Le casting. Mention spéciale au duo de nouveaux héros, Daisy Ridley et John Boyega, qui font une excellente entrée dans l'aventure, frais et dynamiques. Le nouveau méchant, Kylo Ren (Adam Driver), est lui moins convaincant, plus classique. Grand plaisir à revoir également les historiques Carrie Fisher, Harrison Ford (même si rouillé) et Mark Hamill...

* La mise en scène. Chapeau à J.J. Abrams qui, à l'image de son casting, a su apporter beaucoup de fraîcheur et de vigueur à sa suite, en utilisant un maximum de "vrais" décors et d'effets spéciaux "naturels" plutôt que du fond vert permanent. On ne s'ennuie jamais !

J'aime pas : 

* Il s'agit de détails, quelques raccourcis dans la dernière partie et aussi quand même un Harrison Ford un peu pataud et du coup cabotin...

Une pression phénoménale pesait sur les épaules de J.J. Abrams à la sortie de ce 7e épisode de la saga Star Wars, mais le cinéaste s'en est royalement sorti, autant en restant bien dans le cadre avec tout ce qu'il faut de respect et de références à l'oeuvre passée qu'en ajoutant sa patte avec quelques innovations scénaristiques bienvenues. Bravo !

mardi 22 décembre 2015

Manhattan (1979)

Je continue mes visionnages des films du grand Woody. Cette fois, c'est son chef d'oeuvre, parmi les plus cités, "Manhattan". On peut dire que les éloges sont plutôt mérités...

Isaac (Woody Allen, parfait) est scénariste pour des émissions à sketchs à la télévision, mais cela se passe mal, il veut être écrivain. Côté coeur, c'est compliqué, il sort avec une lycéenne de 17 ans, Tracy (Mariel Hemingway, correcte), ce qui ne rassure pas pour autant cet éternel angoissé, tandis que son ex-femme, Jill (Meryl Streep, très bien), l'a quitté pour unE autre et compte sortir un livre racontant en détails sa rupture d'avec Isaac. Son meilleur ami, Yale (Michael Murphy, bien), trompe lui sa femme avec Mary (Diane Keaton, excellente), une journaliste qu'Isaac déteste au premier abord avant de tomber amoureux d'elle à son tour...

J'aime : 

* Le casting. Même s'il prend aussi en fonction des vedettes du moment, Woody Allen peut toujours compter sur des acteurs de choix et sait les insérer dans son univers. Là, on est quand même en 1979 et c'est de tout premier choix avec de grosses pointures féminines comme Diane Keaton et Meryl Streep. Michael Murphy n'a pas forcément fait une grosse carrière derrière, mais il est bon aussi. Evidemment, le Woody acteur vole la vedette à tout le monde dans son rôle préféré d'éternel séducteur bavard et angoissé.

* Le scénario. Comme toujours, les vaudevilles de l'ami Woody sont assez sommaires au niveau de l'histoire en elle-même, mais cela fonctionne systématiquement grâce à sa science des dialogues et de l'humour. Impossible de résister.

* L'environnement. New York, c'est sa maison à Woody Allen et grâce à un superbe boulot de son directeur de la photographie, le rendu, en noir et blanc, est magique, avec de nombreuses scènes mythiques, dont celle de Woody Allen et Diane Keating assis sur un banc face au pont de Brooklyn.

J'aime pas : 

* Pas grand chose à reprocher à part une Mariel Hemingway un peu mécanique et il faudra que je le revois avec sous-titres histoire de bien capter toutes les subtilités des dialogues.

Je crois qu'il me faudra encore voir bien d'autres films de Woody Allen pour décréter que "Manhattan" est bien son chef d'oeuvre, mais qu'il fasse partie de ses meilleurs jusque-là, je suis plutôt d'accord. Il y a clairement tout ce qui fait de lui un cinéaste à part dedans.

mercredi 9 décembre 2015

A Very Murray Christmas (2015)

Pour les fêtes de fin d'année, Sofia Coppola et Bill Murray nous ont concoctés une courte comédie musicale sympathique, à déguster avec légèreté.

Tout le casting ou presque joue son propre rôle. Et ce cher Bill Murray (parfait) est la tête d'affiche d'un show télévisé de Noël qui va vite tourner au fiasco en raison d'une tempête de neige qui s'abat sur New York et empêche les invités de s'y rendre... L'acteur fait alors le tour des lieux pour s'adonner à quelques numéros musicaux en présence notamment de Chris Rock, Phoenix, Jason Schwartzman, Miley Cyrus ou encore George Clooney...

J'aime : 

* Le casting. Il donne un énorme poids à la fête. Autour de Bill Murray, cela va de George Clooney et Chris Rock à Amy Poehler et Michael Cera, en passant par Miley Cyrus, Phoenix, Chris Rock et Jason Schwartzman... Chacun est dans son registre et a surtout l'air de prendre beaucoup de plaisir. C'est communicatif.

* La bande originale. N'oublions pas qu'il s'agit d'une comédie musicale, donc cela chante plus que cela ne parle (heureusement d'ailleurs). Comme c'est Noël, la thématique des chansons n'y échappe pas et quelques grands classiques américains (pas toujours connus de nous d'ailleurs) sont revisités par les acteurs. Très charmant.

* Le scénario. Il est réduit à la portion congrue, forcément, mais les séquences se suivent plutôt bien, de manière fluide et avec un minimum de cohérence.

J'aime pas : 

* L'humour. C'est la petite pointe de déception. Les quelques moments censés être drôles sont assez téléphonés et rarement subtils, les dialogues tombant plutôt à plat. On sent que cela a été un peu bâclé au détriment des séquences musicales.

"A Very Murray Christmas" est très satisfaisant sur plusieurs points : l'aspect musical, cette excellente bande d'acteurs, ce côté sans prétention... mais il lui manque des dialogues intermédiaires travaillés pour en faire une véritable étoile de Noël. On le met quand même en bas du sapin, c'est déjà ça.