vendredi 6 mars 2015

A Million ways to die in the west (2014)

Deux ans après la bonne surprise "Ted", Seth McFarlane est de retour avec un long-métrage, parodiant cette fois le western. Malgré de bons gags et quelques savoureux clins d'oeil, ce n'est ni très original ni très trépidant.

Nous voici donc à la fin du 19e siècle dans le grand ouest américain où vit Albert Stark (Seth McFarlane, correct), modeste éleveur de moutons vivant avec ses parents. Sa vie tranquille tourne mal lorsque Louise (Amanda Seyfried, bien), sa petite amie, le quitte pour Foy (Neil Patrick Harris, cool), commerçant pédant de leur petite ville. Après une altercation entre les deux hommes, un duel est convenu pour les départager. Sauf que Foy est un excellent tireur et Albert, tout le contraire. Heureusement vient de débarquer en ville la belle aventurière Anna Barnes-Leatherwood (Charlize Theron, très bien), femme du terrible Clinch Leatherwood (Liam Neeson, pas mal) qui, avec sa bande, terrorise la région. Anna va alors prendre Albert sous son aile et le former au tir avant que son mari n'arrive à son tour...

J'aime : 

* L'humour. C'est quand même la première chose que l'on vient chercher dans un film de Seth McFarlane. Et on est pas mal servi avec moult running gags (le pauvre Edward et sa fiancée prostituée) et autres clins d'oeil, dont le plus savoureux implique Christopher Lloyd... On est moins fan du pipi-caca (surtout caca).

* Le casting. Si Seth McFarlane n'est pas inoubliable, il est très bien entouré, notamment par des acteurs pas tant habitués que ça aux comédies (Charlize Theron, Amanda Seyfried, Liam Neeson) et qui s'y adaptent très bien. Le couple Giovanni Ribisi-Sarah Silverman fonctionne également très bien, très drôle.

* La reconstitution. S'il y a sans doute pas mal de fonds verts, les décors, naturels ou non, sont très beaux.

J'aime pas :

* Le scénario. Certes, ce n'est donc pas ce qu'on vient chercher dans ce genre de films, mais il est vraiment d'une banalité sans nom et il n'y a pas assez de gags pour qu'on l'oublie.

* Le rythme. "A Million ways to die in the west" est quand même aussi un western, alors il n'y a pas que de la comédie, il y a un peu d'aventures. Sauf que tout ce qui n'est pas "drôle" en soi, particulièrement les moments romantiques aussi, est mollasson. Comme dans "Ted".

La dernière oeuvre de Seth McFarlane est un bon divertissement, une valeur sûre on dira pour se payer une bonne tranche de rire, mais elle est loin d'être géniale non plus. On attend la prochaine !

mercredi 25 février 2015

Clouds of Sils Maria (2014)

Je ne suis pas très film d'auteur français. Parfois, il faut bien s'y coller, alors voici mon premier long-métrage d'Olivier Assayas, fidèle à la réputation des films d'auteur français...

En route pour la Suisse où elle doit recevoir un prix en l'honneur du dramaturge Wilhelm Melchior, la célèbre comédienne Maria Enders (Juliette Binoche, parfaite) apprend dans le train que celui-ci vient de décéder. Plusieurs mois plus tard, elle s'engage à jouer dans une nouvelle adaptation de la pièce de Wilhelm Melchior qui l'avait révélée étant jeune, sauf que cette fois-ci, elle jouera le rôle de la femme plus âgée qui lui faisait face à l'époque. Pour préparer le rôle, Maria Enders décide de séjourner dans la maison de l'auteur, à Sils-Maria (Suisse), aidée de son assistante personnelle, Valentine (Kristen Stewart, excellente)...

J'aime : 

* Le casting. C'est avant tout un film d'actrices, avec un étonnant duo Juliette Binoche-Kristen Stewart qui fonctionne mieux qu'on aurait pu le penser. Il y a un savoureux contraste entre la "classique" française (qui joue en anglais la majorité du temps) et la "moderne" ou plutôt "actuelle" américaine. Et les deux jouent parfaitement leur partition.

* L'environnement. Ce n'est pas vraiment un film d'extérieur, mais les quelques scènes dehors le sont dans de splendides décors suisses et on est heureux de découvrir ce magnifique phénomène du "serpent de Maloja".

* Le scénario. L'actrice et son assistante qui finissent par se confondre avec les deux personnages féminins de la pièce qu'elles répètent donne un résultat intéressant. Il y a aussi ces "coulisses" de la vie d'acteur qui n'est pas sans intérêt non plus.

J'aime pas : 

* "Clouds of Sils Maria" rassemble les "défauts", selon moi bien entendu, des "films d'auteur" français : long, bavard (et pas toujours accessible) et austère.

Le dernier film d'Olivier Assayas vaut surtout, dans un joli cadre original, pour son très joli duo d'actrices dont la complémentarité puis l'opposition offre une relation d'où ressort une réflexion tout à fait intéressante.

vendredi 20 février 2015

Despicable Me (2010)

Un dessin-animé, ça faisait longtemps. "Despicable Me" est coréalisé par un Français, Pierre Coffin (avec Chris Renaud), et c'est une bonne nouvelle parce que c'est un film plutôt sympa, qui a mérité son succès.

L'affreux héros s'appelle Gru (voix de Steve Carell, excellent). Il vit en solitaire avec son chien, son assistant, le docteur Néfario, et ses employés, des milliers de petits ouvriers jaunes à un ou deux yeux appelés minions. C'est un peu le champion des méchants mondiaux jusqu'à ce que débarque un petit nouveau, Vector (voix de Jason Segel, bien), qui surpasse tout le monde en volant la pyramide de Gizeh. Humilié, Gru décide de voir plus grand en volant la lune. Pour cela, il lui faut un pistolet réducteur qu'il va dérober en Corée du Nord, mais Vector passe encore par là et s'en empare. Ne pouvant entrer chez ce dernier pour le lui reprendre, Gru décide d'adopter trois petites filles orphelines, Margot, Edith et Agnes, seules à pouvoir pénétrer chez Vector grâce aux cookies qu'elles vendent à domicile. Nul doute que les trois fillettes vont changer la vie de Gru...

J'aime : 

* Les personnages. Très bien doublés, ils sont plutôt réussis, de l'irascible Gru aux trois fillettes sympas (surtout les deux plus petites). Mais mention spéciale à Vector et aux formidables minions.

* Le scénario. Il est assez original et on ne s'ennuie pas.

* L'humour. Outre les références "adultes" appréciées, les gags sont sympas.

J'aime pas : 

* Un poil trop de mièvrerie, dans le sens où Gru n'est finalement pas aussi méchant qu'il devrait l'être et qu'il devient un peu trop rapidement "gentil" dans l'histoire.

Si "Despicable Me" doit en effet beaucoup à ses minions, il est quand même globalement un très bon dessin-animé, original et drôle. On aurait tout de même aimé qu'il soit plus mordant pour être parfaitement fidèle à son titre.

samedi 31 janvier 2015

Shame (2011)

Bon, on arrête les films sortis directs en DVD, voici une oeuvre bien plus conséquente, ma première de Steve McQueen. Y a du talent, un vrai style, peut-être un peu trop ?

L'histoire est celle de Brandon (Michael Fassbender, très bien), cadre new-yorkais souffrant d'addiction sexuelle, qu'il alimente virtuellement ou réellement, profitant de son charme indéniable. Mais cette routine cachée va être mise à jour lorsque débarque sa soeur Sissy (Carey Mulligan, excellente). Brandon tente bien de se sortir de ses tourments, mais il est bien difficile de se débarrasser aussi facilement d'une addiction...

J'aime :

* Le scénario. Il est assez mince au final, mais traite parfaitement ce cercle vicieux que peut être une quelconque addiction et la difficulté de s'en séparer. La replongée est d'autant plus difficile...

* Le casting. Pour interpréter les quelques personnages principaux très bien écrits, des acteurs de talent, Michael Fassbender en tête, parfait en séducteur à la fois pathétique et profondément humain, presque attachant. Carey Mulligan est épatante en soeur paumée et fragile.

* L'environnement. A l'instar de l'appétit sexuel démesuré de Brandon, austère et mécanique, Steve McQueen filme le tout dans un New York hivernal, froid et chic. Beau.

J'aime pas : 

* Si le cinéaste nous gratifie d'un vrai style, à la fois sec et fluide, il nous impose parfois des longueurs stylistiques inutiles, notamment cette scène d'amour à trois qui n'en finit plus.

"Shame" porte bien son nom et est un excellent film, qui exprime bien une addiction dont on parle peu et sans non plus tomber dans la facilité voyeuriste. Mais Steve McQueen va parfois un peu loin dans l'esthétisme et plombe un peu son oeuvre qui reste par ailleurs admirable, notamment parce qu'elle est servie par de fabuleux acteurs.

mardi 6 janvier 2015

Easy A (2010)

Damn it, encore un film sorti directement en DVD en France ! Et, une fois de plus, cela peut se comprendre, malgré la jolie performance d'Emma Stone dans ce "teen movie" un peu original, mais ennuyeux.

Toute l'histoire tourne autour d'Olive (Emma Stone, bien), ado discrète de son lycée, qui, pour se libérer de la dure pression d'être encore vierge, va faire croire à sa meilleure amie, Rhiannon (Alyson Michalka, bof), qu'elle a enfin franchi le pas. Tout l'établissement va rapidement le savoir et Olive va alors s'enfoncer dans une série de mensonges, laissant penser qu'elle couche avec tout le monde et passant ainsi désormais pour une dépravée...

J'aime : 

* Le scénario. Difficile d'être original dans le domaine du "teen movie". Après la vague "American Pie" et ses copies souvent horribles, les choses ont commencé à changer. Bon exemple avec ce "Easy A" dont l'histoire, sur le papier, paraît bien futile, mais qui se révèle un peu plus subtile que cela, avec surtout le personnage d'Olive. Bien que jolie, elle ressemble à la géniale Daria, personnage de dessin-animé misanthrope qui détestait ses congénères du lycée. Mais revenons au fil rouge qui s'avère pas mal, cette succession de mensonges qui lui retombent dessus alors que c'est pour le bien de ses camarades.

* Le casting. C'est inégal, mais Emma Stone est très à l'aise, et on retrouve quelques bons seconds rôles tels que Dan Byrd qui joue l'ami gay, les parents loufoques (Stanley Tucci et Patricia Clarkson), le prof de littérature sympa (Thomas Haden Church) et sa compagne, qui bosse aussi dans l'éducation et jouée par Lisa Kudrow qui n'a l'air de ne plus jouer que ce genre de rôle.

J'aime pas : 

* Le rythme. Le problème principal de "Easy A", c'est un sacré manque d'action je dirais, ça tourne beaucoup en rond sans avancer vraiment et à l'image d'Olive, on sait plus très bien ce que veut dire le film à la fin. Le dénouement est d'ailleurs particulièrement bâclé.

"Easy A" n'a malheureusement pas démérité sa sortie directe en DVD en France. Bien que sortant un peu du lot avec une Emma Stone convaincante, tous ceux qui l'entourent (surtout les filles) sont caricaturaux et le tout n'est pas assez divertissant. Trop cérébral pour un "teen movie" !

samedi 3 janvier 2015

Le Petit Nicolas (2009)

Comme beaucoup, je m'attendais au pire concernant cette adaptation du génial livre de Sempé et Goscinny. Mais le film de Laurent Tirard est plutôt une agréable surprise...

"Le Petit Nicolas" étant une série d'histoires courtes, le réalisateur a pris le partie d'en prendre une en fil rouge (la naissance du petit frère de Joachim) et de distiller tout au long du film divers autres épisodes. Ainsi, au cours des années 1950, on retrouve Nicolas (Maxime Godart, pas mal) et ses fidèles camarades de l'école, élaborant un plan pour se débarrasser du futur petit frère que le jeune garçon croit qu'il va avoir...

J'aime : 

* Le casting. C'est l'une des grandes réussites du film, trouver d'excellents enfants acteurs. Si Nicolas est peut-être le moins réussi au final (mais rôle compliqué car sans particularité comparé aux autres), ses camarades sont au top, mention spéciale au génial cancre Clotaire et à l'intello Agnan. Du côté des adultes, tout le monde est juste, de Kad Merad et Valérie Lemercier en parents à Sandrine Kiberlain en institutrice en passant par Daniel Prévost en patron.

* Les dialogues. Comme la narration, ils collent aux livres et on se réjouit qu'Alain Chabat ait participé à leur écriture afin d'assurer une belle fidélité.

* La reconstitution. C'est sans doute un poil trop léché, mais les années 1950 sont joliment reconstituées, des intérieurs aux extérieurs.

J'aime pas :

* Le scénario. Si l'on reconnaît les différents épisodes du "Petit Nicolas" réunis dans un même film, il est vrai que le tout manque globalement de rythme et d'insolence peut-être. On a l'impression que les personnages enfants du long-métrage sont plus sages que leurs homologues des livres. De plus, en raison sans doute du casting prestigieux côté adultes, une place assez importante leur est donnée, alors que ce ne sont pas les scènes les plus drôles.

S'il aurait ainsi pu être un peu plus corsé, "Le Petit Nicolas" de Laurent Tirard reste quand même une adaptation sympa des livres de Sempé et Goscinny, qui devrait plaire à tous les enfants et parents. Aucun sacrilège n'a été commis, c'est bien là le principal !

vendredi 2 janvier 2015

Flypaper (2011)

Encore un film sorti directement en DVD en France. Et on ne s'en étonne pas vraiment après visionnage de cette comédie policière bien confuse...

L'histoire se déroule entièrement dans une banque braquée au même moment par deux équipes différentes de malfaiteurs. D'un côté, Darrien (Mekhi Phifer, pas mal), Rupert (Matt Ryan, bof) et Weinstein (John Ventimiglia, correct), trois pros hyper équipés, de l'autre, Peanut Butter (Tim Blake Nelson, qui joue toujours aussi bien les abrutis) et Gelly (Pruitt Taylor Vince, bien), un duo de bikers à la noix. Après une première opposition, ils se mettent d'accord pour dérober leur butin chacun de leur côté, mais il faut encore s'occuper des otages parmi lesquels figurent notamment le très agité Tripp (Patrick Dempsey, cabotin à mort) et la belle employée Kaitlin (Ashley Judd, molle)...

J'aime : 

* Le scénario. Si je n'aime pas vraiment les huis-clos, celui-là est plutôt rythmé, avec pas mal de rebondissements et de chausses-trappes. Rob Minkoff, le réalisateur, a beau avoir surtout dirigé des films d'animation pour enfants ("Stuart Little", "The Lion King"), il a cette fois une histoire un peu plus complexe à présenter. Chacun des personnages ou presque a ses petits secrets et les choses s'avèrent plus alambiquées qu'on ne le croit au départ. Parfois trop malheureusement.

J'aime pas :

* Le casting. Certes, c'est une comédie, mais on sent que tout le monde n'y met pas du sien, notamment les personnages principaux. Patrick Dempsey en fait des tonnes dans l'hystérie et son personnage est même particulièrement agaçant. Quant à Ashley Judd, qu'on a connu plus gracieuse, elle est comme absente.

* Le ton. C'est une comédie, mais il y a quand même quelques morts, sans que cela ne change ce ton bizarre, grotesque et agité. Bref, Rob Minkoff ne sait pas vraiment sur quel pied danser et le spectateur que je suis est un peu confus.

Je crois que finalement, ce qui est le plus gênant dans "Flypaper", c'est le personnage de Patrick Dempsey. Electron libre, il résout à lui tout seul l'énigme principale grâce à sa seule maladie mentale et la bêtise des braqueurs. L'acteur en fait tellement que cela le rend bien gonflant et on ne passe pas forcément un très bon moment devant cette petite comédie de braquage.