mercredi 22 mars 2023

Knives Out (2019)

J'étais passé à côté de ce film de Rian Johnson, loin de ses œuvres de science-fiction précédentes. Mais je me devais de le voir avant d'enchaîner sur sa suite, "Glass Onion". Plaisante découverte. 

L'histoire est celle d'Harlan Thrombey (Christopher Plummer, très bien), célèbre auteur de romans policiers, qui est retrouvé mort dans sa propriété, la gorge tranchée, laissant penser à un suicide. Le détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig, malheureusement doté d'un accent bien trop forcé) est engagé pour faire la lumière sur son décès. Il ne croit pas que le riche écrivain se soit donné la mort et va alors enquêter sur ses différents enfants et petits-enfants qui ont tous quelque chose à cacher...

J'aime :

* Le casting. On est presque chez Wes Anderson ! Outre Daniel Craig et Christopher Plummer, cités plus haut, on retrouve également Jamie Lee Curtis, Ana de Armas, Don Johnson, Chris Evans, Toni Collette ou encore Michael Shannon. Tous délicieux, la troupe semblant s'amuser autant que nous.

* Le scénario. Bel hommage à Agatha Christie ici avec un détective au nom francophone et une enquête plus complexe qu'elle n'en a l'air avec cette foule de personnages d'une même famille tous autant suspects les uns que les autres. 

* Les décors. C'est quasiment un huis-clos dans cette magnifique bâtisse avec son intérieur raffiné correspondant parfaitement à son hôte écrivain.

J'aime pas :

* L'accent du sud des Etats-Unis pris par Daniel Craig est malheureusement aussi perturbant - car on est tellement habitué à l'avoir vu avec son véritable accent British de James Bond - qu'agaçant - proche de l'imitation. Et c'est le personnage principal...

Intrigue policière à l'ancienne très bien ficelée par Rian Johnson, "Knives Out" est un essai particulièrement réussi dans le genre. Malgré mon bémol sur l'accent de Daniel Craig, c'est un régal de voir tous ces comédiens et comédiennes à l’œuvre.

samedi 25 février 2023

Cry Macho (2021)

Même si je suis moins fan des derniers films de Clint Eastwood, j'ai toujours la curiosité de les regarder. Ayant eu une bonne surprise avec "The Mule", je voulais voir ce qu'il en était de ce "Cry Macho". Tout le contraire malheureusement. 

L'histoire est celle de Mike Milo (Clint Eastwood, égal à lui-même), ancienne gloire du rodéo que l'ancien patron appelle à l'aide. Il mandate le vieillard pour aller récupérer son jeune fils, Rafael (Eduardo Minett, nul), séquestré par sa mère, Leta (Fernanda Urrejola, caricaturale), au Mexique. Un long voyage semé d'embûches commence...

J'aime : 

 * Les décors. Si le tournage n'a en réalité jamais quitté les frontières américaines, les paysages du sud des Etats-Unis sont bien semblables aux mexicains et sont magnifiques.

* La photographie. Ben Davis est plutôt un habitué des films de super-héros et c'est sa première collaboration avec Clint Eastwood. Elle est réussie avec une belle mise en valeur des décors précités.

J'aime pas :

* Le scénario. Aussi prévisible que mince, il n'apporte rien de nouveau au genre, gâché même par le casting.

* Le casting. Clint Eastwood donne ses dernières forces de dur solitaire au coeur tendre avec un certain panache, mais il est bien trop âgé pour le rôle et on craint que sa grande carcasse squelettique ne finisse par craquer à chaque effort. A ses côtés, le jeune Eduardo Minett joue faux de bout en bout et Fernanda Urrejola, qu'on ne voit heureusement qu'au début, nous achève bien tôt par son jeu de télénovela. Autre second rôle, Natalia Traven est elle plus délicate et sensible (même si on se demande comment son personnage peut tomber amoureux aussi vite d'un vieux croûton).

* La mise en scène. Elle est sommaire et presque bâclée, avec nombre de séquences absurdes (notamment celles avec ce fameux coq...).

Il n'y a plus qu'à espérer que Clint Eastwood ait encore l'énergie de retenter sa chance avec un autre film que celui-ci, vieille commande négligée une première fois puis repassée par d'autres mains avant les siennes. Il mérite vraiment mieux pour achever une carrière si riche et prestigieuse.

mercredi 15 février 2023

Rocketman (2019)

Le Britannique Dexter Fletcher avait terminé "Bohemian Rhapsody" après le renvoi de Bryan Singer. Un an plus tard, il passait de Queen à Elton John avec un nouveau biopic sous contrôle de sa star. Dommage.

L'histoire est donc celle de Reginald Dwight (Taron Egerton, excellent), ce jeune pianiste prodige qui deviendra Elton John. Nous le suivons de sa jeunesse jusqu'à sa résurrection dans les années 1980 après une période délicate, malgré son succès immense, marquée par les excès de drogue et d'alcool. 

J'aime : 

* La bande originale. Le film ne va pas au-delà des années 1980, mais on a déjà droit à un petit best of sympa des chansons d'Elton John. Elles sont interprétées par Taron Egerton lui-même avec brio.

* La reconstitution. Que ce soit le physique, les costumes extravagants d'Elton John ou les lieux et scènes qu'il a fréquentés, tout est très bien restitué.

* Le casting. Taron Egerton crève l'écran, bien plus que Rami Malek en Freddie Mercury je trouve, avec de bons seconds rôles dont Bryce Dallas Howard dans le rôle de la mère d'Elton John.

J'aime pas :

* Le scénario. La volonté de faire de ce biopic une véritable comédie musicale fait qu'on ne sait pas vraiment séparer la vérité de la fiction et que, malgré la flamboyance des scènes musicales, le film en devient limite ennuyeux. 

Si Elton John ne cache pas ses sérieux problèmes d'alcool et de drogue dans "son" film, dont le fil rouge est d'ailleurs un cercle de parole de toxicomanes, il nous propose son "Bohemian Rhapsody" à lui. Avec un meilleur interprète, mais n'apportant pas plus de crédibilité car trop lisse et clinquant. Reste Taron Egerton et les morceaux éternels.

vendredi 3 février 2023

The Menu (2022)

Je n'avais pas franchement envie d'aller voir ce film au cinéma, mais j'y ai été traîné. Pas de bonne surprise malheureusement de la part de Mark Mylod, plus connu pour avoir dirigé des épisodes de séries et dont c'est d'ailleurs une oeuvre de commande (un autre réalisateur était prévu à l'origine). 

L'histoire est celle d'un petit groupe de personnes (critiques gastronomiques, couples, traders...) se rendant sur une île abritant un restaurant gastronomique. Le propriétaire et chef renommé, Julian Slowik (Ralph Fiennes, bien), leur a préparé un menu exclusif, mais le dîner ne va pas se passer exactement comme les convives l'avaient imaginé...

J'aime :

* Le casting. Face à un Ralph Fiennes glaçant à souhait, Anya Taylor-Joy, émancipée de "The Queen's Gambit", lui tient parfaitement tête. Le reste de la troupe est moins connu (et convaincant), en dehors de John Leguizamo, très à l'aise dans le rôle d'un acteur has been.

* La mise en scène. Il y a des huis-clos moins réussis, mais celui-ci a au moins le mérite d'être bien dirigé.

* Les décors. Les lieux, froids et épurés, correspondent parfaitement à la personnalité de Julian Slowik. Et au-delà de ça, les plats, réalisés par un(e) vrai(e) chef(fe), sont superbes.   

* Le scénario. L'idée de départ est excellente et originale, mais...

J'aime pas :

* On soupire face à une avalanche d'invraisemblances ("tout ça pour ça", se dit-on à la fin), un ton jamais vraiment assumé et bancal entre thriller et comédie, et une passivité des personnages face à ce qui les attend franchement irritante. 

Si l'enrobage (décors, mise en scène et casting) donne envie, le mets servi par Mark Mylod nous reste sur l'estomac et on frôle l'indigestion.

mercredi 11 janvier 2023

Two Mules for Sister Sara (1970)

Voilà un western avec Clint Eastwood dont je n'avais jamais entendu parler avant de le voir. Signé de son fidèle acolyte Don Siegel, il a un onctueux goût de spaghetti ! 

L'histoire est celle d'Hogan (Clint Eastwood, fidèle à son personnage flegmatique), mercenaire solitaire, qui, lors d'une mission au Mexique, tombe sur une nonne, Sara (Shirley MacLaine, très bien), capturée par trois bandits. Après l'avoir libérée, il accepte de l'escorter jusqu'à un camp de révolutionnaires mexicains en lutte contre l'occupation française car ce sont ceux-là mêmes pour qui il travaille.

J'aime :

* Le scénario. Il n'est pas bien complexe, mais son contexte (qui fait partie d'une histoire de France méconnue !) est original et il ne manque pas de rebondissements (cette bonne soeur est bien spéciale...).

* Le casting. Clint Eastwood connaît sa partition par coeur en cow-boy calme et pragmatique, ici tout de même très vite attiré par cette drôle de nonne jouée par une Shirley MacLaine enjouée et intrépide.

* La bande originale. Ce n'est pas formellement un western spaghetti, mais ça y ressemble ne serait-ce que grâce à la musique tonitruante et superbe d'Ennio Morricone, toujours bien présente. 

* Les décors. Le film a bien été tourné là où il se déroule, au Mexique, et les paysages sont magnifiques, tout comme les reconstitutions (malgré une foule d'anachronismes concernant les armes à ce que j'ai lu).

J'aime pas :

* Rien à signaler si ce n'est quelques longueurs peut-être sur la fin et l'attaque du fort français.

Une grande partie de la filmographie de Clint Eastwood m'est encore inconnue, donc j'avance et j'ai été bien heureux de le découvrir une fois de plus dans ce genre qui, je trouve, lui va le mieux : le western.

lundi 19 décembre 2022

My Policeman (2022)

Film Amazon, "My Policeman" donne une fois de plus une occasion à Harry Styles d'approfondir sa récente carrière d'acteur. Il est dirigé ici par Michael Grandage, homme de théâtre britannique. 

L'histoire est celle de Marion (Emma Corrin dans sa version jeune, très bien) et Tom (Harry Styles dans sa version jeune, pas mal), couple britannique à la retraite qui accueille chez lui Patrick (David Dawson dans sa version jeune, excellent), un vieil ami qui se remet d'une crise cardiaque. Marion a décidé de s'en occuper malgré le refus de Tom. Les deux hommes ont eu une intense relation amoureuse à la fin des années 1950 alors que l'homosexualité était illégale... 

J'aime : 

* Le casting. Si on peut réclamer encore plus d'expérience dans les rôles dramatiques de la part d'Harry Styles, on est conquis par les prestations de ses partenaires à l'écran, David Dawson et Emma Corrin, formidables. Leur version "âgée" (Rupert Everett, Linus Roache et Gina McKee respectivement) est tout aussi convaincante. 

* La photographie. Dans une ambiance toute britannique, souvent humide et simple, voire austère parfois, elle est douce et délicate, offrant un saisissant contraste avec la radieuse et belle séquence à Venise. 

* Les décors. On apprécie particulièrement l'atmosphère feutrée de la Grande-Bretagne des années 1950, encore lourde de tabous et de principes. Celle des années 80-90 est moins folichonne.

* Le scénario. Adaptée d'un roman de 2012 de Bethan Roberts, l'histoire est originale et poignante.

J'aime pas :

* La présentation de l'histoire à travers des allers-retours entre passé et présent, entre ce que savait Marion et ce qu'elle découvre, est parfois confuse et a pu nous perdre. De même, si la mise en scène est globalement très juste, celle de la révélation des sentiments de Tom pour Patrick à Marion, lorsque le second est interpellé, est totalement ratée (et ne met d'ailleurs pas Harry Styles en valeur). 

Beaucoup de bonnes choses dans "My Policeman", avec une relation interdite et un triangle amoureux filmés avec délicatesse par Michael Grandage, mais des problèmes de structure du récit et de mise en scène nous laisse sur notre faim.  

mardi 25 octobre 2022

Ticket to paradise (2022)

Est-ce le grand retour des comédies romantiques anglo-saxonnes ? C'est en tout cas l'objectif du méconnu britannique Ol Parker avec ce film sauvé par son couple vedette. 

L'histoire est celle de Lily (Kaitlyn Dever, correcte), jeune Américaine tout juste sortie de l'université, qui s'en va fêter son diplôme avec sa meilleure amie Wren (Billie Lourd, rigolote) à Bali. Là, la première tombe amoureuse d'un jeune Balinais, Gede (Maxime Bouttier, pas mal), et décide de tout plaquer pour rester vivre sur place. Elle convie alors ses parents divorcés, Georgia (Julia Roberts, très bien) et David (George Clooney, très bien aussi), pour le mariage. Ces deux derniers se détestent, mais vont devoir collaborer pour empêcher l'union d'avoir lieu...

J'aime :

* Le casting. Oh on n'évite pas un peu de cabotinage de la part du couple star Roberts-Clooney, mais cela reste un vif plaisir de les retrouver ensemble, particulièrement dans ce jeu à se tirer dans les pattes de manière vache et souvent drôle. Puis ils finissent par se lâcher dans une sympathique séquence de beer pong. Evidemment, ils écrasent totalement leurs principaux partenaires de jeu, bien plus jeunes et mièvres. 

* Les décors. La majeure partie du film a été tournée dans le magnifique Etat du Queensland, en Australie, mais le subterfuge fonctionne, sauf lors de plans larges (un coucher de soleil qui fait bien fake à un moment) tournés à Bali, mais sans le casting.

J'aime pas : 

* Le scénario. On a rarement vu plus prévisible. Même si la plupart des comédies romantiques sont elles aussi tissées de grosses ficelles, les meilleures réservent quelques fausses pistes et rebondissements. Ici, tout est cousu de fil blanc, on sait tout ce qu'il va se passer à l'avance ou presque. Ce ne sont plus des ficelles, mais des cordes. Cela limite donc fortement l'intérêt de l'histoire et les différentes petites aventures connues par les protagonistes sont loin d'être exaltantes.

Si Ol Parker a tout de même réussi son pari de redonner le sourire aux spectateurs en cette période post-pandémie, il le doit nettement plus à ses deux têtes d'affiche qu'à son histoire préfabriquée sans aucune surprise malgré de bien jolis décors de carte postale.