mardi 25 octobre 2022

Ticket to paradise (2022)

Est-ce le grand retour des comédies romantiques anglo-saxonnes ? C'est en tout cas l'objectif du méconnu britannique Ol Parker avec ce film sauvé par son couple vedette. 

L'histoire est celle de Lily (Kaitlyn Dever, correcte), jeune Américaine tout juste sortie de l'université, qui s'en va fêter son diplôme avec sa meilleure amie Wren (Billie Lourd, rigolote) à Bali. Là, la première tombe amoureuse d'un jeune Balinais, Gede (Maxime Bouttier, pas mal), et décide de tout plaquer pour rester vivre sur place. Elle convie alors ses parents divorcés, Georgia (Julia Roberts, très bien) et David (George Clooney, très bien aussi), pour le mariage. Ces deux derniers se détestent, mais vont devoir collaborer pour empêcher l'union d'avoir lieu...

J'aime :

* Le casting. Oh on n'évite pas un peu de cabotinage de la part du couple star Roberts-Clooney, mais cela reste un vif plaisir de les retrouver ensemble, particulièrement dans ce jeu à se tirer dans les pattes de manière vache et souvent drôle. Puis ils finissent par se lâcher dans une sympathique séquence de beer pong. Evidemment, ils écrasent totalement leurs principaux partenaires de jeu, bien plus jeunes et mièvres. 

* Les décors. La majeure partie du film a été tournée dans le magnifique Etat du Queensland, en Australie, mais le subterfuge fonctionne, sauf lors de plans larges (un coucher de soleil qui fait bien fake à un moment) tournés à Bali, mais sans le casting.

J'aime pas : 

* Le scénario. On a rarement vu plus prévisible. Même si la plupart des comédies romantiques sont elles aussi tissées de grosses ficelles, les meilleures réservent quelques fausses pistes et rebondissements. Ici, tout est cousu de fil blanc, on sait tout ce qu'il va se passer à l'avance ou presque. Ce ne sont plus des ficelles, mais des cordes. Cela limite donc fortement l'intérêt de l'histoire et les différentes petites aventures connues par les protagonistes sont loin d'être exaltantes.

Si Ol Parker a tout de même réussi son pari de redonner le sourire aux spectateurs en cette période post-pandémie, il le doit nettement plus à ses deux têtes d'affiche qu'à son histoire préfabriquée sans aucune surprise malgré de bien jolis décors de carte postale.

mardi 27 septembre 2022

Don't Worry Darling (2022)

Je ne souhaitais pas spécialement voir le second film d'Olivia Wilde, mais la bande-annonce était assez intrigante donc je me suis laissé tenter.

L'histoire est celle d'Alice (Florence Pugh, très bien) et Jack Chambers (Harry Styles, un peu fade), jeune couple heureux et amoureux qui vit, dans les années 1950, au coeur de Victory. Il s'agit d'un complexe résidentiel sous forme d'oasis idyllique au coeur du désert dans lequel les femmes assurent les tâches ménagères tandis que les hommes travaillent pour le mystérieux Frank sur des projets secrets. Alice va commencer à douter des bienfaits de ce paradis lorsque l'une de ses voisines, Margaret, se met à avoir un comportement étrange...

J'aime :

* Les décors. La reconstitution de cette cité californienne des années 1950 est somptueuse, tout comme costumes, accessoires ou encore voitures. Tous les lieux du film existent et sont impressionnants.

* La bande originale. On a droit à une foule d'excellents morceaux d'époque, ajoutant à nous plonger dans cette atmosphère 50's.

* Le casting. Avec ses airs de Virginie Efira, Florence Pugh est particulièrement impressionnante, avec cette évolution de comportement, de l'intense joie de vivre à l'insoutenable combat, seule contre tous, pour la vérité. A ses côtés, Harry Styles est bien joli mais manque encore de densité. Le reste du casting, dont Chris Pine ou les autres "Desperate Housewives" de Victory, est autrement plus consistant.

J'aime pas :

* Le scénario. Comme redouté, le film d'Olivia Wilde ressemble à plusieurs autres, à "Get Out" notamment. Puis il laisse franchement sur sa faim avec un dénouement, certes surprenant, mais sans clés pour comprendre ce qu'il se cachait derrière ce fameux projet Victory.

Comment un film aussi beau esthétiquement et musicalement peut-il nous décevoir? La faute à un scénario qu'on trouvera passablement bâclé dans ses largeurs. Dommage.

mercredi 31 août 2022

Elvis (2022)

Je ne suis pas particulièrement fan du style Baz Luhrmann (c'est le premier film de lui que je vois), mais j'aime plutôt bien Elvis Presley, enfin sa musique, idole de mes idoles. Donc j'ai cédé, sans être surpris du résultat.

L'histoire retrace la carrière flamboyante d'Elvis Presley (Austin Butler, pas mal) du point de vue de son mentor et manager, le colonel Parker (Tom Hanks, très bien). Ce dernier a tenu la carrière du King d'une main de fer - mais pas toujours, comme on le voit -, lui apportant beaucoup de réussites comme de malheurs...

J'aime :

* La bande originale. Une bonne partie des succès d'Elvis Presley y passe et c'est que du bon. Mention spéciale à son incroyable interprétation d'"Unchained Melody", sur scène quelques semaines avant sa mort, qui clôt le film. D'abord avec Austin Butler puis les images originales. Il n'y avait pas mieux comme conclusion. A noter que j'ai bien aimé aussi les versions modernisées (hip-hop notamment) de certains vieux morceaux qui vont bien avec le style du film. 

* Le casting. Si Austin Butler s'en sort bien, ne serait-ce que physiquement, mais est un peu trop dans l'imitation côté vocal, Tom Hanks est impeccable sous les kilos du colonel Parker, aussi malin que cynique. Le reste des rôles secondaires, la plupart australiens, fait bien le job. 

* Le scénario. La bonne idée, c'était de montrer la vie d'Elvis Presley via le regard de celui qui l'a "fait", le colonel Parker, montrant les coulisses d'une carrière mouvementée et surtout contrôlée par cet entourage parfois toxique. Jusqu'à ce que le King perce, la structure est assez linéaire avant de s'attarder seulement sur quelques épisodes importants (son grand retour en 1968 et sa permanence à Las Vegas). 

* Les décors. Un poil trop factice, collant avec l'univers du cinéaste, la reconstitution est néanmoins impressionnante. Admirable d'autant plus que tout ou presque a été réalisé en Australie.

J'aime pas :

* Le montage. Si cela se calme au fur et à mesure que le film avance, Baz Lurhmann nous balance frénétiquement de nombreuses images dès l'introduction avec beaucoup d'informations difficiles à digérer aussi rapidement. A l'image des décors, tout est aussi très polissé manquant d'authenticité.

A l'image de "Bohemian Rhapsody" ou encore "Rocketman" (pas encore vu), "Elvis" n'échappe pas à cette mode de faire des biopics d'artistes de manière à moitié fantasmée et grandiloquente. Ce sont presque des comédies musicales. Il y a beaucoup de bonnes choses dans le film de Baz Luhrmann, mais, si le colonel Parker en prend pour son grade, il n'a gardé que les paillettes ou presque pour le King, en faisant une figure sans doute un peu trop christique.

jeudi 25 août 2022

The Man from Toronto (2022)

Après deux opus de "The Hitman's Bodyguard" - j'avais bien aimé le premier, l'Australien Patrick Hughes semble se spécialiser dans les films d'action humoristiques avec des duos mal assortis. C'est de nouveau le cas ici sauf que ce n'est franchement pas une réussite.

L'histoire est celle de Teddy (Kevin Hart, qui joue constamment le même rôle), coach de gym au rabais qui rêve d'une vie d'entrepreneur à succès, mais finit par se faire virer de son club. Il décide de cacher la nouvelle à sa femme et l'emmène pour un séjour romantique pour son anniversaire. Alors qu'il la laisse au spa afin d'aller préparer leur airbnb, Teddy se trompe d'adresse et tombe sur une scène de torture. Les hommes de main croient qu'il est "l'homme de Toronto", un fameux tueur à gages... 

J'aime : 

* Le casting. J'aime assez Woody Harrelson, qui joue le vrai "homme de Toronto", donc j'ai surtout regardé pour lui. Le rôle était prévu pour Jason Statham (ce qui fait tout à fait sens), ce qui ne m'aurait, au contraire, pas donné envie de voir le film. Le duo est complété par Kevin Hart, pile électrique et hystérique qui n'est pas désagréable, loin de là, mais on l'a déjà vu 100 fois dans ce type de rôle.

* L'action. On a un expert aux manettes en la personne de Patrick Hughes et les scènes de bagarre et autres bravoures sont variées et souvent drôles.  

J'aime pas :

* Le scénario. C'est tout de même le plus important (enfin souvent !). Jouant donc sur cette éternelle base de deux personnes que tout oppose mais qui devront collaborer, il est alambiqué et guère passionnant. On a même l'impression que le film est très long alors qu'il ne l'est pas tant que ça. 

"The Man from Toronto" fait malheureusement partie de ces films "jetables" dont je suis incapable de donner les détails après l'avoir vu car je l'ai rapidement oublié. Histoire, acteurs, c'est vu et revu, merci de revenir avec plus original.

vendredi 12 août 2022

The Goonies (1985)

Il m'a fallu bien du temps pour voir ce fameux film d'aventures culte des années 1980 réalisé par Richard Donner juste avant "Lethal Weapon". Ce n'est pas l'envie qui me manquait, mais, malgré son statut, je n'étais tombé sur aucune diffusion télévisuelle jusque-là. C'est rectifié, mais je n'ai pas été totalement convaincu.

L'histoire est celle d'une bande de jeunes amis, se faisant appeler les "Goonies", menée par Mikey (Sean Astin, tout jeune et bien), qui, pour éviter que leur hameau ne soit rasé par des promoteurs immobiliers, vont partir en quête d'un trésor pirate caché près de leur village de la côte Ouest américaine. Hélas, ils tomberont sur une famille de malfaiteurs, les Fratelli, qui va leur donner du fil à retordre...

J'aime : 

* Le casting. S'ils sont tous très bons, avec chacun leur caractère, tous les "Goonies" ne connaîtront pas le même succès par la suite. Les plus en réussite seront Sean Astin et Josh Brolin, qui jouent les deux frères Walsh, ou encore, seulement durant les années 1980, Corey Feldman ("Mouth"). A contrario, Ke Huy Quan (qui joue "Data") était lui déjà connu pour son rôle inoubliable l'année précédente dans "Indiana Jones and the Temple of Doom". Jeff Cohen ("Chunk"), très drôle, aurait mérité meilleur destin. Le reste de la troupe, dont les "méchants", fait bien l'affaire aussi. 

* Le scénario. Signé de l'expert Chris Columbus, il est rondement mené. Si je suis un peu ennuyé par le début et la fin du film, tout ce qu'il y a au milieu est aussi haletant que sympathique.

* L'action. C'est une belle aventure, remplie d'embûches, à la Indiana Jones et ses pièges tous plus inventifs les uns que les autres. 

* L'environnement. Le lieu de l'histoire est bien choisi, très pittoresque, mais on regrette juste des décors parfois un peu moins aboutis que dans Indiana Jones justement pour ce qui est des scènes dans les grottes.

J'aime pas :

* J'ai mis un peu de temps à rentrer dans le film car il est longuet à se mettre en place à la suite de l'introduction sur l'évasion des frères Fratelli. Les jeunes Goonies arrivent les uns après les autres dans une ambiance bavarde et confuse. Quant au dénouement, sans le dévoiler, il est un poil mièvre, nous rappelant que ce ne sont que des enfants.

Si j'ai tout de même passé un très bon moment devant un film qui a, c'est normal, un peu vieilli, je me faisais sans doute trop d'illusion en raison de son statut. J'ai préféré "Young Sherlock Holmes", sorti quelques mois plus tard avec la même équipe (Columbus-Spielberg) aux manettes (Barry Levinson remplaçant Richard Donner derrière la caméra). 

jeudi 28 juillet 2022

Incroyable mais vrai (2022)

Quentin Dupieux est un artiste original, qui a débuté dans la musique électronique avant de s'essayer au cinéma avec une réputation et un succès de plus en plus grand. Il a le mérite d'avoir un style très personnel, avec des films totalement déroutants à l'humour absurde, qui ne m'attiraient pourtant pas tellement jusqu'à maintenant. Sa dernière oeuvre en date est donc ma première. 

L'histoire est celle de Marie (Léa Drucker, pas mal) et Alain (Alain Chabat, fidèle à lui-même), couple heureux sans problèmes qui désire être propriétaire en banlieue. Leur agent immobilier les convainc d'acheter une maison dotée d'une mystérieuse trappe dans la cave. Ce qu'elle renferme va changer leur vie... 

J'aime :

* Le scénario. On peut compter sur Quentin Dupieux pour mettre en scène ses idées les plus délirantes. Ici, sans être totalement extravagant mais tout de même drôle et intéressant, il propose deux histoires parallèles. Celle de la maison d'Alain et Marie donc, et celle de leurs amis Gérard et Jeanne, que je ne dévoilerai pas non plus en détails. 

* Le casting. Evidemment on adore Alain Chabat, mais mention spéciale à Anaïs Demoustier (Jeanne), très drôle en petite amie légèrement cagole de Benoît Magimel (Gérard, le patron d'Alain), beauf et vantard, lui aussi très bien. Petite déception donc de la part de Léa Drucker, un peu à l'écart de ce trio et au personnage moins tonitruant. 

* La bande originale. Elle est tirée d'un obscur disque que Quentin Dupieux jure être le seul à posséder, d'un certain Jon Santo qui joue du Bach sur synthé. Elle colle tout à fait à l'atmosphère décalée du film.

J'aime pas :

* Le dénouement. Le réalisateur décide à un moment de terminer son oeuvre sans plus aucun dialogue, sur une longue séquence musicale, tel un roman photo animé, où on assiste à la conclusion de manière presque accélérée. Un peu dommage car il y avait largement de quoi exploiter la situation dans laquelle se retrouve Jeanne, d'autant que le film est court (1h14 seulement). 

Simple et efficace, "Incroyable mais vrai" ne serait néanmoins pas le meilleur Dupieux. On peut le comprendre tant on reste sur notre faim malgré les rires provoqués par l'histoire loufoque concoctée par le cinéaste. On en aurait volontiers pris un peu plus.

jeudi 16 juin 2022

Top Gun : Maverick (2022)

Même si c'est loin d'être mon préféré, "Top Gun" est un film qui a marqué ma vie, car c'est, dans mon souvenir, le premier que j'ai pu voir. J'avais 5-6 ans et mon voisin, l'un de mes premiers amis, en était un grand fan et regardait la VHS en boucle. Je n'attendais pas particulièrement cette suite, signée du peu connu Joseph Kosinski, mais la curiosité ainsi que les bonnes critiques m'ont encouragé à y aller. 

Nous retrouvons donc plus de trente ans plus tard Pete "Maverick" Mitchell (Tom Cruise, qui renfile parfaitement sa combinaison), qui a refusé les promotions dans la Navy pour continuer à piloter. Désormais pilote d'essai, il est envoyé à "Top Gun" afin de former un commando de jeunes pilotes de chasse dans le but de détruire une installation nucléaire dans un "Etat voyou". Une mission plus complexe qu'il n'y paraît...

J'aime :

* L'action. Je crois que c'est ce qui est le plus frappant dans le film, des scènes d'aviation à couper le souffle, avec des acteurs qui ont réellement expérimenté ces sensations. Du grand art.

* Le casting. Evidemment, le film est fait pour servir Tom Cruise, qui semble prendre beaucoup de plaisir à reprendre ce rôle. On est heureux de revoir le quelque peu oublié Jon Hamm et surtout le très diminué Val Kilmer, pour une unique scène très émouvante avec Tom Cruise (et où on sent que rien n'est feint, c'est de l'émotion pure). Du côté des apprentis pilotes, c'est banal mais assez éclectique (la diversité est respectée avec au moins une femme, un afro-américain et un latino, mais ce sont les deux WASP, bien caricaturaux, surtout Glen Powell, qui sont mis en avant). Et puis il y a la faire-valoir féminine Jennifer Connelly, qui prend assez inutilement la place de Kelly McGillis dans les bras de Tom Cruise.

* Le scénario. Comme le premier épisode, il ne casse pas des briques, mais, malgré un schéma assez prévisible, il est plutôt malin (Maverick va-t-il reprendre du service ?) et plus spectaculaire qu'on ne s'y attend. 

J'aime pas :

* La mise en scène. Dès la toute première scène, Joseph Kosinski rend hommage au "Top Gun" de Tony Scott et les plans en forme de clins d'oeil - virées à moto sans casque, la séance de sport au coucher du soleil, les échanges virils... - se multiplient tout au long du film. A ne surtout pas regarder au premier degré, sinon c'est écoeurant.

* L'ennemi. N'ayant plus de Soviétiques sous la main, les scénaristes ont préféré laissé un gros flou sur la nation hostile visée. Vu cette histoire d'enrichissement d'uranium, on imagine assez facilement l'Iran. Si on peut admettre que son nom ne soit pas cité pour ne pas provoquer ses foudres, le minimum aurait été de proposer un décor approprié. Là, on devine tout de suite que cela a été tourné en Amérique du Nord. On se croirait dans "MacGyver" quand les épisodes se déroulant en Amérique centrale étaient tournés au Canada... Cheap.

Malgré cette célébration de l'armée américaine attendue mais à laquelle on n'était plus habitué, ce manque de rigueur pour les décors étrangers et ces hommages stylistiques qui frôlent le remake, le retour de Tom Cruise dans sa combinaison de pilote de chasse est tout de même une réussite. On en prend plein les yeux et c'est tout ce qu'on avait demandé.