jeudi 28 juillet 2022

Incroyable mais vrai (2022)

Quentin Dupieux est un artiste original, qui a débuté dans la musique électronique avant de s'essayer au cinéma avec une réputation et un succès de plus en plus grand. Il a le mérite d'avoir un style très personnel, avec des films totalement déroutants à l'humour absurde, qui ne m'attiraient pourtant pas tellement jusqu'à maintenant. Sa dernière oeuvre en date est donc ma première. 

L'histoire est celle de Marie (Léa Drucker, pas mal) et Alain (Alain Chabat, fidèle à lui-même), couple heureux sans problèmes qui désire être propriétaire en banlieue. Leur agent immobilier les convainc d'acheter une maison dotée d'une mystérieuse trappe dans la cave. Ce qu'elle renferme va changer leur vie... 

J'aime :

* Le scénario. On peut compter sur Quentin Dupieux pour mettre en scène ses idées les plus délirantes. Ici, sans être totalement extravagant mais tout de même drôle et intéressant, il propose deux histoires parallèles. Celle de la maison d'Alain et Marie donc, et celle de leurs amis Gérard et Jeanne, que je ne dévoilerai pas non plus en détails. 

* Le casting. Evidemment on adore Alain Chabat, mais mention spéciale à Anaïs Demoustier (Jeanne), très drôle en petite amie légèrement cagole de Benoît Magimel (Gérard, le patron d'Alain), beauf et vantard, lui aussi très bien. Petite déception donc de la part de Léa Drucker, un peu à l'écart de ce trio et au personnage moins tonitruant. 

* La bande originale. Elle est tirée d'un obscur disque que Quentin Dupieux jure être le seul à posséder, d'un certain Jon Santo qui joue du Bach sur synthé. Elle colle tout à fait à l'atmosphère décalée du film.

J'aime pas :

* Le dénouement. Le réalisateur décide à un moment de terminer son oeuvre sans plus aucun dialogue, sur une longue séquence musicale, tel un roman photo animé, où on assiste à la conclusion de manière presque accélérée. Un peu dommage car il y avait largement de quoi exploiter la situation dans laquelle se retrouve Jeanne, d'autant que le film est court (1h14 seulement). 

Simple et efficace, "Incroyable mais vrai" ne serait néanmoins pas le meilleur Dupieux. On peut le comprendre tant on reste sur notre faim malgré les rires provoqués par l'histoire loufoque concoctée par le cinéaste. On en aurait volontiers pris un peu plus.

jeudi 16 juin 2022

Top Gun : Maverick (2022)

Même si c'est loin d'être mon préféré, "Top Gun" est un film qui a marqué ma vie, car c'est, dans mon souvenir, le premier que j'ai pu voir. J'avais 5-6 ans et mon voisin, l'un de mes premiers amis, en était un grand fan et regardait la VHS en boucle. Je n'attendais pas particulièrement cette suite, signée du peu connu Joseph Kosinski, mais la curiosité ainsi que les bonnes critiques m'ont encouragé à y aller. 

Nous retrouvons donc plus de trente ans plus tard Pete "Maverick" Mitchell (Tom Cruise, qui renfile parfaitement sa combinaison), qui a refusé les promotions dans la Navy pour continuer à piloter. Désormais pilote d'essai, il est envoyé à "Top Gun" afin de former un commando de jeunes pilotes de chasse dans le but de détruire une installation nucléaire dans un "Etat voyou". Une mission plus complexe qu'il n'y paraît...

J'aime :

* L'action. Je crois que c'est ce qui est le plus frappant dans le film, des scènes d'aviation à couper le souffle, avec des acteurs qui ont réellement expérimenté ces sensations. Du grand art.

* Le casting. Evidemment, le film est fait pour servir Tom Cruise, qui semble prendre beaucoup de plaisir à reprendre ce rôle. On est heureux de revoir le quelque peu oublié Jon Hamm et surtout le très diminué Val Kilmer, pour une unique scène très émouvante avec Tom Cruise (et où on sent que rien n'est feint, c'est de l'émotion pure). Du côté des apprentis pilotes, c'est banal mais assez éclectique (la diversité est respectée avec au moins une femme, un afro-américain et un latino, mais ce sont les deux WASP, bien caricaturaux, surtout Glen Powell, qui sont mis en avant). Et puis il y a la faire-valoir féminine Jennifer Connelly, qui prend assez inutilement la place de Kelly McGillis dans les bras de Tom Cruise.

* Le scénario. Comme le premier épisode, il ne casse pas des briques, mais, malgré un schéma assez prévisible, il est plutôt malin (Maverick va-t-il reprendre du service ?) et plus spectaculaire qu'on ne s'y attend. 

J'aime pas :

* La mise en scène. Dès la toute première scène, Joseph Kosinski rend hommage au "Top Gun" de Tony Scott et les plans en forme de clins d'oeil - virées à moto sans casque, la séance de sport au coucher du soleil, les échanges virils... - se multiplient tout au long du film. A ne surtout pas regarder au premier degré, sinon c'est écoeurant.

* L'ennemi. N'ayant plus de Soviétiques sous la main, les scénaristes ont préféré laissé un gros flou sur la nation hostile visée. Vu cette histoire d'enrichissement d'uranium, on imagine assez facilement l'Iran. Si on peut admettre que son nom ne soit pas cité pour ne pas provoquer ses foudres, le minimum aurait été de proposer un décor approprié. Là, on devine tout de suite que cela a été tourné en Amérique du Nord. On se croirait dans "MacGyver" quand les épisodes se déroulant en Amérique centrale étaient tournés au Canada... Cheap.

Malgré cette célébration de l'armée américaine attendue mais à laquelle on n'était plus habitué, ce manque de rigueur pour les décors étrangers et ces hommages stylistiques qui frôlent le remake, le retour de Tom Cruise dans sa combinaison de pilote de chasse est tout de même une réussite. On en prend plein les yeux et c'est tout ce qu'on avait demandé.

mercredi 1 juin 2022

Coupez ! (2022)

J'aime beaucoup Michel Hazanavicius et les critiques dithyrambiques m'ont convaincu d'aller voir son nouveau film, remake du japonais "Kamera o tomeru na !". Néanmoins, je n'avais pas lu non plus les détails qui en font un long-métrage atypique et la bande-annonce ne le laisse pas présager. J'ai donc eu la surprise et c'est encore mieux donc je vais tenter de ne pas trop en dire non plus...

L'histoire débute sur le tournage d'un film de zombies bon marché réalisé par un cinéaste excentrique (Romain Duris, excellent), mais les conditions sont chaotiques et il s'avère que le lieu est hanté par une malédiction...

J'aime : 

* Le scénario. Si donc, comme moi, on ne sait pas ce qu'il va se passer, il est d'autant plus surprenant et cela en bien ! On est particulièrement décontenancé par la première demi-heure et puis... Une structure plutôt originale en trois parties, qui fonctionne bien. Par ailleurs, si Michel Hazanavicius propose un remake très fidèle de l'original (avec même une actrice japonaise dans le même rôle), il a évidemment adapté certains éléments pour le "franciser", mais pas toujours, et cela rend le tout encore plus drôle.

* L'humour. C'est très déconcertant car la première partie est franchement lourdingue, mais en devient hilarante dans la dernière partie quand on comprend le stratagème. Et ce final offre un pur moment de bonheur où l'on ne s'arrête plus de rire comme des baleines. 

* Le casting. Romain Duris mène le show en réalisateur raté de films "rapides, pas chers et dans la moyenne", mais il est entouré d'une très chouette troupe dont la fidèle épouse du réalisateur, Bérénice Bejo, les jeunes Finnegan Oldfield et Matilda Lutz, que je découvre, ou encore les toujours excellents Grégory Gadebois et Jean-Pascal Zadi.

J'aime pas :

* Les décors. Ils sont assez simplistes et monotones, mais c'est le contexte qui veut ça. Il faut quand même se les farcir quasiment tout le film. 

Après l'échec du "Prince oublié", Michel Hazanavicieus est de retour avec un film bien plus modeste et surtout complètement inattendu, remake certes et d'un genre qu'il n'affectionne pas, mais d'une remarquable drôlerie et ingéniosité. Courez(-y) !

lundi 23 mai 2022

The Weekend away (2022)

Les plates-formes de streaming produisent de plus en plus d'oeuvres fortes et puis parfois aussi des petits films sans intérêt. Ce thriller, issu de Netflix et réalisé par l'inconnue australienne Kim Farrant, fait partie de la seconde catégorie. 

L'histoire est celle de deux amies anglo-saxonnes, Beth (Leighton Meester, pas mal) et Kate (Christina Wolfe, correcte), qui se retrouvent en vacances à Split, en Croatie. Elles sortent en boîte de nuit dès le premier soir, rencontrent deux hommes, se disputent... Le lendemain, alors que Beth ne se souvient plus de ce qu'il s'est passé lors de cette nuit agitée, Kate est portée disparue puis retrouvée morte dans la mer...

J'aime :

* Les décors. La ville de Split est magnifique et cela donne vraiment envie d'y aller.

J'aime pas :

* Le scénario. D'abord, la recette de "The Hangover" (grosse cuite et on essaye de reconstituer ce qui a bien pu se passer la nuit précédente) est éculée, même si là, ce n'est pas une comédie. Certes, "The Weekend away" est aussi plein de rebondissements, jusque même la scène finale, mais les ficelles sont grosses et tout y est désespérément prévisible (l'hôte Airbnb qui sent le sociopathe à 1000 km en exemple notable). 

* Le casting. Rien de catastrophique, mais aucune actrice ou acteur vraiment charismatique pour des personnages bien trop caricaturaux.

"The Weekend away" est un peu comme ces romans d'été qu'on oublie sitôt la rentrée effectuée. Tous les codes du thriller sont respectés, mais il ne laissera aucun souvenir une fois visionné. Dommage parce que le lieu de tournage est splendide.

mardi 17 mai 2022

Maigret (2022)

Encore un film que je n'aurais sans doute pas été voir si je n'avais été invité à l'avant-première (en présence de son réalisateur, Patrice Leconte). Mais je n'ai pas regretté de l'avoir vu.

Il s'agit de l'adaptation de "Maigret et la jeune morte", de Georges Simenon. L'histoire se déroule à Paris dans les années 1950. Une jeune femme en robe de soirée est retrouvée morte, sans document d'identité sur elle. Le commissaire Maigret (Gérard Depardieu, très bien), qui mène l'enquête, va devoir trouver non seulement qui l'a tuée mais d'abord qui elle était...

J'aime : 

* Le scénario. Une enquête classique, mais pas si évidente et intéressante, avec des personnages authentiques et charismatiques.

* Le casting. Gérard Depardieu en impose avec sa carrure à la fois massive et tranquille, mais aussi pétri d'incertitudes et de doutes. Il se fond impeccablement dans ce rôle, tout en maîtrise et sobriété. Il éclipse allègrement tous les seconds rôles, tenus par des comédiennes et comédiens peu connu(e)s mais solides.

* La reconstitution. Patrice Leconte n'a pas voulu non plus faire un film musée donc cela reste minimal, mais bien fait. 

* L'atmosphère. On aime ce Paris sombre et brumeux des années 1950 d'où la silhouette de Maigret surgit à tout moment.

J'aime pas :

* Rien à signaler.

Patrice Leconte ne révolutionne pas le genre. Il voulait faire son "Maigret" et il l'a fait de manière honnête et populaire, avec un excellent Gérard Depardieu. A voir !

jeudi 5 mai 2022

Chicago (2003)

La comédie musicale n'est pas vraiment mon genre préféré, mais j'ai été tellement époustouflé par "Chicago" à Broadway que j'ai décidé de voir dans la foulée l'adaptation cinématographique, qui a révélé Rob Marshall. Pas aussi bien, forcément, mais on passe tout de même un bon moment.

L'histoire se déroule donc à Chicago dans les années 1920 et met en scène deux artistes de cabaret accusées de meurtre : la jeune et ambitieuse Roxie Hart (Renée Zellweger, excellente) et la star incontestée Velma Kelly (Catherine Zeta-Jones, bien). Leur rivalité va s'accentuer jusque dans les tribunaux où elles sont défendues par le roi des avocats Billy Flynn (Richard Gere, très bien). Eviteront-elles la peine de mort ?

J'aime :

* La bande originale. C'est forcément l'attrait principal d'une comédie musicale et les chansons de "Chicago" sont fabuleusement entraînantes, ça swingue à souhait.

* Le casting. J'étais très curieux de voir comment se débrouilleraient un trio d'acteurs que je n'avais personnellement jamais entendu chanter et j'ai été assez impressionné, car ce sont bien eux qui interprètent leurs morceaux. C'est surtout Richard Gere qui m'a le plus épaté.

* La mise en scène. Rob Marshall a choisi de rester très fidèle à la version scénique de "Chicaco", avec de nombreuses similitudes dans la chorégraphie et les décors. Ce qui permet d'admirer d'ailleurs encore un peu plus le jeu des acteurs.

* La reconstitution. Même s'ils sont tout de même assez réduits, les décors sont forcément un peu plus fournis que sur scène, le film permettant d'aller plus en profondeur avec aussi plus de figurants. Et c'est tant mieux !

J'aime pas :

* Rob Marshall aurait sans doute pu aller un peu plus loin en proposant un vrai film plutôt qu'une quasi-version filmée de la comédie musicale.

Même si cela ne sera jamais aussi marquant que de voir le "Chicago" de Bob Fosse à Broadway, le long-métrage a été amplement récompensé d'Oscars et cela convient largement pour qui ne peut voir cette comédie musicale géniale sur scène. 

lundi 2 mai 2022

A Beautiful day in the neighborhood (2020)

Une rare recommandation de mon père. Signé Marielle Heller, ce film tente d'aborder la carrière de l'animateur américain de programmes télévisés pour enfants Fred Rogers sous un angle original. Mais...

L'histoire est celle de Lloyd Vogel (Matthew Rhys, bien), journaliste au magazine "Esquire", connu pour le cynisme de ses articles, qui a pour mission d'interviewer Fred Rogers (Tom Hanks, aussi sirupeux que son personnage). Alors que le journaliste cherche à faire craquer le vernis qui recouvrirait la popularité de l'animateur, symbole de douceur et bienveillance, ce dernier le confronte à ses propres problèmes familiaux et tente de l'aider à les surpasser.

J'aime :

* Le casting. Bonne distribution, avec notamment un Tom Hanks qui s'est totalement fondu dans le costume de Fred Rogers, même si on est souvent au bord de l'imitation et cela se voit un peu trop. 

* Le scénario. Plutôt qu'un biopic classique, les scénaristes ont choisi la véritable histoire du journaliste Tom Junod, qui avait écrit le portrait de Fred Rogers pour "Esquire" en 1998. Bien vu, apportant une autre profondeur au film.

J'aime pas :

* Le rythme. A l'image de Fred Rogers, le film prend son temps... c'est très lent et donc vite ennuyeux.

* La différence culturelle. Fred Rogers étant tout à fait inconnu chez nous, il est bien difficile de capter toutes les subtilités du film. Le choix justement de ne pas proposer une biographie standard ne nous aide pas du tout. 

Ce dernier point, en plus des longueurs, a fait que je n'ai jamais réussi à rentrer dans le film de Marielle Heller. Comme rien n'est acquis pour nous concernant Fred Rogers et son programme télévisé, cela place directement un mur difficilement franchissable (alors que le long-métrage a été acclamé aux Etats-Unis).