Passionné d'histoire et amateur de films de guerre, je ne pouvais pas rater le premier essai de Christopher Nolan dans le genre, sur un épisode de la Seconde Guerre Mondiale peu abordé jusqu'ici.
Cet épisode, c'est la "débâcle" de Dunkerque, en mai 1940, lorsque les troupes alliées se retrouvent encerclées dans la ville du nord de la France par les forces allemandes. Le Royaume-Uni met en place l'opération Dynamo pour rapatrier ses centaines de milliers d'hommes outre-Manche. L'histoire est racontée à travers trois groupes de personnages et trois espaces-temps : une semaine sur la plage de Dunkerque avec notamment Tommy (Fionn Whitehead, excellent), un soldat britannique qui tente de s'infiltrer sur un navire de secours à l'aide d'un déserteur français, une journée à bord de l'un des nombreux bateaux de plaisance britanniques réquisitionnés pour secourir les soldats et une heure dans les airs, avec l'escadron britannique mené par le pilote Farrier (Tom Hardy, bien).
J'aime :
* Le scénario. Il est passionnant même s'il a généré des polémiques par son manque d'exhaustivité, mais c'est une fiction et non un documentaire. Ensuite, l'idée de montrer l'événement à travers trois points de vue différents (air, terre et mer) est très bien trouvé.
* La bande son. Elle est ici particulièrement importante car il y a au final peu de dialogues, beaucoup de silence et le seul bruit de la mer et des balles... Avec la musique de Hans Zimmer par-dessus, l'atmosphère est angoissante à souhait, mais excellemment retranscrite.
* Les décors. Tourné entre la France, l'Angleterre et les Pays-Bas, "Dunkerque" met à l'honneur les paysages maritimes de la Manche (et un peu au-dessus du coup). Christopher Nolan a cependant un peu triché en ajoutant le mauvais temps pour renforcer la dramaturgie alors que, dans les faits réels, il faisait beau.
* Le casting. Christopher Nolan n'a pas fait dans la surenchère de stars et c'est pour le mieux avec notamment de jeunes acteurs britanniques prometteurs à l'image de Fionn Whitehead.
J'aime pas :
* La structure. Si le scénario en trois espaces-temps est donc une bonne idée, je me suis retrouvé parfois un peu perdu car, n'étant pas sur la même durée, on se retrouve par moment face à des flashbacks qu'il faut bien assimiler.
Oeuvre finalement assez dépouillée pour un film de guerre - on ne voit quasiment jamais l'ennemi, "Dunkerque" reste une intéressante reconstitution de l'opération Dynamo à travers plusieurs petites histoires et sans aucun patriotisme pompier. Well done Christopher Nolan.
lundi 31 juillet 2017
jeudi 20 juillet 2017
The Founder (2016)
L'histoire de la fondation et success story de McDonald's n'avait jamais été racontée en film. La voici et elle est fascinante !
Au milieu des années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton, excellent) peine à vendre ses machines à milk-shakes à travers les Etats-Unis. Mais un jour, une importante commande surgit en provenance de San Bernardino (Californie). Elle provient du restaurant des frères McDonald, créateurs d'un nouveau concept de restauration rapide dont le succès local est fulgurant. Enthousiasmé par ce modèle révolutionnaire, Ray Kroc tente de les convaincre de le franchiser, persuadé que le succès pourrait se répandre à travers le pays. D'abord réticents, les deux frères finissent par accepter en émettant des conditions très strictes dont l'entrepreneur va peu à peu s'émanciper...
J'aime :
* Le scénario. Particulièrement fidèle, il déroule donc une histoire finalement méconnue et pourtant fort intéressante, réhabilitant la mémoire des frères McDonald's qu'on pourrait avoir tendance à comparer au diable de la malbouffe puisqu'ils ont tout de même laissé leur nom à la chaîne de restauration rapide.
* Le casting. Poursuivant sa récente renaissance, Michael Keaton, toujours mi-sympathique mi-inquiétant, incarne très bien l'audacieux et opportuniste Ray Kroc, qui ne partait pas forcément avec un mauvais fond, mais qui a ensuite marché sur les consignes imposées par ses deux patrons (avec raison si on ne considère que l'aspect financier et commercial). Le reste du casting est solide, avec des habitués des seconds rôles (Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern...). Petite réserve sur Linda Cardellini en blonde, cela ne lui va pas du tout.
* La reconstitution. Même s'ils font un peu trop "propres" dans les scènes d'extérieur de restaurants avec les clients, les décors des années 1950 sont néanmoins impeccables.
J'aime pas :
* Le ton. Au final, le concept des frères McDonald's est mis en valeur et salué sans une once de critique. Le scénario privilégie la belle histoire entrepreneuriale - et il y a de quoi être admiratif, sans jamais remettre en cause ce modèle qui fera se répandre la malbouffe à travers le monde. Et on ne finit que par avoir de la peine pour les frères McDonald's devant les coups fourrés posés par Ray Kroc.
Très (trop ?) académique, "The Founder" reste néanmoins un excellent récit de la naissance du géant des fast-food, dressant un portrait suffisamment nuancé et critique de Ray Kroc, l'homme qui a permis au concept des frères McDonald's de devenir un empire mondial. Mais pour la remise en question de ce modèle, on repassera.
Au milieu des années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton, excellent) peine à vendre ses machines à milk-shakes à travers les Etats-Unis. Mais un jour, une importante commande surgit en provenance de San Bernardino (Californie). Elle provient du restaurant des frères McDonald, créateurs d'un nouveau concept de restauration rapide dont le succès local est fulgurant. Enthousiasmé par ce modèle révolutionnaire, Ray Kroc tente de les convaincre de le franchiser, persuadé que le succès pourrait se répandre à travers le pays. D'abord réticents, les deux frères finissent par accepter en émettant des conditions très strictes dont l'entrepreneur va peu à peu s'émanciper...
J'aime :
* Le scénario. Particulièrement fidèle, il déroule donc une histoire finalement méconnue et pourtant fort intéressante, réhabilitant la mémoire des frères McDonald's qu'on pourrait avoir tendance à comparer au diable de la malbouffe puisqu'ils ont tout de même laissé leur nom à la chaîne de restauration rapide.
* Le casting. Poursuivant sa récente renaissance, Michael Keaton, toujours mi-sympathique mi-inquiétant, incarne très bien l'audacieux et opportuniste Ray Kroc, qui ne partait pas forcément avec un mauvais fond, mais qui a ensuite marché sur les consignes imposées par ses deux patrons (avec raison si on ne considère que l'aspect financier et commercial). Le reste du casting est solide, avec des habitués des seconds rôles (Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern...). Petite réserve sur Linda Cardellini en blonde, cela ne lui va pas du tout.
* La reconstitution. Même s'ils font un peu trop "propres" dans les scènes d'extérieur de restaurants avec les clients, les décors des années 1950 sont néanmoins impeccables.
J'aime pas :
* Le ton. Au final, le concept des frères McDonald's est mis en valeur et salué sans une once de critique. Le scénario privilégie la belle histoire entrepreneuriale - et il y a de quoi être admiratif, sans jamais remettre en cause ce modèle qui fera se répandre la malbouffe à travers le monde. Et on ne finit que par avoir de la peine pour les frères McDonald's devant les coups fourrés posés par Ray Kroc.
Très (trop ?) académique, "The Founder" reste néanmoins un excellent récit de la naissance du géant des fast-food, dressant un portrait suffisamment nuancé et critique de Ray Kroc, l'homme qui a permis au concept des frères McDonald's de devenir un empire mondial. Mais pour la remise en question de ce modèle, on repassera.
mercredi 12 juillet 2017
Shimmer Lake (2017)
On trouve du bon et du moins bon dans les films produits et sortant directement sur Netflix. Celui-ci, le premier d'Oren Uziel, est une bonne pioche.
L'histoire débute un vendredi matin dans une petite bourgade du Midwest américain, où tout le monde se connaît. Un braquage a été commis la veille au soir dans la banque locale par un trio de malfaiteurs qui a réussi à prendre ensuite la fuite. Parmi eux, Andy Sikes (Rainn Wilson, bien), frère du sheriff Zeke Sikes (Benjamin Walker, très bien), qui mène l'enquête, assisté par le FBI. Mais, particularité du film, le scénario va être déroulé à l'envers...
J'aime :
* La structure du film. Certes, un montage à l'envers ou décalé, cela a déjà été fait, et pour des oeuvres culte, mais ce n'est pas courant non plus. Ici, Oren Uziel va au plus simple en décomptant les parties de son film jour par jour, avec notamment une introduction similaire et, un peu plus tard, un running gag. Et c'est suffisamment bien fait pour qu'on ne soit jamais vraiment perdu et que le fil de l'histoire se compose de jour en jour, avec quelques rebondissements.
* Le casting. Pas de noms ronflants, loin de là, mais des têtes déjà vues ici ou là, notamment dans des séries, à l'image de Rainn Wilson. Et ils s'en tirent tous fort bien.
* L'humour. Le scénario est suffisamment mince pour espérer qu'il ne se prenne pas au sérieux. Et c'est donc le cas - mais sous forme d'humour noir, ce n'est pas complètement une comédie non plus - avec des personnages sacrément frappadingues, à l'image du trio de malfaiteurs bien allumé.
* Le rythme. Oren Uziel propose un film court pour les standards actuels (1h30) et surtout bien dynamique grâce à des scènes relativement courtes. Une bonne idée.
J'aime pas :
* Le scénario. Au final, ce serait le point faible du film bien que pas désagréable non plus. Mais il aurait pu être en effet un peu plus ambitieux.
Film mineur certes, mais "Shimmer Lake" est un divertissement court, sympa et efficace si vous ne savez pas quoi regarder dans le catalogue Netflix. Cet Oren Uziel est à surveiller.
L'histoire débute un vendredi matin dans une petite bourgade du Midwest américain, où tout le monde se connaît. Un braquage a été commis la veille au soir dans la banque locale par un trio de malfaiteurs qui a réussi à prendre ensuite la fuite. Parmi eux, Andy Sikes (Rainn Wilson, bien), frère du sheriff Zeke Sikes (Benjamin Walker, très bien), qui mène l'enquête, assisté par le FBI. Mais, particularité du film, le scénario va être déroulé à l'envers...
J'aime :
* La structure du film. Certes, un montage à l'envers ou décalé, cela a déjà été fait, et pour des oeuvres culte, mais ce n'est pas courant non plus. Ici, Oren Uziel va au plus simple en décomptant les parties de son film jour par jour, avec notamment une introduction similaire et, un peu plus tard, un running gag. Et c'est suffisamment bien fait pour qu'on ne soit jamais vraiment perdu et que le fil de l'histoire se compose de jour en jour, avec quelques rebondissements.
* Le casting. Pas de noms ronflants, loin de là, mais des têtes déjà vues ici ou là, notamment dans des séries, à l'image de Rainn Wilson. Et ils s'en tirent tous fort bien.
* L'humour. Le scénario est suffisamment mince pour espérer qu'il ne se prenne pas au sérieux. Et c'est donc le cas - mais sous forme d'humour noir, ce n'est pas complètement une comédie non plus - avec des personnages sacrément frappadingues, à l'image du trio de malfaiteurs bien allumé.
* Le rythme. Oren Uziel propose un film court pour les standards actuels (1h30) et surtout bien dynamique grâce à des scènes relativement courtes. Une bonne idée.
J'aime pas :
* Le scénario. Au final, ce serait le point faible du film bien que pas désagréable non plus. Mais il aurait pu être en effet un peu plus ambitieux.
Film mineur certes, mais "Shimmer Lake" est un divertissement court, sympa et efficace si vous ne savez pas quoi regarder dans le catalogue Netflix. Cet Oren Uziel est à surveiller.
lundi 3 juillet 2017
Home Alone 2 : Lost in New York (1992)
Le succès (mérité) du premier épisode des aventures de Kevin McCallister a forcément engendré une suite, toujours signée de l'expert Chris Colombus. Si la structure est très similaire, elle est néanmoins plutôt réussie.
Un an après avoir oublié leur fils Kevin (Macaulay Culkin, bien) chez eux pour Noël, les McCallister se préparent à partir passer les fêtes en Floride. Cette fois, le petit garçon est bien dans la navette pour l'aéroport sauf qu'une fois là-bas, dans la confusion du retard, Kevin perd de vue ses parents et se trompe de porte d'embarquement, prenant un avion pour New York... De nouvelles aventures rocambolesques l'attendent dans la Grosse Pomme alors que l'affreux duo de cambrioleurs, Harry (Joe Pesci, très bien) et Marv (Daniel Stern, excellent), échappé de prison, prépare un nouveau casse perturbé par l'enfant.
J'aime :
* Le casting. Le petit Macaulay Culkin n'a pas tellement grandi deux ans après le premier film et s'en sort bien, mais c'est surtout l'impayable paire Pesci-Stern que j'adore, même s'ils sont peut-être un peu plus cabotins ici. On ne les voit pas assez, mais les autres membres de la famille McCallister (en particulier l'oncle, le cousin et le grand frère) sont bien marrants aussi.
* Les gags. Même si elles sont très similaires à celles du premier épisode, en plus longues, les deux séquences de "pièges" de Kevin (à l'hôtel puis dans la maison abandonnée de l'oncle) sont les meilleures du film et restent très imaginatives et drôles.
J'aime pas :
* Je ne vais pas vraiment reprocher le fait que cet épisode soit un calque du premier transposé à New York car j'apprécie donc ses gags, mais il me semble en revanche plus longuet, avec de sérieuses baisses de rythme (notamment les scènes avec la dame aux pigeons ou dans le grand magasin de jouet).
Evidemment, offrir une nouvelle fournée d'aventures à Kevin McCallister était casse-gueule, mais, sans prendre de risques, Chris Colombus propose une resucée suffisamment divertissante, où le casting et les gags font tout.
Un an après avoir oublié leur fils Kevin (Macaulay Culkin, bien) chez eux pour Noël, les McCallister se préparent à partir passer les fêtes en Floride. Cette fois, le petit garçon est bien dans la navette pour l'aéroport sauf qu'une fois là-bas, dans la confusion du retard, Kevin perd de vue ses parents et se trompe de porte d'embarquement, prenant un avion pour New York... De nouvelles aventures rocambolesques l'attendent dans la Grosse Pomme alors que l'affreux duo de cambrioleurs, Harry (Joe Pesci, très bien) et Marv (Daniel Stern, excellent), échappé de prison, prépare un nouveau casse perturbé par l'enfant.
J'aime :
* Le casting. Le petit Macaulay Culkin n'a pas tellement grandi deux ans après le premier film et s'en sort bien, mais c'est surtout l'impayable paire Pesci-Stern que j'adore, même s'ils sont peut-être un peu plus cabotins ici. On ne les voit pas assez, mais les autres membres de la famille McCallister (en particulier l'oncle, le cousin et le grand frère) sont bien marrants aussi.
* Les gags. Même si elles sont très similaires à celles du premier épisode, en plus longues, les deux séquences de "pièges" de Kevin (à l'hôtel puis dans la maison abandonnée de l'oncle) sont les meilleures du film et restent très imaginatives et drôles.
J'aime pas :
* Je ne vais pas vraiment reprocher le fait que cet épisode soit un calque du premier transposé à New York car j'apprécie donc ses gags, mais il me semble en revanche plus longuet, avec de sérieuses baisses de rythme (notamment les scènes avec la dame aux pigeons ou dans le grand magasin de jouet).
Evidemment, offrir une nouvelle fournée d'aventures à Kevin McCallister était casse-gueule, mais, sans prendre de risques, Chris Colombus propose une resucée suffisamment divertissante, où le casting et les gags font tout.
dimanche 18 juin 2017
The Revenant (2016)
Et enfin, Leonardo DiCaprio reçut l'Oscar qu'il attendait tant... Et il ne l'a pas volé après cette performance de haute volée dans le rôle du trappeur Hugh Glass, mise en scène par Alejandro Iñarritu, lui aussi récompensé.
L'histoire est inspirée par celle, mi-véridique, mi-légendaire de Hugh Glass, qui eut lieu au début du 19e siècle. Dans la version remaniée du réalisateur mexicain, le trappeur (Leonardo DiCaprio, excellent), qui guide l'expédition d'Andrew Henry (Domhnall Gleeson, bien) jusqu'à Fort Kiowa après avoir réchappé non sans de nombreuses pertes à une attaque d'Arikaras, est grièvement blessé après avoir été surpris par un grizzli. Alors que l'hiver est de plus en plus rude et qu'ils sont pourchassés par les autochtones, Andrew Henry et ses hommes décident de poursuivre sans Hugh Glass, qui les ralentit considérablement car transporté sur une civière. Le leader de l'expédition paie alors deux hommes, John Fitzgerald (Tom Hardy, très bien) et Jim Bridger, pour veiller sur le trappeur blessé en attendant leur retour. Ils sont accompagnés par le fils métis de Hugh Glass, Hawk. Après avoir tué ce dernier, John Fitzgerald, qui ne veut plus attendre, convainc son autre compagnon de quitter les lieux en laissant un Hugh Glass agonisant derrière eux. Celui-ci va réussir à s'en tirer et se met alors à la poursuite de l'assassin de son fils...
J'aime :
* Le scénario. Alors certes il est plus sanglant que l'histoire originale (qui aurait aussi été romancée, mais qui, entre autres, ne se déroulait pas en hiver, ne comportait pas d'enfant pour Hugh Glass ni ce dénouement vis-à-vis de John Fitzgerald), mais il est haletant, le pauvre trappeur devant affronter tous les éléments (climatiques comme humains). Surtout, il se déroule dans un contexte, passionnant, peu abordé par le cinéma jusqu'alors (commerce des peaux, échanges commerciaux avec les autochtones...).
* Les décors. Alejandro Iñarritu a fait le choix d'une fresque survivaliste et donc de tourner tout cela dans les conditions les plus réalistes possibles sur le terrain. Si l'hiver n'est sans doute pas la meilleure saison pour magnifier ces paysages, ils reproduisent pleinement la puissance de la nature nord-américaine.
* La photographie. Pas de lumière artificielle non plus, donc tout a été filmé en lumière naturelle. Cela a particulièrement rallongé le temps de tournage, mais les images sont magnifiques, entre clair et obscur.
* Le casting. Je ne suis pas particulièrement fan de Leonardo DiCaprio (l'acteur), mais il faut reconnaître qu'il offre ici une performance de très haut niveau, intensément physique, dans un rôle quasi mutique et c'est souvent le plus difficile. Mention spéciale donc pour lui, Oscar mérité, et le reste de la troupe est très bien aussi.
J'aime pas :
* Le risque de ces grandes fresques héroïques, ce sont les longueurs et on ne peut cacher qu'il y en a. Certains ont critiqué la fameuse ourse virtuelle se battant avec Leonardo DiCaprio, ce n'était pas si flagrant que cela pour moi.
Si encore une fois, outre John Fitzgerald, les Français sont, à tort selon les historiens, présentés comme les vilains de l'histoire, "The Revenant" entre assurément dans le lot des très bons films sur l'histoire de l'ouest américain. Sur un scénario qui ne lui était pas destiné à l'origine, Alejandro Iñarritu a façonné une oeuvre brute et sauvage, avec beaucoup d'authenticité. Leonardo DiCaprio, lui, s'est surpassé. Chapeau (ou plutôt toque de trappeur !).
L'histoire est inspirée par celle, mi-véridique, mi-légendaire de Hugh Glass, qui eut lieu au début du 19e siècle. Dans la version remaniée du réalisateur mexicain, le trappeur (Leonardo DiCaprio, excellent), qui guide l'expédition d'Andrew Henry (Domhnall Gleeson, bien) jusqu'à Fort Kiowa après avoir réchappé non sans de nombreuses pertes à une attaque d'Arikaras, est grièvement blessé après avoir été surpris par un grizzli. Alors que l'hiver est de plus en plus rude et qu'ils sont pourchassés par les autochtones, Andrew Henry et ses hommes décident de poursuivre sans Hugh Glass, qui les ralentit considérablement car transporté sur une civière. Le leader de l'expédition paie alors deux hommes, John Fitzgerald (Tom Hardy, très bien) et Jim Bridger, pour veiller sur le trappeur blessé en attendant leur retour. Ils sont accompagnés par le fils métis de Hugh Glass, Hawk. Après avoir tué ce dernier, John Fitzgerald, qui ne veut plus attendre, convainc son autre compagnon de quitter les lieux en laissant un Hugh Glass agonisant derrière eux. Celui-ci va réussir à s'en tirer et se met alors à la poursuite de l'assassin de son fils...
J'aime :
* Le scénario. Alors certes il est plus sanglant que l'histoire originale (qui aurait aussi été romancée, mais qui, entre autres, ne se déroulait pas en hiver, ne comportait pas d'enfant pour Hugh Glass ni ce dénouement vis-à-vis de John Fitzgerald), mais il est haletant, le pauvre trappeur devant affronter tous les éléments (climatiques comme humains). Surtout, il se déroule dans un contexte, passionnant, peu abordé par le cinéma jusqu'alors (commerce des peaux, échanges commerciaux avec les autochtones...).
* Les décors. Alejandro Iñarritu a fait le choix d'une fresque survivaliste et donc de tourner tout cela dans les conditions les plus réalistes possibles sur le terrain. Si l'hiver n'est sans doute pas la meilleure saison pour magnifier ces paysages, ils reproduisent pleinement la puissance de la nature nord-américaine.
* La photographie. Pas de lumière artificielle non plus, donc tout a été filmé en lumière naturelle. Cela a particulièrement rallongé le temps de tournage, mais les images sont magnifiques, entre clair et obscur.
* Le casting. Je ne suis pas particulièrement fan de Leonardo DiCaprio (l'acteur), mais il faut reconnaître qu'il offre ici une performance de très haut niveau, intensément physique, dans un rôle quasi mutique et c'est souvent le plus difficile. Mention spéciale donc pour lui, Oscar mérité, et le reste de la troupe est très bien aussi.
J'aime pas :
* Le risque de ces grandes fresques héroïques, ce sont les longueurs et on ne peut cacher qu'il y en a. Certains ont critiqué la fameuse ourse virtuelle se battant avec Leonardo DiCaprio, ce n'était pas si flagrant que cela pour moi.
Si encore une fois, outre John Fitzgerald, les Français sont, à tort selon les historiens, présentés comme les vilains de l'histoire, "The Revenant" entre assurément dans le lot des très bons films sur l'histoire de l'ouest américain. Sur un scénario qui ne lui était pas destiné à l'origine, Alejandro Iñarritu a façonné une oeuvre brute et sauvage, avec beaucoup d'authenticité. Leonardo DiCaprio, lui, s'est surpassé. Chapeau (ou plutôt toque de trappeur !).
vendredi 28 avril 2017
Dog eat dog (2016)
Si Paul Schrader est l'un des grands noms du cinéma américain des années 1970 et 1980, il est quelque peu sur le déclin ces dernières années, à l'image de cette adaptation d'un polar d'Edward Bunker.
Troy (Nicolas Cage, très bien), Mad Dog (Willem Defoe, excellent) et Diesel (Christopher Matthew Cook, bien) sont trois ex-taulards qui se sont rencontrés en prison. S'ils sont déterminés à ne pas y retourner, l'appât du gain les fait replonger dans un mauvais coup. Un gangster mexicain leur propose de kidnapper le bébé d'un mafieux qui lui doit de l'argent. Mais les événements tournent mal...
J'aime :
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
* Le casting. Si beaucoup croient que le talent de Nicolas Cage s'est dilué dans les blockbusters miteux qu'il aligne ces dernières années, il le ressort tout de même de temps en temps dans ce type de petit film indépendant. Il est escroc à souhait, nouant une amitié improbable avec un Willem Defoe qui maîtrise parfaitement les rôles de psychopathes. Le 3e larron assure en grand costaud sans humour.
* Le scénario. Sur le papier, il n'est pas grandement original, mais tout de même assez attractif pour tout amateur de polar poisseux doté d'une dose d'humour.
* La photographie. Il y a indéniablement du style dans ce film, une véritable signature de Paul Schrader. La photographie joue avec les couleurs, les lumières, les flous, créant une ambiance sombre, froide et électrique.
J'aime pas :
* Le film de Paul Schrader manque d'épaisseur et on ressent une certaine absence de moyens, presque du bricolage. Par ailleurs, je ne sais pas si le livre est ainsi, mais l'histoire, qui met un peu de temps à commencer, tourne court et on reste sur notre faim.
Il y avait un vrai potentiel derrière "Dog eat dog" avec un chouette casting et un scénario sympa, mais les moyens n'étaient visiblement pas réunis et cela se termine en oeuvre indépendante mineure qu'on risque d'oublier assez vite.
lundi 17 avril 2017
The Magic Christian (1969)
Pourtant adapté du livre d'un auteur américain talentueux, Terry Southern, ce film de Joseph McGrath vire à la farce absurde réunissant un casting néanmoins prestigieux, mais en roue libre.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
Satire de la vie des élites déconnectées d'une réalité non moins illusionnée, l'histoire met en scène Guy Grand (Peter Sellers, très bien), un excentrique milliardaire anglais décidé un matin à se trouver un héritier. Ce dernier sera Youngman (Ringo Starr, pas mal), un sans-abri trouvé dans un parc. Le père adoptif va alors lui enseigner tous les rudiments du capitalisme et notamment comment l'argent peut tout acheter sans pour autant faire le bonheur.
J'aime :
* Le casting. C'est le genre de films qui se tournait de temps à autre à l'époque, avec une grosse pléiade de stars venues s'amuser un peu. Peter Sellers, omniprésent, mène la danse, avec talent, fourgué d'un Ringo Starr qui s'en tire pas mal, dans un rôle finalement assez muet. Et on aperçoit donc, le temps d'une scène en général, deux Monty Python (John Cleese et Graham Chapman), Roman Polanski, Raquel Welch, Christopher Lee (en Dracula, forcément), Richard Attenborough...
* Le message. Sans doute très caricatural, mais aussi très cynique et féroce, envers les industriels milliardaires, qui peuvent tout se permettre grâce au seul pouvoir de l'argent. On voit le personnage de Peter Sellers le distribuer à tout va pour obtenir et faire ce dont il a envie : faire manger une contravention au policier qui lui a donné, découper un Rembrandt en petits morceaux, acheter le résultat de la course d'aviron Oxford-Cambridge, faire nager dans un mélange de sang et d'urine des badauds voulant récupérer des billets jetés dedans...
* L'humour. Nous sommes en plein esprit britannique, pince-sans-rire au possible avec une suite de situations Montypytonesques avant l'heure. C'est loin d'être hilarant, un peu lourdingue et assez daté, mais on lâche tout de même quelques sourires, notamment durant la croisière sur le Magic Christian.
* La B.O.. Elle est signée Badfinger, groupe du label des Beatles à l'époque, pour lequel Paul McCartney a composé la chanson phare du film, "Come and get it". Que du bon Brit rock !
J'aime pas
* Le scénario. S'il y a tout de même une conclusion, le film est une suite de sketchs sans queue ni tête, qui peut s'avérer un peu éreintante à force.
"The Magic Christian" n'est certainement pas le meilleur film de Peter Sellers, qui s'offre cependant ici encore un véritable one-man-show au milieu d'un sacré gratin d'acteurs. Il y avait pas mal de potentiel au niveau des idées qu'a voulu faire passer Terry Southern dans son livre, mais le rendu n'est sans doute pas à la hauteur.
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