jeudi 17 novembre 2016

The Nice guys (2016)

Scénariste de quelques films d'action à succès, Shane Black est devenu réalisateur sur le tard. Sa dernière oeuvre mélange ses spécialités : humour et action.

Los Angeles, 1977. Après la mort d'une actrice de films porno, le détective privé Holland March (Ryan Gosling, excellent) est engagé pour retrouver une jeune femme nommée Amelia, issue du même milieu. Cette dernière demande pour sa part à un autre détective privé, Jackson Healy (Russell Crowe, classique), de justement empêcher qu'on la retrouve. Les deux hommes vont alors se tirer la bourre avant de devoir coopérer après la disparition réelle d'Amelia...

J'aime : 

*Le casting. Si Russell Crowe joue une fois de plus un "bourrin" sans trop d'épaisseur, son acolyte Ryan Gosling est formidable en facétieux détective casse-cou et maladroit porté sur l'alcool, dans un personnage à la Pierre Richard. Angourie Rice, qui joue la fille maligne de ce dernier, est elle aussi une jolie trouvaille. On a un peu de peine en revanche pour Kim Basinger, qui a abusé de la chirurgie esthétique.

*L'environnement. On est dans le L.A. des années 1970, à la cool et la reconstitution est vivante et sympa, des voitures aux vêtements.

*La bande originale. 100% disco ou presque, que du bonheur.

J'aime pas : 

*Le scénario. Je m'explique : il y a une certaine complexité (pas démente non plus, mais soumise à quelques rebondissements) qui nous fait parfois un peu perdre le fil et un certain nombre de morts violentes qui détonne totalement avec l'esprit de comédie. Déconcertant.

"The Nice guys" est ainsi une véritable signature de Shane Black, surprenant, comique et violent à la fois, mais avec là encore un chouette casting qui vaut surtout pour Ryan Gosling (moins pour sa plastique que pour son jeu décomplexé).

vendredi 21 octobre 2016

Our Kind of traitor (2016)

"Gros" casting pour "petit" film d'espionnage adapté d'un livre de John Le Carré, mais un équilibre plutôt plaisant, même si manquant d'ambition.

Perry (Ewan McGregor, bien), professeur à l'université, et Gail (Naomie Harris, pas mal), avocate, tentent de sauver leur couple en prenant des vacances romantiques à Marrakech. Un soir au restaurant, alors que Gail a dû s'absenter pour travailler, Perry est invité par Dima (Stellan Skarsgard, excellent), un homme d'affaires russe en goguette, à passer la soirée avec lui et ses convives dans une magnifique villa. Celui-ci ne tarde pas à révéler au Britannique qu'il fait partie de la mafia russe et qu'il a besoin de lui pour servir d'intermédiaire auprès du MI6. Dima et sa famille étant en danger, menacés de mort par "le Prince", jeune parrain de la mafia russe sans pitié, il espère obtenir l'asile et la protection des services secrets britanniques en échange d'informations explosives...

J'aime : 

*Le scénario. Certains le trouvent alambiqué, mais il est plutôt prenant et va à contre-courant des films mêlant espionnage et surtout action du moment.

*Le casting. Tout le monde est très juste et mention spéciale à Stellan Skarsgard, hautement charismatique en mafieux russe sur la tangente. Ewan McGregor est bon aussi en professeur d'université tombé soudainement dans une grosse affaire qui le dépasse.

*Les décors. Comme tout bon film d'espionnage qui se respecte, on voyage au gré des déplacements de Dima, de Marrakech à Berne, en passant par Londres et Paris. Joli périple !

J'aime pas : 

*Le manque d'ambition. Forcément, si on compare aux blockbusters du genre, "Our Kind of traitor" fait un peu bas de gamme, dans le sens où l'action est réduite au minimum. Le scénario aurait pu être, il est vrai, musclé un peu plus, afin de compenser, mais ce n'est pas le cas, donc on reste avec un suspense minimal.

On pouvait donc attendre plus et mieux d'une adaptation d'un roman de John Le Carré, mais Susanna White délivre une oeuvre pas mal du tout au final et offrant un agréable divertissement, tout en retenue britannique.

vendredi 14 octobre 2016

The Magnificent Seven (2016)

"The Magnificent Seven", version originale, fait partie des films de mon enfance donc de mes films préférés. En voir sortir un remake, qui plus est dirigé par Antoine Fuqua, ne m'a pas du tout réjoui au premier abord, mais ce n'est pas si mal...

Pour cette version 2016, la structure du scénario est identique. La petite bourgade de Rose Creek vit des jours paisibles, mais sa mine d'or finit par attirer l'affreux propriétaire terrien Batholomew Bogue (Peter Sarsgaard, crispant). Désirant s'emparer de tout le territoire, il somme avec violence ses habitants d'en déguerpir. Deux d'entre deux, Emma Cullen et Teddy Q, s'en vont alors chercher de l'aide. Ils tombent sur le chasseur de primes Sam Chisolm (Denzel Washington, bien), qui décide de les aider en recrutant plusieurs autres hommes pouvant affronter avec lui et les habitants de Rose Creek l'armée de Bogue. Ces six autres mercenaires seront : Josh Farraday (Chris Pratt, sympa), Goodnight Robicheaux (Ethan Hawke, très bien) et son acolyte Billy Rocks (Lee Byung-Hun, pas mal), Jack Horne (Vincent D'Onofrio, cool), Manuel Vasquez (Manuel Garcia-Rulfo, très cool) et Red Harvest (Martin Sensmeier, bof).

J'aime : 

*Le genre. C'est un western et quelle que soit l'époque à laquelle il est tourné, j'adore cela.

*Les décors. Cela va avec le genre, j'adore les films historiques pour cela et l'environnement de l'ouest américain très bien retranscrit ici.

*Le casting. Je suis fan d'aucun de la bande des sept, mais c'est du solide et on sent une certaine cohésion malgré le défi d'avoir cherché à représenter toutes les minorités : noir, blanc, asiatique, autochtone, hispanique, vieux... et le personnage d'Emma Cullen donne aussi une place de choix aux femmes.

*Le scénario. Calqué sur l'original, qui n'est pas non plus très complexe en termes de structure, il présente des variantes intéressantes et Antoine Fuqua a trouvé le bon rythme pour que ce ne soit pas ennuyeux.

J'aime pas : 

*Les excès. Il y en a quelques-uns, western moderne et donc musclé oblige, que ce soit en termes de violence et d'action (dans la grande bataille finale, cela canarde de tous les côtés et on est un peu perdu parfois).

Evidemment, "The Magnificent Seven" version 2016 n'a pas le charme de l'original, sa bande originale (sauf en clin d'oeil à la fin) et son casting fabuleux - Antoine Fuqua n'a réuni que des habitués de ses films ou presque, mais il est néanmoins loin d'être raté et offre un bon divertissement.

jeudi 6 octobre 2016

Masterminds (2016)

Ce petit film du jeune et méconnu Jared Hess n'avait pas l'air de casser des briques, mais il s'avère meilleur que prévu.

L'histoire est entièrement vraie et le film reprend de nombreux détails véridiques. David Ghantt (Zach Galifianakis, excellent), convoyeur de fonds très crétin sur le point de se marier avec sa fiancée Jandice (Kate McKinnon, délirante), tombe amoureux de sa collègue Kelly Campbell (Kristen Wiig, sympa). Mais cette dernière se fait renvoyer. L'un de ses amis, le rusé Steve Chambers (Owen Wilson, comme d'hab'), lui suggère de recontacter son ancien collègue pour organiser un casse au sein de son entreprise. Aveuglé par l'amour, David Ghantt marche et vole plus de 17 millions de dollars. Parti se cacher au Mexique en attendant Kelly, il va se retrouver traqué par l'agent du FBI Scanlon (Leslie Jones, très bien) ainsi qu'un tueur à gages, Mike McKinney (Jason Sudeikis, caricatural)...

J'aime : 

*Le scénario. L'histoire est assez dingue et donc totalement vraie, ce qui rend le scénario d'autant plus croustillant. Cependant, il est dommage que la partie post-braquage du côté de chez les Chambers soit bien plus plate qu'au Mexique.

*Le casting. C'est du lourd côté humour et on retrouve avec plaisir le Zach Galifianakis version "The Hangover", son personnage d'idiot au grand coeur étant plus ou moins similaire (avec plus de cheveux ici !). Kristen Wiig est assez touchante et Leslie Jones très marrante. Owen Wilson, lui, reste dans son registre de rusé mesquin.

*L'humour. J'ai lu une critique qui déplorait le manque de "blagues", c'est vrai qu'il n'y a pas non plus énormément de gags qui resteront, mais le ton général potache permet de se faire plaisir sans se prendre la tête.

J'aime pas : 

*S'accrochant justement peut-être un peu trop à l'histoire originale - sauf sans doute la partie mexicaine avec le duel David Ghantt-Mike McKinney, "Masterminds" manque de rythme et de piquant côté humour.

"Masterminds" est ainsi une bonne petite comédie policière, qui ne restera pas dans les annales, mais aura eu le mérite de traiter de manière bien sympathique ce faits divers hors norme !

mardi 20 septembre 2016

Valley of Love (2015)

Comme vous le savez, je ne suis pas un très grand fan de cinéma français contemporain, mais il m'a été donné l'opportunité d'assister à l'avant-première brésilienne de "Valley of Love" en présence de Gérard Depardieu, donc j'y suis allé. Cela ne m'a pas franchement réconcilié avec le genre.

Gérard (Gérard Depardieu, très bien) et Isabelle (Isabelle Huppert, pas mal) sont deux acteurs (mais ce n'est pas leur propre rôle non plus) se retrouvent ensemble plusieurs années après leur divorce dans la Vallée de la Mort, aux Etats-Unis. De manière mystérieuse, leur fils, qui vivait dans le pays et s'y est suicidé, les y a convoqués par l'intermédiaire d'une lettre, leur demandant de suivre tout un itinéraire dans la région afin de les y rencontrer...

J'aime : 

* Les décors. Entièrement filmé dans la Vallée de la Mort, le long-métrage nous fait visiter ce lieu extraordinaire en même temps que les personnages et cela donne envie d'aller y faire un tour, malgré la chaleur perceptible.

* Le scénario. A mi-chemin entre le mystique et la science-fiction, cette quête de deux parents paumés, elle toujours à la recherche du signal pour son téléphone portable et lui d'ombre et de fraîcheur, est intéressante jusqu'à son mystérieux dénouement.

* Le casting. Deux monstres sacrés du cinéma français réunis de nouveau. Si Isabelle Huppert est plutôt bien dans ses scènes en prise avec son téléphone, j'ai préféré Gérard Depardieu qui, une fois de plus, n'hésite pas à jouer une partition presque plus personnelle, en plus de montrer son "énorme" physique, que sa congénère. Ce "Gérard" comédien du film n'a pas toute la gouaille du Depardieu qui l'interprète, mais on ressent que cela pourrait être lui par certains aspects, notamment dans les failles qu'ils dévoile.

J'aime pas : 

* La mise en scène. Les deux personnages déambulent à travers la Vallée de la Mort et pourtant on a l'impression de faire du surplace. Surtout, il y a quelque chose qui cloche entre eux, leurs scènes communes ne sont pas souvent réussies.

* Les dialogues. Je ne suis pas un expert en comédie, mais j'ai trouvé les scènes en voiture surtout, notamment au début du film, mécaniques, voire très mal jouées, surtout de la part d'Isabelle Huppert. La faute sans doute à ces dialogues assez pauvres, qui empêchent le film de connaître une profondeur attendue alors que le sujet s'y prête bien.

Retrouvailles pas franchement réussies entre Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, plus de 30 ans après. En raison d'une mise en scène et de dialogues plats, la jolie quête de "Valley of Love" est bien appauvrie. Dommage.

samedi 17 septembre 2016

Café Society (2016)

Woody Allen poursuit son chemin en nous décevant rarement, son film annuel étant encore une oeuvre légère, mais assurément sympathique.

Nous sommes dans les années 1930, le jeune Bobby (Jesse Eisenberg, très bien) quitte son foyer new-yorkais pour tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil (Steve Carell, excellent) travaille comme agent de stars. Ce dernier ne lui prête que peu d'attention avant de finir par lui offrir un petit boulot. Dans le même temps, il a confié à sa secrétaire, Vonnie (Kristen Steward, bien), le soin de lui faire visiter la ville. Bobby tombe amoureux d'elle, mais elle lui explique qu'elle est déjà la maîtresse d'un homme marié qui n'est pas inconnu du jeune New-Yorkais...

J'aime : 

*Les dialogues. C'est l'un des grands atout de Woody Allen, coudre des répliques toniques et drôles, souvent bourrées de références, dont l'éternelle remise en question des propres convictions de ses congénères juifs. Ici, Hollywood et son petit monde en prennent aussi largement pour leur grade de la part du cinéaste new-yorkais dans l'âme.

*Le casting. Ce sont avant tout les personnages qui, sans être grandement originaux, comme le scénario, sont néanmoins délicieusement croqués, du tonton prétentieux ami des stars à la mère juive en passant par le grand frère brutal mais sympa. Et tous les acteurs trouvent le ton juste avec une petite préférence personnelle pour le grand Steve Carell qui a remplacé Bruce Willis au pied levé et s'en sort sans doute beaucoup mieux.

*Le scénario. Les anti-Woody Allen diront qu'une fois de plus, il ne casse pas des briques. Certes, mais le cinéaste trousse autour de ce méli-mélo, une fois de plus justement, une excellente petite comédie où rien n'est cependant jamais rose et positif à 100% (voir le choix de Vonnie...). L'ironie est toujours présente pour mettre des croche-pieds au long fleuve tranquille.

J'aime pas : 

*Pas de reproches particuliers à faire, mais je n'irais pas non plus à déclarer le film "parfait", cela manque en effet sans doute un peu de complexité, comme Woody Allen a déjà pu en instaurer dans de précédents films.

"Café Society" est une comédie typique du cinéaste, rien de flamboyant, mais on prend un malin plaisir à le voir manipuler ses personnages, à narrer son histoire en voix off et on sort de la salle avec un grand sourire.

mardi 6 septembre 2016

Suicide Squad (2016)

Malheureusement, je ne réussis pas à voir tous les films Marvel et DC qui sortent donc je suis un peu perdu et il me manque des bouts. J'ai néanmoins été voir ce "Suicide Squad" qui, je confirme, est un poil décevant.

L'histoire se déroule dans la foulée de "Batman v Superman : Dawn of justice" (que je n'ai pas vu). Superman est donc mort et Amanda Waller (Viola Davis, bien) tente de convaincre les autorités américaines d'un grand danger que court le monde. Pour le prévenir, elle entend monter une "suicide squad" composée des criminels les plus dangereux qui aient été capturés : Deadshot (Will Smith, classique), Harley Quinn (Margot Robbie, excellente), compagne du Joker (Jared Leto, étonnant), Killer Croc, Captain Boomerang, El Diablo, Katana et Slipknot. Dirigés par le soldat d'élite Rick Flag (Joel Kinnaman, très bien), ils vont bien être confrontés à un couple de dieux amérindiens et leur armée...

J'aime : 

*L'idée originale. Ce n'est pas nouveau, mais constituer un bataillon de vilains "super-héros" pour combattre le mal, à l'inverse des Avengers, c'est plutôt sympa.

*Le casting. Bon, Will Smith est égal à lui-même, certes "bad guy", mais gentil quand même (et mièvre quand il s'agit de sa fille), mais à ses côtés, Margot Robbie détonne en Harley Quinn. Jared Leto était particulièrement attendu en Joker, on ne le voit pas beaucoup, mais il s'en tire bien. Le reste est convaincant également.

*La bande originale. C'est très rock'n'roll, avec des pointes de hip-hop, et ça colle fort bien à l'atmosphère.

J'aime pas :

*Le scénario. Je ne sais pas si c'est parce qu'il y aurait des références antérieures que je n'aurais pas saisies, mais il y a pour moi quelques incohérences : pourquoi Batman ne donne pas un coup de main ? Comment Amanda Waller sait qu'un grand danger inarrêtable arrive ? Ensuite, la route vers le grand monstre est relativement linéaire et sans grande surprise.

*L'environnement. C'est assez sombre dans l'ensemble, pas grand-chose à voir à part des décors de ville détruite...

"Suicide Squad" n'est pas complètement raté, il est plutôt divertissant dans l'ensemble, mais il est assez loin de ce qu'on pouvait attendre avec une telle équipée. Dommage.