vendredi 31 janvier 2014

The Next three days (2010)

Avant de voir ce film, je ne savais pas que c'était le remake de "Pour elle", que je n'ai pas vu donc. Je ne me baserais ainsi sur aucune comparaison, mais cela donne envie de voir la version française, certainement meilleure que ce thriller sans artifice ?

L'histoire est celle d'un couple, John (Russell Crowe, pas mal) et Lara (Elizabeth Banks, correcte), qui mènent une vie relativement normale à Pittsburgh avec leur fils. Un soir, la patronne de la jeune femme, avec qui ce n'est pas le grand amour, est retrouvée morte dans un parking. Le lendemain, la police débarque chez les Brennan et arrêtent Lara. Les preuves sont irréfutables. Trois ans plus tard, un appel de la condamnation de la jeune femme est rejeté, elle tente de se suicider. John va alors préparer son évasion...

J'aime : 

* Le scénario. C'est ce qui fait l'attrait du film, une histoire plutôt originale où un homme ordinaire doit se surpasser pour organiser un événement extraordinaire.

J'aime pas : 

* La mise en scène. Paul Haggis est certainement meilleur scénariste que réalisateur. Choisir une ville moins classique que New York ou Los Angeles pour situer son film, très bien, mais globalement, son oeuvre est monotone, sombre et avec peu d'ambition.

* Le rythme. Le film est bien long et manque sacrément de rythme, surtout dans sa première partie. La fin est plus haletante, mais c'est trop tard.

* Le casting. Tout le monde est assez terne, à l'image de Russell Crowe, déjà pas très crédible en anti-héros, qu'on ne sent pas très impliqué dans son rôle.

Il y a des "petits" thrillers bien efficaces et d'autres qui passent à côté de leur sujet. Mauvaise pioche pour "The Next three days" qui rate le passage à l'américaine de la version originale française. A quoi bon faire des remakes si c'est pour les rater ?

mercredi 15 janvier 2014

Até que a sorte nos separe (2012)

Je ne suis pas encore installé depuis longtemps au Brésil et je n'ai donc pas encore vu beaucoup de films locaux. Je suis tombé par hasard sur cette grosse comédie et je l'ai regretté.

Le schéma de l'histoire est ultra balisé. Tino (Leandro Hassum, qui en fait des caisses) est un bellâtre, personal trainer, qui sort avec Jane (Danielle Winits), tout aussi apprêtée. Un jour, le jeune couple gagne au loto. On les retrouve une dizaine d'années plus tard : Tino est gras et oisif, Jane est shootée au botox et au shopping et ils ont désormais deux enfants, une jeune ado futée et un petit garçon insupportable. Tino aime à narguer son voisin Amauri (Kiko Mascarenhas, pas mal), austère comptable dans une banque, mais sa vie va basculer quand il va devoir faire appel à ce dernier pour le sauver de la banqueroute. Tino et sa famille ont en effet dilapidé tous les millions qu'ils avaient gagné...

J'aime : 

* Malheureusement, je crois que je n'aime rien de spécial...

J'aime pas : 

* Le scénario. Complètement téléphoné, on sait déjà ce qu'il va se passer, sans oublier les milliards de clichés boursouflés sur la vie de riches beaufs qui ne font plus rire depuis bien longtemps.

* Le casting. L'omniprésent Leandro Hassum en fait encore plus que son tour de taille, exagère chacune de ses interventions comiques jusqu'à la nausée. C'est une sorte de De Funès en raté. Autour de lui, Danielle Winits fait sa nouvelle riche botoxée à fond dans la caricature et il n'y a guère que le voisin, Kiko Mascarenhas, qui s'en sort pas mal.

* L'humour. Je l'ai déjà un peu détaillé, ça joue la beauferie, mais c'est déjà beauf à la base. Au final, chaque gag fait plus pitié qu'autre chose.

Ma première comédie brésilienne est donc un flop retentissant dans mon esprit pas forcément toujours exigeant pourtant. C'est nul, tout simplement, et le pire est qu'une suite de ce film est sortie tout récemment dans laquelle le couple star va à Las Vegas. Au secours.

dimanche 5 janvier 2014

The Hobbit : The Desolation of Smaug (2013)

Un an après un prologue un poil décevant, notamment en raison d'une première partie bien longuette, voici enfin le deuxième volet du "Hobbit" qui tient plutôt bien ses promesses.

Nous reprenons notre troupe de nains, leur guide Gandalf et Bilbo le hobbit là où on les avait laissés la dernière fois, échappant de peu aux vilains orques. Ces derniers sont cependant toujours à leur poursuite et, tandis que Gandalf décide de les devancer en solitaire, la grande marche vers la Montagne solitaire des nains et de Bilbo continue, avec des étapes à travers la forêt noire - rencontres délicates avec des araignées, des elfes et les orques - et une ville "humaine" située sur un lac. Enfin, la rencontre avec le dragon Smaug a enfin lieu...

J'aime :

* L'aventure. C'est toujours aussi épique et de nouveaux ennemis sont trouvés (araignées, humains ainsi que le fameux dragon !), ce qui renouvelle le récit et l'action. Cette dernière est toujours bien présente avec notamment une formidable descente de rivière en tonneaux.

* Le scénario. On ne comprend pas tout et on sait qu'il a été allongé par rapport au livre, mais il reste cohérent et passionnant, tenant en haleine de bout en bout. Dès que notre troupe peut enfin se reposer, il faut repartir et/ou affronter une nouvelle épreuve !

* Le casting. Martin Freeman est toujours formidable en facétieux hobbit, Ian McKellen assure et le reste des acteurs aussi. Petite déception pour Orlando Bloom, aussi fade que sa couleur de peau en Legolas.

J'aime pas :

* Les reproches sont moindres que pour le précédent, mais on peut les regrouper en soulignant la complexité de certains moments de l'histoire et quelques personnages plus faibles (surtout chez les elfes).

La suite de la trilogie du "Hobbit" est ainsi bien plus palpitante que la première, engoncée par son introduction bavarde et pataude, et nous laisse une bien bonne impression, sans temps mort et avec toujours une action sympathique, une pointe d'humour et un très bel environnement. Chapeau !

vendredi 27 décembre 2013

The Secret life of Walter Mitty (2013)

J'aime beaucoup Ben Stiller, je l'ai déjà dit ici et j'étais particulièrement impatient de découvrir son nouveau film, le dernier étant le foutraque "Tropic Thunder" (cinq ans déjà). Sauf que cette "vie secrète de Walter Mitty" (un remake) n'est pas exactement un projet personnel, mais plus une "commande" dans laquelle il devait jouer, mais pas réaliser au départ. Peu importe, cela reste un excellent film !

Walter Mitty (Ben Stiller donc, parfait dans ce genre de rôle) est un ennuyeux et timide archiviste du magazine "Life", sa vie banale étant ponctuée de rêves dingos qui lui permettent de s'en évader. Il est en plus secrètement amoureux de sa collègue Cheryl (Kristen Wiig, bien) qui l'ignore la plupart du temps. Mais cette situation compliquée va être bouleversée par l'annonce d'un plan social au sein du magazine et cette mystérieuse dernière photo de couverture offerte par Sean O'Connell (Sean Penn, très bien) que Walter ne retrouve pas dans le paquet envoyé par le photographe. Le petit employé va alors partir dans la première folle aventure véridique de sa vie à la recherche de ce cliché...

J'aime : 

* Le scénario. Remake, mais histoire sans doute complètement adaptée par rapport à l'originale et tout à fait divertissante. On prend beaucoup de plaisir à nous plonger dans cette quête incroyable à travers l'Atlantique Nord et plus loin encore pour retrouver le photographe et son cliché manquant. On apprécie également le message défendant le photojournalisme et les magazines papier.

* Le rythme. On ne s'ennuie jamais, le film est rempli d'action et de rebondissements constants.

* Le casting. Je suis un grand fan de Ben Stiller qui alterne entre des rôles complètement barrés ou ce genre-là, de type tout à fait banal tombant dans une aventure extraordinaire. Il sait donc y faire et s'en sort comme un charme. A part Sean Penn que l'on voit en chair et en os le temps d'une seule scène, les seconds rôles ne sont pas très connus, mais sont très bien aussi.

* Les décors. Il y a sans doute quelques fonds verts, mais globalement, "The Secret life of Walter Mitty" est un très "beau" film, avec une splendide photographie mettant en valeur de superbes paysages, originaux qui plus est (Groënland et Islande notamment).

* La bande originale. "A Space oddity", magnifique chanson de David Bowie, occupe une place particulière dans le film et le reste des quelques choix (Arcade Fire, etc.) sont excellents.

J'aime pas :

* L'atmosphère bon enfant. Ben Stiller a laissé son caractère foutraco-trash de côté pour ne garder que le foufou gentillet. Happy end un peu trop prévisible donc.

Ben Stiller tenait ici un super scénario, avec une jolie idée, qu'il a réussi à parfaitement exploiter, avec une mise en scène de très belle facture. On ressort le coeur léger de cette épopée d'une vie qui donne la pêche pour la nouvelle année. Bravo Ben !

mercredi 18 décembre 2013

Last Vegas (2013)

Voir des films au cinéma sans jeter un coup d'oeil à la bande-annonce devient mon fort. C'est à nouveau le cas avec ce "Last Vegas" dont la (belle, "castinguement" parlant) affiche laissait tout de même présager du beau réchauffé côté scénario. Et bien la surprise a tout de même été agréable.

Si beaucoup comparent "Last Vegas" à "The Hangover" à cause du lieu et du film de (vieux) potes, ce n'est pas vraiment cela non plus. Billy (Michael Douglas, plutôt en forme), Paddy (Robert de Niro, toujours cabotin), Archie (Morgan Freeman, très cool) et Sam (Kevin Kline, très bien) sont un quatuor d'amis d'enfance dont les routes se sont séparées depuis bien longtemps. Billy les rappelle pour les inviter à son mariage avec une jeune femme à Las Vegas. Si Archie et Sam sont ravis de pouvoir batifoler pour l'enterrement de vie de garçon de leur vieil ami, ce n'est pas le cas de Paddy, qui n'est plus sur la même longueur d'onde et ressasse le passé. Les quatre papys ont néanmoins tout un week-end pour s'amuser, peut-être une dernière fois, ensemble...

J'aime :

* Le casting. Le film ne se base quasiment que là-dessus donc il faut bien qu'il soit récompensé par quelque chose. Et on apprécie toujours de retrouver de grands acteurs jouer ensemble, qui plus est dans une comédie. Mis à part Robert de Niro qui cabotine toujours aussi sévèrement (je crois que je ne suis pas très fan de manière générale), Michael Douglas et Morgan Freeman s'amusent bien et mention spéciale à Kevin Kline qui s'avère être le plus drôle et le plus intéressant du quatuor.

* L'humour. On a beau avoir à l'écran une réunion de monstres sacrés du cinéma américain, le scénario n'hésite pas à les mettre dans des situations cocasses et surtout à multiplier les vannes sur leur grand âge. De l'auto-dérision tout à fait réaliste qui passe bien et réserve les moments les plus drôles.

J'aime pas :

* Le scénario. Enterrement de vie de garçon à Las Vegas, on a déjà vu ça 100 fois et évidemment, on pense tout de suite à "The Hangover", l'histoire étant malgré tout bien différente. Même si les garçons en question sont de vieux croûtons, cela ne rend pas le scénario très original, d'autant qu'il est ultra prévisible avec des ficelles grosses comme des maisons.

* La morale. Ah on n'y échappe pas non plus, aucun dérapage à prévoir, tout est bien qui finit bien avec des réconciliations en chaîne et une mièvrerie 100% américaine.

"Last Vegas" ne restera assurément pas dans les meilleures places de la filmographie de ce quatuor de (vieilles) stars d'Hollywood en raison d'un scénario vraiment raté. Mais on passe tout de même un moment pas désagréable avec quelques bonnes blagues disséminées ici et là. C'est déjà ça.

dimanche 8 décembre 2013

Blue Jasmine (2013)

L'attente du prochain Woody Allen, c'est à chaque fois la même chose : va-t-il être meilleur que le précédent, aussi bon que ses oeuvres les plus cultes ? Je restais sur une bonne opinion de "To Rome with love" et, s'il est moins dans le comique, ce "Blue Jasmine" est encore un bon cru.

Retour aux Etats-Unis donc, avec Jeannette French (Cate Blanchett, formidable), qui s'est rebaptisée Jasmine, et débarque de New York chez sa soeur Ginger (Sally Hawkins, bien) qui vit à San Francisco. La bourgeoise Jasmine est en perdition financière et mentale depuis que son mari, Hal (Alec Baldwin, très bien), pseudo Madoff, a été arrêté par le FBI et s'est suicidé en prison. Elle va alors tenter de se refaire une vie dans un milieu bien plus modeste et bien moins classe...

J'aime : 

* Le casting. Les critiques sont relativement unanimes et je les partage, la performance de Cate Blanchett est remarquable. Je l'ai toujours beaucoup aimé, mais là elle apporte une sorte de folle grandeur en plus dans ce rôle de diva déchue, qui tente de se maintenir droite malgré sa mythomanie. A ses côtés, à part Alec Baldwin, impeccable, des seconds rôles pas très connus, mais qui font bien le job.

* Les dialogues. C'est le point fort de Woody Allen, quel que soit le film. Les joutes sont enflammées, les réponses clinquantes, les envolées bien senties, et l'on se régale de ses bons mots et des névroses qu'il offre à chaque personnage.

* Le scénario. Il n'est pas follement original, mais on sait que le cinéaste saura manipuler avec délice son personnage principal et lui offrir les pires humiliations. Woody Allen est dans son élément et il nous ravit.

J'aime pas : 

* Parmi les quelques critiques du film, j'ai vu revenir cette caricature du milieu populaire que donnerait le réalisateur. C'est vrai qu'il maîtrise sans doute mieux le registre bourgeois, mais Woody Allen nous décrit tout de même de gentils beaufs californiens qui sont plus attachants au final que repoussants.

Nouvelle bonne année donc pour Woody Allen qui continue sa route et parsème un excellent film de plus sur celle-ci. Ce n'est pas forcément mon préféré, mais sa qualité est incontestable, grâce notamment à une grande Cate Blanchett.

mercredi 27 novembre 2013

Tango Libre (2012)

Je n'ai pas vu assez de films belges, pourtant j'aime beaucoup ce pays, sa culture, sa musique et surtout son humour. L'avant-première de "Tango Libre" au Brésil m'a permis de compléter un peu ma filmographie, même si ce n'est sans doute pas le meilleur long-métrage de ce pays que j'aurais pu voir.

Comme son nom l'indique, tout tourne autour du tango et de ces leçons que prend Jean-Christophe, alias JC (François Damiens, très bien), gardien de prison solitaire. Et voilà qu'une nouvelle élève se pointe, c'est Alice (Anne Paulicevitch, bien), jolie brin de femme, dont il tombe rapidement amoureux. Sauf qu'elle a déjà elle-même deux compagnons, tous deux détenus dans la prison de JC. Ce sont Fernand (Sergi Lopez, excellent) et Dominic (Jan Hammenecker, bien aussi) qui sont là pour longtemps, emprisonnés après un braquage qui a mal tourné. Une ronde cocasse et tendue à la fois débute alors entre les quatre personnages, sous l'oeil suspicieux d'Antonio, le fils d'Alice...

J'aime : 

* Le casting. Les films belges font la part belle aux acteurs, particulièrement à ceux qui ont de vrais "trognes" et c'est le cas ici avec François Damiens en tête, un peu à contre-emploi en plus, ou encore Sergi Lopez et le massif Jan Hammenecker. Ils jouent tous très juste et c'est donc un des points forts du film.

* Le scénario. Ou plutôt le fil rouge, ces leçons de tango et surtout celles que va commencer à prendre Fernand en prison auprès de ses co-détenus argentins pour reconquérir Alice. Cette idée générale est très original et donne lieu aux plus belles scènes du film.

J'aime pas :

* Le dénouement. Sans le dévoiler, on sent que la scénariste (et actrice principale) ne savait plus trop quoi faire de son quatuor et elle a opté pour une fin mélancolico-cocasse qui sort totalement du schéma initial. Dommage.

* Le rythme. Le réalisateur aime les longs silences, les dialogues abrupts et parfois sans aucun sens, surtout quand François Damiens, quasi mutique, est en scène. Malheureusement, cela plombe plus le film qu'autre chose et on s'agace vite de tous ces blancs.

"Tango Libre" est un joli petit film belge, avec une idée de départ bien originale, mais qui ne sait justement jamais sur quel pied danser entre l'émotion et la comédie. C'est un peu dommage parce que tout était réuni pour que ce soit une vraie réussite.