vendredi 17 avril 2020

Going in style (2017)

Acteur et réalisateur reconnu, Zach Braff s'est emparé de ce remake d'un film de 1979 (que je n'ai point vu). Pas forcément la meilleure des idées.

L'histoire est celle de trois amis ouvriers à la retraite - Willie (Morgan Freeman, pas mal), Joe (Michael Caine, cabotin) et Albert (Alan Arkin, bien) - qui vont se retrouver sans rien après le rachat de leur entreprise. Ils décident alors de braquer la banque qui les a arnaqués...

J'aime : 

* Le message. Il s'agit globalement d'une comédie, mais qui évoque un vrai sujet social : les effets négatifs de la mondialisation (les délocalisations) et de la gestion par les banques des finances des retraités les moins qualifiés. La scène d'ouverture dans la banque (avant le braquage) est un coup de poing immédiat.

* Le scénario. Je ne m'émerveille jamais devant des remakes, mais celui-ci a été plutôt bien été actualisé avec donc des thématiques d'aujourd'hui.

J'aime pas : 

* Le casting. Loin de moi de ne pas aimer ce trio, sans oublier les seconds rôles de choix (Matt Dillon, Christopher Lloyd), du lourd pour une "petite" comédie de commande, mais je trouve qu'ils ne vont pas "bien" ensemble. On a du mal à les imaginer avoir été ouvriers, surtout Michael Caine qui n'a même pas pris la peine de perdre son accent British pour l'occasion.

Malgré un casting de choix, "Going in style" est le genre de comédie mineure vite vue et vite oubliée. Elle manque sacrément de consistance et d'implication, bien que son message vise juste. Dommage.

dimanche 12 avril 2020

American Made (2017)

La sortie d'"American Made" était passée inaperçue pour moi et c'est aussi bien par hasard que j'ai regardé ce film de Doug Liman à la télévision. Une bien agréable surprise.

L'histoire retrace le parcours incroyable et véridique de Barry Seal (Tom Cruise, excellent), un pilote de ligne engagé par le cartel de Medellin pour livrer sa drogue aux Etats-Unis à la fin des années 1970. Interpellé par la DEA au début des années 1980, il devient leur agent infiltré au sein du trafic...

J'aime : 

* Le scénario. Histoire vraie donc et passionnante que celle de Barry Seal. Doug Liman y a éventuellement ajouté un peu plus d'action pour permettre à Tom Cruise de montrer tout son savoir-faire à 50 ans passés, mais ça n'enlève rien à la fidélité du récit.

* Le casting. Tom Cruise n'aime pas trop partager la vedette quand il est aux manettes. Donc il n'y a vraiment que lui à retenir de cette distribution où les seconds rôles sont méconnus ou plus des (bons) acteurs de série.

* La bande originale. On se régale tout au long du film avec des morceaux funky des années 1970. Le meilleur pour le générique de fin : "Wah Wah" de George Harrison.

* La photographie. Outre la reconstitution très réussie, un style très 70's a été apporté à l'image aboutissant à une atmosphère parfaite.

* La mise en scène. On ne s'ennuie jamais au cours de ces presque deux heures d'aventures qui prennent souvent l'air d'une comédie tellement Tom Cruise apporte gouaille et bravoure. 

J'aime pas : 

* Pas de critique particulière à apporter. Certains pensent que Doug Liman n'a pas abordé le sujet assez sérieusement, mais je pense qu'au contraire, son film est rempli d'ironie à l'égard du gouvernement américain de l'époque. Un style plus "sérieux" aurait en tout cas été tout aussi bon.

Tom Cruise a de nouveau visé juste avec cet "American Made" tiré d'une fascinante histoire vraie. On prend beaucoup de plaisir à le voir dans la peau de ce personnage qui s'est pris à un double jeu des plus risqués...

jeudi 9 avril 2020

Bombshell (2020)

J'étais passé à côté des accusations de harcèlement sexuel qui avaient fait tomber il y a quelques années le patron de Fox News, Roger Ailes. Voilà un film efficace et salutaire qui sort au bon moment.

A travers le portrait de trois journalistes de Fox News, la déclinante Gretchen Carlson (Nicole Kidman, bien), la star Megyn Kelly (Charlize Theron, très bien) et la jeune ambitieuse Kayla Pospisil (Margot Robbie, pas mal) - la seule du trio à être un personnage de fiction -, l'histoire montre les dessous du recrutement et de la promotion des journalistes féminines de la chaîne d'info américaine par son patron tout puissant, Roger Ailes (John Lithgow, excellent). Le tout via des faveurs sexuelles. Virée, Gretchen Carlson décide de porter plainte contre Roger Ailes. La loi du silence est brisée...

J'aime : 

* Le casting. Trois grandes actrices pour incarner trois journalistes toutes avec les critères "Fox News" (blondes et sexy). On ne reconnaît pas vraiment John Lithgow sous ses prothèses, mais c'est du solide à tous les étages.

* Le scénario. Entièrement tiré d'une histoire vraie donc (à l'exception du personnage de Kayla Pospisil), il va droit au but en montrant la méthode Ailes. Il n'oublie pas de montrer (un peu) les contradictions de ces journalistes qui ont aussi profité du système pour grimper, mais également leur rivalité implacable qui est loin de les unir face aux abus.

* La reconstitution. L'univers de la télévision américaine est très bien retranscrit avec à la fois tout ce professionnalisme, cette pression médiatique monumentale et cette compétition exacerbée en coulisses.

J'aime pas : 

* Le film ne s'attarde pas tellement sur le parcours et la vie intime de nos héroïnes. Cela aurait pu donner une plus-value et des éléments intéressants de compréhension du contexte.

Habitué à des comédies bien plus légères, Jay Roach signe ici une oeuvre dans l'air du temps, presque documentaire, sur l'affaire de harcèlement sexuel de Fox News. Ce n'est pas du grand cinéma non plus, mais cela fonctionne très bien.

samedi 4 avril 2020

L'Aventure c'est l'aventure (1972)

Un autre classique du cinéma français que je n'avais point vu. Puis j'ai très peu visionné de films de Claude Lelouch donc cela tombait bien. Bon, celui-ci a bien mal vieilli.

L'histoire est celle d'un quintet de truands - Lino (Lino Ventura, très bien), Jacques (Jacques Brel, pas mal), Simon (Charles Denner, bien), Charlot (Charles Gérard, bien aussi) et Aldo (Aldo Maccione, pas mal aussi) - qui décide de profiter d'un monde en pleine révolution (post-1968) pour se lancer dans le crime "politique", notamment à l'aide d'enlèvements, afin de se faire de l'argent. Le tour du monde peut commencer...

J'aime : 

* Le casting. Parce que quand même, y a du lourd : Lino Ventura mène sa bande d'adorables pieds nickelés avec, comme toujours, une poigne de fer. Il est toujours plaisant de voir Jacques Brel acteur, même si c'est loin d'être son meilleur rôle. Les autres membres de la bande sont sympas, chacun dans son registre. Une pléiade de seconds rôles connus complète le casting, certains dans leur propre rôle comme Johnny Hallyday ou encore Michel Drucker.

* La bande originale. Composée par Francis Lai, elle est très funky et 70's à souhait. La chanson titre, "L'Aventure c'est l'aventure", interprétée par Johnny Hallyday n'est pas déplaisante.

* L'humour. Si le sujet se veut politique, c'est aussi et surtout une comédie d'aventures plutôt amusante dans l'ensemble, même si caricaturale dans ses séquences "exotiques".


J'aime pas : 

* Le scénario. Il est complètement foutraque, sans queue ni tête. On va d'un bout à l'autre de la planète sans réelle cohérence ni but. Et cela dure deux heures !

"L'Aventure c'est l'aventure" est le genre de film qui vaut surtout pour sa bande d'acteurs qui semble bien s'amuser en quasi liberté. Malheureusement, il n'y a pas vraiment de scénario derrière et le temps de cette joyeuse mascarade est bien trop long.

mercredi 25 mars 2020

The Circus (1928)

Poursuivant mon (re)visionnage des Chaplin, voici "The Circus", encore un bijou, lui aussi entouré d'une histoire rocambolesque.

Notre cher vagabond (Charles Chaplin, génial) est pris pour un pickpocket par la police. En fuite, il se réfugie dans un cirque en pleine représentation. Sa maladresse perturbe les numéros, mais le public réagit si bien que le directeur (Allan Garcia, très bien) décide de l'embaucher. Le nouvel homme à tout faire va alors tomber amoureux de la fille du patron et écuyère (Merna Kennedy, bien), qui lui préfère pourtant le funambule (Harry Crocker, pas mal)...

J'aime : 

* Le scénario. Tous les numéros et éléments du cirque sont passés en revue avec un vagabond en pleine forme qui parvient à semer la zizanie partout où il passe. Sa passion pour l'écuyère est touchante.

* Le casting. Charles Chaplin, toujours au sommet de son art, sait choisir ses comédiens, aussi charismatiques qu'expressifs.

* La mise en scène. Chaque détail compte chez Chaplin et tous les numéros sont réglés comme du papier à musique. De plus, le rythme ne retombe jamais du début à la fin.

* La bande originale. Charles Chaplin en a recomposé une nouvelle en 1967 avant que le film ne revoit le jour.

J'aime pas : 

* Aucun vrai défaut à signaler, j'ai tout aimé !

Film "mineur" de Charles Chaplin, avec un scénario certes moins original que la plupart de ses autres films, "The Circus" reste néanmoins un divertissement muet des plus plaisants, on rit de bout en bout.

dimanche 8 mars 2020

City Lights (1931)

Dans ma poursuite des grands classiques du cinéma à rattraper, il fallait bien que je m'attèle à combler mon retard dans les Chaplin. Ce premier film sonore du maître britannique est une perle.

L'histoire met cette fois en scène le "vagabond" (Charles Chaplin, génial) dans une aventure urbaine au cours de laquelle il rencontre une jolie marchande de fleurs aveugle (Virginia Cherrill, excellente). Son handicap et un quiproquo font qu'elle croit avoir à faire à un homme riche. Après une nouvelle rencontre fortuite, le vagabond va tout mettre en oeuvre pour lui offrir de meilleures conditions de vie alors qu'elle est souffrante et menacée d'expulsion de son logement où elle vit avec sa grand-mère. Cela passera par de multiples petits boulots tout comme une relation tumultueuse avec un millionnaire suicidaire (Harry Myers, bien)...

J'aime : 

* Le scénario. Elaboré durant plusieurs années, Charles Chaplin a intégré au fil rouge plusieurs sketchs issus de courts-métrages (le combat de boxe, le restaurant...) qui apportent beaucoup de rythme et empêchent tout temps mort.

* L'humour. Charles Chaplin est clairement un génie du gag et montre combien le cinéma n'a vraiment pas besoin d'être parlant pour faire hurler de rire. Les séquences drôles s'enchaînent et sont toutes plus ingénieuses les unes que les autres.

* La mise en scène. Quand on voit un film muet, et notamment un Chaplin, on sent qu'aucun détail n'est laissé au hasard, que tout se passe selon une mécanique précise, celle du gag, et le cinéaste excelle.

* Le casting. A l'époque du cinéma muet, il fallait être des plus expressifs et Charles Chaplin a réuni des comédiennes et comédiens qui rendent tous leurs personnages très marquants et saisissants.

J'aime pas : 

* Rien de très particulier, peut-être un scénario qui justement se perd un peu trop dans les multiples histoires parallèles à celle du vagabond et de sa marchande de fleurs.

Pour "City Lights", Charles Chaplin a intégré un peu de son à son muet, mais pour quelques effets seulement. Le reste est classique avec une musique omniprésente qui accompagne l'histoire tel un personnage à part entière. Une bien jolie histoire remplie d'excellents gags.

dimanche 1 mars 2020

Black Panther (2018)

J'ai raté une flopée de films de super-héros ces dernières années, englouti par leur accumulation. Mais, par curiosité, j'ai daigné regardé ce fameux "Black Panther". Beaucoup de bruit pour rien ?

L'histoire est, comme la plupart des Marvel, un peu alambiquée entre succession sur le trône du Wakanda, pays africain qui se fait passer pour pauvre alors que ultra moderne, avec un prince T'Challa (Chadwick Boseman, pas mal) défié par son cousin N'Jadaka (Michael B. Jordan, pas mal aussi). Le tout sur fond de trafic de vibranium, un métal précieux que le Wakanda cache jalousement.

J'aime :

* L'univers. Il était temps en effet de sortir Black Panther du bois, surtout que le super-héros existe depuis bien longtemps lui aussi. L'histoire du Wakanda est bien vue et intéressante.

* Le casting. C'est la crème des acteurs et actrices noirs américains du moment qui ont été embauchés (Chadwick Boseman, Lupita Nyong'o, Danai Gurira, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya...), mais aussi des références (Angela Bassett, Forest Whitaker, Isaac de Bankolé...)  et cela fonctionne. Les rares blancs sont eux aussi très bien choisis, à savoir le sympathique Martin Freeman et le caméléon Andy Serkis.

* Les costumes. C'est un élément que je souligne rarement, mais ceux du film, recherchés, sont très réussis.

J'aime pas :

* Le scénario. Comme la plupart des films Marvel et cie, on essaye de mettre de la complexité et ça se transforme en confusion. Cela part un peu dans tous les sens avec plusieurs histoires dans l'histoire et comme c'est un peu trop long, on finit par s'ennuyer.

* Effets spéciaux. Tout comme les scènes d'action, rien de très innovant...

Pour son premier film, on ne peut pas dire que "Black Panther" ait vraiment été gâté. Malgré un casting inspiré et un univers intéressant, son réalisateur, le peu expérimenté Ryan Coogler, a sérieusement manqué d'ambition et n'a pas vraiment réussi à sortir des clichés.