mardi 24 septembre 2019

La French (2014)

Je n'avais pas entendu parler de ce film sorti il y a déjà quelques années. Un voyage en avion m'a permis de me rattraper et c'était plutôt une bonne pioche.

L'histoire retrace la lutte du juge Pierre Michel (Jean Dujardin, bien) contre la fameuse French Connection, réseau de trafiquants de drogue basé à Marseille qui livrait sa marchandise aux Etats-Unis au milieu des années 1970. Ce dernier est dirigé par Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche, bof), qui doit gérer aussi bien les guerres internes à son gang que la bataille face à la police et la justice.

J'aime : 

* Le sujet. Il a déjà été traité, mais peut-être pas de cette manière. On a affaire à un bon film policier, où tous les ingrédients (réels qui plus est) sont réunis - trafic de drogue, guerre de gangs, policiers ripoux, le Marseille des années 1970, un héros charismatique... -, avec un minimum d'action.

* L'environnement. Marseille est une vraie ville de cinéma, on l'a (re)découvert bien trop tard, mais elle est une fois de plus ici magnifiée avec une photographie splendide.

* La reconstitution. Les années 1970 sont (presque) fidèlement mises en scène. Il y aurait quelques anachronismes (voitures, musique...), mais ce sont des détails. Bonne idée d'y avoir associé une manière de filmer et un montage "d'époque" également.

J'aime pas : 

* Le casting. Si Jean Dujardin, omniprésent, campe bien le juge Michel, son grand adversaire, Gaëtan Zampa, aurait sans doute été mieux joué par quelqu'un d'autre que Gilles Lellouche. Ce dernier n'est pas effrayant pour un sou et manque cruellement de charisme dans le rôle. Par ailleurs, que ce soit lui ou ses acolytes, ça manque cruellement d'accent du cru. Si les comédiens sont incapables de l'imiter correctement, qu'on prenne des locaux (comme Gérard Meylan, le Marseillais de service, qui joue un Corse d'ailleurs). Les seconds rôles sont globalement très bien sinon même si j'ai toujours du mal avec Benoît Magimel.

* Le scénario. Il met un peu de temps à se mettre en place, il y a aussi des moments de creux, sans parler des erreurs factuelles ou raccourcis qu'il comporterait, bref, il est irrégulier.

Avec "La French", Cédric Jimenez nous plonge avec brio dans une sacrée histoire et époque, le tout mené tambour battant par un Jean Dujardin tonique et inspiré. Malgré ses défauts et donc un casting pas toujours irréprochable, on passe un bon moment et la mission divertissement est accomplie.

mardi 10 septembre 2019

Inside Out (2015)

Les critiques étaient dithyrambiques. Je m'attendais donc à voir LE chef-d'oeuvre de Pixar. Ce fut une belle déception...

L'histoire suit le début de vie de Riley, une jeune Américaine du Minnesota, de sa naissance à son adolescence, mais du point de vue de son cerveau et plus particulièrement de cinq de ses émotions personnifiées par de petits personnages intérieurs : joie, peur, colère, tristesse et dégoût. Si tout se passe pour le mieux jusqu'à ses 11 ans, le déménagement de la fillette à San Francisco avec ses parents va complètement bouleverser sa vie alors que cette période coïncide également avec le début de son adolescence. Tristesse va alors prendre le contrôle du quartier cérébral et surtout des souvenirs de Riley, la plongeant dans un désarroi que seule Joie pourra tenter de renverser...

J'aime : 

* L'idée. Le concept même. C'est follement original, surtout pour un dessin animé, et tout est très bien pensé par Pete Docter et son équipe, une habile vulgarisation scientifique sur une période de la vie ô combien complexe.

* Le casting. Pas que des stars - Amy Poehler, Bill Hader, Diane Lane, Kyle MachLachlan pour les plus connus - , mais des voix très expressives, ne serait-ce que pour les "émotions" de Riley.

J'aime pas : 

* Le scénario. Si l'idée en elle-même de se concentrer sur cette période charnière de la préadolescence est particulièrement pertinente car les émotions sont mises à rude épreuve - et ici encore plus avec ce contexte d'un déménagement lointain et dans un lieu paraissant hostile -, l'aventure de ces mêmes émotions dans ces îles du souvenir qui s'effacent est non seulement tristoune et longuette voire ennuyeuse, mais également complexe à suivre d'une certaine manière. D'autant plus pour de jeunes enfants et il semble que Pixar les ait quelque peu laissé de côté (la préadolescence ne leur parlera pas encore et comprendre ce qu'il se passe dans le cerveau à ce moment-là encore moins !). Je m'attendais à plus de diversité dans l'interaction de toutes ces émotions. Au final, la course-poursuite joie-tristesse domine le film.

* Les graphismes. Moins pour le côté technique que pour l'univers, et notamment celui mental de la fillette, qui n'est pas des plus attrayants. On aurait aussi aimé voir plus de scènes avec ces mêmes émotions dans la tête d'autres personnages.

Ce sont donc des émotions très mitigées que j'ai ressenties moi-même en voyant ce film, j'avais de grandes attentes d'après tous les éloges lus ou entendus, et je n'ai pas réussi du tout à rentrer dans l'esprit de Riley, restant plus "out" qu'"inside"... 

dimanche 8 septembre 2019

A Star is born (2018)

C'est finalement Bradley Cooper qui s'est lancé, pour sa première réalisation, dans le troisième remake de "A Star is born" avec Lady Gaga dans le rôle de l'"étoile" au lieu de Beyoncé. J'appréhendais beaucoup, mais c'est pas si mal.

L'histoire se situe cette fois dans le milieu de la country. Grosse star, mais gros alcoolique également, Jackson Maine (Bradley Cooper, très bien) débarque un soir dans un cabaret de Los Angeles où il fait la connaissance d'Ally Campana (Lady Gaga, qui assure). Cette dernière est serveuse le jour et chanteuse la nuit dans ce bar de drag-queens. Epoustouflé par son talent, le chanteur country la prend sous son aile et lui offre rapidement sa scène. Alors que leur couple se forme dans le même temps, Ally devient alors la coqueluche du public et son succès, capitalisé dans la pop plutôt que la country, dépasse celui de Jackson Maine, dont le déclin va aggraver ses addictions...

J'aime :

* Le casting. Bradley Cooper joue 90% du temps la star bourrée et/ou droguée, ce qui n'est pas si facile que cela, et il est particulièrement touchant dans cette descente aux enfers alors que sa carrière lui échappe. A ses côtés, Lady Gaga ne méritait assurément pas un prix de meilleure actrice, mais elle s'en sort très bien, on la sent très sincère et impliquée, d'autant plus que son cheminement (musical et artistique notamment) semble assez proche de celui de son personnage. Peu de place pour les seconds rôles, mais on retrouve notamment le sympathique moustachu Sam Elliott.

* La bande originale. Le film repose aussi dessus évidemment et même si on l'a entendu des milliers de fois désormais, "Shallow" est un vrai point fort. Le reste des morceaux est tout à fait solide également.

* La photographie. Si Bradley Cooper ne présente pas une mise en scène qui sort de l'ordinaire pour son premier film, il s'est attaché les services de l'excellent Matthew Libatique à la photographie, avec des scènes de concert particulièrement réussies.

J'aime pas :

* Le scénario. Outre le fait qu'en tant que remake (même s'il n'en avait pas été un, ce type de film ne peut sortir des sentiers battus), il est totalement prévisible, il est bien trop déséquilibré entre une rencontre des deux personnages principaux et une accession au succès extrêmement rapides et un dénouement trop long, qui n'en finit plus.

Comme souvent, je suis très sceptique avant d'assister à certains films dont celui-ci, mais ce n'est pas le désastre que j'avais imaginé, porté par un duo Bradley Cooper-Lady Gaga qui fonctionne très bien et une bande originale agréable. Un bon divertissement.

vendredi 16 août 2019

Wind River (2017)

"Wind River" est censé refermer la trilogie du scénariste Taylor Sheridan, débutée avec "Sicario" et poursuivie avec "Comanchera", que je n'ai pas vus. Pour ce dernier volet, l'Américain a aussi pris en charge la réalisation. Pas un souvenir impérissable.

L'histoire se déroule dans la plaines enneigées du Wyoming, en plein hiver donc. Le garde-forestier Cory Lambert (Jeremy Renner, bien) fait la découverte en pleine nature du corps ensanglanté et aux pieds nus d'une jeune femme amérindienne. Le FBI envoie sur place la jeune agente Jane Banner (Elizabeth Olsen, pas mal), en provenance de Las Vegas, qui n'a donc aucune connaissance du terrain et de la région. Elle et Cory Lambert vont alors faire équipe pour mener l'enquête...

J'aime :

* L'environnement. Certes, les décors sont particulièrement monotones, mais Taylor Sheridan a le mérite de nous transporter dans un lieu peu connu des Etats-Unis et de situer également son intrigue dans le contexte des réserves amérindiennes, pauvres, isolées et en proie à toute la misère sociale.

* Le casting. Jeremy Renner (pas prévu pour le rôle au départ) fait le job et Elizabeth Olsen se débrouille bien dans ce personnage d'agente du FBI à la fois sans grande expérience et en terrain hostile et inconnu pour elle.


J'aime pas :

* Le scénario. Malgré un environnement original et un début d'intrigue bien accrocheur, l'enquête se révèle moins passionnante qu'espéré et malgré une scène d'action finale musclée, le dénouement s'avère quelque peu trop rapidement mené (et glauque).

S'il est loin d'être mauvais, "Wind River" n'est pas bien plus qu'un polar mineur offrant, en contexte, une vision particulièrement désolante de la condition des Amérindiens et de leurs réserves aux Etats-Unis.

lundi 29 juillet 2019

The Mule (2018)

Ma période ClintEastwoodosceptique est-elle en train de s'affaiblir ? Après "American Sniper", que j'ai donc trouvé pas trop mal, j'ai été agréablement surpris par "The Mule".

Inspirée de la folle trajectoire de Leo Sharp, l'histoire présente Earl Stone (Clint Eastwood, excellent), ancien combattant et aimable horticulteur. Divorcé, en mauvaise relation avec sa fille qui va se marier, le senior est au bout du rouleau quand son affaire finit par couler. Un ami de son futur gendre, le voyant en difficulté, va alors lui proposer de quoi se refaire largement : transporter de la drogue à travers les Etats-Unis pour le compte d'un cartel mexicain. Son profil n'attirant pas du tout l'attention des autorités, Earl va accumuler les trajets et en profiter pour faire bénéficier famille et amis de son très généreux salaire, jusqu'à ce que l'équipe de la DEA de Colin Bates (Bradley Cooper, correct) s'en mêle...

J'aime :

* Le casting. J'ai été particulièrement impressionné par la performance de Clint Eastwood qui, à près de 90 ans, tient encore bien la route. Il joue très bien, même si on ne peut se retenir d'avoir des frissons à chaque scène un peu "physique" vu sa maigreur. Même s'il tient la tête d'affiche, le cinéaste est entouré d'un casting solide avec, rien que pour la DEA Bradley Cooper, Michael Peña et Laurence Fishburne (alors qu'ils jouent vraiment les seconds rôles), ou encore Dianne West et Andy Garcia.

* Le scénario. Très fidèle à l'histoire de Leo Sharp, il est assez incroyable et très original. Pour autant, d'aucuns pourrait le trouver assez linéaire et il est vrai qu'il y a bien peu d'action, contrairement à ce que la bande-annonce peut laisser penser. C'est surtout Earl Stone en voyage et Earl Stone renaît financièrement de ses cendres, malgré quelques petites scènes de suspense (dont celle de la bande-annonce).

* Les relations familiales. Pour densifier un peu son scénario, Nick Schenk a introduit un fil rouge autour des relations compliquées entretenues par Earl Stone avec sa famille ou comment sa passion extrême pour son travail, ses fleurs, l'a conduit à s'écarter de ses proches sans en être tout à fait conscient. Un sujet délicat subtilement abordé ici et qui me parle personnellement, me rappelant aussi bien mon grand-père que mon père pour certains aspects.

J'aime pas :

* Je ne sais pas si Earl Stone est un portrait fidèle de Leo Sharp, mais Clint Eastwood (ou son scénariste) a encore trouvé le moyen de lui faire sortir des remarques racistes, cette fois contre les Mexicains (même s'ils deviennent ses amis ensuite). Lassant.

La bande-annonce m'avait laissé dubitatif, me laissant penser à un "Gran Torino" avec des Mexicains, mais rien à voir, c'est une histoire sympa et insolite que conte "The Mule". Au-delà du film en lui-même, qui comprend aucun véritable coup d'éclat, on retiendra surtout la performance remarquable de Clint Eastwood, toujours bon pied bon oeil.


jeudi 11 juillet 2019

Première année (2018)

Avec "Première année", l'ancien médecin devenu cinéaste Thomas Lilti complétait sa trilogie médicale débutée avec "Hippocrate" et "Médecin de campagne". Je ne les ai pas encore vus, mais il valait peut-être mieux commencer justement par "Première année".

En effet, le film prend comme fil rouge la première année de médecine de deux étudiants : Antoine (Vincent Lacoste, très bien), qui la repasse pour la deuxième fois, et Benjamin (William Lebghil, pas mal), qui vient lui d'avoir son Bac. Le premier, passionné et donc persévérant, va prendre le second, détaché et qui semble surtout là pour imiter la carrière de son père, sous son aile pour que cette année soit celle de la réussite. Mais celle-ci est longue et la pression est immense pour espérer faire partie du numerus clausus...

J'aime :

* Le sujet. Contrairement aux Américains, les Français n'ont jamais trop traîné sur les campus universitaires pour en faire ne serait-ce que des comédies. D'où l'originalité de "Première année" et encore plus sur ces fameuses et redoutées études de médecine. D'autant plus qu'il y a un côté presque documentaire dans le film de Thomas Lilti, qui a donc lui-même connu cette expérience. Il révèle ainsi toute la pression et le travail parfois jusqu'à l'absurde qui est demandé aux étudiants.

* Le casting. Si je suis un peu moins convaincu par William Lebghil, qui fait trop vieux pour son rôle de jeune bachelier, Vincent Lacoste confirme son talent dans celui d'étudiant tour à tour obstiné à atteindre son but, la deuxième année, puis désabusé en burn out total.

* Le scénario. Le ton quasi documentaire du film fait qu'il ne peut se détacher d'une trame très classique, mais c'était plutôt bien vu de faire se croiser l'état d'esprit des deux camarades, l'un se révélant bosseur tandis que le second finit par flancher.

J'aime pas : 

* Les histoires parallèles. Aussi bien la relation de Benjamin avec ses frères (aucun ne se ressemble en plus) que, surtout, les prémices d'une romance entre Antoine et sa voisine (qui n'aboutit bizarrement à rien) sont ratés et donc inutiles.

Si vous voulez savoir comment se déroule de l'intérieur la première année à la faculté de médecine, alors le film de Thomas Lilti est le meilleur documentaire qui soit. Même s'il n'est pas parfait non plus, il donne très envie de voir ses deux premières oeuvres sur le monde médical.

mercredi 3 juillet 2019

The Campaign (2012)

Voilà une comédie d'été dont le sujet m'intéressait puis avec un duo d'acteurs alléchants, mais je me doutais bien qu'elle ne cachait pas un chef-d'oeuvre malgré Jay Roach aux commandes.

L'histoire suit le duel acharné d'une campagne électorale entre un démocrate chevronné, Cam Brady (Will Ferrell, bien), et un républicain débutant et ingénu, Marty Huggins (Zach Galifianakis, pas mal), qui s'affrontent pour un siège au Congrès des Etats-Unis dans un comté de Caroline du Nord. Tous les coups bas sont permis, surtout de la part du premier...

J'aime :

* Le sujet. Les campagnes électorales, c'est toujours la même chose, mais cela peut être assez passionnant aussi, notamment aux Etats-Unis où les moyens sont souvent démesurés. Là, Jay Roach a donc choisi la parodie en caricaturant les aspects grotesques de ces événements, afin de montrer tout le cynisme qu'elles peuvent souvent comporter.

* Le casting. Je suis un grand fan de Will Ferrell et il n'est jamais aussi hilarant que lorsqu'il joue un odieux personnage. C'est encore le cas ici, même si ce n'est pas non plus son meilleur rôle. De son côté, Zach Galifianakis joue aussi une partition qu'il connaît bien, à savoir le niais fier de lui. Les seconds rôles sont totalement écrasés, mais sont bien aussi.

* Le scénario. On aurait pu s'attendre à du classique : le candidat loser qui gagne à la fin contre le réélu ultra-riche et rôdé. Mais les scénaristes ont su fournir une trame à rebondissements, notamment à la fin, évitant les trop grosses ficelles. 

J'aime pas :

* L'humour. Avec "Austin Powers" surtout, Jay Roach était déjà dans le gras, mais comme cela touchait presque à l'absurde, cela passait bien. Ici, si l'ensemble est plutôt drôle, il y a tout de même quelques séquences bien grasses et lourdingues dont on aurait pu se passer.

Malgré ses deux têtes d'affiche et son réalisateur de comédies à succès, "The Campaign" est une farce relativement mineure, qui ne fera pas date, mais offre un divertissement correct sur un sujet original.