vendredi 13 juin 2025

The Phoenician Scheme (2025)

Mon cinéaste préféré sort presque un film par an, donc c'est toujours un plaisir de le retrouver. Ici, la bande-annonce m'avait beaucoup plu. Hélas, je vais sans doute répéter les mêmes remarques que pour son long-métrage précédent.

L'histoire, qui se déroule dans les années 1950, est celle de l'industriel véreux Zsa-zsa Korda (Benicio Del Toro, très bien) qui, constamment victime d'attentats divers et variés dont il ressort miraculeusement vivant, décide sagement de transmettre ses affaires à sa fille unique, Liesl (Mia Threapleton, impeccable). Cette dernière est nonne, mais va néanmoins le suivre à travers moult péripéties dans la poursuite d'un projet pharaonique dans son pays (fictif) d'origine, la Phénicie.

J'aime : 

* Le casting. Déjà impressionnant dans "The French Dispatch", Benicio del Toro bénéficie ici du rôle principal et il démontre avec aisance qu'il le méritait. A ses côtés, les "nouveaux" (chez Wes Anderson) Mia Threapleton et Michael Cera sont tout à fait réjouissants également. Pour le reste, que du lourd comme toujours malgré des apparitions bien plus courtes : Tom Hanks, Bryan Cranston, Mathieu Amalric, Scarlett Johansson, Benedict Cumberbatch... et évidemment l'incontournable Bill Murray en Dieu.

* Les décors. Qui dit film d'aventures et même d'action (à la Wes Anderson, cela va sans dire), dit voyage donc une série de séquences dans des lieux différents, tous plus exotiques les uns que les autres, de la jungle au désert, en passant par des palais, des avions, trains et des clubs. Tout cela en carton-pâte bien entendu (tournage dans des studios allemands), mais c'est très beau et coloré.

* La mise en scène. Le style tout en détails et précision du cinéaste est respecté de bout en bout, aucune surprise. Allez, un peu plus de violence si on veut. Et encore, on en a déjà vu avant. On retient tout de même aussi cette magnifique scène de salle de bain filmée depuis le plafond. Inédit.

* Le scénario. Il est divisé en plusieurs parties - schéma apprécié par le réalisateur -, basées sur les différents personnages que Korda doit convaincre pour mettre en œuvre son montage financier. Changement de décor à chaque fois et le tout est assez rythmé, chaque épisode se terminant souvent en chaos ou challenge à relever. Outre les interactions avec les différents acteurs et actrices invités, on apprécie particulièrement cette nouvelle relation familiale explorée par Wes Anderson : cette fois un père et sa fille qui doivent apprendre à se connaître (on est finalement assez proche de "The Life aquatic" avec la relation Bill Murray-Owen Wilson, mais cette fois, c'est un peu plus mignon car c'est une fille et elle est jeune).

J'aime pas :

* Je dois dire que j'ai été néanmoins un peu déçu par plusieurs aspects du scénario : les scènes de rêve du purgatoire sont un peu plombantes (malgré la présence d'encore plus d'acteurs et actrices invités) et surtout, cette histoire de montage financier, même si finalement plutôt accessoire, est tout de même assez complexe à saisir. On se demande pourquoi le cinéaste s'est autant compliqué la vie (et celle du spectateur donc).

* Puis côté musique, pas de bande originale éclectique ici, on reste dans la musique classique, avec toujours Alexandre Desplat à la baguette. 

Wes Anderson reste mon chouchou du cinéma et j'apprécie toujours ses films au style unique, mais j'ai été ici un peu déçu que le résultat ne ressemble pas plus à la très prometteuse bande-annonce. Reste un superbe casting et des aventures pas si déplaisantes dans de bien jolis décors.

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