Des raisons personnelles font que j'ai été voir ce film des sœurs Coulin. C'est le premier de leur filmographie que je vois. Il y avait beaucoup de potentiel, mais...
L'histoire est celle de Pierre Hohenberg (Vincent Lindon, très bien), cheminot veuf de Metz qui élève donc seul ses deux fils, Félix dit "Fus" (Benjamin Voisin, excellent bien qu'un peu trop démonstratif) et Louis (Stefan Crepon, bien). Si la petite famille est socialement de gauche, l'aîné se met à fréquenter une bande de skinheads, basculant dans une violence qui va bouleverser sa vie et celle des siens...
J'aime :
* Le casting. C'est rare mais il n'y a aucune femme dans un rôle important, même secondaire, dans ce film. C'est donc à un trio masculin auquel nous avons affaire et il est de grande qualité. Vincent Lindon est une valeur sûre et il a remporté un prix à Venise pour sa performance. Il y a une belle alchimie avec ses deux fils du film, Benjamin Voisin et Stefan Crepon, eux-mêmes déjà bien complices aussi dans la vie. Le premier est le plus impressionnant, aussi "physique" que charismatique, mais avec certes une petite tendance à "trop" en faire.
* Le scénario. Adapté d'un roman de Laurent Petitmangin, il est intéressant car parfaitement ancré dans l'actualité politique française et cette montée inéluctable de l'extrême droite. Et ce d'autant plus dans les milieux ouvriers, traditionnellement de gauche. Ce n'est certes pas un phénomène nouveau, mais il n'a pas été souvent traité au cinéma. Néanmoins, on regrette l'absence de mise en contexte pour comprendre le basculement de "Fus" dans ce monde, on est juste mis devant le fait accompli, comme son père.
* L'environnement. J'aime bien les films qui sortent de Paris ou des grandes villes connues pour se dérouler dans des régions moins mises en avant, ici la Lorraine et Metz. Certes, on ne voit rien pour autant de la ville (en dehors de son stade), mais il y a une atmosphère différente. Et évidemment, c'est une région, comme le Nord, particulièrement touchée par ce changement de vote.
J'aime pas :
* La mise en scène. Les réalisatrices ont fait le choix de filmer une grande partie de leur métrage en gros plan, il y a très peu de plan large. Lindon et ses compères ont certes de bonnes "gueules" de cinéma, mais ce rapprochement omniprésent finit par être oppressant.
* Les dialogues. Avec le point du scénario évoqué plus haut, c'est ce qui m'a le plus déçu. Les confrontations père-fils, notamment, sont sommaires et répétitives, les arguments des uns et des autres pauvres (ils ne sont pas censés être des intellectuels non plus mais on aurait aimé une évolution constructive au fur et à mesure du film, qui donne à réfléchir). Alors que le monologue final de Vincent Lindon est, lui, bien mené.
J'attendais donc beaucoup de "Jouer avec le feu", servi par un trio d'acteurs admirable, mais il m'a finalement laissé sur ma faim en raison de sa mise en scène et de son contenu propre, difficilement convaincant.
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